L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 1er février 2011. Ce rapport traite de trois questions essentielles, comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session :
a) Avancement dans la mise en œuvre du plan/système de gestion
Le rapport de l’État partie explique qu’un plan général d’aménagement (« Plan d’aménagement de la Vieille ville de Tallinn » pour 2008-2013) avait été établi à la place d’un plan général de gestion d’ensemble, car le système judiciaire estonien ne reconnaît pas les plans de gestion et que l’on n’avait pas exactement compris les exigences d’un plan de gestion. Après étude du Plan d’aménagement par le Comité du patrimoine mondial en 2009, l’État partie indique que le cadre actuel d’aménagement va être réadapté pour devenir un document fondé sur la valeur universelle exceptionnelle du bien du patrimoine mondial. La structure et le calendrier de préparation de ce plan de gestion étaient joints en annexe au rapport de l’État partie, qui en envisage l’approbation d’ici décembre 2011.
Qui plus est, l’État partie considère que le système actuel de gestion du bien est adapté et sert de modèle de protection du patrimoine pour d’autres villes d’Estonie.
b) Résultats de la mission consultative technique
Le rapport de l’État partie aborde les principales recommandations de la mission consultative technique de l’ICOMOS en janvier 2010. Un Comité de gestion pour le bien du patrimoine mondial de Tallinn a été établi le 8 septembre 2010 ; il comprend des représentants de l’État, de la municipalité de Tallinn, de l’Union des architectes estoniens, de la Commission nationale estonienne pour l’UNESCO et autres. Son objectif est de constituer une libre tribune pour la préservation et l’aménagement du bien, et de superviser la préparation du plan de gestion.
· Un atelier nordique-balte pour la préparation de projets de Déclarations de valeur universelle exceptionnelle (DVUE) a abouti à un projet de VUE pour la Vieille ville de Tallinn, qui va servir de base au plan de gestion. Ce projet de DVUE a été soumis par l’État partie au Centre du patrimoine mondial avec le rapport sur l’état de conservation.
· Concernant le Plan thématique intitulé « L’emplacement des bâtiments de grande hauteur à Tallinn », la mission a considéré qu’il n’était pas tout à fait adapté à la protection du cadre du bien du patrimoine mondial. Les bâtiments de grande hauteur déjà terminés dans le secteur de Maakri, juste à l’extérieur de la zone tampon, ont été considérés par la mission comme ayant un impact négatif sur les perspectives de/depuis le Vieux Tallinn. La mission a également considéré que la construction de n’importe lequel des bâtiments de 130 m de haut de ce quartier pouvait avoir un impact négatif sur l’intégrité visuelle du bien.
· Le rapport de l’État partie précise toutefois que le Plan thématique garantit qu’aucun bâtiment de grande hauteur ne sera construit dans le périmètre du bien ni dans sa zone tampon, et que la silhouette de la vieille ville sera toujours visible de la mer et de certains points précis à l’intérieur de la ville. Le rapport indique d’autre part que le quartier de Maakri, dans un cadre élargi (conçu à la fin des années quatre-vingt-dix comme le nouveau Tallinn, avec des constructions de grande hauteur, et où l’on a d’ailleurs construit ce type de bâtiments) est assez loin de la vieille ville pour que ses constructions n’aient pas d’impact négatif sur ses perspectives visuelles.
Plusieurs conclusions de la mission ne sont pas abordées dans le rapport de l’État partie, notamment :
· La résolution concernant le traitement de parcelles de terrains inoccupées dans le Vieux Tallinn – approuvée en 2002 à la conférence internationale de Tallinn « Alternatives à la reconstruction historique dans les villes du patrimoine mondial de l’UNESCO ». Les dispositions de cette résolution concernant les principes à observer en gestion de vestiges archéologiques, de nouvelles constructions et de conception de plans détaillés dans ce quartier restent d’actualité et devraient figurer dans le plan de gestion d’ensemble.
· Le travail sur la préservation de zones historiques urbaines construites en bois dans la zone tampon –, incluant la mise en œuvre des plans approuvés de protection de l’environnement (du milieu) – mérite d’être soutenu.
c) Travail en cours
Le rapport de l’État partie indique que la Loi sur la conservation du patrimoine est en cours de révision pour garantir l’intervention de professionnels qualifiés et agréés, non seulement pour travailler sur les Monuments historiques, mais sur tous les bâtiments du bien du patrimoine mondial. Un archéologue est maintenant engagé à plein-temps au Département du patrimoine culturel, pour collaborer à la recherche archéologique et au suivi des travaux de réparation de la Vieille ville.
Enfin, l’État partie énumère les plus importants travaux de restauration en cours, notamment plusieurs tours et autres éléments du système de défense de la ville, comme l’ancienne tour d’artillerie « Kiek in de Kök ».
Le rapport de l’État partie n’aborde pas le projet de construction d’un nouveau bâtiment administratif dans la ville. Cependant, l’ICOMOS a passé en revue en janvier 2011 les plans précédemment envoyés de ce bâtiment situé dans la zone tampon. L’ICOMOS estime qu’un bâtiment à cet endroit pourrait renforcer le tissu urbain de la ville mais la documentation fournie pour le concours d’architecture ne fournit pas suffisamment d’informations concernant les limites du bien du patrimoine mondial ou de sa zone tampon ; l’importance de respecter la valeur universelle exceptionnelle du bien n’est pas non plus précisée. Comme le nouveau bâtiment est susceptible de modifier la vue depuis la mer vers la Vieille ville, ainsi que les constructions urbaines en face de la Veille ville, l’ICOMOS recommande de réaliser une Évaluation d’impact culturel pour juger de son incidence sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.