Le 1er février 2010, un rapport sur l’état de conservation du temple de Preah Vihear a été soumis par l’État partie, accompagné d’un exemplaire du plan de gestion du bien inscrit au patrimoine mondial. Ce rapport donne des informations sur les périmètres du bien inscrit et de sa zone tampon, l’avancement au niveau de la préparation du plan de gestion, les activités entreprises en 2009, l’aménagement du paysage et l’élargissement de la zone tampon, ainsi qu’un projet d’aménagement d’un musée éco-global.
a) Périmètres du bien inscrit et de sa zone tampon
Le rapport de l’État partie rappelle que le bien inscrit représente une plus petite surface comparé à ce qui était indiqué dans la proposition d’origine évaluée par le Comité en 2007. Il contient, en outre, un ‘plan de zonage délimitant la zone tampon’ répondant à la demande formulée par le Comité en 2008 (paragraphe 15 de la décision 32 COM 8B.102) « fournissant les détails supplémentaires sur le bien inscrit et (…) délimitant la zone tampon identifiée par le RGPP ». Le Comité du patrimoine mondial avait également demandé « un plan de gestion complet du bien inscrit, comprenant une carte finalisée » (paragraphe 16 de la décision 32 COM 8B.102)
En effet, le RGPP (plan cartographique révisé du bien), c’est-à-dire le document cartographique sur la base duquel le Comité a inscrit le bien en 2008, n’indique pas clairement le périmètre de la zone tampon. Le plan de zonage soumis par l’État partie est reproduit ci-dessous pour examen par le Comité.
L’État partie cambodgien précise dans son rapport qu’une carte finalisée ne sera possible que lorsque la démarcation de la frontière sera matérialisée au sol à l’issue de l’accord conclu entre les États parties cambodgien et thaïlandais sur les résultats finaux des travaux de la Commission frontalière conjointe (CFC).
b) Progrès accomplis dans la préparation du plan de gestion
L’État partie note que le plan de gestion a été achevé en 2009 et a bénéficié de plusieurs missions techniques effectuées sur le site par une équipe d’experts internationaux. Le plan de gestion s’articule autour de sept chapitres de quelque 115 pages, allant d’une discussion sur l’importance du site (chapitre 2) à l’identification des problèmes de conservation et à la formulation de recommandations (chapitre 3), à une explication du mode d’exécution du plan (chapitre 6) et à un programme d’action proposé (chapitre 7).
c) Activités entreprises en 2009
En termes d’actions sur le terrain, l’État partie a signalé la mise en place d’équipes spécialisées en archéologie, architecture, conservation et planification, par l’Autorité nationale pour la protection de Preah Vihear (ANPV). L’État partie fait aussi référence aux missions techniques effectuées par une équipe d’experts internationaux (en partie financée par le biais de l’Assistance internationale au titre du Fonds du patrimoine mondial). Le 2 avril 2009, ces experts ont émis quelques recommandations destinées à fournir des orientations à l’ANPV sur des aspects tels que la planification et la gestion de l’environnement du bien (1 à 3) ; l’accès au site (4 et 5) ; le renforcement de la capacité de l’ANPV, y compris en termes de documentation (6 et 7) ; la conservation des éléments architecturaux du temple (8 et 9) et les questions environnementales. Une liste d’actions spécifiques pour la sauvegarde des composantes architecturales du temple figure également dans le rapport de l’État partie. Celui-ci informe que la mise en œuvre de ces activités a commencé.
d) Aménagement du paysage et élargissement de la zone tampon
Le rapport de l’État partie note qu’un nouveau village, situé à une vingtaine de kilomètres au sud du temple (en direction du village de Saem, situé au Cambodge) a été créé. Cela a été fait pour assurer un logement à tous les nouveaux arrivants qui s’étaient récemment installés de manière désordonnée dans la plaine qui s’étend au sud du bien inscrit au patrimoine mondial, y compris dans des zones d’une considérable importance archéologique. Par ailleurs, l’État partie signale que le commandement militaire basé à proximité du site, a été déplacé près du nouveau village, à une vingtaine de kilomètres du bien du patrimoine mondial. Ces décisions devraient permettre à l’avenir d’étendre plus au sud la zone tampon du bien inscrit au patrimoine mondial, comme l’ont suggéré les experts internationaux. En effet, selon l’État partie, les procédures administratives et juridiques sont déjà en cours. Enfin, l’État partie note que la reconstruction du marché détruit lors des événements du 2 avril 2009, au pied des escaliers nord-sud donnant accès au temple, est en cours d’achèvement.
e) Aménagement d’un musée éco-global
Grâce à la contribution d’un donateur japonais et au versement d’une somme de 500 000 dollars EU par le Gouvernement royal du Cambodge, l’État partie a créé un musée éco-global qu’il va continuer à aménager à environ treize kilomètres au sud du temple, en direction du nouveau village. Cet établissement présentera le temple et sa région dans leur cadre naturel, social et culturel.
Suite à la soumission du rapport et du plan de gestion de l’État partie, les autorités cambodgiennes ont adressé au Sous-directeur général de l’UNESCO pour la Culture une lettre en date du 10 février 2010, demandant à l’UNESCO de coopérer à l’établissement d’un comité de coordination international pour Preah Vihear, comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial dans le paragraphe 14 de sa décision 32 COM 8B.102. Lors de la rédaction du présent rapport (juin 2010), des discussions étaient en cours entre l’UNESCO, les autorités cambodgiennes et les autres parties prenantes concernant le processus approprié pour l’établissement de ce mécanisme.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent avec satisfaction les mesures prises par l’État partie pour élargir au sud la zone tampon du bien inscrit au patrimoine mondial, car cela contribuerait à préserver l’intégrité visuelle de l’ensemble de son cadre naturel. Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS se félicitent également des mesures prises par l’État partie pour préserver plus au sud l’environnement aux abords du bien du patrimoine mondial, trouver une solution pour reloger certains des habitants installés depuis peu dans des zones d’importance archéologique, et poursuivre l’aménagement d’un musée éco-global.
Pour ce qui est du plan de gestion, le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS considèrent qu’il offre une bonne vue d’ensemble de la conservation du bien du patrimoine mondial, ainsi qu’une base solide sur laquelle l’ANPV peut développer ses politiques et procédures opérationnelles. Ils notent en même temps que beaucoup de recommandations très importantes émises dans le plan de gestion restent encore à mettre en application et ils encouragent l’État partie à tout mettre en œuvre à cet effet, en coopération avec la communauté internationale.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, qui plus est, se félicitent des mesures prises par l’Etat partie cambodgien pour organiser une réunion préliminaire sur la création d’un comité de coordination international, saluent les efforts qu’il a déployés à cet égard et espèrent que les discussions en cours donnent des résultats positifs.