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Centres historiques de Berat et de Gjirokastra

Historic Centres of Berat and Gjirokastra

Berat and Gjirokastra are inscribed as rare examples of an architectural character typical of the Ottoman period. Located in central Albania, Berat bears witness to the coexistence of various religious and cultural communities down the centuries. It features a castle, locally known as the Kala, most of which was built in the 13th century, although its origins date back to the 4th century BC. The citadel area numbers many Byzantine churches, mainly from the 13th century, as well as several mosques built under the Ottoman era which began in 1417. Gjirokastra, in the Drinos river valley in southern Albania, features a series of outstanding two-story houses which were developed in the 17th century. The town also retains a bazaar, an 18th-century mosque and two churches of the same period.

Centres historiques de Berat et de Gjirokastra

Berat et Gjirokastra sont inscrites en tant que rares exemples d'un style architectural typique de la période ottomane. Située dans le centre de l'Albanie, Berat porte le témoignage de la coexistence de différentes communautés religieuses et culturelles au fil des siècles. Elle comprend un château, localement appelé le Kala, dont la majeure partie fut construite au XIIIe siècle, bien que ses origines remontent au IVe siècle avant JC. Le quartier de la citadelle compte de nombreuses églises byzantines, dont plusieurs du XIIIème siècle, ainsi que plusieurs mosquées construites sous l'ère ottomane qui débuta en 1417. Gjirokastra, dans la vallée de la rivière Drinos au sud de l'Albanie, comprend une série de remarquables maisons à deux étages, qui se développèrent au XVIIe siècle. La ville comprend également un bazar, une mosquée du XVIIIe siècle ainsi que deux églises de la même époque.

المركزان التاريخيان لبيرات وجيروكاسترا

يمثل المركزان التاريخيان لبيرات وجيروكاسترا (ألبانيا) امتداداً لمركز مدينة جيروكاسترا الذي سبق أن أدرِج في عام 2005، كمثال نادر عن مدينة عثمانية جيدة الصون. تقع بيرات في وسط ألبانيا، وتشهد على التعايش بين مختلف الطوائف الدينية والتيارات الثقافية منذ قرون عدة. تحصي المدينة 000 64 نسمة، وتشمل قصراً يُعرف محلياً بقصر القلعة بُُني الجزء الرئيسي منه في القرن الثالث عشر، علماً أن آثاره القديمة ترقى إلى القرن الرابع قبل الميلاد. وتشمل منطقة القلعة كنائس بيزنطية عديدة، يعود معظمها إلى القرن الثالث عشر، ويحوي عدد منها رسوماً جدارية وأيقونات قيمة. وفي المدينة أيضاً عدد من المساجد التي بُنيت في الحقبة العثمانية التي بدأت في عام 1417. تحوي بيرات كذلك بيوتاً عدة للطوائف الدينية، وقد استخدم بعضها بالأخص من جانب الأخوية الصوفية في القرن الثامن عشر، ومساكن مصانة صيانة جيدة تتسم بأسلوب متميز.

source: UNESCO/ERI

Исторические центры Берата и Джирокастры

Исторические центры Берата и Джирокастры являются добавлением городского центра Берата к центру Джирокастры, уже включенному в Список в 2005 году как редкий образец хорошо сохранившегося поселения оттоманского периода. Берат, расположенный в центральной части Албании, свидетельствует о многовековом сосуществовании различных религий и культурных общин. В этом городе с населением в 64 000 человек высится замок - Кала. Его основная часть относится к XIII веку, хотя строительство сооружения началось в IV веке до н.э. В районе цитадели возведены многочисленные византийские церкви, относящиеся по большей части к XIII веку, во многих из них сохранились ценные настенные росписи и иконы. Здесь находятся и несколько мечетей, построенных в оттоманский период. На территории объекта имеется несколько домов для религиозных общин. В некоторых из них в XVIII веке собирались, например, братства суфистов. Следует также отметить хорошо сохранившиеся дома, выстроенные в характерном стиле.

source: UNESCO/ERI

Ciudad Museo de Gjirokastra

Situada en el valle del río Drinos, al sur de Albania, la histórica ciudad de Gjirokastra es uno de los raros ejemplos de ciudad otomana en buen estado de conservación. Construida por latifundistas, Gjirokastra está estructurada en torno a la antigua ciudadela del siglo XIII y su arquitectura se caracteriza su casas torretas denominadas en turco kullë (“torre”). Típica ciudad balcánica, Gjirokastra posee notables ejemplos de este tipo de casas cuya construcción se remonta al siglo XVII, si bien algunas de las más sofisticadas datan de principios del siglo XIX. Una kullë típica consta de una planta baja elevada sobre el suelo, un primer piso para vivir en invierno y un segundo para la época estival. La decoración interior es muy ornamentada y comprende pinturas con motivos florales, sobre todo en las estancias destinadas a los huéspedes. Gjirokastra cuenta también con un bazar, una mezquita y dos iglesias del siglo XVIII.

