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Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo

Osun-Osogbo Sacred Grove

The dense forest of the Osun Sacred Grove, on the outskirts of the city of Osogbo, is one of the last remnants of primary high forest in southern Nigeria. Regarded as the abode of the goddess of fertility Osun, one of the pantheon of Yoruba gods, the landscape of the grove and its meandering river is dotted with sanctuaries and shrines, sculptures and art works in honour of Osun and other deities. The sacred grove, which is now seen as a symbol of identity for all Yoruba people, is probably the last in Yoruba culture. It testifies to the once widespread practice of establishing sacred groves outside all settlements.

Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo

La dense forêt sacrée d’Osun, à la périphérie de la ville d’Oshogbo, est l’une des dernières zones de la forêt primaire qui subsiste au sud du Nigéria. Elle est considérée comme la demeure d’Osun, une des divinités du panthéon yoruba. La forêt, sillonnée par la rivière Osun, abrite des sanctuaires, des sculptures et des œuvres d’art érigés en l’honneur d’Osun et d’autres divinités yorubas. La forêt, désormais considérée par tout le peuple yoruba comme un symbole identitaire, est probablement la dernière forêt sacrée de la culture yoruba. Elle témoigne de la coutume, jadis très répandue, qui consistait à établir des lieux sacrés loin de toute habitation humaine.

غابة أوسون-أوشوغبو المقدسة

تمثل غابة أوسون المقدّسة في ضاحية مدينة أوشوغبو إحدى آخر مناطق الغابة البدائيّة المتبقيّة في جنوب نيجيريا. وتعتبر بمثابة منزل أوسون، إحدى آلهة ديانة يوروبا. تأوي هذه الغابة، التي يعبرها نهر أوسون، معابد ومنحوتات وصروحًا فنية شيِّدت على شرف أوسون وغيرها من آلهة يوروبا. كما أن هذه الغابة التي باتت تُعتبَر في نظر مجمل مجموعة يوروبا بوصفها رمزًا للهوية، ربما تشكل آخر غابة مقدَّسة في ثقافة يوروبا. وهي امتداد للعادات التي كانت واسعة الانتشار في الماضي، وتقضي بإقامة الأمكنة المقدسة بعيدًا عن الأمكنة السكنية.

source: UNESCO/ERI

奥孙-奥索博神树林

奥孙神树林密集的林地位于奥索博市郊外,是尼日利亚南部主要乔木树种的最后残留地之一。这里被视为约鲁巴神的万神殿之一,即生育女神奥孙的住所,大量的神祠、雕塑品和艺术作品星罗棋布地分布在树林中蜿蜒的小河边,以纪念奥孙和其他约鲁巴神灵。目前看到的作为所有约鲁巴人身份象征的神树林,可能是约鲁巴文化中最后一片神圣的树林。奥孙-奥索博神树林是曾经在所有定居点之外广泛种植神圣树林做法的见证。

source: UNESCO/ERI

Священная роща Осун-Осогбо

Густые заросли Священной рощи Осун в окрестности города Осогбо – это один из последних массивов первичных влажнотропических лесов на юге Нигерии. Почитаемый как место обитания богини плодородия Осун, входящей в пантеон богов народа йоруба, ландшафт включает рощу и протекающую здесь извилистую реку. Он содержит большое количество святилищ, скульптур и произведений искусства, посвященных Осун и другим божествам йоруба. Этот объект, который считается ныне символом самоидентификации народа йоруба, вероятно, является последней священной рощей этой культуры. Он иллюстрирует распространенный в старые времена обычай закладывать такую рощу около каждого поселения.

source: UNESCO/ERI

Bosque sagrado de Ochún-Oshogbo

Situado en la periferia de la ciudad de Oshogbo y surcado por los serpenteantes meandros de un río, el tupido bosque sagrado de Ochún es uno de los últimos residuos de bosque primario subsistentes en el sur de Nigeria. Considerado morada de Ochún, diosa de la fertilidad, este sitio alberga esculturas y santuarios dedicados a esta y otras divinidades de los yorubas. Es probablemente el último de los bosques sagrados de esta etnia y, por eso, se ha convertido en un símbolo de su identidad. El sitio atestigua la práctica –muy extendida en otros tiempos– de consagrar bosques a las divinidades en los alrededores de todos los asentamientos de población.

