Paphos
Brève description
Habité depuis les temps néolithiques, le site de Paphos fut un lieu de culte des divinités préhelléniques de la fertilité, puis d'Aphrodite elle-même, née selon la légende à Paphos. Le temple de la déesse, de construction mycénienne, remonte au XIIe siècle av. J.-C. Les vestiges de villas, palais, théâtres, forteresses et tombeaux confèrent au site un intérêt architectural et historique exceptionnel. Les mosaïques de Nea Paphos sont parmi les plus belles du monde.
Description longue
Paphos est un site d'un intérêt universel exceptionnel du fait de ses origines extrêmement anciennes, intimement liées au culte et à la légende d'Aphrodite (Vénus), qui devint l'idéal par excellence de la beauté et de l'amour, inspirant écrivains, poètes et artistes. Dès le néolithique, dont nous avons conservé de nombreux témoignages archéologiques, on honorait à Chypre des divinités de la fertilité. Le temple d'Aphrodite est l'un des plus anciens de l'île et les mosaïques de Nea Paphos sont d'un type tout à fait rare, et comptent parmi les plus belles du monde méditerranéen. Les vestiges architecturaux de villas, de palais, de théâtres, de forteresses ainsi que les tombes à péristyle creusées dans le tuf présentent un intérêt considérable ; ce sont des jalons importants dans notre connaissance de l'architecture antique.
Petra tou Romiou, ou le Rocher d'Aphrodite, est une roche qui se trouve à l'emplacement de la naissance de la déesse. C'était un lieu de pèlerinage pour tout le monde hellénique. Les fouilles ont mis au jour de magnifiques mosaïques des IIIe-Ve siècles, dans les maisons de Dionysos, d'Orphée et d'Aion ; la villa de Thésée, enfouie pendant seize siècles, est remarquablement conservée. Les mosaïques des villas de ces aristocrates sont considérées comme les plus belles de la partie orientale de la Méditerranée. La plupart d'entre elles figurent des scènes de la mythologie grecque.
Non loin de là se trouve le pilier de pierre auquel, selon la tradition, saint Paul fut lié et battu pour avoir prêché le christianisme. Le monastère de la Chrysorrogiatissa, fondé au XIIe siècle, est dédié à Notre-Dame des Pommes d'Or. À proximité, le monastère d'Agios Neofytos renferme certaines des plus belles fresques et icônes byzantines, ainsi qu'un intéressant musée byzantin.
Les tombes des rois, à Kato Paphos, sont des aménagements monumentaux creusés dans la roche ; certaines sont décorées de piliers doriques. Réparties sur une aire très vaste, ces impressionnantes tombes rupestres remontent au IVe siècle av. J.-C. Ce sont celles de personnages de haut rang, et non de rois, mais leur magnificence a valu son nom au lieu.
Palaipaphos (la vieille Paphos), l'un des centres de pèlerinage les plus connus du monde ancien, fut autrefois la cité-royaume de Chypre. C'est là que se trouvait le célèbre sanctuaire d'Aphrodite, dont les plus anciens témoignages remontent au XIIe siècle av. J.-C. C'est le plus important d'une série de sanctuaires semblables disséminés dans toute l'île. Sa prospérité prit fin aux IIIe-IVe siècles. Les amphores et les coupes cultuelles qui y ont été retrouvées, et dont beaucoup sont exposées aujourd'hui au musée de Chypre à Lefkosia, figurent des prêtresses revêtues de magnifiques costumes, ainsi que des scènes érotiques situées dans les jardins sacrés qui entouraient autrefois le temple.
Un fort byzantin, construit à l'origine pour protéger le port, a été reconstruit par les Lusignan au XIIIe siècle. Démantelé par les Byzantins en 1570, il a été reconstruit par les Ottomans après qu'ils eurent pris l'île au XVIe siècle.
Source : UNESCO/CLT/WHC
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