À sa 32e session (Québec, 2008), le Comité du patrimoine mondial a prié l’État partie de mettre en attente la construction de l’édifice de 100 m de haut du projet de la gare centrale de Vienne, dont la hauteur dépasserait la cime des arbres d’un côté du parc du Palais du Belvédère, et de mener par ailleurs, en collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS, une évaluation globale d’impact visuel sur l’ensemble du projet, prenant la pleine mesure des impacts sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.
En réponse aux préoccupations soulevées par le Comité, l’État partie a soumis un rapport le 26 janvier 2009. Ce rapport indique que les autorités autrichiennes sont parvenues à réduire la hauteur de la tour de 100 m à 88 m. Cela réduira la hauteur de l’édifice de plus d’un ou deux étages, réduction de hauteur précédemment indiquée comme nécessaire par l’État partie pour garantir que l’édifice ne soit plus visible depuis le parc du Palais du Belvédère.
Le rapport de l’État partie souligne également que le perfectionnement du plan directeur pour le projet de la gare centrale de Vienne a revu les hauteurs et l’emplacement des constructions élevées de sorte qu’aucun des 11 édifices ne sera visible depuis le parc du Palais du Belvédère. En raison vraisemblablement de la réduction de hauteur annoncée, le rapport de l’État partie ne fait aucunement mention d’une “évaluation globale d’impact visuel sur l’ensemble du projet, prenant la pleine mesure des impacts sur la valeur universelle exceptionnelle du bien”.
Néanmoins, le rapport sur l’état de conservation de 2008 a prouvé la nécessité d’une telle évaluation d’impact visuel, effectuée selon une méthodologie transparente et objective pour permettre l’évaluation des impacts visuels, et qui :
- définirait tous les axes visuels ;
- définirait tous les points de vue à partir desquels des évaluations visuelles seraient importantes, notamment la façade sud du Palais du Belvédère supérieur, et le secteur du parc (partie du bien du patrimoine mondial) immédiatement adjacent au terrain concerné par le projet de gare centrale de Vienne ;
- mesurerait les impacts en toutes saisons y compris en hiver (lorsque la perte de feuillage rendra plus visibles les constructions élevées) et en soirée (lorsque l’illumination des tours peut en accroître la visibilité).
Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS considèrent qu’effectuer cette évaluation servirait plusieurs objectifs, notamment :
- - implication et collaboration de toutes les parties dans l’élaboration d’une méthodologie appropriée pour préserver la valeur universelle exceptionnelle du bien ;
- - définition de hauteurs admissibles dans le cadre d’un objectif mutuellement convenu, ainsi que d’un processus transparent, sur la base de cette méthodologie convenue ;
- - la possibilité donnée au Comité du patrimoine mondial de revoir la méthodologie proposée et ses résultats dans ce contexte ;
- - la possibilité de partager des leçons méthodologiques avec d’autres biens du patrimoine mondial où des questions similaires d’impact visuel surgissent.
Tandis que le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS se félicitent de la réduction volontaire par l’État partie de la hauteur controversée de l’édifice de 100 m à 88 m, ils réaffirment qu’une évaluation globale de l’impact visuel sur l’ensemble du projet comme demandée par le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session, serait la base la plus appropriée pour établir de tels paramètres de hauteur.
Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS notent par ailleurs que toute évaluation d’impact visuel de ce projet devrait évaluer ces impacts le long de tous les axes visuels, vues et points de vue importants et dans tous les contextes (saison, heure de la journée) susceptibles d’affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien.