Le Parc national de Kaziranga a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1985 pour sa population importante de rhinocéros unicornes, de tigres, d’éléphants, de panthères, d’ours ainsi que ses innombrables oiseaux, et parce qu’il représente un exemple de plaine d’inondation (du Brahmapoutre) et d’écosystème d’herbage encore vierge. À sa 32e session (Québec, 2008), le Comité du patrimoine mondial a bénéficié d’un compte rendu succinct sur la situation du bien, suite à la mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN dans le Parc national de Manas au cours de laquelle une courte visite dans le Parc national de Kaziranga a pu être effectuée et l’état de conservation du bien discuté. Le Comité du patrimoine mondial a reconnu que le bien était géré de façon satisfaisante et que des efforts étaient en cours pour l’élargir, mais a demandé des informations sur l’avancement de la lutte contre le braconnage, sur la dotation en ressources humaines et moyens financiers suffisants, et sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement de l’élargissement prévu de la route nationale NH37 qui traverse le bien. Il a été signalé d’autres menaces liées à l’isolement du bien et à la fragmentation de l’écosystème général résultant du développement agricole, au croisement de buffles sauvages avec le bétail domestique, à la présence d’espèces envahissantes et au surpâturage.
Un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis le 20 mars 2009 par l’État partie. Il donne des informations récentes sur les activités de gestion.
Le rapport indique que, conformément aux recommandations de la visite informelle effectuée en 2008 à Kaziranga, le gouvernement de l’État d’Assam est en train d’examiner une proposition visant à conférer le statut de réserve naturelle à une partie des réserves forestières du nord de Karbi Anglong et que la décision finale devrait être annoncée prochainement.
Le rapport confirme que le financement du bien émane du gouvernement de l’État d’Assam dans le cadre de ses programmes de développement du parc national, des réserves naturelles et autres zones de nature sauvage, ainsi que du gouvernement central dans le cadre des mécanismes de financement du Projet Éléphant et du Projet Tigre. En ce qui concerne la mise à disposition en temps voulu des fonds du gouvernement central, le rapport indique qu’au moment où le rapport de l’État partie était rédigé, les premiers versements au titre de l’exercice budgétaire 2008/09 avaient été effectués. En ce qui concerne l’élargissement prévu de la route nationale NH-37, le rapport précise que l’administration nationale chargée des routes a proposé trois solutions possibles, à savoir : 1) un autre itinéraire via la NH37A et la NH52 qui va à Bokaghat, 2) améliorer la NH37 par des passages souterrains pour la faune et 3) maintenir l’actuelle route NH37 à deux voies le long de Kaziranga. Le haut responsable de la faune et de la flore a soutenu la 1re option d’itinéraire alternatif qu’il considère comme préférable. L’État partie n’a pas donné de renseignements complémentaires sur l’évaluation d’impact sur l’environnement, comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial, ni de précisions quant à la date à laquelle la décision finale serait prise.
Les efforts pour lutter contre le braconnage sont notamment, d’après le rapport, la fourniture de fusils et de munitions en quantité suffisante aux 120 volontaires armés supplémentaires et le recrutement échelonné de ressources humaines. L’État partie a établi 55 communautés d’écodéveloppement dans des villages voisins du bien. Il s’agit de groupes communautaires qui ont pour but de renforcer les capacités et de promouvoir le développement durable au sein des communautés locales. L’État partie rend compte de l’amélioration du renseignement sur les activités de braconnage et la force de protection des forêts de l’État d’Assam est en train d’établir son quartier général à la périphérie sud du bien. Selon des informations diffusées par les médias, 8 rhinocéros ont été tués en 2008, en plus des 24 tués en 2007. Selon d’autres informations datant de mars 2009, plusieurs actions auraient été intentées à l’encontre de deux braconniers également impliqués dans des agressions contre des membres du personnel du parc. Toujours selon des informations diffusées par les médias, les captures de cornes de rhinocéros ne sont toujours pas correctement surveillées, ce qui risque d’encourager la poursuite du commerce illégal de cornes de rhinocéros et du braconnage. L’UICN fait également état d’informations diffusées en février 2009 dans les médias selon lesquelles des tigres auraient été empoisonnés par des villageois et encourage l’État partie à enquêter sur le conflit entre les hommes et la faune et sur les mesures à prendre pour limiter ces conflits.
L’UICN a reçu des informations d’une ONG locale, Aaranyak, selon lesquelles il existe à l’intérieur du bien une population prospère de tigres. L’UICN note également que l’évaluation 2007 de l’efficacité de la gestion dans le cadre du programme Amélioration de notre patrimoine a identifié un certain nombre de menaces pesant sur le bien, telles que les nombreux établissements humains à la frontière sud du bien, la présence d’espèces envahissantes telles que la jacinthe d’eau, le surpâturage des buffles, un projet de construction de barrages et les dispositions réglementaires relatives à la circulation sur la NH 37. L’UICN note également que le plan de gestion du bien doit être revu en 2009 et encourage l’État partie à communiquer des informations sur la révision de ce plan. Les projets du gouvernement indien et du gouvernement de l’État d’Assam de construire des barrages dans l’État d’Assam et sur le fleuve Brahmapoutre étaient signalés dans le rapport 2007 d’évaluation de l’efficacité de la gestion du programme Amélioration de notre patrimoine pour Kaziranga, ainsi que dans l’article de V. V.B. Mathur, Ashok Verma, Nigel Dudley, Sue Stolton, Marc Hockings et Robyn James, de l’équipe de projet UNF-UNESCO Amélioration de notre patrimoine http://whc.unesco.org/uploads/activities/documents/activity-331-8.pdf. L’inondation annuelle du bien, de 50 % en septembre 2009 (selon The Telegraph, Calcutta Inde, 2 septembre 2008), fait partie intégrante d’un processus propre à l’écosystème du bien.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN s’inquiètent de ce que l’actuel budget du bien reste insuffisant. Pour renforcer la surveillance en cours de la biodiversité et de l’écosystème qui confèrent au bien sa valeur, l’État partie est encouragé à communiquer des informations sur l’évolution de la situation des espèces de faune et de flore sauvages et des écosystèmes, afin de suivre l’impact du braconnage et de la fragmentation de l’ensemble de l’écosystème. L’État partie est également encouragé à renforcer le dialogue avec les communautés locales, en particulier à la limite sud du bien d’où proviendrait l’essentiel du braconnage.