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Ensemble archéologique de Mérida

Archaeological Ensemble of Mérida

The colony of Augusta Emerita, which became present-day Mérida in Estremadura, was founded in 25 B.C. at the end of the Spanish Campaign and was the capital of Lusitania. The well-preserved remains of the old city include, in particular, a large bridge over the Guadiana, an amphitheatre, a theatre, a vast circus and an exceptional water-supply system. It is an excellent example of a provincial Roman capital during the empire and in the years afterwards.

Ensemble archéologique de Mérida

La colonie d'Augusta Emerita, qui donna naissance à l'actuelle Mérida en Estrémadure, fondée par Auguste en 25 av. J.-C. à la fin de la campagne d'Espagne, devint capitale de la Lusitanie. Les vestiges de la ville antique, complets et bien conservés, comprennent notamment un large pont sur le Guadiana, un amphithéâtre, un théâtre, un vaste cirque et un remarquable système d'adduction d'eau. Ils constituent un excellent exemple de capitale provinciale romaine au temps de l'Empire et dans les années qui suivirent.

مجموعة ميريدا الأثريّة

أسس الأمبرطور الروماني أوغست في العام 25 ق.م وبعد الحملة على اسبانيا مستعمرة أوغوستا إيميريتا التي أفضت إلى ميريا الحاليّة في استريمادور وأصبحت عاصمة لوزيتانيا. تضمّ آثار المدينة القديمة المكتملة والمحافظ عليها جيّداً جسراً كبيراً يُطلّ على غواديانا، مدرّج، مسرح وسيرك كبير ونظام إمدادات مبتكر. وتشكّل المجموعة خير مثال على عاصمة محلية رومانيّة في مرحلة الأمبرطورية وبعدها.

source: UNESCO/ERI

梅里达考古群

今天位于埃斯特雷马杜拉的梅里达是于公元前25年西班牙战役结束后建立的,当时是罗马皇帝奥古斯都的殖民地,也是卢西塔尼亚的首都。旧城遗址迄今完好,其中特别著名的有瓜迪亚纳河上的大桥、圆形阶梯剧场、剧院、大马戏场和先进的供水系统。梅里达城是古罗马帝国时期以及后来的很长一段时间内外省首府建设的杰出典范。

source: UNESCO/ERI

Археологический ансамбль в городе Мерида

Древнеримская колония Августа-Эмерита, которая стала ныне городом Мерида в Эстремадуре, была основана в 25 г. до н.э. в конце Испанской кампании и являлась столицей провинции Лузитания. Хорошо сохранившиеся остатки древнего города включают большой мост через реку Гвадиана, амфитеатр, театр, большую арену и уникальную систему водоснабжения. Это превосходный пример древнеримской провинциальной столицы.

source: UNESCO/ERI

Conjunto arqueológico de Mérida

Los orígenes de la ciudad extremeña de Mérida se remontan al año 25 a.C., cuando Augusto, al final de su campaña en Hispania, fundó la colonia Emérita Augusta, que más tarde se convertiría en capital de la provincia romana de Lusitania. Los vestigios de la ciudad romana antigua, completos y bien conservados, comprenden un gran puente sobre el río Guadiana, un anfiteatro, un teatro, un amplio circo y un extraordinario sistema de abastecimiento de agua. Este conjunto arqueológico ofrece un excelente ejemplo de lo que fue la capital de una provincia romana en la época imperial.

source: UNESCO/ERI

メリダの遺跡群
スペイン南部、ポルトガルに隣接するグェディアーナ河畔に位置する都市。BC25年、ローマ退役軍人の植民市として建設された。AD1世紀頃のトラヤヌス帝凱旋門、スペインに残る18の遺構中最も豪華なローマ劇場、円形闘技場、スペイン最良のクルクス(全長約400m)、ディアナ神殿のほか、修復されたスペイン最長の橋(792m)、花崗岩とレンガによる「奇蹟の水道橋」など、ローマ時代の数多い遺跡で知られている。

source: NFUAJ

Archeologisch ensemble van Mérida

De kolonie van Augusta Emerita – het huidige Mérida in Estremadura – werd gesticht in het jaar 25 voor Christus aan het einde van de Spaanse Campagne. Drie jaar later werd het de hoofdstad van de nieuwe Romeinse provincie Lusitania en speelde een belangrijke rol als basis voor de verovering van het noordwesten van het Iberisch schiereiland. Tot de goed bewaard gebleven overblijfselen van de oude stad behoren een grote brug over de rivier Guadiana, een amfitheater en een theater. Verder zijn er twee columbarii (familiegraven), het watervoorzieningsysteem voor Emerita – inclusief drie dammen, delen van ondergrondse waterkanalen en aanzienlijke resten van aquaducten.

