Centre historique (vieille ville) de Tallin
Brève description
Les origines de Tallin remontent au XIIIe siècle, lorsqu'un château fut édifié par les croisés de l'ordre Teutonique. La cité s'est développée pour devenir un poste clé de la Ligue hanséatique et sa prospérité s'est traduite par l'opulence des édifices publics (en particulier ses églises) et l'architecture domestique des maisons de marchands, remarquablement bien préservées malgré les ravages des incendies et des guerres au cours des siècles.
Justification d'inscription
Le Comité a décidé d'inscrire ce bien sur la base des critères (ii) et (iv). Tallin constitue un exemple remarquable, exceptionnellement complet et bien conservé d'une cité médiévale commerciale d'Europe du Nord ayant parfaitement bien conservé les caractéristiques les plus marquantes de cette forme unique de communauté socio-économique.
Description longue
Tallinn est un remarquable exemple, du fait de son authenticité et de son excellente conservation, de ville commerciale du nord de l'Europe dans le courant du Moyen Âge. Elle a conservé au plus haut degré les caractéristiques principales de cette forme unique d'économie et de société.
Les recherches ont montré qu'il existait dès les Xe -XIe siècles un fort construit sur le plateau calcaire de Toompea, qui dominait un comptoir commercial et un port sur la route viking menant à Constantinople. Avec l'expansion du commerce baltique, le site, connu à l'époque sous le nom de Lyndanise (Reval en allemand, Kolyvan en russe), fut occupé en 1219 par les troupes de Waldemar II de Danemark qui fortifia ultérieurement Toompea et y construisit la première église.
Après être passée sous juridiction pontificale en 1226-1227, la ville fut divisée en deux zones : la forteresse (castrum ) et la ville inférieure (suburbium ). En 1230, l'ordre des Croisés invita deux cents marchands allemands de Gotland à s'installer à Tallinn où ils s'établirent autour d'une nouvelle église consacrée à saint Nicolas, près des comptoirs commerciaux estoniens, scandinaves et russes. En 1248, Tallinn adopta le statut de Lübeck, et devint membre de la Ligue hanséatique de plein droit en 1285. Sa prospérité se traduisit par une croissance rapide dans le courant du XIVe siècle : en 1310 commencèrent les travaux de construction du puissant mur d'enceinte à l'intérieur duquel l'urbanisme de la ville était formé de rues en étoile, conformément à la tradition balte. La ville fut vendue, avec tout le territoire du nord de l'Estonie, à l'Ordre livonien qui fit reconstruire le château de Toompea. Celui-ci devint alors l'une des plus puissantes forteresses de toute cette région.
La chute de Visby, en 1361, contribua à accroître notablement l'importance de Tallinn. Au cours du XVe siècle, la ville se transforma profondément : on bâtit alors un nouvel hôtel de ville et d'autres édifices publics, et l'on reconstruisit en pierre les maisons en bois des marchands. Tallinn fut annexé par la Suède en 1561, et ce sont des architectes suédois qui se chargèrent de la reconstruction de Toompea après un incendie désastreux, en 1684, et ajoutèrent un groupe de bastions aux fortifications. En 1710, la ville ouvrit ses portes aux troupes du tsar Pierre Ier ; la phase de stagnation commerciale et culturelle qui s'ensuivit, pendant un demi-siècle, s'acheva lorsque son rôle comme centre administratif provincial fut reconnu, avec le château pour siège central. La ville fut lourdement bombardée en 1944 : l'église Saint-Nicolas et ses environs subirent alors d'importants dommages.
Le trait le plus caractéristique du site est la colline de calcaire de Toompea. Sa partie occidentale est occupée par le château, dont la tour connue sous le nom de « grand Hermann », deux bastions et d'imposantes murailles sont conservés à l'ouest, au nord et à l'est. À l'intérieur de l'enceinte, la cathédrale, gothique au départ, a été agrandie et reconstruite à de nombreuses reprises depuis le Moyen Âge.
La ville basse conserve, à un degré remarquable, sa physionomie urbaine médiévale avec son réseau de petites rues tortueuses dont certaines ont gardé leur nom médiéval, ainsi que de beaux édifices publics ou bourgeois. La répartition des lots d'habitation est, dans ses grandes lignes, restée la même depuis les XIIIe -XIVe siècles.
