Le Comité, lors de sa 30e session (Vilnius, 2006), a réitéré son inquiétude devant le peu de progrès réalisé dans la mise en œuvre des recommandations du Symposium international de 2002, visant à :
a) désigner Le Caire islamique comme une Zone de planification spéciale, avec des zones tampons, selon les termes des Orientations ;
b) préparer un plan d'urbanisme d'ensemble pour la conservation et l'aménagement de la vieille ville, en prévoyant la conservation des monuments historiques assortie d'une réglementation d'aménagement adaptée pour encourager la réhabilitation du tissu urbain en vue d’assurer sa compatibilité avec le caractère historique du Caire islamique ;
c) organiser régulièrement des réunions entre experts égyptiens et internationaux pour étudier et discuter des questions et des projets de conservation en cours.
L’État partie n'a pas soumis de rapport d'avancement, comme le demandait la décision 30 COM 7B.50, mais une liste de sites de projets, sous forme de tableau synoptique, concernant des chantiers de restauration et autres travaux exécutés ou prévus. Aucune description ni documentation n’a été jointe à cette liste. Toutefois, les éléments d'information disponibles révèlent des progrès notoires dans la conservation des édifices et des rues de la vieille ville. Ces efforts ne sont pas assez visibles, disséminés à travers la ville, en l'absence d’un plan intégré de conservation urbaine que les autorités ont l'intention de lancer dans un proche avenir.
Comme l’a suggéré le Comité dans sa décision 30 COM 7B.50, l’État partie a proposé la modification du nom du bien qui deviendrait « Le Caire historique » (document WHC-07/31.COM/8B.2). De plus, en réponse à la demande exprimée dans le cadre de l'Inventaire rétrospectif, l’État partie a transmis au Centre du patrimoine mondial une carte illustrant les cinq composantes du bien. Quelques clarifications au sujet de ses limites précises devraient encore être apportées avant qu’elles ne soient présentées au Comité pour approbation.
Suite à une requête du Conseil suprême des Antiquités (SCA), alerté par un projet immobilier de grande envergure près de la Citadelle du Caire, une mission du Centre du patrimoine mondial a été diligentée sans plus attendre en avril 2007, si bien que l'expert de l'ICOMOS résidant au Caire n'était pas disponible pour s’y associer. Ce projet immobilier (Centre financier du Caire) se situe non loin de la limite du bien, dans les anciennes carrières de la ville, entre la Citadelle et la forteresse Mohamed Ali. Il consiste en un nombre d’édifices (hôtel, bureaux, centre commercial, etc.) qui s’élèveront sur une base commune d’environ 61 000 m² (selon le promoteur, la superficie exacte de l’ensemble étant impossible à établir d'après les informations communiquées à ce jour). La hauteur maximum des bâtiments, d'après le dossier d'information du promoteur, atteindra 59,5 m, soit 51 m au-dessus de la rue Salah Salem qui longe la Citadelle (la hauteur exacte des bâtiments est impossible à établir d'après les informations transmises pour l’instant). La forme et le style de ce très grand complexe, dont le langage architectural est avant tout celui d'un centre commercial, ne semblent pas être sensibles au contexte particulier du site, tant sur le plan du paysage que des conditions environnementales. D'après les informations communiquées, il semble en effet que ce projet aura un lourd impact négatif sur l'intégrité visuelle de la Citadelle et de son cadre, qui sera irréversible.
La controverse soulevée par ce projet laisse à penser que la question est très délicate, et c'est pourquoi la mission a écouté les présentations des deux parties – le promoteur et les objecteurs, parmi lesquels figurent des architectes, des urbanistes et des archéologues. Pour pouvoir émettre une opinion équilibrée et basée sur les faits, les membres de la mission ont demandé à ce que le promoteur mette à disposition, pour étude, les plans architecturaux détaillés (sections, élévations, etc.) imprimés à une échelle mesurable. Ces documents n'ont pas été reçus jusqu'à maintenant. Étant donné la nature du paysage et les structures alentour qui sont très riches et variées, il est impossible de parvenir à une compréhension totale des perspectives en se basant uniquement sur les dessins de présentation. C'est pourquoi la mission a aussi demandé au promoteur de réaliser et de présenter pour examen une maquette à l'échelle du projet proposé, montrant les zones alentour, la Citadelle et autres structures voisines. La mission s’est déclarée préoccupée qu'un projet situé dans une zone aussi sensible et complexe sur le plan tectonique n’ait pas été analysé à l’aide de maquettes d'étude propres au site et que le projet définitif n’ait pas été évalué au moyen d’une maquette détaillée du projet, indispensable pour en mesurer l'impact et faire une évaluation professionnelle. Au moment de la rédaction du présent document, seuls les plans de présentation avaient été communiqués, ne permettant pas de faire une évaluation. Le SCA, sur recommandation du Centre du patrimoine mondial, a demandé l’interruption des travaux de construction en cours et une mise à jour devrait être disponible au moment de la réunion du Comité.