Temple du Ciel, autel sacrificiel impérial à Beijing
Brève description
Fondé dans la première moitié du XVe siècle, le temple du Ciel forme un ensemble majestueux de bâtiments dédiés au culte, situés dans des jardins et entourés de pinèdes historiques. Son agencement global, comme celui de chaque édifice, symbolise la relation entre le ciel et la terre – le monde humain et le monde divin – essence de la cosmogonie chinoise, ainsi que le rôle particulier des empereurs dans cette relation.
Justification d'inscription
Critère i : Le Temple du Ciel est un chef-d'œuvre de conception architecturale et paysagiste illustrant avec simplicité et précision une cosmogonie primordiale pour l'évolution de l'une des plus grandes civilisations du monde. Critère ii : Pendant de nombreux siècles, l'agencement et le plan symboliques du Temple du Ciel ont exercé une profonde influence sur l'architecture et la planification en Extrême-Orient. Critère iii : La conception comme l'agencement du Temple du Ciel symbolisent la légitimité des dynasties féodales qui ont dirigé la Chine pendant plus de deux mille ans.
Description longue
Le temple du Ciel est un chef-d'œuvre d'architecture et de dessin paysager. Il matérialise, avec simplicité, une cosmogonie fondamentale dans l'évolution de l'une des plus grandes civilisations du monde. Son dessin et son plan symboliques ont exercé une profonde influence sur l'architecture et la planification en Extrême-Orient, et ce pendant plusieurs siècles. Il exprime la légitimité des dynasties féodales qui ont gouverné la Chine pendant plus de deux mille ans.
L'autel du Ciel et de la Terre, avec le mur qui entoure le jardin, a été complété en 1420, au cours de la dix-huitième année du règne de l'empereur Ming Yongle. L'édifice central était une grande salle où l'on offrait des sacrifices au Ciel et à la Terre, avec le palais du Jeûne au sud-ouest. L'enclos du temple a été planté de pins pour souligner le lien entre l'homme et la nature. La neuvième année du règne de l'empereur Jiajing (1530), comme il avait été décidé d'offrir des sacrifices séparés à la Terre et au Ciel, on construisit l'autel du Tertre Circulaire au sud de la salle principale, pour les sacrifices au Ciel. L'autel du Ciel et de la Terre fut alors renommé temple du Ciel.
En 1749, la quatorzième année du règne de l'empereur Qing Qianlong, le Tertre Circulaire fut agrandi et ses tuiles glaçurées bleues remplacées par du marbre blanc. Deux ans plus tard, une nouvelle rénovation fut entreprise dans la salle de Daxiang, qui reçut alors le nom de salle des Prières pour des Moissons Abondantes. Cette époque marque l'apogée du temple du Ciel, qui couvrait alors 273 hectares. Les cérémonies sacrificielles en l'honneur du Ciel furent interdites par le gouvernement de la République de Chine en 1911. Avant cette date, 490 ans après sa fondation, le temple du Ciel avait été le cadre de non moins de 654 cérémonies en l'honneur du Ciel de la part de 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Transformé en parc public en 1918, il a conservé cette fonction depuis.
Le temple du Ciel a été construit 3,5 km au sud-est de la porte de Zhengyang, à Beijing. Il occupe un site presque carré, dont les deux angles méridionaux sont orthogonaux, tandis que ceux du nord sont arrondis en raison de l'antique croyance chinoise selon laquelle le ciel était rond et la terre carrée. C'est sur cette représentation spatiale de la cosmogonie chinoise que se sont fondés le pouvoir et la légitimité des dynasties impériales pendant plus de deux millénaires.
Les trois principaux lieux de culte sont disposés sur une ligne correspondant à un axe nord/sud. Les constructions sacrificielles se trouvent pour la plupart dans l'Autel Intérieur qui est subdivisé en deux par un mur est/ouest, séparant l'autel du Tertre Circulaire au sud de l'autel du Dieu de la Semence au nord. Les deux autels sont reliés l'un à l'autre par un sentier surélevé en briques de 360 m de long, connu sous le nom de pont de l'Escalier Rouge. Le temple du Ciel principal, le Tertre Circulaire, reproduit le symbolisme du mur d'enceinte : la construction ronde, au centre (le ciel), se trouve dans un enclos carré (la terre). Il est formé de trois plates-formes circulaires de marbre blanc, de diamètre décroissant, entourées par des balustrades faites de la même matière. On entre dans cet enclos par une série de portes monumentales. Les balustrades sont formées de 360 piliers qui symbolisent les 360 jours de l'ancienne année lunaire chinoise. Le trône impérial était placé au centre de la plate-forme supérieure pour symboliser le rôle de l'empereur en tant que fils du Ciel, et par là le lien entre le ciel et la terre. Au nord du Tertre Circulaire se trouve la Voûte Impériale du Ciel. C'est là que l'empereur consacrait ses offrandes avant de se retirer dans le palais du Jeûne (ou palais de l'Abstinence).
Dans l'enclos nord, l'autel du Dieu de la Semence, la construction principale est la salle des Prières pour des Moissons Abondantes, qui est reliée au temple du Ciel par le Long Corridor, de 440 m de long pour 25 m de large. Son plan et ses matériaux reproduisent la structure à trois niveaux, en marbre blanc, du temple du Ciel. Au sommet se trouve la salle elle-même, elle aussi circulaire et surmontée par trois toits superposés aux tuiles glaçurées bleues où l'empereur priait pour que les récoltes soient bonnes. Il présente une charpente en bois massive et son intérieur est richement décoré.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
La dix-huitième année du règne de l'empereur Ming Yongle (1420) marque l'achèvement de l'Autel du Ciel et de la Terre et du mur d'enceinte du jardin. L'édifice central est une vaste salle sacrificielle rectangulaire, siège des offrandes consacrées au ciel et à la terre, avec le Palais du Jeûne au sud-ouest. Les pins plantés dans l'enceinte du temple soulignent la relation entre le genre humain et la nature.
Au cours de la neuvième année du règne de l'empereur Jiajing (1530), on décide de consacrer des sacrifices séparés au ciel et à la terre. Pour cette raison, l'Autel du Tertre Circulaire est construit au sud du hall principal afin de recevoir les sacrifices au ciel. L'Autel du Ciel et de la Terre est alors rebaptisé "Temple du Ciel". Simultanément, des temples consacrés à la terre, au soleil et à la lune sont respectivement érigés au nord, à l'est et à l'ouest de la ville.
Le vaste hall sacrificiel sera détruit quinze ans plus tard, pour être remplacé par le Hall de Daxiang, de forme circulaire, d'où s'élèvent les prières pour des moissons abondantes. En 1553, une cité extérieure, qui comprend le Temple du Ciel, est bâtie autour de Beijing.
Le Tertre Circulaire est agrandi en 1749, quatorzième année du règne de l'empereur Qianlong (dynastie Qing). Les carreaux émaillés bleus d'origine sont alors remplacés par du marbre blanc. Deux années plus tard, le Hall de Daxiang fait l'objet de travaux de rénovation et est rebaptisé "Hall des Prières pour des Moissons Abondantes". Cette époque marque l'apogée du Temple du Ciel, qui couvre alors 273 hectares. En 1911, le gouvernement de la République Chinoise interdit les cérémonies sacrificielles consacrées au ciel. Jusqu'à cette date, soit 490 années après sa fondation, le Temple du Ciel avait été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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