Site archéologique d'Atapuerca
Brève description
Les grottes de la Sierra d'Atapuerca contiennent de riches vestiges fossiles des premiers êtres humains à s'installer en Europe depuis près d'un million d'années jusqu'à notre ère. Elles constituent une réserve exceptionnelle de données dont l'étude scientifique fournit des renseignements inestimables sur l'aspect et le mode de vie de ces lointains ancêtres de notre espèce.
Valeur exceptionnelle
Le Comité a décidé d'inscrire ce site sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (iii) et (v):
Critère (iii) : Les preuves les plus anciennes et les plus abondantes de la présence de l'homme en Europe se trouvent dans les grottes de la Sierra de Atapuerca.
Critère (v) : Les restes fossiles de la Sierra de Atapuerca constituent une réserve exceptionnelle d'informations sur la nature physique et le mode de vie des premières communautés humaines en Europe.
Description longue
[Uniquement en anglais]The Sierra de Atapuerca sites provide unique testimony of the origin and evolution both of the existing human civilization and of other cultures that have disappeared. The evolutionary line or lines from the African ancestors of modern humankind are documented in these sites. The earliest and most abundant evidence of humankind in Europe is to be found in the Sierra de Atapuerca. The sites constitute an exceptional example of continuous human occupation, due to their special ecosystems and their geographical location. The fossil remains in the Sierra de Atapuerca are an invaluable reserve of information about the physical nature and the way of life of the earliest human communities in Europe.
The site is located at the north-eastern corner of the Castilian plateau. Although more than 1,000 m above sea level, it is now no more than a gently sloping limestone ridge, largely covered with scrub and with some farming. Water erosion over the past 5 million years has led to the formation of a karst landscape with an elaborate cave system. The water table became lower as a result of geomorphological processes, making the caves suitable for animals and humans to live in them. The system of terraces formed along the southern margin of the Sierra shows that, during the Middle and Lower Pleistocene, streams flowed close to the entrances of these caves, making them especially suitable for human occupation.
The earliest fossil hominid remains in Europe, the Pleistocene deposits, from around 800,000 BP as established by palaeomagnetic analysis, were found in the Gran Dolina site in the Sierra de Atapuerca, one of the Trinchera del Ferrocarril group. They are associated with simple stone tools of the pre-Acheulean type, which is consistent with the dating of the earliest levels of this site. Also in the Trinchera del Ferrocarril group of sites are those known as Tres Simas. The oldest human remains from the Galería site have been dated to between 200,000 and 400,000 BP, associated with Acheulean stone tools. Similar dates have been established for human skeletal remains from the Sima de los Huesos in the Cueva Mayor. The absence of herbivores consumed by humans in this site, where the remains of no fewer than 32 humans have been discovered, suggests that this may have been a mortuary site. The relatively large sample, largely of adolescents and young adults, has permitted a number of important studies to be carried out on the palaeopathology of this population, the growth and development of individuals, and their average size.
The Holocene deposits are dated to the Quaternary period. The archaeological significance of the Portalón of the Cueva Mayor was first recognized in 1910, when the representation of a horse's head found at the entrance to the cave was identified as Palaeolithic. Subsequent excavations have established that it was occupied by various human groups over many centuries, mainly at the beginning of the Bronze Age and again during the Roman period and the early Visigothic period. The Galería del Silex contains abundant evidence of human occupation during the Neolithic and Bronze age. More fifty painted and engraved panels have been recorded, with geometrical motifs, hunting scenes, and anthropomorphic and zoomorphic figures. Excavation has revealed a sanctuary in which funerary rites took place, with human remains (largely young adults and children) and ceramic fragments, identified as being related to sacrificial activities. At the far end of the gallery the flint from which the cave takes its name was exploited. There is evidence of there having been a similar sanctuary in the Cueva del Silo. Human activities have also been recorded at several other sites, such as the Cueva Peluda, the Cueva Ciega, and El Mirador. Human activity declined in the Sierra de Atapuerca with the creation of permanent settlements in the plains below, especially in the Middle Ages.
