A la suite de l’organisation de la Seconde Conférence intergouvernementale pour le site d’Angkor (novembre 2003) et de la décision du Comité du patrimoine mondial lors de sa 28e session (juin 2004), le site a été retiré de la Liste du patrimoine mondial en danger, compte tenu de l’amélioration de l’état physique des monuments se trouvant dans le site, ainsi que des mesures adoptés pour renforcer le dispositif de la gestion et de monitoring du site de la part de l’Autorité nationale APSARA.
La Déclaration de Paris et les Recommandations adoptées par la Seconde Conférence intergouvernementale de 2003 ont défini les orientations générales des activités en faveur du site dans les dix ans à venir, et lancé une nouvelle décennie d’assistance internationale en décidant de se focaliser davantage sur le développement durable, et en divisant le Comité international de coordination (CIC/Angkor) en deux parties pour adresser les problématiques portant sur a) sauvegarde, conservation, et recherches ; b) développement durable.
La session technique du Comité International de Coordination pour le site d’Angkor (CIC/Angkor) tenue en juin 2005, avec la participation du Directeur-général adjoint pour la Culture de l’UNESCO, a examiné certaines initiatives individuelles de grande importance. Parmi elles figurent des projets de sauvegarde, de conservation et de recherches sur plusieurs monuments, ainsi que des projets de développement urbain (y compris le schéma directeur pour le développement durable à Siem Reap), et de gestion des eaux et forêts.
Par ailleurs, de nouveaux projets pour la sauvegarde des temples de Bayon (Angkor Thom) et d’Angkor Wat ont été présentés. Ces projets, mis en œuvre par l’UNESCO en coopération avec l’Autorité nationale APSARA, seront financés par les gouvernements respectifs du Japon et de l’Italie à partir de 2006.
Au début de l’année 2005, l’UNESCO a pris connaissance de la situation alarmante des zones protégées, en particulier de la zone 2, liée au développement en cours qui ne serait pas conforme aux règlementations existantes. A la demande de Son Excellence Sok An, Vice Premier-Ministre du Royaume du Cambodge et président de l’Autorité nationale APSARA, le Directeur-général de l’UNESCO a décidé de dépêcher la mission d’un expert-juriste, M. Lucien Chabasson, en septembre 2005, afin d’effectuer un constat sur la situation actuelle des zones concernées et d’élaborer des recommandations appropriées.
Le constat de cette mission a mis l’accent sur les problématiques suivantes :
Parmi les nombreux facteurs de pression, le site d’Angkor connaît surtout un très rapide développement touristique, soit 43% d’augmentation du nombre de visiteurs en deux ans et par conséquent, le nombre des constructions destinées à accueillir cette masse des visiteurs ne cesse d’augmenter.
Malgré cette pression, la situation globale des zones protégées a été jugée satisfaisante. Néanmoins, si les dispositions existantes régulatrices du développement de ces zones sont claires dans leurs principes et respectueuses de la participation des populations locales au maintien des valeurs intrinsèques du site, elles se sont avérées dépassées ou dépourvues de clarté du point de vue des modalités concrètes de leur application.
L’ambigüité sur la domanialité des zones en question et le manque d’un véritable cadastre portant sur les zones en question rendent difficile de juger de la légitimité de certaines demandes de construction.
Le manque de capacités techniques de l’Autorité APSARA dans le domaine de la planification urbaine et de la communication, et de compétences légales en matière foncière, a été constaté.
Pour répondre aux problèmes identifiés, les recommandations suivantes ont été formulées par l’expert-juriste :
a) actualiser les outils juridiques existants relatifs au statut des zones concernées, en particulier, le Décret royal de 1994 en établissant éventuellement des sous-décrets pour clarifier les modalités d’application de ce Décret ;
b) lancer l’inventaire des constructions nouvelles se trouvant dans les zones 1 et 2, ainsi que la réalisation d’un registre des résidents de ces deux zones ;
c) clarifier les règles de domanialité et de propriété applicables sur le territoire des zones 1 et 2 ;
d) renforcer les capacités de l’Autorité APSARA en matière de la planification urbaine, de contrôle foncier et de communication avec les divers interlocuteurs.
Ces questions ont été discutées, entre autres, au cours de la session plénière du CIC/Angkor tenue les 28 et 29 novembre 2005, avec la participation du Directeur du Centre du patrimoine mondial.
Le CIC a exprimé son plein soutien à l’analyse et aux propositions contenues dans le rapport de M. Chabasson et a réitéré la nécessité d’adopter une approche « intégrée » et fédératrice de toutes les initiatives en cours.
Dans ces recommandations, par conséquent, le CIC a appuyé la création d’un nouvel outil de gestion global pour le site d’Angkor (appelé plan de gestion), en conformité avec les Orientations. Ce plan devra fournir un cadre méthodologique général pour les interventions de conservation, de restauration et d’entretien des monuments d’Angkor, qui sont aujourd’hui encore très hétérogènes, ainsi que de meilleures procédures d’approbation et de suivi pour l’exécution des projets de coopération et pour la coordination des parties prenantes impliquées dans la gestion quotidienne du site.
Le CIC/Angkor a également rappelé, à deux reprises, la nécessité pressante de la mise en place d’un deuxième groupe d’experts ad hoc, spécifiquement sur les questions liées au développement durable. Ceci avait été déjà recommandé par la Seconde Conférence Internationale de 2003.