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Site de l'homme de Pékin à Zhoukoudian

Brève description

À 42 km au sud-ouest de Pékin, le site, dont l'exploitation scientifique continue, a permis notamment de découvrir, accompagnés d'objets variés, les restes de Sinanthropus pekinensis, qui vivait au pléistocène moyen, puis des restes d'Homo sapiens sapiens, datables de -18 000 à -11 000. Le site n'apporte pas seulement un témoignage exceptionnel sur les sociétés humaines du continent asiatique à une époque très reculée, mais illustre aussi le processus de l'évolution.

Site de l'homme de Pékin à Zhoukoudian © Mutt Plus d'images ...

Description longue

Le site de Choukoutien (aujourd'hui Zhoukoudian), à 42 km au sud-est de Beijing (Pékin), a été exploré dès 1921 par le géologue suédois J. G. Anderson. La découverte de dents d'hominien dans le sédiment d'une caverne puis, en 1926, celle d'un crâne complet par l'archéologue chinois Pei Wen Chung (Pei Wen Zhong) a suscité un intérêt universel, auquel contribuèrent les travaux de Pierre Teilhard de Chardin. La chronologie des débuts de l'histoire de l'homme généralement acceptée jusqu'alors fut entièrement remise en cause par cette découverte : Sinanthropus pekinensis, ou Homo erectus pekinensis, qui vécut au milieu du pléistocène, entre 700 000 et 200 000 ans avant les temps modernes, avait maîtrisé le feu et utilisait un grand nombre d'instruments en pierre taillée. Les fouilles menées par la suite dans la grotte, et à ses abords, ont mis au jour un nombre important de squelettes humains incomplets dont l'étude anthropologique a permis d'établir qu'ils appartenaient à 40 individus différents.

On a retrouvé sur le site quelque 100 000 objets, essentiellement des outils en pierre assez grossiers, de nombreuses traces de foyers domestiques, des pierres rubéfiées, des os brûlés, des dépôts de cendres, ainsi que des graines fossilisées. Non loin du site principal, une seconde caverne a révélé des restes d'Homo sapiens sapiens datables entre 18000 et 11000 av. J.-C., ainsi qu'une importante quantité d'autres objets : colliers de dents, coquillages et galets percés, aiguilles en os, etc.

Le conflit sino-japonais, qui commença en 1937, interrompit malheureusement les fouilles, et eut des conséquences tout à fait désastreuses pour le site : les restes du Sinanthropus pekinensis découverts avant cette date furent dispersés ou perdus. Le musée actuel n'en présente plus que des moulages, et la Suède en conserve aujourd'hui quelques fragments isolés.

Les fouilles entreprises après la guerre par les archéologues de la République populaire de Chine ont en partie compensé ces pertes par la découverte d'une mâchoire complète (1959) et de différents éléments de crânes (1966). Au cours de la même période, d'autres recherches menées en Chine ont mis au jour des hominidés contemporains de l'homme de Pékin, ou antérieurs : l'homme de Lantian, découvert en 1963-1964 dans la province du Chansi (Shaanxi), et l'homme de Yuanmou, découvert en 1965 dans la province du Yunnan. Le site de Zhoukoudian offre un témoignage des communautés humaines présentes sur le continent asiatique depuis le milieu du pléistocène jusqu'au paléolithique. Il illustre, plus généralement, le processus d'hominisation qui ne peut être complètement appréhendé qu'à une échelle mondiale, et à partir de multiples exemples.

Source : UNESCO/CLT/WHC