Scientific interest in the caves began in the mid-19th century, concentrating on the Cueva Mayor. This is entered from the south, giving access immediately to El Portalón. To the east lies the sinuous Galería del Silex, extending more than 300 m, and to the west the sequence of caves (including the Sima de los Huesos - 'Pit of the Bones') leading over 1 km to the Galería del Silo, which has its own access. To the north-west is the group of sites revealed by excavation of a mining railway cutting (from which it takes its name, La Trinchera del Ferrocarril), never to be completed. These are in fact caves brought to light by the cutting and so with the appearance of rock shelters. To the north is the Gran Dolina, and further southwards are the Tres Simas, with the important finds at La Galería.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
- Dépôts du Pléistocène
Le Pléistocène, pendant l'ère quaternaire, s'étend de 2,4 millions à 10 000 ans BP (Note : les dates anciennes calculées d'après les techniques de datation scientifique sont exprimées en années « BP », c'est-à-dire en années avant la date conventionnelle de 1950, sur laquelle se fonde la datation au carbone 14). C'est sur le site de Gran Dolina, dans la Sierra de Atapuerca, l'un du groupe de la Trinchera del Ferrocarríl, que l'on a trouvé les plus anciens vestiges fossiles d'hominidés en Europe, que les analyses paléomagnétiques ont fait remonter aux environs de 800 000 BP. Ils sont associés à de simples outils de pierre pré-acheuléens (mode I), ce qui correspond à la datation des plus anciens niveaux de ce site.
Le groupe du site de Trinchera del Ferrocarríl compte aussi les sites connus sous le nom de Tres Simas. Les vestiges humains les plus anciens du site de la Galería ont été datés entre 200 000 et 400 000 années BP, et associés à des outils de pierre acheuléens (mode II).
Des dates similaires ont été attribuées aux restes de squelettes humains découverts à la Sima de los Huesos, dans la Cueva Mayor. L'absence d'herbivores consommés par des humains dans ce site, où l'on a retrouvé les restes de 32 humains, pas moins, suggère qu'il puisse s'agir d'un site mortuaire. Si tel est le cas, ce serait le premier jamais enregistré. L'échantillon relativement important, principalement composé d'adolescents et de jeunes adultes, a permis la réalisation de plusieurs importantes études sur la paléopathologie de cette population, la croissance et le développement des individus et leur taille moyenne.
- Dépôts de l'Holocène
L'Holocène, période de l'ère quaternaire, est daté de 10 000 ans BP à nos jours.
C'est en 1910 que l'on reconnut pour la première fois l'importance archéologique du Portalón de la Cueva Mayor, lorsque la représentation d'une tête de cheval découverte à l'entrée de la grotte fut identifiée comme datant du paléolithique. Les fouilles qui s'ensuivirent ont établi qu'elle fut occupée par divers groupes humains sur plusieurs siècles, principalement au début de l'âge du bronze (aux alentours de3200 avant notre ère), puis à nouveau à l'époque romaine et au début de l'époque wisigothique.
La Galería del Silex abrite en abondance des preuves d'occupation humaine pendant le Néolithique et à l'âge du bronze. Plus de cinquante panneaux peints et gravés ont été enregistrés, avec des motifs géométriques, des scènes de chasse, des figures anthropomorphes et zoomorphes. Les fouilles ont révélé l'existence, dans la caverne, de ce qui semble être un sanctuaire où avaient lieu des rites funéraires, avec des restes humains (dans la majorité de jeunes adultes et des enfants), et nombre de fragments de céramiques, identifiés comme associés à des activités sacrificielles. À l'extrémité de la galerie, des traces attestent de l'exploitation du silex dont la grotte tire son nom.
La Cueva del Silo présente des traces tendant à indiquer la présence d'un sanctuaire similaire. Des activités humaines ont également été enregistrées dans plusieurs autres sites, dont la Cueva Peluda, la Cueva Ciega et El Mirador.
L'activité humaine déclina dans la Sierra de Atapuerca parallèlement à la création de peuplements permanents dans les plaines en contrebas, tout particulièrement au Moyen Âge.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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