source: UNESCO/ERI

オスン-オソボ聖林

source: NFUAJ

Heilige bos Osun-Osogbo

Het dichte woud van het Osun Heilige bos, aan de rand van de stad Osogbo, is een van de laatste resten van het primaire hoogwoud in Zuid-Nigeria. Het wordt beschouwd als de verblijfplaats van de godin van de vruchtbaarheid, Osun, een van de Yoruba goden. Het landschap van het woud en zijn kronkelende rivier, zijn bezaaid met heiligdommen, beelden en kunstwerken ter ere van Osun en andere goden. Het heilige bos, dat nu wordt gezien als een identiteitssymbool voor de hele Yoruba bevolking, is waarschijnlijk het laatste in de Yoruba cultuur. Het getuigt van de eens wijdverspreide praktijk om buiten elke woonplaats een heilig bos aan te leggen.

Source : unesco.nl

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Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo © CRAterre
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse 

Il y a un siècle, les bois sacrés abondaient sur les terres des Yorubas : chaque ville avait le sien. À l’heure actuelle, la plupart sont délaissés, ou leur superficie a beaucoup diminué. Mais à 250 kilomètres de Lagos, au cœur d’Oshogbo, capitale de l’État d’Osun fondé il y a quatre siècles dans le sud-ouest du Nigéria, la plus grande forêt sacrée qui ait survécu au passage du temps, Osun-Oshogbo, est encore vénérée de nos jours.

Dense, la Forêt sacrée d’Osun est l’une des dernières futaies primaires qui subsistent dans le sud du Nigéria. En son cœur sinuent les méandres de l’Osun, la rivière qui porte le nom de la divinité des cours d’eau, dont elle est la demeure spirituelle. Sous la frondaison, 40 sanctuaires, sculptures et œuvres d’art ont été érigés en l’honneur d’Osun et d’autres divinités yorubas, pour nombre d’entre eux au cours des quatre dernières décennies : on recense deux palais, cinq lieux saints et neuf lieux de culte disposés tout au long des rives de l’Osun, tous avec leurs prêtres ou prêtresses attitrés.

Les nouveaux ouvrages d’art installés dans la Forêt d’Oshogbo en sont la marque distinctive : elle est la seule à abriter une forte proportion de sculptures du XXe siècle, érigées pour renforcer les liens entre les hommes et le panthéon yoruba et témoigner de la manière dont les villes yorubas ont été édifiées et se sont développées au contact des esprits de la forêt.

La restauration de la Forêt par des artistes lui a conféré un regain d’importance : elle est devenue sacrée pour tous les Yorubas qui vivent au Nigéria, et un symbole de son identité pour la diaspora yoruba.

La Forêt est un site religieux dynamique, où le culte est exercé au gré de célébrations quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles, selon le cas. En outre, chaque année, durant 12 jours de juillet et d’août, des processions festives s’y déroulent, qui renouent les liens mystiques entre la déesse et la population d’Oshogbo, assurant la préservation des traditions culturelles vivantes des Yorubas.

La Forêt est aussi un herbier naturel où sont présentes plus de 400 espèces de plantes, parmi lesquelles des variétés locales, dont plus de 200 possèdent des propriétés médicinales.

 

Critère (ii) : Le développement du mouvement du Nouvel Art sacré et l’intégration de Suzanne Wenger, artiste autrichienne, à la communauté yoruba, ont constitué un terrain fécond pour les échanges d’idées, qui ont revitalisé la Forêt sacrée d’Osun.

 

Critère (iii) : La Forêt sacrée d’Osun donne l’aperçu le plus complet – et c’est peut-être aussi le seul qui subsiste – d’un phénomène jadis généralisé, qui était caractéristique de chaque établissement humain des Yorubas. Elle est aujourd’hui l’emblème des forêts sacrées yorubas et une illustration de l’appréhension de l’univers par ce peuple.

