En 2003, l’UNESCO et le gouvernement du Mozambique ont signé un accord pour la réhabilitation de la forteresse de Saint-Sébastien, l’un des principaux monuments de l’île de Mozambique. Le projet comportera trois grands volets : (i) enrayer la dégradation de la forteresse ; (ii) restauration et réutilisation limitée de la forteresse pour de nouvelles fonctions ; (iii) élaboration d’un programme de gestion et d’entretien de la forteresse. L’exécution du projet est confiée à une équipe pluridisciplinaire qui réunit des conservateurs, des architectes, des historiens, des archivistes, des archéologues, des artisans, etc. Il sera également fait appel à une entreprise en bâtiment spécialisée dans la restauration du patrimoine architectural.
Ayant constaté un retard dans le lancement du projet de réhabilitation, l’UNESCO a organisé en juillet 2005 une réunion d’experts sur l’île de Mozambique pour définir une nouvelle stratégie visant à lancer les travaux de réhabilitation de la forteresse de Saint-Sébastien. La stratégie définie repose sur les principes suivants :
a) passer un contrat avec un cabinet d’architectes pour produire toute la documentation technique (plans d’exécution, spécifications techniques, devis descriptif, etc.) nécessaire pour la publication de l’appel d’offres concernant les travaux de réhabilitation ;
b) faire appel à un conseiller technique en chef de l’UNESCO qui sera basé sur l’île de Mozambique pour coordonner le projet au quotidien et fournir régulièrement des rapports d’avancement à l’UNESCO ;
c) envisager une supervision technique sur place pour garantir la qualité des travaux et le respect des spécifications techniques ;
d) considérer comme prioritaire la nécessité d’enrayer la dégradation de la forteresse ;
e) ramener la durée du projet de 3 à 2 ans.
Afin d’élaborer un plan de travail intégré complet et réaliste pour la mise en œuvre du projet, notamment la définition d’une stratégie efficace d’exécution et la mise au point d’un plan de suivi et d’évaluation, le Bureau de l’UNESCO à Maputo a demandé au Centre du patrimoine mondial d’apporter son soutien à l’ensemble du processus. A cette fin, le Centre du patrimoine mondial a organisé entre septembre et novembre 2005 une série d’activités pour informer les gouvernements japonais et portugais et discuter avec eux des possibilités de réajustement des budgets initiaux. Le 31 janvier 2006, la délégation permanente du Portugal a envoyé à l’UNESCO une lettre l’informant de sa décision de verser 102 900 dollars EU à titre de contribution au poste de conseiller technique en chef de l’UNESCO et a soumis le CV d’un expert portugais spécialisé dans la conservation architecturale pour considération par l’UNESCO. Les budgets révisés ont été soumis au gouvernement japonais et à l’UCCLA en mars 2006 et la procédure d’appel d’offres à l’intention des cabinets d’architectes sera lancée dès qu’ils auront été approuvés.
Le Centre du patrimoine mondial a effectué une mission du 16 au 23 janvier 2006 afin de participer à la sélection des cabinets d’architectes que l’UNESCO invitera à soumissionner pour la production de la documentation technique concernant la forteresse. Sur les 12 cabinets d’architectes internationaux qui avaient exprimé leur intérêt, quatre ont été retenus et seront invités à proposer des stratégies pour les travaux de réhabilitation.
La mission a également évalué l’état de conservation du site du patrimoine mondial et a pu constater que l’île de Mozambique était gravement menacée par plusieurs dangers qui peuvent être résumés comme suit :
a) dans le quartier du « Musée », de nombreux bâtiments menacent de s’écrouler du fait de leur état de dégradation avancé. Ceci est principalement dû à leur abandon par les propriétaires privés et à d’importantes fuites d’eau au niveau des toitures qui détériorent les planchers et les murs ;
b) on manque d’informations sur l’état du patrimoine architectural (en cours de dégradation, en ruines, mauvais état, bon état, etc.). Une étude détaillée de l’état de conservation de ce patrimoine permettrait de définir une approche globale de la conservation et de l’aménagement du bien du patrimoine mondial ;
c) l’authenticité du tissu historique est aujourd’hui sérieusement discutable. En effet, le nombre de ruines semble important, de nouvelles structures sont construites et d’important édifices historiques sont transformés de façon incompatible avec leur conception et leurs matériaux d’origine. De plus, la municipalité continue à délivrer des permis de construire sans procédure adéquate pour évaluer les édifices qui seront construits ou restaurés, ni même pour contrôler ce qui est fait sur le terrain. Il n’y a pas de service de conservation dûment établi qui pourrait aider la municipalité à faire face à ce manque d’expertise ;
d) le bien du patrimoine mondial n’a pas de réseau d’égouts digne de ce nom pour les habitants du quartier du musée ou du quartier Macuti. Si bien que la majorité des résidents utilisent les plages comme toilettes en plein air ;
e) le plan de gestion, dont l’élaboration a été lancée en 2003, n’a pas encore été finalisé. Aucun gestionnaire de site n’a en encore été nommé par la Direction nationale de la Culture et affecté sur l’île.
Enfin, une mission UNESCO-Banque africaine de développement a été effectuée entre le 6 et le 14 mars 2006. Le but était de préparer le terrain en vue d’élaborer pour l’île de Mozambique un programme intégrant patrimoine et développement durable. La mission a discuté avec les autorités nationales de la finalité de ce programme, ou plan d’action, ainsi que des dispositions à prendre pour sa mise en œuvre, notamment la création au sein de la municipalité d’une unité responsable du programme.