Source : unesco.nl

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Ensemble archéologique de Mérida © UNESCO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

L’Ensemble archéologique de Mérida, situé en Estrémadure, Espagne, remonte à l’an 25 av. J.-C., lorsqu’Auguste termina la conquête du Nord de l’Hispanie et fonda la colonie d’Augusta Emerita. La ville fut créée comme une réplique idéalisée de Rome et devint la capitale de la Lusitanie, province la plus occidentale de l’Empire romain. À la suite de la réforme administrative de Dioclétien, elle devint la capitale du diocèse d’Hispanie. Elle fut aussi temporairement la capitale royale de deux peuples germaniques, les Suèves et les Wisigoths. Sous la domination arabe, Mérida fut l’une des trois capitales frontalières d’Al-Andalus – avec Tolède et Saragosse –, assurant le contrôle de la partie ouest de la péninsule Ibérique.

La ville moderne de Mérida a été construite au-dessus d’Emerita mais les vestiges archéologiques sont bien préservés et témoignent encore de la cité romaine. Les 22 éléments constitutifs du bien couvrent une superficie de 31 ha et comprennent des bâtiments destinés au divertissement (théâtre et amphithéâtre), les bâtiments publics du Forum et d’autres espaces destinés au pouvoir (le Forum provincial), des ouvrages de génie civil (ponts, digue, avant-becs et systèmes d’adduction d’eau et d’égouts) et des monuments religieux comme le temple de Diane et le temple de Mars. Le bien possède aussi de magnifiques exemples d’architecture privée comme la Casa del Anfiteatro, la Casa Basílica ou la Casa del Mitreo, représentatifs de la vie quotidienne. La plupart des éléments sont situés à l’intérieur des murs d’enceinte de la colonie romaine, mais certains se trouvent à l’extérieur, comme les barrages, les aqueducs ou les thermes d’Alange, dans un environnement naturel, au cœur d’un paysage comparable à celui de l’époque romaine.

Mérida est un excellent exemple de capitale provinciale romaine sous l’Empire et lors des années qui ont suivi. Son développement historique est encore attesté de nos jours par le plan de ses rues et le nombre d’édifices qui ont conservé leur fonction d’origine (le pont, la digue, l’arc de Trajan, les barrages, les égouts, l’aqueduc de San Lázaro et autres) ou qui ont été réhabilités, comme le cirque ou le théâtre qui accueille le Festival de théâtre classique depuis les années trente. Les bâtiments conçus pour les loisirs forment un ensemble exceptionnel avec l’amphithéâtre, le théâtre, le péristyle paysagé et le cirque. Les aqueducs et autres éléments de gestion de l’eau, en excellent état de conservation, sont reconnus comme comptant parmi les meilleurs exemples de la période romaine. De plus, on peut retracer l’évolution historique de la ville à travers des édifices représentatifs d’autres périodes importantes de l’histoire – par exemple les murs massifs de la période wisigothe, les basiliques paléochrétiennes de Santa Eulalia et de Casa Herrera ou de Santa Lucía del Trampal, et l’Alcazaba (la forteresse) et son exceptionnelle aljibe (citerne) de la période musulmane.

L’état remarquable de l’Ensemble archéologique de Mérida fait de ce bien un lieu d’apprentissage comportant d’importants vestiges de l’époque romaine, avec un développement urbain ultérieur montrant l’évolution d’une ville européenne sur une période de plus de 2000 ans. 

Critère (iii) : L’Ensemble archéologique de Mérida est un exemple remarquable de ville romaine édifiée selon toutes les règles de l’urbanisme romain. Mérida conserve une architecture qui témoigne de son ancien rôle de capitale à l’époque romaine et à d’autres époques ultérieures.

Critère (iv) : L’Ensemble archéologique de Mérida est un exemple exceptionnel de bâtiments publics d’une grande capitale provinciale romaine, à l’apogée de l’Empire et plus tard, au cours de l’histoire. 

Intégrité

Les vestiges de l’Ensemble archéologique de Mérida sont remarquablement bien préservés et conservent leur intégrité matérielle. Toutes les parties intégrantes de l’Ensemble archéologique forment un tout car elles préservent les principaux éléments de la colonie romaine, au-dessus desquels ont été édifiés d’autres monuments de la période wisigothe ou musulmane, témoignant ainsi de la fusion de différentes périodes de l’histoire. Le développement urbain limité de la ville a permis de préserver l’intégrité de tous les monuments enfouis, jusqu’à leur dégagement au XXe siècle.

Les monuments archéologiques ont été intégrés à la ville actuelle et font partie du paysage urbain ; malgré les altérations survenues au cours des siècles, ils conservent tous leur portée historique et scientifique. Beaucoup de ces constructions – comme les ponts ou le théâtre –, sont toujours utilisées. 

Authenticité

Les différentes composantes de l’Ensemble archéologique de Mérida conservent leur état d’authenticité en termes de forme, de conception, de matériaux, d’usage et de fonction. La basilique de Santa Eulalia est une construction wisigothe, mais aussi romane, gothique et baroque, véritable exemple patrimonial adapté aux besoins de différentes générations. Il en est de même pour certaines parties du pont sur le Guadiana, modifiées au Moyen Âge et à l’époque moderne. Au XVIIe siècle, à l’époque de l’Empire espagnol, deux monuments chrétiens ont été construits avec du marbre romain, montrant ainsi les caractéristiques essentielles de l’identité historique de la ville : l’obélisque de Santa Eulalia et le petit temple également dédié à cette martyre, respectivement édifiés avec des autels païens et les vestiges du temple de Mars. Ce n’est que dans des circonstances particulières que certains des monuments ont été restaurés au XXe siècle pour des raisons de conservation ou pour en faciliter la compréhension, comme c’est le cas pour les gradins de l’amphithéâtre et certaines de ses voûtes. L’avant de la scène du théâtre a été reconstruit à titre exceptionnel, mais selon les critères de l’anastylose. En règle générale, l’état de conservation est remarquable car la politique d’intervention ne permet que des travaux de consolidation mais pas de reconstruction. 

Éléments requis en matière de protection et de gestion

L’Ensemble archéologique de Mérida est juridiquement protégé par la loi 16/1985 sur le patrimoine historique espagnol et la loi 2/1999 sur le patrimoine culturel historique et culturel de l’Estrémadure, ainsi que par le plan spécial de protection de l’Ensemble historique et archéologique de Merida – réglementation spécifique de protection votée dans le cadre de la protection des lois susmentionnées et présentée au titre IX du Plan général d’urbanisme de Mérida (publié au Journal Officiel d’Estrémadure, supplément E du n° 106, du 12 septembre 2000).

Le Consortium « Ville de monuments, historico-artistique et archéologique de Mérida » exerce la responsabilité générale de la gestion de l’Ensemble archéologique de Mérida. Cette entité politique possède son propre statut juridique et réunit toutes les administrations supervisant les questions de conservation du patrimoine, comme le Gouvernement régional d’Estrémadure, le Ministère espagnol de la Culture, le Conseil municipal de Mérida et le Gouvernement provincial de Badajoz ; cette entité succède à l’ancien Bureau de la Ville de monuments de Mérida.

Le Consortium de la Ville de monuments de Mérida a un budget et un plan d’action pour mener chaque année des travaux de préservation et d’aménagement de l’Ensemble archéologique. Il est également doté de plans d’action complets pour les différents monuments de l’Ensemble, afin d’en préserver l’importance.

Lors de l’inscription de l’Ensemble archéologique de Mérida, l’urbanisme constituait la principale menace. Cela étant, le développement urbain a été traité par l’application de la réglementation sur la protection du patrimoine archéologique figurant dans le Plan spécial de protection de l’Ensemble archéologique de Mérida. Toutes les institutions publiques soutiennent fermement la conservation de l’Ensemble archéologique en contribuant à son financement par le biais du Consortium. Grâce au travail de cet organisme et de l’ancien Bureau, la population est fortement sensibilisée au soutien du patrimoine de Mérida.

Description longue
[Uniquement en anglais]

Mérida is symbolic of the process of Romanization in a land that had hitherto not been influenced by the urban phenomenon. It contains the substantial remains of a number of important elements of Roman town design, considered to be one of the finest surviving examples of its type; the aqueducts and other elements of Roman water management are also especially well preserved and complete.

Emerita was founded by Augustus in 25 BC at the end of his Spanish campaign. Its first inhabitants were time-expired veterans of the legions that made up his army. Three years later it became the capital of the new Roman province of Lusitania, and played an important role as the base for the conquest of the north-west of the Iberian Peninsula. Its site was a classic one, where a major road crossed an important river (the Quadiana), and it became a very important administrative, commercial, and communications centre. Emerita benefited from the rule of the Spanish Emperors Trajan, Hadrian, and Diocletian who endowed it with splendid public buildings. Christianity was established there in the 3rd century, and it was quickly to become the seat of an archbishop. With the pacification of the peninsula by the Visigoths from 457 onwards it flourished as the capital of one of the six provinces, and enjoyed a special role as cultural centre. In 711, the remains of the Visigothic army took refuge in Mérida. The town was always a centre of opposition to Moorish rule, so in 834 Abderrahman II ordered to be built a fortress (Alcazaba) to guard the Guadiana bridge (25 BC). Mérida was recaptured by a Christian army in 1230. A brief revival under Los Reyes Catolicos in the late 15th century saw the town drained of resources, both human and material, during the Portuguese and Catalan rebellions against Philip II.