 

Critère (vi) : La forêt d’Osun est l’expression tangible de la manière dont les Yorubas avaient systématisé leur perception du divin et de l’universel; le festival qui s’y tient chaque année est la traduction de la croyance yoruba en ce lien qui unit le peuple, son souverain et la déesse Osun. C’est une tradition vivante, florissante et toujours en évolution.

 

Intégrité

Le site englobe la presque totalité de la Forêt sacrée et on peut considérer qu’il a été entièrement restauré au cours des 40 ans qui ont précédé son inscription sur la Liste. Certaines des sculptures récentes pâtissent d’une absence d’entretien régulier; compte tenu des matériaux dont elles sont constituées (ciment, fer et boue), des problèmes de conservation sont à craindre, qui pourraient se révéler difficiles et coûteux à régler.

La Forêt est également vulnérable au trop grand nombre de visiteurs et aux pressions qu’ils exercent, susceptibles de fragiliser l’équilibre entre la configuration naturelle et la population, nécessaire pour préserver au site ses qualités spirituelles.

 

Authenticité

L’authenticité de la forêt est attestée par sa valeur en tant que lieu saint. Mais le caractère sacré d’un endroit ne peut être continuellement réaffirmé que s’il est respecté par tous et, de fait, les nouvelles sculptures apparues dans la forêt au fil des 40 dernières années ont eu pour conséquence la consolidation de ses vertus spécifiques et la renaissance des qualités spirituelles qui lui confèrent toute sa valeur culturelle.

Mais ces nouvelles œuvres s’inscrivent dans une longue tradition, encore vivace, de sculptures qui donnent à voir la conception que les Yorubas ont de l’univers. Bien que leur modelé traduise une rupture stylistique, elles n’ont pas été créées pour glorifier les artistes qui en sont les auteurs mais plutôt, de par leur taille gigantesque et leurs formes intimidantes, pour réaffirmer le caractère sacré de la forêt. Ces nouvelles sculptures ont atteint leur but et la Forêt, en tant que lieu sacré pour les Yorubas, revêt désormais une signification qui n’est plus seulement locale, mais de portée plus vaste.

 

Eléments requis en matière de protection et de gestion

C’est en 1965 que la Forêt a été déclarée monument national. Cette désignation initiale a été modifiée et étendue en 1992 pour que soit assurée la protection de la totalité de ses 75 hectares. La Politique culturelle nigériane de 1988 dispose que « l’État doit préserver comme des monuments les anciens remparts et portes, sites, palais, sanctuaires et bâtiments publics, et promouvoir les bâtiments d’importance historique et les sculptures monumentales ». Dans le Land Use Act de 1990, le Gouvernement fédéral du Nigeria a placé la Forêt sous tutelle administrative du Gouvernement de l’État d’Osun.

Un plan de gestion élaboré a été adopté par l’ensemble des parties prenantes, qui couvrait la période 2004-2009, et le site bénéficie aujourd’hui d’un système de gestion participatif. Le Gouvernement fédéral administre le site par l’entremise d’un responsable de la Commission nationale des musées et des monuments, aux termes du décret 77 de 1979. Le Gouvernement de l’État d’Osun contribue à parts égales à la protection et à la gestion du site par le truchement des gouvernements locaux, ministères et entités para-étatiques placés sous son autorité, qu’il a habilités à gérer les monuments situés sur le territoire relevant de sa compétence.

C’est à l’Ataoja (roi) et à son Conseil du patrimoine culturel d’Oshogbo qu’il revient de s’acquitter des responsabilités traditionnelles et des rites culturels de la communauté. Pour protéger le site contre toutes sortes de menaces, les lois, les mythes, les tabous et les coutumes séculaires qui interdisent la pêche, la chasse, la contrebande, l’abattage des arbres et l’agriculture sont invoqués sans relâche.

Les fidèles qui exercent les cultes traditionnels avec ferveur préservent le patrimoine immatériel par leur spiritualité, leur dévotion et l’usage qu’ils font des symboles. De leur côté, les membres du comité de gestion – responsables représentatifs de l’ensemble des parties prenantes – exécutent des politiques, mesures et activités propres à assurer le développement durable du site.

La Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo est également incluse dans le Plan directeur pour le développement du tourisme national, conçu avec l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le festival annuel d’Osun-Oshogbo devra être mieux géré, de sorte que pendant son déroulement, le site ne subisse plus les incidences négatives du tourisme.

La Forêt servira de modèle pour la préservation du patrimoine africain : en effet, il ne s’agit pas de sauvegarder les valeurs matérielles et immatérielles d’un seul groupe de population – celle d’Oshogbo – mais celles de tous les Yorubas. Source de fierté pour eux, la Forêt restera un élément vivant et florissant du patrimoine national, grâce aux ouvrages traditionnels distinctifs qu’elle abrite, mais aussi parce qu’elle est le lieu d’une transmission fidèle des fondements de la religion traditionnelle et des systèmes de savoirs autochtones aux Africains de la diaspora.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The Osun Sacred Grove is the largest and perhaps the only remaining example of a once widespread phenomenon that used to characterise every Yoruba settlement. It now represents Yoruba sacred groves and their reflection of Yoruba cosmology. It is a tangible expression of Yoruba divinatory and cosmological systems; its annual festival is a living thriving and evolving response to Yoruba beliefs in the bond between people, their ruler and the Osun goddess.

The grove covers 75 ha of ring-fenced forest alongside the Osun River on the outskirts of Osogbo town, Western Nigeria. About 2 million people live in Osogbo. The grove in Yoruba cosmology is the domicile of Osun, the goddess of fertility. Ritual paths lead devotees to 40 shrines, dedicated to Osun and other Yoruba deities, and to nine specific worship points beside the river. Osun is the Yoruba personification of the 'waters of life' and the spiritual mother of the Osogbo township. It also symbolizes a pact between Larooye, the founder of Osogbo, and Osun: the goddess gave prosperity and protection to her people if they built a shrine to her and respected the sprit of the forest. Unlike other Yoruba towns whose sacred groves have atrophied, or disappeared, the Osogbo Grove has, over the past 40 years, been re-established as a central, living focus of the town. The Osogbo Grove is now seen as a symbol of identity for all Yoruba people, including those of the African diaspora, many of whom make pilgrimages to the annual festival.

The grove has a mature, reasonably undisturbed, forest canopy, which supports a rich and diverse flora and fauna - including the endangered white-throated monkey. Some parts were cleared in the colonial period, and teak plantations and agriculture introduced, but these are now being re-established. The grove is a highly sacred sanctuary where shrines, sculptures and artworks honour Osun and other Yoruba deities. It has five main sacred divisions associated with different gods and cults, located either side of a path transecting the grove from north-west to south-east.

The Osun River meanders through the whole grove and along its length are nine worship points. Throughout the grove the broad river is overhung with forest trees. Its waters signify a relationship between nature, the spirits and human beings, reflecting the place given to water in the Yoruba cosmology as symbolizing life. The river is believed to have healing, protective and fertility powers. The fish are said to have been used by the goddess Osun as messengers of peace, blessings and favour.

Traditionally, sacred trees and stones and metal objects, along with mud and wood sculptures, defined the deities in the grove. During the past 40 years, new sculptures have been erected in the place of old ones and giant, immovable ones created in threatened spaces in the grove by Suzanne Wenger working with a group of local artists called New Sacred Art. These sculptures are made from a variety of materials - stone, wood, iron and concrete. There are also wall paintings and decorative roofs made from palm fronds.

There are two palaces. The first is part of the main Osun-Osogbo shrine. The second palace is where Larooye moved to before the community established a new settlement outside the grove. Both buildings are constructed of mud walls with tin roofs supported variously by mud and carved wooden pillars. The three Ogboni buildings are constructed with sweeping roofs rising high over the entrances and supported on a cluster of slender carved wooden posts.

