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Parc national historique – Citadelle, Sans Souci, Ramiers

National History Park – Citadel, Sans Souci, Ramiers

These Haitian monuments date from the beginning of the 19th century, when Haiti proclaimed its independence. The Palace of Sans Souci, the buildings at Ramiers and, in particular, the Citadel serve as universal symbols of liberty, being the first monuments to be constructed by black slaves who had gained their freedom.

Parc national historique – Citadelle, Sans Souci, Ramiers

Ces monuments d’Haïti, le palais de Sans Souci, les bâtiments des Ramiers et tout particulièrement la Citadelle, qui remontent au début du XIXe siècle, époque où la République proclama son indépendance, sont chargés d’un symbolisme universel car ils sont les premiers à avoir été bâtis par des esclaves noirs ayant conquis leur liberté.

منتزه وطني تاريخي:القلعة، وقصر سان سوسي والمباني في رامييه

إنّ هذه النصب التاريخية في هايتي، أي قصر سان سوسي ومباني رامييه، لاسيما القلعة، العائدة للقرن التاسع عشر وهي حقبة أعلنت فيها الجمهورية استقلالها، تتّسم بقيم أخلاقية عالمية إذ أنها الأولى التي شيّدها قدامى العبيد بعدما استعادوا حريتهم.

source: UNESCO/ERI

国家历史公园:城堡、圣苏西宫、拉米尔斯堡垒

这些建筑可追溯到19世纪海地宣布独立的时期。圣苏西宫、拉米尔斯堡垒、尤其是古城堡对全世界来说都是自由的象征,因为它们是最先由获得自由的黑人奴隶修造的建筑。

source: UNESCO/ERI

Национальный исторический парк – Цитадель Ла-Ферьер, дворец Сан-Суси и укрепления Рамьер

Эти памятники датируются началом XIX в., когда Гаити провозгласило свою независимость. Дворец Сан-Суси, здания в Рамьере и Цитадель являются символами свободы, так как это были первые сооружения, воздвигнутые получившими свободу чернокожими рабами.

source: UNESCO/ERI

Parque Histórico Nacional – Ciudadela, Sans Souci y Ramiers

Estos monumentos datan de principios del siglo XIX, cuando Haití proclamó su independencia. El palacio de Sans Souci, los edificios de Ramiers y, en particular, la Ciudadela son símbolos universales de la libertad por ser los primeros construidos por esclavos negros que habían conquistado su emancipación.

source: UNESCO/ERI

国立歴史公園-シタデル、サン・スーシ、ラミエ

source: NFUAJ

Nationaal historisch park – Citadel, Sans Souci, Ramiers

Het nationaal historisch park – Citadel, Sans Souci, Ramiers ligt in het noorden van Haïti. Deze Haïtiaanse monumenten dateren uit het begin van de 19e eeuw, toen de onafhankelijkheid van Haïti werd uitgeroepen. Het paleis van Sans Souci, de gebouwen in Ramiers en in het bijzonder de Citadel dienen als universele symbolen van vrijheid. Het zijn namelijk de eerste monumenten gebouwd door zwarte slaven toen ze hun vrijheid hadden teruggewonnen. Op 1 januari 1804 – na 14 jaar strijd van de zwarte eilandslaven tegen de kolonisten – riep Jean-Jacques Dessallines, de belangrijkste revolutieleider, Haiti uit tot onafhankelijke Republiek.

Source : unesco.nl

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Parc national historique – Citadelle, Sans Souci, Ramiers
Valeur universelle exceptionnelle
Brève synthèse