La place de l'hôtel de ville (1371-1404) est entourée de maisons bourgeoises exceptionnellement bien conservées. Ce sont des édifices en pierre présentant un pignon élevé, dont le rez-de-chaussée était occupé par des pièces d'habitation et les étages supérieurs par des greniers ou des entrepôts ; beaucoup d'entre eux ont conservé leurs poutres d'ancrage en saillie. La maison de la Grande Guilde (1410) est un magnifique exemple de gothique du Nord, avec ses délicats plafonds voûtés et ses colonnes richement décorées.
Les murs renferment différentes églises médiévales. L'église restaurée Saint-Nicolas (Niguliste) et celle de Saint-Olaf (Oleviste) présentent toutes deux un plan basilical typique, avec une voûte élevée et une géométrie précise caractéristiques de l'école de Tallinn. Deux ensembles monastiques sont conservés à l'intérieur des murs : le complexe dominicain de Sainte-Catherine, et le couvent cistercien de Saint-Michel, qui occupent une position caractéristique, à l'écart du principal noyau urbain.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
Les recherches archéologiques ont révélé l'existence, depuis les 10ème et 11ème siècles, d'un fort situé sur le plateau calcaire de Toompea, avec à ses pieds un centre de négoce et un port situé sur la route des Vikings à destination de Miklagàrd (Constantinople). Avec le développement du commerce dans la zone de la Baltique, le village alors connu sous le nom de « Lyndanise »(« Reval »>) en allemand, « Kolyvan » en russe) subit en 1219 l'occupation des troupes de Valdemar II du Danemark, souverain qui renforcera les fortifications autour de Toompea et construira la première église.
Apres être tombée sous la juridiction papale directe en 1226-1227, la cite est cédée d l'Ordre des Croises des << Frères de l'Epée » (réuni plus tard à l'Ordre teutonique) qui divise la colonie en deux parties : la forteresse (castrum) et la ville basse (suburbum). En 1230, cet Ordre invite deux cents marchands germaniques du Gothland à venir s'établir à Tallinn. Le groupe s'installe alors autour d'une nouvelle église dédiée à Saint-Nicolas, à proximité des comptoirs commerciaux estoniens, scandinaves et russes. Il est rapidement suivi par les ordres des Dominicains et des Cisterciens qui fondent respectivement les monastères de Sainte-Catherine et de Saint-Michel.
En 1248, Tallinn adopte le statut de Lübeck, devenant membre à part entière de la ligue hanséatique en 1285 : il s'agit alors d'un poste-clé sur la route commerciale séparant les pays baltes de la Russie intérieure. Au 14ème siècle, sa rapide expansion traduit sa prospérité : des travaux commencent en 1310 sur l'imposant rempart de la ville, ceinturant un site dispose suivant la structure commerciale typique des pays baltes, avec des rues en étoile. En 1345, la ville est vendue à l'Ordre teutonique, en même temps que le territoire du nord de l'Estonie. Les chevaliers teutoniques la revendent aussitôt à l'Ordre Livonien, lequel se charge de la reconstruction du château de Toompea qui sera l'un des plus résistants de la région.
Lorsque Visby tombe en 1361, l'importance de Tallin s'accroit considérablement, en même temps que Riga. Le 15eme siècle va servir de cadre à la transformation de la cité, avec la construction d'un nouvel hôtel de ville et d'autres édifices publics, ainsi que la reconstruction, en pierres, des maisons des marchands précédemment faites de bois.
Malgré le déclin de la ligue hanséatique à partir du 15ème siècle, Tallin conserve son rôle commercial et la cité ne cesse de s'embellir grâce à de splendides édifices publics et privés bâtis suivant le courant architectural de l'époque. En 1561, la Suède annexe la ville et des architectes suédois sont charges de reconstruire le site de Toompea (détruit en 1684 par un terrible incendie) et d'ajouter aux fortifications un système de bastions.
En 1710, capitulant devant les troupes du tsar Pierre 1er, la ville s'engage dans un demi-siècle de stagnation commerciale et culturelle. Cette période se termine lorsque la ville se voit confirmée dans son rôle de centre administratif provincial et le château devient son siège. Tallin perdure dans ce rôle et voit l'ajout d'un nombre relativement restreint de structures nouvelles (mais quelques-unes de très grande importance cependant) jusqu'au début du 20ème siècle.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Tallin subit l'occupation allemande au terme d'une courte période d'indépendance estonienne entre 1918 et 1940, et subit de très nombreux bombardements en 1944. L'église Saint-Nicolas et le secteur qui l'entoure sont gravement endommagés, voire détruits. L'église sera soigneusement reconstruite et abrite à présent un musée ceint d'un espace ouvert. Bien qu'étant de style « stalinien », les édifices proches de l'église respectent l'échelle et les proportions du reste de la ville historique.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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