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Jardins classiques de Suzhou

Classical Gardens of Suzhou

Classical Chinese garden design, which seeks to recreate natural landscapes in miniature, is nowhere better illustrated than in the nine gardens in the historic city of Suzhou. They are generally acknowledged to be masterpieces of the genre. Dating from the 11th-19th century, the gardens reflect the profound metaphysical importance of natural beauty in Chinese culture in their meticulous design.

Jardins classiques de Suzhou

Le paysagisme classique chinois, qui cherche à recréer des paysages naturels en miniature, est représenté de façon exceptionnelle dans les neuf jardins de la ville historique de Suzhou, universellement reconnus comme étant des chefs-d'œuvre du genre. Aménagés du XIe au XIXe siècle, ils reflètent dans leur conception méticuleuse la grande importance métaphysique de la beauté naturelle dans la culture chinoise.

حدائق سوتشو الكلاسيكيّة

يتجسّد المنحى الطبيعي الكلاسيكي الصيني الذي يحرص على إعادة ابتكار المناظر الطبيعيّة مصغّرةً خير تجسيد في حدائق مدينة سوتشو التاريخيّة التسع التي يذيع صيتها عبر العالم على أنّها تحف فنيّة فريدة من نوعها. شيّدت بين القرنين الحادي عشر والتاسع عشر وهي تعكس في ذاتها أهميّة الجمال ما وراء الطبيعي في الثقافة الصينية.

source: UNESCO/ERI

苏州古典园林

没有任何地方比历史名城苏州的九大园林更能体现中国古典园林设计“咫尺之内再造乾坤”的理想。苏州园林被公认是实现这一设计思想的杰作。这些建造于11至19世纪的园林,以其精雕细琢的设计,折射出中国文化取法自然而又超越自然的深邃意境。

source: UNESCO/ERI

Классические сады в городе Сучжоу

Традиционное садово-парковое искусство Китая, которое ставит своей целью воссоздание естественного ландшафта в миниатюре, в наши дни может быть наилучшим образом проиллюстрировано на примере девяти садов в историческом городе Сучжоу. Они являются общепризнанными шедеврами подобного жанра. Сады, датируемые XI-XIХ вв., своей тщательной разработкой подтверждают важность опоры на естественную красоту в китайской культуре.

source: UNESCO/ERI

Jardines clí¡sicos de Suzhu

El arte paisají­stico clí¡sico de China, que trata de recrear paisajes naturales en miniatura, estí¡ excepcionalmente representado en los nueve jardines de la histórica ciudad de Suzhu. Acondicionados entre los siglos XI y XIX, estos jardines son obras maestras del paisajismo universalmente reconocidas y su meticuloso diseño refleja la trascendencia metafí­sica que tiene la belleza de la naturaleza en la cultura china.

source: UNESCO/ERI

蘇州古典園林

source: NFUAJ

Klassieke tuinen van Suzhou

Het klassieke Chinese tuinontwerp is gericht op het in miniatuur recreëren van natuurlijke landschappen. Dit wordt nergens beter geïllustreerd dan in de negen tuinen in de historische stad Suzhou. Ze worden zelfs algemeen erkend als meesterwerken binnen het genre. Suzhou ligt in het lager Yangtze bekken grenzend aan het Tai meer en werd in 514 voor Christus opgericht als hoofdstad van het koninkrijk Wu. Tijdens de Ming en de Qing dynastieën werden er ruim 200 tuinen aangelegd. Vanwege de hoge kwaliteit en de uitbundigheid van de tuinen wordt Suzhou in de volksmond ook wel ‘het aardse paradijs’ genoemd.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les jardins classiques de Suzhou, dans la province de Jiangsu en Chine, remontent au XIe siècle de notre ère lorsque la ville fut fondée et devint capitale du royaume de Wu. Inspirés par les domaines de chasses du roi de l’état de Wu, des jardins privés ont commencé à être créés vers le 4e siècle et ont atteint leur apogée au 18e siècle. De nos jours, plus de 50 de ces jardins existent encore. Neuf d’entre eux, à savoir le jardin de l’Humble Administrateur, le jardin Attardez-vous, le jardin du Maître des Filets, la villa de la Montagne Étreinte de Beauté, le pavillon Canglang, le jardin de la Forêt du Lion, le jardin de la Culture, le jardin de la Retraite du Couple et le jardin de la Retraite et de la Réflexion, sont considérés comme les meilleures incarnations des jardins chinois dits «de Montagne et d’Eau». Le plus ancien de ces jardins, le pavillon Canglang, a été construit au début du XIe siècle sur le site d’un précédent jardin alors détruit. Conçus et construits sous l’influence d’un style poétique et spontané, comme dessiné à main levée, tel qu’on pouvait l’observer dans les peintures de paysage traditionnelles chinoises, ces jardins sont remarquables car ils mêlent intimement un art raffiné, une élégance artistique et sous-tendent de riches éléments de culture. Ces jardins donnent un aperçu de la manière dont les intellectuels de la Chine ancienne harmonisaient des conceptions d’esthétisme dans une culture de réclusion au cœur d’un environnement urbain vivant.