Situé dans la partie septentrionale de la République d’Haïti, le Parc National Historique - Citadelle, SansSouci, Ramiers (PNH-CSSR) s’inscrit dans la zone centrale des massifs du Nord qui se prolongent en République Dominicaine. Le PNH-CSSR se trouve à la charnière de l’espace-plaine côtier et l’espacemontagne de l’intérieur. Le choix de construire la Citadelle sur des sommets répondait à une logique stratégique de protection intérieure qui se différenciait de la défense côtière héritée de la colonisation française.
Créé par un décret présidentiel en 1978, afin de préserver le splendide cadre naturel de pics montagneux couverts d’une végétation luxuriante, le PNH-CSSR couvre une superficie de 25 km2 . Il englobe l’ensemble monumental du Palais Sans-Souci et ses dépendances, la citadelle Henry et le Site des Ramiers, symboles universels de liberté car ils sont les premiers ouvrages construits par des esclaves noirs ayant conquis leur liberté. Pour les Haïtiens, ils représentent les premiers monuments de leur indépendance.
Le 1er janvier 1804, après quatorze ans de luttes menées par les esclaves noirs de 1’île contre les colons, JeanJacques Dessalines, le principal dirigeant de la révolution, proclamait la République indépendante d’Haïti. “L’empereur” Dessalines confia immédiatement à l’un de ses généraux, Henri Christophe, le soin de construire sur le pic Laferrière, une gigantesque forteresse destinée à protéger la jeune république.
À la fois ouvrage militaire et manifeste politique, la citadelle Henry qui se dresse à 970 m d’altitude est un des meilleurs témoins de 1’art des ingénieurs militaires au début du XIXe siècle. Ses plans seraient dus au Haïtien Henry Barré, mais il est probable que la part prise par le général Christophe à leur élaboration fut prépondérante. La Citadelle Henry couvrant un superficie d’environ un hectare est un vaste quadrilatère constitué de quatre corps de bâtiments protégés par quatre tours de flanquement qui s’ordonnent autour d’une cour centrale et forment sur plusieurs étages un front bastionné de batterie et de casernes. Les corps avancés, remarquablement articulés pour permettre un emploi intégral des possibilités de l’artillerie, un système très élaboré de canalisations et de citernes, et des murailles colossales devaient rendre cette citadelle inexpugnable. Elle pouvait abriter une garnison de 2000 hommes, 5000 en cas de nécessité.
À la mort de Dessalines, en 1806, la république d’Haïti fut divisée en deux états : l’état du Sud, gouverné par Pétion, et 1’état du Nord, où Christophe se proclama roi en 1811. La citadelle Henry, initialement conçue comme un monument à la défense de la liberté, continua d’être fortifiée par le despote et fut inaugurée en 1813.
Simultanément, le roi Christophe (Henri Ier) entreprenait de se faire bâtir au pied du chemin d’accès à la Citadelle et près du village de Milot, un étonnant palais entouré de jardins : le palais Sans-Souci. Ce grand ensemble architectural répondait à la nécessité de concentrer autour de la résidence royale l’essentiel des fonctions administratives de la nouvelle monarchie. Entourés de massifs montagneux couverts d’une végétation luxuriante, le Palais et ses dépendances étaient groupés en amphithéâtre sur une superficie d’environ huit hectares. L’ensemble architectural comprenait la Résidence royale, c’est-à-dire le Palais proprement dit qu’Henry 1er utilisa comme résidence principale jusqu’à sa mort en 1820 ; les édifices administratifs (le Grand Conseil d’État, le Palais des Ministères, l’Hôtel de la Monnaie, la Bibliothèque) ; la résidence du Prince héritier située à l’Ouest de l’esplanade des réunions officielles; et les écuries, les casernes, les prisons, l’arsenal, les divers ateliers d’entretien, l’hôpital, l’orfèvrerie, etc. L’ensemble était agrémenté de jardins, de bassins et de fontaines. Inauguré en 1813, le Palais Sans-Souci fut pillé à la mort du Roi en 1820. Depuis, abandonné, il fut sévèrement endommagé par le tremblement de terre en 1842. Il demeure néanmoins, par ses dimensions, une ruine imposante et cohérente qui tient sa bizarre beauté d’un accord exceptionnel avec le site montagneux mais aussi du recours à des modèles architecturaux divers et réputés inconciliables. Les escaliers baroques et les terrasses classiques, les jardins étagés où passent les souvenirs de Potsdam et de Vienne, les canaux et les Adoption of retrospective Statements bassins librement inspirés de Versailles donnent à la création du roi mégalomane une indéfinissable valeur onirique.
Le site des Ramiers est un petit plateau où l’on trouve des soubassements et quelques pans de murs d’un ensemble résidentiel protégé par deux paires de redoutes fortifiées. Le site commande un superbe panorama et révèle un aspect inattendu de la Citadelle, détachant sa silhouette massive contre le vide du ciel.
Le Parc National Historique rassemble des témoins uniques en relation directe avec l’Indépendance d’Haïti, issue d’un soulèvement général d’esclaves déportés d’Afrique. La Révolution française de 1789 entraîna de graves bouleversements sociaux dans les petites Antilles comme à Saint-Domingue. Le plus important fut la révolte des esclaves qui aboutit en 1793 à l’abolition de l’esclavage, décision avalisée et généralisée à l’ensemble des colonies françaises par la Convention Nationale six mois plus tard (Première abolition de l’esclavage, le 16 pluviôse an II, [4 février 1794]). Au terme d’une violente guerre, la Déclaration d’Indépendance du pays fut proclamée le 1er janvier 1804. Le nom de “Haïti”(ancien nom taïno de l’île avant l’arrivée des Européens en 1492) fut alors donné au pays. Depuis, Haïti demeure le premier état au monde issu d’une révolte d’esclaves.