The Annual Osun-Osogbo festival is a 12-day event held once a year at the end of July and the beginning of August. The grove is seen as the repository of kingship, as well as the spiritual heart of the community. The festival invokes the spirits of the ancestor kings and rededicates the present Oba to Osun, as well as reaffirming and renewing the bonds between the deities represented in the Sacred Grove and the people of Osogbo. The finale of the festival is a procession of the whole population, led by the votary maid Arugba and headed by the Oba and priests, all accompanied by drumming, singing and dancing.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La ville d'Oshogbo aurait été fondée il y a environ 400 ans. Elle appartient à la vaste communauté yoruba, divisée en 16 royaumes, dirigés selon la légende par les enfants d'Oduduwa, fondateur mythique, dont la demeure à Ile-Ife, au sud-est d'Oshogbo, est toujours considérée aujourd'hui comme le foyer spirituel du peuple yoruba.

Le premier peuplement semble avoir été situé dans la forêt d'Oshogbo ; il comportait des palais et un marché. Avec l'accroissement de la population, la communauté quitta la forêt et créa une nouvelle ville, recréant la disposition spatiale du peuplement de la forêt.

Dans les années 1840, Oshogbo devint un refuge pour ceux qui fuyaient le djihad fulani, descendant vers le sud depuis ce qui est aujourd'hui le Nigeria du Nord. Les Yorubas firent retraite plus loin vers le sud, dans les forêts, et Oshogbo, à l'orée Nord de la forêt, devint un centre important pour le nord de la patrie yoruba.

Les attaques fulani contre Oshogbo furent arrêtées et Oshogbo devint à ce titre un symbole de fierté pour tous les Yorubas.

Pendant la première moitié du XXe siècle, la ville d'Oshogbo s'agrandit considérablement. En 1914, elle tomba sous le joug colonial britannique. Les chefs traditionnels furent cependant maintenus, dans le cadre d'un système indirect de gestion, et l'Oba et les prêtres conservèrent donc leur autorité. Un changement plus radical devait intervenir à partir du milieu du XIXe siècle, avec l'introduction de l'islam et du christianisme. L'islam devint la religion des marchands et des maisons régnantes, car elle permettait des contacts vers les routes marchandes du nord et des liens avec les esclaves de retour d'Amérique Centrale et du Sud. Pendant un temps, les trois religions coexistèrent mais, au fil du temps, les cultes d'Ogboni et d'Osun perdirent la faveur des habitants.

Dans les années 1950, les changements politiques et religieux nuirent gravement à la forêt : les responsabilités coutumières et les sanctions s'affaiblirent, les sanctuaires furent négligés et les prêtres traditionnels commencèrent à disparaître. Des problèmes encore exacerbés par l'augmentation du pillage des statues et des sculptures qui étaient transportables pour alimenter le marché des antiquités. Aux environs de cette époque, le ministère de l'Agriculture et de la Sylviculture acquit une partie de la forêt pour y conduire des expériences agricoles. Les arbres furent abattus et des plantations de tek établies, des sculptures furent volées et on commença à signaler des activités de chasse et de pêche - auparavant interdites - dans la forêt sacrée.

C'est à ce moment crucial de l'histoire de la forêt que l'Autrichienne Suzanne Wenger s'installa à Oshogbo et, avec les encouragements de l'Oba et le soutien des habitants de l'endroit, forma le mouvement du Nouvel Art sacré pour défier les spéculateurs fonciers, repousser les braconniers, protéger les sanctuaires et entamer un long parcours vers la revitalisation spirituelle du lieu, en le rétablissant comme le coeur sacré d'Oshogbo.

Les artistes créèrent délibérément des sculptures grandes, lourdes et fixes, en fer, en ciment et en terre, s'opposant aux plus petites sculptures traditionnelles en bois, afin que leurs formes architecturales intimidantes aident à protéger la forêt et à arrêter les vols. Toutes les sculptures ont été réalisées dans le plus grand respect de l'esprit du lieu, en s'inspirant de la mythologie yoruba et en consultant les dieux dans un contexte traditionnel.

Ces nouveaux ouvrages ont fait de la forêt un symbole d'identité pour tout le peuple Yoruba. Beaucoup des membres de la diaspora africaine se rendent désormais en pèlerinage au festival annuel.

En 1965, une partie de la forêt fut déclarée monument national. La zone fut étendue en 1992, de sorte que les 75 hectares sont maintenant entièrement protégés.

Source : évaluation des Organisations consultatives