Le Directeur général de l'UNESCO a exprimé son extrême inquiétude face aux travaux initiés par les autorités israéliennes sur le site de la Vieille ville de Jérusalem, protégé par la Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel (1972) et à ce titre inscrit sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

C'est pour s'assurer que ces travaux ‑ dont le plan n'a pas été communiqué à l'UNESCO - ne porteraient en aucune manière atteinte à la valeur universelle exceptionnelle de la Vieille Ville de Jérusalem, que le Directeur général a écrit au Premier Ministre israélien, Ehud Olmert. Il a en particulier rappelé la décision du Comité du patrimoine mondial lors de sa dernière session à Vilnius, Lituanie, en 2006, où le Comité se déclarait « de nouveau préoccupé par les obstacles et les pratiques - telles que les fouilles archéologiques ou les nouvelles constructions - susceptibles d'affecter la valeur universelle exceptionnelle du patrimoine culturel de la vieille ville de Jérusalem, y compris de son tissu urbain et social, ainsi que de son intégrité visuelle », et demandait « aux autorités israéliennes de fournir au Centre du patrimoine mondial toutes les informations utiles concernant les nouveaux bâtiments prévus sur et autour de la place du Mur occidental, incluant les plans de reconstruction de l'accès au Haram ash-Sharîf ».

Le caractère distinctif de la Vieille Ville de Jérusalem tient en particulier à l'étroite relation entre les édifices historiques et religieux et les populations qui vivent auprès d'eux. Toucher à cet équilibre subtil entre les symboles des trois religions du Livre, a-t-il ajouté, c'est prendre le risque de porter atteinte au respect des croyances de chacun.

C'est pourquoi le Directeur général lance un vibrant appel à toutes les personnes de bonne volonté pour faire cesser tout ce qui pourrait conduire à des tensions dont nul, pour l'heure, ne peut anticiper l'ampleur. Le plus sage, a-t-il estimé, est de suspendre toute action pouvant porter atteinte à l'esprit de respect mutuel, jusqu'à ce que la volonté de dialogue prévale à nouveau.