Les maîtres jardiniers de chaque dynastie ont adapté différentes techniques afin d’imiter de la façon la plus artistique possible la nature en utilisant et en adaptant de façon fort habile l’espace disponible. Limités à un seul et unique lieu de résidence, les jardins classiques de Suzhou sont censés être un microcosme de la nature en mêlant les éléments de base de la nature tels que l’eau, les pierres et les plantes à différents types de construction ayant un sens littéraire et poétique. Ces jardins d’un raffinement extrême sont un témoignage de l’art supérieur des maîtres jardiniers de l’époque. Leur conception qui est inspirée par la nature sans toutefois s’y limiter a eu une influence certaine sur l’évolution de l’art des jardins, tant en Orient qu’en Occident. Ces ensembles paysagers composés de constructions, de formations rocheuses, de calligraphie, de meubles et d’éléments décoratifs sont la vitrine des réalisations artistiques les plus abouties de la région orientale du delta du Yangtze. Ils sont l’essence même de l’incarnation de la culture chinoise traditionnelle.

Critère (i) : Les jardins classiques de Suzhou, qui ont été influencés par le savoir-faire et l’art traditionnels chinois hérités du travail au pinceau à main levée typique de la peinture traditionnelle en Chine, incarnent la sophistication raffinée de la culture traditionnelle chinoise. Cette incarnation de la perfection artistique a valu à ces jardins le titre de chefs d’œuvre les plus créatifs de l’art du jardinage dans la Chine ancienne.

Critère (ii) : Sur une période de plus de 2.000 ans, une forme unique mais systématique de travail du paysage dans ces types spécifiques de jardins s’est développée. Ses plans, sa conception, ses techniques de construction ainsi que l’effet artistique produit ont eu un impact significatif sur le développement de l’art paysager en Chine et dans le monde.

Critère (iii) : Les jardins classiques de Suzhou sont nés de la volonté des intellectuels de la Chine ancienne d’harmonie avec la nature tout en cultivant leur propre caractère. Ils sont les vestiges les plus délicats de la sagesse et de la tradition des intellectuels de la Chine ancienne.

Critère (iv) : Les jardins classiques de Suzhou sont les représentations les plus frappantes de la culture exprimée dans l’art de la conception du jardin paysager dans la région orientale du delta du Yangtze entre les XIe et XIXe  siècles. La philosophie, la littérature et l’art sous-jacents ainsi que le savoir-faire qui s’expriment dans l’architecture, dans les jardins et dans l’artisanat, sont l’expression des prodigieuses réalisations liées aux développements social, culturel, scientifique et technologique de ces époques.

Critère (v) : Ces jardins classiques de Suzhou sont d’exceptionnels exemples de la relation harmonieuse entre les résidences chinoises traditionnelles et une nature artistiquement réinventée. Ils témoignent de l’art de vivre, de l’étiquette et des coutumes dans la région orientale du delta du Yangtze entre les XIe  et XIXe  siècles.

Intégrité

Le cadre et les caractéristiques du bien incluent tous les éléments essentiels et toutes les valeurs clés des jardins classiques de Suzhou. Des documents d’archives, datant du XIe au XXe siècles, tels que ceux issus de la Chronique de la Municipalité de Suzhou, de la Chronique du comté de Wu, de la Chronique de la ville de Tongli, du Registre des jardins de Jiangman par Tong Jun en 1937, d’une inscription sur la Carte de Pingjiang, Ying zao fa yaun (Règles de l’architecture traditionnelle) de Yao Changzu publiées en 1937 et du livre Jardins classiques de Suzhou de Liu Dunzhen, publié en 1979, témoignent, au moyen de cartes, de dessins et d’études, de ces jardins classiques. Ces jardins ont conservé diverses caractéristiques comme leur structure et leur agencement, et leurs formes architecturales tels les configurations de rochers et de végétaux, les plaques, les distiques et le mobilier. Au sein des limites de la zone tampon, des éléments essentiels tels que les rivières, les rues, les ruelles, les résidences vernaculaires ainsi que l’atmosphère culturelle ont tous été préservés. Ces éléments essentiels témoignent de manière holistique des styles, des vues, de l’atmosphère et de l’ambiance artistique du «paysage urbain» qui entoure les jardins classiques de Suzhou.

