Le 24 février 2012, un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie ; il a été complété par un second rapport soumis le 12 avril 2012 et fournissant des détails sur l’avancement réalisé pour répondre aux demandes du Comité du patrimoine mondial.
a) Révision du plan d’urbanisme de la province de Luang Prabang et création d’une zone tampon pour le bien
L’État partie a soumis un plan d’urbanisme révisé, incluant le classement d’une zone tampon. La création de cette zone tampon, en tant que modification mineure des limites, sera examinée par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013, car elle a été soumise après la date limite officielle pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.
Le plan d’urbanisme révisé concerne les activités de construction/modifications de bâtiments existants et a été approuvé par le Premier Ministre en février 2012. Il est prévu d’évaluer ce plan révisé, et si nécessaire, de le modifier, au bout de cinq ans.
En coopération avec L’Université technique de Tokyo, un inventaire actualisé du bien ainsique les cartographies ont a été dressé et comporte également un inventaire des constructions entre 1999 et 2010. La cartographie dans ce contexte montre que l’architecture de style traditionnel a augmenté, passant de 31 % à 44 %, tandis que les styles de construction non locaux ont diminué, passant de 55 % à 33 %. Ce qui peut se révéler toutefois préoccupant est le fait que le pourcentage d’utilisation résidentielle des bâtiments a diminué dans le périmètre du bien, passant de 1 380 maisons à 719 bâtiments.
b) Grands projets d’aménagements
Le rapport initial sur l’état de conservation du bien ne faisait aucune référence aux importants travaux d’aménagements mentionnés dans de précédentes décisions du Comité. Le Centre du patrimoine mondial a donc demandé à l’État partie un complément d’information à ce sujet le 2 avril 2012. Les informations demandées ont été reçues par le Centre du patrimoine mondial le 13 avril 2012 et mentionnaient des projets d’aménagements, à l’exception notable de la nouvelle ville.
Le rapport précise que la piste de l’aéroport prévue en 2008 est depuis construite et utilisée. Le nouveau terminal de l’aéroport sera achevé en 2013. L’État partie a fourni l’assurance que le réalignement des pistes de l’aéroport, ainsi que son extension, ont été réalisés selon la stratégie générale d’aménagement proposée par le Schéma de cohérence territoriale (SCOT) et conformément au plan d’urbanisme nouvellement révisé approuvé par les organismes gouvernementaux compétents.
À la 33e session du Comité, l’État partie a garanti qu’aucune décision n’avait été prise sur la construction d’une nouvelle ville dans la vallée de Chompeth et que, si cette idée était approuvée, l’emplacement de la ville figurerait dans le plan d’urbanisme révisé. Ce dernier ne fait aucunement mention de la nouvelle ville.
L’école primaire a été restaurée comme l’État partie s’y était engagé et continuera à remplir sa fonction initiale d’école. L’État partie a en outre informé le Centre du patrimoine mondial que le projet d’hôtel 5 étoiles près du vieux port sur le Mékong avait été suspendu et sera révisé conformément au nouveau plan d’urbanisme.
c) Plan de sauvegarde et de mise en valeur de Luang Prabang (PSMV) et renforcement du service de protection du patrimoine
L’État partie reste engagé à la stricte application de la réglementation sur le patrimoine, notamment du Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) de Luang Prabang. La Maison du Patrimoine a été restructurée pour devenir le Département du Patrimoine en 2009, et sa position vis-à-vis d’autres autorités gouvernementales a été renforcée. Ce nouveau Département du Patrimoine veille à la stricte application du PSMV et contrôle les demandes de permis d’urbanisme. Il est financé par un fonds créé en 2012 et géré par un comité local, actuellement présidé par le vice-gouverneur.
d) Projet de barrage sur le Mékong en amont de Luang Prabang
Après une première explication montrant que le projet de barrage sur le Mékong, dont la construction est prévue à 60 km en amont du bien, n’entraînerait pas de montées du niveau des eaux, l’État partie entreprend maintenant une évaluation d’impact socio-environnemental dont les résultats seront envoyés au Centre du patrimoine mondial. Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS recommandent également de mener une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP), conformément au « Guide pour les évaluations d’impact sur le patrimoine appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial » de l’ICOMOS.