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Trinational de la Sangha

Sangha Trinational

Situated in the north-western Congo Basin, where Cameroon, Central African Republic and Congo meet, the site encompasses three contiguous national parks totalling around 750,000 ha. Much of the site is unaffected by human activity and features a wide range of humid tropical forest ecosystems with rich flora and fauna, including Nile crocodiles and goliath tigerfish, a large predator. Forest clearings support herbaceous species and Sangha is home to considerable populations of forest elephants, critically endangered western lowland gorilla, and endangered chimpanzee. The site’s environment has preserved the continuation of ecological and evolutionary processes on a huge scale and great biodiversity, including many endangered animal species.

Trinational de la Sangha

Situé dans le nord-ouest du bassin du Congo, au point de rencontre du Cameroun, du Congo et de la République centrafricaine, le site comprend trois parcs nationaux contigus, couvrant une superficie totale de 750 000 hectares, très peu affectés par l’activité humaine. On y trouve l’ensemble du spectre des écosystèmes de forêts tropicales humides. Les riches faune et flore comprennent notamment des crocodiles du Nil et des poissons-tigres Goliath, grands prédateurs. Les clairières offrent des espèces herbacées et la Sangha abrite des populations considérables d’éléphants de forêt, ainsi que des gorilles des plaines de l’ouest (en danger critique d’extinction) et des chimpanzés (en danger). L’environnement du site a permis la poursuite des processus écologiques et évolutionnaires sur une large échelle, ainsi que le maintien d’une grande biodiversité, comprenant de nombreuses espèces en danger.

Sitio trinacional de Sangha

Situado en la cuenca noroccidental del río Congo, en el punto de confluencia de las fronteras del Camerún, la República del Congo y la República Centroafricana, este sitio abarca tres parques nacionales contiguos que totalizan una superficie de más de 750.000 hectáreas, donde las actividades humanas apenas han alterado la naturaleza. El sitio cuenta con una vasta gama de ecosistemas de bosque tropical húmedo, y también con una flora y fauna muy ricas. Esta última comprende especies como el cocodrilo del Nilo y un gran predador: el pez tigre Goliat. En los claros de bosque crecen especies herbáceas, y la región de Sangha alberga una población considerable de elefantes de bosque, así como gorilas de las planicies occidentales (en grave peligro de extinción) y chimpancés (una especie también amenazada). El entorno del sitio ha permitido una continuidad de los procesos ecológicos y evolutivos a gran escala, así como la preservación de una gran biodiversidad que abarca numerosas especies animales en peligro de extinción.

source: UNESCO/ERI

Trinationaal Sangha

Trinationaal Sangha omvat drie aaneengesloten nationale parken van in totaal ongeveer 750.000 hectare. Het trinationale terrein ligt in het noordwestelijke Congo bekken, waar Kameroen, de Centraal-Afrikaanse Republiek en Congo samenkomen. Een groot deel van het gebied is niet beïnvloed door menselijke activiteit en kent een breed scala aan vochtige tropische bosecosystemen met een rijke flora en fauna, waaronder de Nijlkrokodil en de goliath tijgervis. Sangha is de thuisbasis van grote populaties bosolifanten, bedreigde westelijke laaglandgorilla’s en bedreigde chimpansees. Trinationaal Sangha is geen overgebleven deel, maar onderdeel van een groter en intact landschap, wat zeldzaam is op wereldwijde schaal.

Source : unesco.nl

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Trinational de la Sangha, petit éléphant © Andréa Turkalo
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Trinational de la Sangha (TNS) est un complexe transfrontalier consacré à la conservation de la nature, situé dans le nord‑ouest du bassin du Congo, au point de rencontre entre la République du Cameroun, la République du Congo et la République centrafricaine. Le TNS comprend trois parcs nationaux contigus couvrant une superficie totale de 746’309 hectares définie par la loi. Il s’agit du Parc national de Lobéké au Cameroun, du Parc national de Nouabalé-Ndoki en République du Congo et du Parc national de Dzanga-Ndoki en République centrafricaine. Ce dernier est composé de deux unités distinctes. Les parcs sont enchâssés dans un paysage forestier beaucoup plus vaste que l’on appelle parfois le « paysage du Trinational de la Sangha ». Pour tenir compte de l’importance du paysage dans son ensemble et de ses habitants pour l’avenir du bien, une zone tampon de 1'787’950 hectares a été établie. Elle comprend la Réserve forestière de Dzanga-Sanga en République centrafricaine qui relie les deux unités du Parc national Dzanga-Ndoki.

Les valeurs et caractéristiques naturelles comprennent les processus écologiques et évolutionnaires en cours à très grande échelle dans un paysage forestier essentiellement intact. Des habitats nombreux et divers tels que des forêts tropicales constituées d’espèces décidues et sempervirentes, une grande diversité de types de zones humides, notamment des forêts marécageuses et des forêts périodiquement inondées et de nombreux types de clairières forestières d’importance majeure pour la conservation sont donc connectés au niveau du paysage. Cette mosaïque d’écosystèmes abrite des populations viables d’assemblages complets de la faune et de la flore, y compris de grands prédateurs et d’espèces rares et en danger comme les éléphants de forêt, les gorilles, les chimpanzés et plusieurs espèces d’antilopes telles que le sitatunga et l’emblématique bongo.

