Grottes de Mogao
Brève description
Situées en un point stratégique de la Route de la soie, à un carrefour de la circulation des richesses et des influences religieuses, intellectuelles et culturelles, les 492 cellules et sanctuaires rupestres de Mogao sont célèbres pour leurs statues et leurs peintures murales, qui reflètent un millénaire d'art bouddhique.
Description longue
Le groupe de grottes de Mogao est une réalisation artistique tout à fait unique, du fait de l'organisation de son espace en cellules et en temples aménagés sur cinq niveaux différents, et par son décor exceptionnel : plus de 2 000 sculptures creusées dans la paroi rocheuse, puis revêtues d'argile et peintes, et environ 45 000 m2 de peintures murales, comprenant de nombreux chefs-d'œuvre de l'art chinois.
Les falaises de Mogao, qui forment la partie orientale du mont Mingsha, se dressent dans le paysage désertique de l'extrémité nord-ouest de la province du Gansu. Ces falaises, qui s'élèvent au-dessus de la Dachuan, 25 km au sud-est de l'oasis de Dunhuang, sont percées de 492 cellules naturelles et sanctuaires rupestres qui couvrent plus de 1 600 m, et sont connues comme les célèbres grottes des Mille Bouddhas (Qianfodong). L'histoire de ces grottes est indissolublement liée à celle des premières expéditions chinoises contre les nomades des steppes de Mongolie et de l'Asie centrale.
Après l'échec à peu près total de l'expédition de Zhang Qian dans l'ancienne Bactriane, en 139-126 av. J.-C., un long tronçon de muraille fut construit pour protéger la frontière nord. Les premiers postes militaires, comme celui de Dunhuang, furent établis en 117 av. J.-C. ; deux ans plus tard, leur nombre avait doublé. Le contrôle de la passe de Hexi et de la route des oasis, au centre de la Route de la soie, qui reliait la Chine au monde méditerranéen, fut à l'origine d'incessants conflits entre les souverains chinois et les nomades.
Dunhuang devait rester isolé de l'empire du Milieu pendant de longues périodes, et forma donc une enclave cosmopolite où tous les peuples d'Asie se mélangèrent. Nombre de religions étrangères y étaient représentées, et les oasis caravanières comptaient des fidèles du bouddhisme, du nestorianisme et de l'islam. Selon une inscription, les moines bouddhistes s'installèrent dans les grottes de Mogao en 366 apr. J.-C., mais l'État ne reconnut leur religion comme officielle qu'en 444.
La plus grande partie des cellules et des temples a été construite entre le Ve et le XIVe siècle, lorsque la région commença à décliner. Plusieurs moments importants de l'histoire de l'Asie centrale sont illustrés dans les grottes ; les fresques qui illustrent des thèmes de doctrine et reflètent l'enseignement de la transcendance sont du VIIe siècle, époque durant laquelle la dynastie des Tang renforça son contrôle sur la Route de la soie.
Les premiers sujets tantriques apparaissent à l'époque de l'occupation de Dunhuang par les Tibétains, de 790 à 851. Au lendemain de la conquête du Gansu par les Tangouts, ces sujets connurent une faveur croissante, encouragée par la prolifération des sectes de lamas à l'époque du Xia occidental (1036-1227). En 1900, la découverte par le moine taoïste Wang Yuan-Lu (Wang Guolu), de quelque 45 000 manuscrits, dans une grotte où ils avaient été cachés à l'approche des Tangouts, est liée à cette même invasion de 1036. Bien que dispersée aujourd'hui, cette fabuleuse collection demeure l'une des sources fondamentales de l'histoire de l'Asie.
Les grottes de Mogao sont étroitement associées à l'histoire des relations transcontinentales et à celle de la propagation du bouddhisme en Asie. Compte tenu de leur lien étroit avec l'histoire de la Chine, elles offrent une anthologie de l'art bouddhique, avec des peintures et des sculptures qui couvrent un millénaire. De plus, dans la mesure où elles étaient encore occupées par des moines bouddhistes entre la fin du XIXe siècle et 1930, le complexe d'art rupestre de Mogao, administré par l'Institut de recherche des vestiges culturels de Dunhuang, est un important exemple d'établissement monastique traditionnel.
Source : UNESCO/CLT/WHC
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