Authenticité

Depuis le XIe siècle, l’évolution du style des jardins classiques de Suzhou a été décrite en détail dans de nombreux volumes de vers, poèmes, peintures et cartes qui tous évoquent avec précision chaque période historique. Des informations sur les jardins à chaque époque peuvent être trouvées dans les arbres, plaques, distiques, sculptures de briques et de pierres, les inscriptions et dans bien d’autres précieuses reliques culturelles immobilières présentes en ces lieux. Les techniques et les valeurs traditionnelles vernaculaires de jardinage ont été transmises de génération en génération, en restant toujours fidèle au concept de base qui consiste à créer des mondes en miniature dans des espaces restreints, et à l’expérience qui vise à imiter la nature avec des détails précis tout en s’adaptant aux conditions de chaque lieu. Les maîtres jardiniers de chaque dynastie ont eu recours sans discontinuer aux matériaux et techniques traditionnels pour réparer et entretenir ces jardins. Le gouvernement local a insisté sur l’importance d’un recours à un minimum d’interventions pour les travaux de conservation afin de respecter les conditions historiques de ces sites patrimoniaux et de contrôler l’impact de l’urbanisation moderne aux alentours en gardant intact le charme de ces jardins classiques de Suzhou.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Les jardins classiques de Suzhou sur la Liste du patrimoine mondial sont tous inscrits par le Conseil d’état en tant que «Site national de protection prioritaire» et sont donc soumis à des lois et des réglementations strictes en matière de conservation et de gestion, y compris par la Loi de la République populaire de Chine sur la protection des reliques culturelles. En 1949, la Municipalité de Suzhou a créé une agence pour la conservation et la gestion des jardins et du patrimoine culturel. Le Bureau du jardin municipal de Suzhou et de l’administration du paysage, qui comprend le Département de la supervision du patrimoine, le Centre de suivi et de conservation du patrimoine et un bureau de gestion du site, est l’entité responsable de la gestion de chaque jardin.

Jusqu’alors, les jardins classiques de Suzhou ont été bien conservés. Les Réglementations sur la gestion et la protection du jardin de Suzhou et le Plan de conservation des jardins classiques de Suzhou patrimoine mondial ont été adoptés. Le bien et sa zone tampon y sont clairement définis. La protection de ces jardins a été incluse dans le cadre plus général du Schéma directeur de la ville de Suzhou. Les institutions en charge de la conservation et de la gestion à tous les niveaux ont défini et mettront l’accent sur les lois et réglementations, et leur mise en application, ainsi que sur les plans de conservation à court et long termes. Toutes les mesures ont un but commun : minimiser l’impact de l’urbanisation par un suivi strict des divers facteurs qui pourraient potentiellement avoir des effets négatifs sur ces jardins. Cela se concrétise par des réglementations sur les permis de construire dans la zone tampon, par la réduction de la densité de population, par l’amélioration des conditions de vie, par une meilleure sensibilisation des résidents des alentours au patrimoine, et par l’atténuation des pressions exercées par les activités commerciales et le tourisme. Le but final de toutes ces mesures est de garantir la conservation et la gestion scientifiques et méthodiques des jardins classiques de Suzhou.

Description longue

Les jardins classiques de Suzhou sont un chef-d'œuvre du dessin paysager chinois dans lequel l'art, la nature et les idées se sont intégrés harmonieusement en créant des ensembles d'une grande beauté et d'une harmonie pleine de paix ; ces jardins font partie intégrante de l'urbanisme historique de la ville.

Le pavillon des Vagues (Canglang) a été construit par le poète Su Sunqin, de l'époque de la dynastie des Song, au début du XIe  siècle, sur le site d'un précédent jardin qui avait été détruit. Au cours des dynasties Yuan et Ming (1279-1644), il devint le temple de la Cachette Mystique et fut restauré à plusieurs reprises au fil des siècles ; cette tradition a été maintenue sous la République populaire de Chine. On y accède en traversant un pont de pierre en zigzag à un endroit où l'on découvre tout à coup les montagnes, couvertes d'arbres et de bambous. Le pavillon carré se trouve au sommet de l'une des montagnes et présente une inscription qui s'y rapporte.

Le jardin de la Forêt du Lion a été créé par un groupe de disciples bouddhistes zen du célèbre Abbot Tianni en 1342, au cours de la dynastie des Yua, comme monastère bouddhiste orthodoxe. Le jardin, qui a fasciné lettrés et artistes, a été séparé du temple au XVIIe  siècle. Il se compose d'une série de hauteurs artificielles, avec différentes constructions disposées autour d'un lac et une chute d'eau tombant de falaises escarpées. Les montagnes artificielles du XIVe  siècle sont encore bien conservées. La couverture végétale des montagnes rocailleuses est sillonnée de chemins tortueux et présente de nombreuses grottes et rochers aux formes insolites. Le jardin renferme 22 édifices dont le plus impressionnant est la salle de la Paix et du Bonheur, chef-d'œuvre du style architectural mandarin.

