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Parc national historique et culturel de l’« Ancienne Merv »

Brève description

Merv est la plus ancienne et la mieux préservée des cités-oasis le long de la Route de la soie en Asie centrale. Les vestiges de cette vaste oasis couvrent quatre milliers d'années d'histoire humaine, et un certain nombre de monuments, particulièrement des deux derniers millénaires, restent visibles.

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Justification d'inscription

Critère ii Les villes de l’oasis de Merv ont exercé une influence considérable sur les cultures d’Asie centrale et d’Iran depuis quatre millénaires. La ville seldjoukide, en particulier, a influencé l’architecture et la décoration architecturale, ainsi que le développement scientifique et culturel.

Critère iii La séquence des cités de l’oasis de Merv, leurs fortifications et leur paysage urbain sont des témoins exceptionnels des civilisations d’Asie centrale sur plusieurs millénaires.

Description longue

[Uniquement en anglais]

The sequence of the cities of the Merv oasis, their fortifications and their urban layouts bear exceptional testimony to the civilizations of Central Asia over several millennia. They exerted considerable influence over the cultures of Central Asia and Iran for four millennia. The Seljuk city in particular influenced architecture and architectural decoration and scientific and cultural development.

The oasis of Merv in the Karakum Desert, at the crossing point of the Amu Darya on the main east-west route to Bukhara and Samarkand, has supported a series of urban centres since the 3rd millennium BC. The earliest Bronze Age centres (c . 2500-1200 BC) were located in the north of the oasis. With the development of more advanced irrigation techniques, the centres moved further south and east of the oasis. It consisted of a series of adjacent walled cities.

The oasis formed part of the empire of Alexander the Great. The Seleucid king Antiochus I Soter (281-261 BC) rebuilt it and named it Margiana Antiochia; it is identified with Erk Kala and Gyaur Kala. Islam became dominant with the death of the last Sassanian king, Yazdigird III, in 651.

The medieval city of the Seljuks developed to the west of Gyaur Kala. It was walled by Sultan Malikshah. The city was the capital of the Great Seljuk Empire, and was one of the principal cities of its time. Its famous libraries attracted scholars from all over the Islamic world. In 1221-22, when it was sacked by the Mongols, and in the 16th century, Merv came under the domination of the Uzbek Turks, and a century later it was incorporated into the Persian Empire. An increase in population in the 18th century led to the creation of a fortified extension, known as Bairam Ala Khan Kala, now mostly ruined.

The five earliest settlements, in the northern part of the oasis, are Kelleli, Adji Kui, Taip, Gonur, and Togoluk. Kelleli is an area of settlement with two major sites: Kelleli 3, which has a double external wall with towers flanking four symmetrical entrances and an area of houses that has been cleared in the south-western sector, and Kelleli 4, which also has a double outer wall with towers. Both sites are poorly preserved, but they contain important evidence of middle Bronze Age Margiana. Adji Kui is from the same period.

Taip is constituted of two close but distinct mounds consist of a walled square area with a large courtyard building in the south. The largest and well-preserved site in the Murghab delta is Gonur Depe. The Toguluk area was densely occupied during the Bronze Age. Excavations have revealed the remains of several large fortified buildings.

Two Iron Age centres are Yaz/Gobekli Depes and Takhirbaj Depe. Takhirbaj Depe is the most prominent site in the whole area. Yaz Depe is of special importance for the fact that it has produced abundant ceramic finds that provide the basic typology for the period. Nearby is the well-preserved Partho-Sassanian rectangular fortress of Gobekli.

The historic urban centre consists of three principal elements: Erk Kala, Gyaur Kala, and the medieval city of Sultan Kala or Marv al-Shahijan. Erk Kala is a walled and moated polygonal site with walls surviving to some 30 m and an internal citadel. Gyaur Kala is roughly square in plan, with walls about 2 km long. In the interior are the remains of a number of important structures: the central Beni Makhan mosque and its cistern, the Buddhist stupa and monastery, the 'Oval Building' in the north-west quarter. Sultan Kala was walled in the 11th century, with its Mausoleum of Sultan Sanjar and the unique walls of the medieval city and of the citadel.