Critère (ix) : Le bien est caractérisé par ses vastes dimensions renforcées par une très vaste zone tampon, une perturbation mineure sur de très longues périodes et un caractère intact permettant la poursuite de processus écologiques et évolutionnaires à grande échelle. Il convient de noter la présence permanente de populations viables et de densités naturelles d’animaux sauvages, notamment de grands prédateurs et de grands mammifères qui, ailleurs, sont souvent touchés par la chasse et le braconnage. Le bien est formé d’une mosaïque entièrement connectée d’habitats très divers, y compris de nombreux types de clairières forestières écologiquement remarquables attirant des groupes importants d’animaux sauvages et où l’on trouve des espèces de plantes innombrables, absentes, par ailleurs, du paysage forestier. À la différence de beaucoup d’autres aires protégées forestières, le bien n’est pas un vestige mais continue de faire partie d’un paysage beaucoup plus vaste et intact présentant de bonnes perspectives en matière de conservation, ce qui est de plus en plus rare et important à l’échelon mondial.

Critère (x) : Le bien représente un large spectre de forêts tropicales humides, riches en espèces, du bassin du Congo, en Afrique centrale, et assure la protection d’une gamme d’espèces en danger. La flore est enrichie par des espèces que l’on trouve exclusivement dans les nombreux types de clairières forestières. Le Trinational de la Sangha protège un grand nombre d’espèces d’arbres qui sont, ailleurs, lourdement exploitées pour le commerce, comme par exemple le mukulungu en danger critique d’extinction. Outre les populations viables d’éléphants de forêt, on y trouve des populations importantes de gorilles de plaine de l’ouest en danger critique d’extinction et de chimpanzés en danger, à la fois dans le bien et dans ses environs, ainsi que plusieurs espèces d’antilopes en danger telles que le sitatunga et l’emblématique bongo.

Intégrité

Les limites du bien coïncident avec les limites de trois parcs nationaux existants et forment ainsi une vaste aire protégée d’un seul tenant au cœur du paysage plus vaste du Trinational de la Sangha. Le bien tout entier est entouré par une vaste zone tampon dans les trois pays, qui tient compte des liens écologiques étroits unissant le bien proposé et ses environs. Cette approche chapeaute la planification de l’occupation des sols et permet d’intégrer les besoins en moyens d’existence légitimes des communautés locales et autochtones avec la conservation de la nature dans le paysage général du Trinational de la Sangha. L’exploitation forestière et la chasse sont interdites dans les parcs nationaux. En outre, l’éloignement du TNS ajoute une protection naturelle supplémentaire contre l’exploitation des ressources. Il sera essentiel de garantir que les activités futures dans les zones tampons, y compris la gestion des forêts et des espèces sauvages, le tourisme, l’agriculture et l’infrastructure, soient totalement compatibles avec les objectifs de conservation du TNS de sorte que le paysage environnant suffise aux besoins des communautés locales et autochtones tout en servant effectivement de « tampon » pour le bien.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

La gestion conjointe du bien est solide et déterminée et rassemble les trois États parties, ce qui est une condition permanente indispensable. Les trois parcs nationaux qui composent le bien ont tous un personnel de gestion et administratif fourni par les gouvernements et, si nécessaire, complété par un appui international venant d’organisations non gouvernementales ainsi que d’organismes multilatéraux et bilatéraux. La gestion, l’application des lois, la recherche, le suivi et le tourisme nécessitent une coordination de part et d’autre des frontières nationales. Un Comité trinational de suivi et d’action est en place qui rassemble les trois pays au niveau ministériel. Un Comité trinational de suivi unit les trois pays au niveau des administrations régionales. Ces mécanismes sont efficaces et assurent une protection et une gestion conjointes du bien et devront être maintenus et renforcés.

Les droits et moyens d’existence traditionnels des populations autochtones et locales, tels les BaAkas, sont un élément fondamental, de mieux en mieux reconnu dans la gestion du bien. Alors que dans le Parc national de Lobéké (Cameroun) il existe des zones d’utilisation dans le parc, en République centrafricaine et en République du Congo, l’utilisation locale des ressources, y compris la chasse et la cueillette autochtones, n’est pas autorisée dans les aires protégées, ce qui affecte les moyens d’existence locaux et pourrait être source de conflit. D’où l’importance cruciale de trouver un équilibre général entre la conservation de la nature et l’utilisation locale des ressources dans le paysage tout entier. La zone tampon considérablement agrandie offre une occasion de mieux comprendre et intégrer les besoins en moyens d’existence mais aussi les connaissances des communautés locales et autochtones dans le contexte du paysage vivant du TNS. L’inscription sur la Liste du patrimoine mondial offre une occasion concrète aux États parties de traduire toute une gamme d’engagements différents des États parties concernant les droits des populations locales et autochtones en action sur le terrain. 

Le maintien des valeurs écologiques du bien ne dépendra pas seulement de l’application des lois mais aussi, à terme, des normes d’extraction commerciale des ressources dans la zone tampon et de la mesure dans laquelle les communautés locales et autochtones du paysage environnant accepteront et soutiendront les parcs.