Une mission de suivi réactif de l’ICOMOS a été effectuée du 22 au 25 avril 2010 dans l’optique d’évaluer l’état de conservation du bien. Dans sa décision 34 COM 7B.50 consécutive, le Comité du patrimoine mondial félicitait l’État partie pour son travail considérable d’amélioration de la conservation mais exprimait son inquiétude quant à certains autres aspects, notamment le développement incontrôlé dans la ville de Macuti et l’insuffisance de personnel technique en charge des questions de gestion. Il demandait des exemplaires du plan de gestion pour approbation et la soumission d’un rapport sur l’état de conservation avant le 1er février 2012. Le rapport de mission mentionnait également que des efforts supplémentaires devaient être faits en matière de stabilisation des bâtiments et évoquait l’insuffisance persistante des installations d’assainissement.
Le 18 mars 2012, l’État partie a envoyé un rapport sur l’état de conservation en portugais au Centre du patrimoine mondial accompagné d’un document concernant la révision de la délimitation de la zone tampon. La version anglaise du rapport a été reçue le 30 avril 2012.
a) Développement incontrôlé dans la ville de Macuti
La mission 2010 a rapporté que l’authenticité de la ville de Macuti était menacée par un développement incontrôlé affectant les caractéristiques urbaines historiques. Elle a par conséquent demandé que cesse tout nouveau développement et a accueilli favorablement le fait que les autorités envisagent de transférer une partie des résidants. Elle a également noté les conditions laissant à désirer en matière d’adduction d’eau et d’assainissement dans le bien, en particulier dans la ville de Macuti, incluant l’abandon du système éprouvé de stockage traditionnel de l’eau.
L’État partie indique qu’un transfert de résidants vers des parcelles viabilisées nouvellement créées a été planifié, avec 53 demandes de transfert reçues en 2010. De plus, de nouvelles installations d’assainissement pour la ville de macuti et les nouvelles zones résidentielles ont été construites et des opérations sont en cours pour assainir des plages et les destiner à des fins récréatives. La Banque mondiale, avec le Fonds australien, entend élaborer un programme d’adduction d’eau essentiellement pour la ville de Macuti et le nouveau village du Millénaire sur le continent, et le Bureau de conservation de l’île de Mozambique (GACIM) a recommandé la récupération des éléments du système historique de stockage de l’eau à cette fin.
Le rapport décrit la réfection de la route côtière dans l’est de l’île de Mozambique qui améliore le contrôle des inondations. Enfin, une étude de 180 maisons sur 1 330 dans la ville de Macuti entreprise en 2010, grâce à un financement du gouvernement flamand, a été versée aux archives sur le patrimoine bâti du GACIM.
b) Plan de gestion et mise en œuvre
La mission de 2010 a recommandé que les efforts pour la mise en œuvre du plan d’urgence 2006 soient intensifiés, notamment en matière de conservation d’urgence durable des bâtiments, mesures de contrôle du développement dans la ville de Macuti et amélioration de l’approche participative de la conservation et gestion.
L’État partie rapporte que le plan de gestion finalisé a été approuvé par le ministère de la Culture en 2010 et que trois exemplaires (en portugais avec un résumé analytique en anglais), ont été envoyés au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives.
Le rapport indique que le ministère de la Culture, avec le soutien du Centre du patrimoine mondial et dans le cadre du Programme des villes du patrimoine mondial, a organisé en 2011 un séminaire, financé par le Fonds-en-dépôt flamand, sur l’approche gestionnelle des Paysages urbains historiques pour débattre des enjeux de conservation, de gestion et d’habitations durables au sein du bien. Une étude de terrain consécutive, conjointement réalisée par l’université régionale de Lúrio (Mozambique), l’université de Technologie d’Eindhoven (Pays-Bas) et l’université du Minnesota (USA), s’est intéressée aux espaces ouverts de l’île et a élaboré un plan cadastral pour le GACIM afin de consolider les outils de gestion. Les résultats de ce travail ont été présentés aux parties prenantes de l’île.
c) Renforcement des capacités et recrutement de personnel technique au sein du GACIM
La mission de 2010 et la décision 34 COM 7B.50 ont encouragé le recrutement de personnel technique supplémentaire pour améliorer la gestion du bien.
