En 2006, une mission conjointe de suivi réactif UNESCO/ICOMOSa été effectuée pour mesurer l’impact de la construction d’une route à travers le parc archéologique par la communauté autochtone Yanacona et l’état de conservation du bien inscrit. Le 7 février 2009, le Centre du patrimoine mondial a reçu le rapport de l’État partie, qui explique en détail les progrès réalisés à ce jour dans la mise en application de la décision prise par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch, 2007). Le rapport présente l’avant-projet du plan de gestion intégral du parc archéologique de San Agustín, une cartographie actualisée du parc archéologique, le projet d’intervention et de restructuration à l’usage du public, les plans du sentier d’interprétation et un rapport complet sur les communications avec les autorités nationales, régionales et locales.
a) Élaborer un plan de gestion efficace dans le cadre d'une approche participative de mise en valeur
L’Institut colombien d’Anthropologie et d’Histoire a dressé un plan de gestion intégral pour le parc archéologique de San Agustín et le site de Alto de los Idolos. Ce document comprend 9 programmes et 50 projets axés sur la gestion de l’environnement, la conservation du patrimoine archéologique, l’enseignement et la vulgarisation, la recherche, la diffusion, les infrastructures et l’administration.
b) Identifier les limites précises et les zones tampons pour les sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial et soumettre officiellement à l’approbation du Comité du patrimoine mondial la nouvelle délimitation proposée pour la zone tampon
L’État partie a présenté une carte préliminaire basée sur des photographies aériennes en haute résolution et une analyse stéréoscopique. Un projet est en cours, qui utilise la carte de référence pour produire une banque de données géoréférencée des éléments archéologiques et naturels à l’intérieur du parc et étudier l’utilisation des terres. Il est envisagé de définir les zones tampons après avoir entrepris une vaste consultation des entités concernées de façon à intégrer ensuite ces cartes dans d’autres instruments de planification comme l’utilisation des terres et l’aménagement du territoire.
c) Définir les utilisations adéquates pour les infrastructures existantes sur les sites
L’État partie rapporte qu’un projet de zonage est en cours pour définir les utilisations adaptées aux structures existantes. Une proposition d’amélioration concernant les installations du musée, les sentiers, les clôtures et la protection des vestiges archéologiques figure aussi dans le rapport.
d) Fermer la route construite et interdire la circulation automobile, aménager un sentier d’interprétation pour rejoindre l’établissement autochtone, en promouvoir la visite et soumettre des options alternatives en vue d’améliorer le réseau routier pour les communautés locales
Les autorités régionales et locales et les communautés locales ont été informées de la décision 31 COM 7B.124 du Comité du patrimoine mondial en traduisant les recommandations de la mission de suivi et la décision officielle. Des mesures ont été appliquées pour interdire la circulation automobile, avec l’installation de clôtures et de panneaux de signalisation et la collaboration se poursuit avec la Municipalité pour améliorer les routes existantes qui donnent accès aux zones habitées. Cependant, l’État partie signale la violation de ces mesures et les difficultés accrues entre l’administrateur et les employés du parc et les habitants de la localité, qui ont abouti à la demande adressée à la Municipalité, la Corporación Autónoma Regional del Alto Magdalena et la Police d’appliquer les contrôles et les sanctions en conséquence. La consultation se poursuit entre les différents échelons du gouvernement et les communautés pour atténuer le conflit, parvenir à un consensus et procéder à l’aménagement du sentier d’interprétation. Les permis, les plans et les matériels ont déjà été obtenus et le soutien des autorités locales devrait permettre en principe la mise en œuvre du projet.
Aucune solution alternative n’a été présentée en vue d’améliorer le réseau routier pour les communautés locales.
e) Continuer à travailler en étroite concertation avec les autorités nationales et municipales, ainsi que les acteurs concernés, pour contrôler l’aménagement du site et anticiper les impacts potentiels sur le bien du patrimoine mondial
L’État partie a inclus dans son rapport plusieurs communications publiées par différentes instances sur l’amélioration de l’accès au parc archéologique et ses environs, l’entretien des infrastructures de protection, le contrôle de la pollution, le développement touristique, l’éducation, la vente et les services d’artisanat, les demandes de recherche archéologique et autres dossiers.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que le plan de gestion n’a pas été présenté si bien que l’adéquation de l’approche méthodologique et les propositions dérivées ne peuvent pas être évaluées à ce stade. Il est important d’évaluer les interventions planifiées pour prévenir la dégradation de la pierre, qu’elle soit directe ou indirecte (coupe-vent, abris et drainage). Il est également important d’examiner en quoi les propositions peuvent conserver et promouvoir la valeur universelle exceptionnelle du bien, une question qui est étroitement liée aux interventions planifiées pour accroître l’utilisation du public.
Le problème est que le plan ne concerne apparemment que le parc archéologique de San Agustín, alors que le bien inscrit comprend aussi deux autres sites archéologiques, Alto de los Idolos et Alto de la Piedra. Les opérations qui se poursuivent pour établir des cartes et définir les zones tampons devraient aussi prendre ces sites en considération afin de promouvoir l’intégration des trois biens inscrits et réglementer l’utilisation des terres pour préserver l’intégrité du site, une option viable étant donné le degré élevé de collaboration qui existe aujourd’hui entre les différents échelons du gouvernement et les autres acteurs.