Le jardin de la Culture a été aménagé au cours de la dynastie des Ming, au XVIe  siècle. Un quart de sa superficie totale est occupé par l'étang central qui présente au sud un paysage de montagne, au nord un groupe d'édifices. Ses deux côtés, à l'est et à l'ouest, sont flanqués de galeries ouvertes. Il est tout à fait typique, tant dans son plan que dans l'architecture de ses 13 édifices, du dessin classique des jardins de la dynastie des Ming.

Les origines du jardin de la Retraite du Couple, formé de quatre édifices alignés, remontent à la dynastie des Qing, au début du XVIIIe  siècle. Le jardin oriental est dominé par une montagne de pierre jaune profondément réaliste, qui s'élève au-dessus d'un étang flanqué par différentes belles constructions de style ming. Le jardin occidental présente un style moins affirmé ; ses collines de calcaire sont percées de grottes et de tunnels reliés entre eux.

Le jardin de la Retraite et de la Réflexion est l'œuvre du célèbre peintre Yuan Long, qui l'aménagea entre 1885 et 1887. Le groupe d'édifices est relié au jardin proprement dit, situé à l'est, par un pavillon d'invités en forme de bateau. Ici aussi, le trait central du jardin est son bassin, entouré par une série d'élégantes constructions, dont la plus frappante est le pont Céleste, à double tablier. Le pavillon de la Beauté qui Rassemble domine tout le jardin, depuis son angle nord-ouest.

Les plus anciens jardins sont probablement la villa de la Montagne Étreinte de Beauté, dont l'origine remonte à la fin du XVIe  siècle. Bien qu'il couvre moins de 500 m2 , il est soigné dans tous ses détails, avec des pics atteignant 7 m, des vallons, des sentiers, des grottes, des maisons de pierre, des ravins, des précipices, des crêtes et des falaises.

Le jardin de l'Humble Administrateur a été le site de la résidence des notables Suzhou depuis le IIe  siècle apr. J.-C. Sa partie centrale est une recréation du paysage de la basse vallée du Yangtze. Le lac est dominé par les collines est et ouest qui sont couvertes d'arbres, et chacune couronnée par un pavillon. On y trouve une grande variété de plantes.

Le jardin Attardez-Vous, de la fin du XVIe  siècle, est occupé par différents édifices. Sa partie centrale représente un paysage de montagnes et de lacs entouré par des constructions. On peut le visiter en parcourant d'étroits sentiers tortueux qui offrent des vues inattendues, d'une grande beauté.

On accède au jardin du Maître des Filets par le sud, en empruntant un portail de forme rare, flanqué par d'énormes blocs de pierre sculptée qui indiquent que son propriétaire appartenait à la Cour impériale. Ici aussi, le jardin est centré sur un étang entouré par un passage couvert. Le plan des édifices et des jardins est si subtil que ce petit espace donne une impression de grandes dimensions et d'une diversité importante.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La ville de Suzhou est située dans le bassin inférieur du Yang-Tseu-Kiang, le long du lac Tai. Sa fondation date de 514 avant J.-C. comme capitale du royaume Wu. Depuis cette époque, elle est demeurée le centre culturel, économique et politique de la région.

Les jardins les plus anciens de Suzhou remontent à la création de la cité, au 6ème siècle av. J.-C .. Toutefois, c'est pendant les dynasties Ming et Qing, et particulièrement aux 16ème et l8ème siècles, que la prospérité de la ville donne naissance à la configuration de deux cents jardins, derrière les remparts. Leur qualité et leur profusion conférèrent à Suzhou le titre de "Paradis Terrestre".

Le plus ancien des quatre jardins faisant l'objet de cette proposition d'inscription est probablement la villa de la Montagne Etreinte de Beauté dont les origines remontent à la fin du l6ème siècle, alors qu'elle était propriété de l'académicien royal Shen Shixing. Le Jardin de l'Humble Administrateur est le site de la résidence des notables de Suzhou depuis le 2ème siècle après J.-C. C'est Wang Xianchen, inspecteur impérial des Ming, qui va faire édifier le complexe actuel, avant de se retirer de la vie publique en 1509 et de revenir dans sa ville natale.

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Lorsque le ministre adjoint Shi Zhengzhi vivra à Suzhou, à la fin du 12ème siècle, il appellera sa demeure "la Retraite du Pêcheur" ; cette idée sera reprise à la fin du 18ème siècle par Song Zongyuan, auteur du jardin du Maître des Filets.

Source : évaluation des Organisations consultatives