The walls and moat of the 15th century, but only a few walls of the palace, that survive in the citadel, are of exceptional interest in that they continue the remarkable continuous record of the evolution of military architecture from the 5th century BC to the 15th-16th centuries AD. There are many fine mosques and mausolea from this period in the oasis.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

L'oasis de Merv, dans le désert du Karakoum, héberge depuis le IIIe millénaire avant J.-C. toute une série de centres urbains. Les plus anciens centres, datant de l'âge du Bronze (2500-1200 avant J.-C., approximativement), étaient situés au nord de l'oasis, où le cours du Mourgab affleurait à la surface et pouvait aisément être mis à profit. Au fur et à mesure que se développaient des techniques d'irrigation plus avancées, les centres se déplaçaient vers le sud ; on trouve dans cette région d'importants sites du premier âge du Fer.

Le centre historique urbain se développa aux alentours de 500 avant J.-C. à l'est de l'oasis, emplacement de prédilection pour tirer avantage des routes vers l'Orient. Il se compose d'une série de cités fortifiées adjacentes, qui couvre plus de 1 200 hectares. L'existence de la plus ancienne, Erk Kala, est déjà attestée par des sources écrites de la période achéménide (519-331 avant J.-C.), et plus particulièrement par la fameuse inscription trilingue de Darius le Grand à Bisitun, dans l'Ouest de l'Iran.

L'oasis faisait partie de l'empire d'Alexandre le Grand et Pline l'Ancien suggère, dans son Histoire naturelle (VI, 16-17) que la cité hellénique fut fondée par Alexandre lui-même. Le roi séleucide Antiochos Ier Sôter (281-261 avant J.-C.) la reconstruisit et la baptisa Margiana Antiochia ; elle est identifiée à Erk Kala et à Gyaur Kala. Elle fut occupée pendant quelques 1 500 ans, pendant l'intégralité des périodes parthe et sassanide et au début de la période islamique. Selon certains, des soldats grecs et romains, survivants de l'écrasante victoire des Parthes sur les Romains à Carrhes en 53 avant J.-C., pourraient s'être installés à Margiana. L'islam devint dominant avec la mort du dernier roi sassanide, Yazdgard III, en 651. Toutefois, du VIIIe au Xe siècle, Merv ne fut guère plus qu'une zone industrielle, même si la mosquée centrale resta fréquentée jusqu'aux XIe - XIIe siècles.

La cité médiévale des Seldjoukides se développa à l'ouest de Gyaur Kala, la remplaçant en tant que centre urbain au fur et à mesure que cette dernière déclinait. Le sultan Malikchah (1072-1092) la fortifia, et d'autres développements urbains au nord et au sud furent également fortifiés par le sultan Sanjar (1118-1157). La cité, qui s'étendait sur plus de 600 hectares, était la capitale du grand empire seldjoukide (XI - XIIIe siècles), et l'une des principales villes de son époque. Ses célèbres bibliothèques attirèrent des érudits des quatre coins du monde islamique, notamment l'astronome et poète Umar Khayyâm et le géographe Yâqût al-Hamavi.

Ce brillant épanouissement prit brutalement fin en 1221-1222 : la ville fut mise à sac par les Mongols, qui massacrèrent une grande partie de sa population et détruisirent le complexe système d'irrigation. Elle survécut sous une forme très diminuée, en tant que partie de l'empire de Timour (1370-1405). La nouvelle ville, beaucoup plus petite et connue aujourd'hui sous le nom d'Abdullah Khan Kala, fut construite sur un autre site au sud par le successeur de Timur, le shâh Ruhk (1408-1447).

Au XVIe siècle, Merv tomba sous le joug des Ouzbeks, qui régnèrent depuis Boukhara, et, un siècle plus tard, fut intégrée à l'empire perse. Au XVIIIe siècle, l'essor démographique entraîna la création d'une extension fortifiée, connue sous le nom de Bairam Ala Khan Kala, aujourd'hui quasiment totalement en ruines.

Source : évaluation des Organisations consultatives