Depuis le début de l’année 2007, à la demande du Conseil suprême des antiquités, le Centre du patrimoine mondial suit l’avancement du nouveau projet immobilier à proximité de la Citadelle du Caire, le « Cairo Financial Centre ». Trois missions ont été effectuées et leurs recommandations ont été prises en compte. À sa 32e session, le Comité du patrimoine mondial a réitéré les recommandations qui concernent notamment la hauteur des bâtiments. Il a également prié instamment l’État partie de mettre en œuvre les principales recommandations du symposium de 2002, en particulier de préparer un plan d’urbanisme complet pour la conservation et le développement de la Vieille ville, plan qui permettrait que la conservation des bâtiments historiques soit accompagnée de règles de développement appropriées.
a) Cairo Financial Centre (CFC)
Comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session (Québec, 2008), une mission de suivi réactif a été effectuée fin octobre 2008. Les principales conclusions et recommandations de la mission sont que les autorités égyptiennes et l’organisme responsable du Cairo Financial Centre (CFC) sont en faveur d’accepter une approche conjointe qui permettrait la poursuite du projet sans causer de dommages inacceptables à la valeur universelle exceptionnelle du bien. La solution est de limiter au maximum les effets négatifs grâce à des modifications supplémentaires de la forme finale du complexe. Des documents architecturaux et techniques détaillés ont été demandés (non seulement les visualisations, mais aussi les plans, les coupes transversales et les façades – intégrant la totalité des modifications prévues et des améliorations requises pour satisfaire aux exigences ci-dessus), comme base pour un accord définitif. Entre temps, l’État partie a négocié une suspension du projet jusqu’à ce que les documents finaux soient approuvés.
Dans son rapport envoyé le 29 janvier 2009, l’État partie précise que le promoteur du CFC suit de près le travail. En mars, le Centre du patrimoine mondial a reçu de l’État partie un schéma du plan de toiture. Le Centre du patrimoine mondial ayant demandé une documentation architecturale et technique supplémentaire plus détaillée, les dessins des élévations ont été transmis en avril, reflétant les principales modifications convenues lors de la mission d’octobre 2008.
b) Plan de gestion et de conservation
Simultanément, une autre mission du Centre du patrimoine mondial s’est rendue au Caire pour discuter d’un projet d’aide aux autorités égyptiennes pour la préparation d’un plan de gestion complet du bien, en utilisant les fonds extrabudgétaires déposés par l’Égypte auprès de l’UNESCO. Le manque d’entretien et l’absence d’outils de planification ainsi que d’instruments juridiques adaptés ont été soulignés. En particulier :
- l’absence de délimitation définitive et opérationnelle du bien ;
- l’absence de coordination entre les différentes institutions concernées ;
- en dehors des règlements concernant la protection des monuments et des antiquités, il n’existe aucun outil spécifique d’urbanisme pour la conservation des bâtiments non inscrits et du reste du tissu urbain du Caire historique.
La mission a suggéré de créer pour le Caire historique un « département technique » spécialisé qui intégrerait les compétences du Conseil suprême des antiquité (SCA) et le gouvernorat du Caire et qui deviendrait l’interlocuteur officiel pour les activités et les experts qui seront désignés par le Centre du patrimoine mondial pour le projet de plan de gestion.
Le rapport de l’État partie exprime sa volonté de mener à bien ce projet. Il énumère également les aspects qui seront abordés par le SCA lors de la préparation du plan de gestion. Le SCA planifiera en outre des réunions lors des prochains mois avec des représentants des divers services gouvernementaux qui s’occupent du Caire historique au sein de l’Unité d’urbanisme du gouvernorat du Caire, du ministère de l’Awqaf (dotations religieuses), du ministère du Logement et du Projet du Caire historique. Ces discussions porteront notamment sur la restauration des monuments, les programmes de réutilisation adaptative de ces monuments et la mise en œuvre des plans de réhabilitation urbaine. Elles aborderont également les questions d’absence de cadres juridique, institutionnel et de planification, et délimiteront (limites et zone tampon) le bien du Caire historique à l’aide de cartes complémentaires montrant clairement ces limites.
c) Autres questions
Par ailleurs, le rapport de l’État partie décrit les interventions de réhabilitation urbaine considérables récemment effectuées dans la rue Al Muiz (amélioration du tissu urbain, relocalisation des activités incompatibles, limitation de la densité du trafic, désignation de rues piétonnes, nouvelles utilisations des monuments restaurés, rénovation de l’éclairage et du pavage et modernisation des infrastructures). Il mentionne également un projet conjoint Le Caire-Ville de Paris pour la réhabilitation de 32 bâtiments, en cours depuis l’année 2000, dont le Centre du patrimoine mondial n’avait pas connaissance. Le rapport ne donne que la liste de ces 32 bâtiments, sans indication du type ou de l’état d’avancement des travaux entrepris.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent le projet révisé du CFC effectué à la suite de la mission, et considèrent que, bien que les documents soumis ne sont pas aussi détaillés que spécifiés par la mission (plans de tous les niveaux, sections transversales et façades), ils permettent de constater que les révisions coïncident avec les propositions des experts en vue de minimiser les effets négatifs du complexe.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent également la volonté de l’État partie de préparer un plan de gestion et de conservation complet pour le bien.