The main monuments in the World Heritage site are the Guadiana bridge (two sections of arches linked by a large pier with massive cutwaters, built from granite and concrete); the amphitheatre, for 15,000 spectators, part of the original layout of the town, which occupies two insulae and was inaugurated in 8 BC; the classic Vitruvian theatre, set into a low hill and inaugurated under M. Agrippa; the peripteral and hexastyle Temple of Diana ,probably from the early years of the 1st century AD and converted into a private residence in the 16th century; the alleged 'Arch of Trajan,' which may have been an entrance gate to the original town or, more likely, to the enceinte of the Temple of Diana; and the Circus, one of the largest in the Roman world, probably contemporaneous with the foundation of the colonia..

Other sites include two columbarii (family tombs); the water supply system to Emerita, including three dams, well-preserved stretches of underground water channels and substantial remains of aqueducts (the Proserpina and Cornalvo dams, both still functioning, are the most remarkable surviving examples of Roman water management systems; the Basilica de Casa Herrera, a palaeo-Christian basilica with a double-apsidal nave and side aisles of a well known North African type; the Martyr Church of Santa Eulalia (substantial traces of the original church dedicated to Santa Eulalia, martyred under Diocletian; and the Alcazaba, which exhibits some characteristic Byzantine features.

The massive walls, with their 25 bastions, enclose an almost square area. There are no permanent and contemporary buildings in the interior, but there are abundant traces of the Roman houses and streets that were removed to allow its construction.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La colonie Augusta Emerita a été fondée par Auguste en 25 avant J. C. à la fin de la campagne d'Espagne. Ses premiers habitants ont été des légionnaires qui avaient fini leur temps de service. Trois années plus tard, elle devint la capitale de la province romaine de Lusitanie et, point de départ de la conquête du nord-ouest de la péninsule ibérique, elle joua un rôle très important. Le lieu d'implantation de cette ville était très classique et comportait une grande route qui traversait un fleuve (le Guadiana) ; elle devint très vite un centre administratif et commercial très actif ainsi qu'un important nœud de communications. La ville était le paradigme de l'urbanisation romaine disposée comme un échiquier, comprenant des bâtiments publics, un système d'égouts efficace et une alimentation en eau très élaborée et dotée d 1 un arrière-pays découpé en exploitations agricoles très ordonnées.

L'Espagne et Emeri ta bénéficièrent de la domination des empereurs espagnols Trajan et Hadrien qui la dotèrent de magnifiques bâtiments publics. La puissance et la prospérité d'Emerita se sont encore accrues quand, faisant suite à la réforme administrative de Dioclétien à la fin du 3ème siècle, elle était devenue le siège du Vicarius de l'ensemble du diocèse d'Espagne. La religion chrétienne s'y est installée au cours du 3ème siècle et la ville est rapidement devenue un archevêché.

Emerita semble avoir peu souffert des invasions barbares successives qui commencèrent en 409. En 422, elle devint la ca pi tale du royaume des Suèves. Avec la pacification de la péninsule par les Visigoths qui commença en 457, capitale de l'une des six provinces, elle connut un développement florissant.

Après avoir été battue par les Maures en 711, les restes de l'armée Visigoth se réfugièrent à Mérida avant de se rendre au terme d'un siège qui dura un an. La ville resta un foyer d'opposition à la domination mauresque, à tel point qu'en 834, Abderramhan II ordonne que les murs soient rasés pour construire une forteresse (Alcazaba) pour protéger le pont sur le fleuve Guadiana. A partir de ce moment, la ville commença lentement à décliner.

Mérida a été reprise par une armée chrétienne en 1230 mais l'archevêché a été transféré à Saint-Jacques-de-Compostelle. Un bref renouveau accompagna l'arrivée des rois catholiques à la fin du 15èrne siècle, jusqu'à ce que les révoltes portugaises et catalanes aient pour résultat de vider la ville de ses ressources humaines et matérielles. Cet appauvrissement fut encore aggravé par la guerre de succession au début du 18èrne siècle et par la guerre de la Péninsule à la fin de ce même siècle. Ce n•est que récemment qu'une timide reprise économique se fait sentir.

Source : évaluation des Organisations consultatives