Critère (iv) : Le Parc National Historique – Citadelle, Sans-Souci, Ramiers est l’exemple éminent d’un type de structures illustrant la situation historique d’Haïti au lendemain de son indépendance.

Critère (vi) : L’éphémère République de Jean-Jacques Dessalines revêt une signification historique universelle : c’est le premier état fondé à l’époque contemporaine par des esclaves noirs ayant conquis leur liberté.

Authenticité

L’authenticité du Parc National Historique - Citadelle, Sans-Souci, Ramiers, est indéniable en termes de situation et cadre, d’organisation spatiale, de forme et conception, de matériaux et de substance.
La citadelle Henry a bénéficié d’une intervention majeure consistant à la mise hors d’eau des ruines. Ces travaux réalisés avec l’assistance technique de l’UNESCO, de 1979 à 1990, ont pris le soin de préserver l’intégrité du monument historique en appliquant l’article 9 de la Charte de Venise. Depuis 2013, l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN) a entrepris des chantiers importants concernant le confortement des parties fragiles de l’ouvrage et des travaux d’aménagement destinés à améliorer les conditions d’accueil des visiteurs.

Intégrité

Le contexte environnemental du Parc National Historique - Citadelle, Sans-Souci, Ramiers, maintient encore ses caractéristiques d’origine. L’unité de paysage conféré par la vallée de Dondon et les mornes environnants, qui offre une sélection représentative des différents milieux de la région, constitue un système humain cohérent. La perception topographique de charnière entre l’espace côtier et l’intérieur des terres, qui justifia l’occupation de ce territoire par l’édification de ces constructions, fortifications et palais, est très forte.
Bien qu’endommagés par le séisme de 1842, la citadelle Henry et les fortifications de Ramiers conservent toute leur cohérence d’origine tant du point de vue du bâti que du point de vue de leur fonction militaire.
Quoique pillées à la mort d’Henry 1er et sévèrement endommagées par le séisme de 1842, les ruines du Palais Sans-Souci conservent amplement leurs caractéristiques architecturales essentielles qui renvoient à l’état originel: proportions générales, rythme des ouvertures, éléments et détails architecturaux significatifs, matériaux de ses composantes, etc.
Toutefois, d’importantes infiltrations d’eau de pluie constituent une menace pour la stabilité précaire des ruines, en particulier au niveau des fondations.
Le site inscrit est par ailleurs menacé, principalement par la déforestation, l’agriculture de subsistance, l’absence de gestion centrale et l’urbanisation sauvage des villes de Milot et de Dondon, jouxtant ses limites. Une exploitation touristique non organisée pourrait également affecter l’intégrité des ruines du Palais Sans-Souci.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le Parc National Historique - Citadelle, Sans-Souci, Ramiers est propriété de la République d’Haïti. La protection du site relève de la Loi de 1941 sur la Protection des Monuments et Sites. Le Parc National Historique qui protège la zone monumentale de la Citadelle, du Palais Sans Souci et du Site des Ramiers a été créé par le Décret Présidentiel de 1978. L’ISPAN, agence spécialisée de l'État Haïti créée en 1979, est l’organisme responsable de son administration.
Le Parc National Historique est dirigé depuis 2013 par un Conseil Interministériel de Gestion composé des représentants de six ministères, sous la présidence du Premier Ministre du Gouvernement de la République. Le Secrétariat permanent de ce conseil est assuré par la Direction Générale de l’ISPAN, point focal de l’État.
Au début de 2014, l’ISPAN a mis en place une structure de gestion intérimaire ayant pour mission principale d’élaborer le Plan de Gestion du PNH-CSSR et la structure définitive de sa gestion. Les résultats escompté, à long terme, sont que le plan de Gestion soit mis en application ; que le PNH-CSSR soit aménagé selon un plan concerté et participatif ; que les monuments historique soient stabilisés et mis hors d’eau, et qu’ils soient aménagés pour utilisation à des fins culturelles et touristiques.
La clarification des limites du Parc historique par bornage constitue une avancée significative pour la compréhension du site et la préservation de sa valeur universelle exceptionnelle ; toutefois, des travaux supplémentaires sont requis pour définir la zone tampon et pour mettre en place des mesures réglementaires adéquates.