L’État partie rapporte que les mesures administratives nécessaires sont en train d’être prises pour accorder la priorité au recrutement par le GACIM d’architectes, chercheurs et techniciens supplémentaires ; par ailleurs, la formation de fonctionnaires aux questions de patrimoine a été entreprise et de nouveaux accords passés en vertu desquels des agents devront être engagés et recrutés pour la gestion de la zone du patrimoine subaquatique.
En 2011, l’État partie a organisé un séminaire à l’attention des parties prenantes afin de les sensibiliser et de discuter de la ratification éventuelle de la Convention pour la protection du patrimoine culturel subaquatique de l’UNESCO. Enfin, un projet financé par la Finlande forme les opérateurs de tourisme à la langue anglaise.
d) Mise en œuvre du plan d’urgence et cadre juridique
Le rapport de mission de 2010 et la décision 34 COM 7B.50 ont demandé que soit poursuivie la mise en œuvre du plan d’urgence 2006 par une consolidation du cadre juridique pour la gestion du bien.
L’État partie rapporte que le plan de gestion et de conservation de l’île de Mozambique va désormais guider les actions anciennement promues par le plan d’urgence. La consolidation de la structure juridique est en cours, et cela s’étendra à la zone tampon.
Certains des objectifs du plan d’urgence demeurent en instance, notamment la création d’un fonds commun pour la préservation de l’Île de Mozambique et l’instauration d’une structure de coordination avec les partenaires pour faciliter les activités de conservation et de restauration. Ceci pourrait être encouragé par la tenue en 2012 d’une conférence internationale sur la conservation de l’île.
e) Zone tampon
La décision 34 COM 7B.50 invitait l’État partie à agrandir la zone tampon du bien pour faciliter la protection des zones archéologiques subaquatiques.
L’État partie convient que la protection devrait être étendue à la baie de Mossuril afin que soient protégées les caractéristiques écologiques et culturelles mais ne mentionne aucunement les épaves sous-marines ni la nécessité de fouilles archéologiques marines. Il indique que l’extension de la zone tampon fait l’objet de discussions intenses, notamment au niveau ministériel. Bien que le document soumis concernant la zone tampon indique une extension dans cet esprit, le Centre du patrimoine mondial l’a renvoyé à l’État partie pour qu’il en clarifie les données et se conforme à la procédure définie dans les Orientations.
f) Conservation et projets de développement
La mission a recommandé que d’autres travaux de stabilisation et de conservation des bâtiments soient entrepris, en particulier sur la forteresse de San Sebastian avec une importante implication sociale, et que tout aménagement illégal et inapproprié menaçant l’authenticité du bien disparaisse.
L’État partie énumère un certain nombre de projets de réhabilitation en cours dont la réhabilitation du pont plateforme, qui relie l’île au continent, du bâtiment des télécommunications et du musée, ainsi que 22 autres projets de réhabilitation de bâtiments publics et privés, financés par le gouvernement du Mozambique, l’ambassade de Norvège pour le projet muséal, et autres. L’État partie mentionne 12 autres importants travaux actuellement envisagés et développés. Certains sont situés dans la zone tampon étendue et incluent de nouveaux aménagements touristiques pouvant exiger l’examen du Comité du patrimoine mondial. Ce que l’État partie est parvenu à faire en matière d’organisation et développement de projets avec des fonds provenant de partenariats est remarquable.
Le rapport de l’État partie ne mentionne pas la seconde phase du projet de réhabilitation de la forteresse de San Sebastian, lancée en mars 2012 peu après la soumission du rapport. Le projet, financé par le gouvernement des Pays-Bas, va réhabiliter un bloc galerie agrandi pour accueillir le centre de documentation de l’île de Mozambique (CEDIM) créé en 2011 par l’université régionale de Lúrio en coopération avec le gouvernement du Mozambique et l’UNESCO. Les travaux incluront également la réparation des batteries inférieures de la forteresse endommagées par un cyclone en 2008, grâce à des fonds provenant de l’Assistance internationale d’urgence accordée en 2009. Le centre de documentation devrait favoriser d’autres réhabilitations au sein du complexe conformément au plan général de réutilisation de la forteresse.