source: UNESCO/ERI

ベラットとギロカストラの歴史地区

source: NFUAJ

Historisch centrum van Berat en Gjirokastër

Berat en Gjirokastër worden beschouwd als zeldzame voorbeelden van de Ottomaanse (bouw)cultuur. Het in centraal Albanië gelegen Berat laat zien dat er eeuwenlang verschillende godsdiensten en culturen naast elkaar bestonden. Zo is er een kasteel - door de lokalen Kala genoemd - gebouwd in de 13e eeuw, maar met fundamenten gebouwd in de 4e eeuw voor Christus. Het citadelgebied kent veel Byzantijnse kerken uit de 13e eeuw, maar ook moskeeën gebouwd tijdens het Ottomaanse tijdperk dat in 1417 begon. Gjirokastër in Zuid-Albanië herbergt een serie prachtige 17e-eeuwse huizen met twee verdiepingen. De stad heeft verder nog een bazaar, een 18e-eeuwse moskee en twee kerken uit diezelfde periode.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Ces deux centres historiques fortifiés sont remarquablement préservés, notamment leurs constructions vernaculaires. Ils ont été habités en permanence, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Situés dans les Balkans, au sud de l'Albanie et à proximité l'un de l'autre, ils témoignent de la richesse et de la diversité de l'héritage urbain et architectural de cette région.

Berat et Gjirokastra témoignent d'un style de vie durablement influencé par les traditions de l'islam durant la période ottomane, tout en faisant la synthèse d'apports plus anciens. Ce style de vie a été respectueux des traditions chrétiennes orthodoxes qui ont pu poursuivre leur développement spirituel et culturel, notamment à Berat.

Gjirokastra a été construite par de grands propriétaires terriens. Autour de l'ancienne citadelle du XIIIe siècle, la ville affiche ses maisons à tourelles (le kule turc) caractéristiques de la région des Balkans. Gjirokastra offre plusieurs exemples remarquables de ce type de maison qui se cristallisa au XVIIe siècle, mais aussi des exemples plus élaborés datant du début du XIXe siècle.

Berat témoigne d'une cité fortifiée mais ouverte et longuement peuplée d'artisans et de marchands. Son centre urbain montre une tradition d'habitat vernaculaire des Balkans, dont les témoignages remontent principalement à la fin du XVIIIe et au XIXe siècles. Cette tradition est adaptée aux modes de vie de la ville, par des maisons étagées sur les collines, aux dominantes horizontales et largement ouvertes à la lumière.

Critère (iii)  : Berat et Gjirokastra apportent un témoignage exceptionnel de la diversité des sociétés urbaines au sein des Balkans, et de modes de vie pérennes aujourd'hui presque disparus. L'urbanisme et l'habitat de Gjirokastra sont l'expression d'une ville-citadelle construite par des notables fonciers aux intérêts directement liés à ceux du pouvoir central. Berat est marquée par un style de vie plus indépendant, lié à ses fonctions artisanales et marchandes.

Critère (iv)  : Les deux villes associées de Gjirokastra et de Berat apportent un témoignage exceptionnel des différents types de monuments et d'habitat urbain vernaculaire durant la période ottomane classique, en continuité des différentes cultures médiévales qui l'ont précédée et dans une coexistence pacifique avec une forte minorité chrétienne, notamment à Berat.

L'intégrité d'ensemble des deux villes est satisfaisante, bien qu'entachée par le phénomène des constructions illégales de la fin des années 1990. L'authenticité est également satisfaisante, mais la gestion de la préservation doit être renforcée et effectuée avec soin, en suivant les meilleurs standards internationaux.

Les dispositions du plan de gestion et la récente autorité de coordination chargée de sa mise en œuvre doivent permettre de promouvoir une politique active de préservation et de conservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien, en particulier dans le domaine de la gestion des constructions urbaines et dans l'accueil des visiteurs.

Description historique

Berat est l’une des plus anciennes villes d’Albanie. Les premières traces d’occupation sont datées de 2600 à 1800 av. J.-C. On a retrouvé des céramiques datant des VIIe ou VIe siècles av. J.-C. Les habitants de Berat furent d’abord appelés Illyriens, puis Arbër et enfin Albanais.  

Le château avec un premier système de fortifications est édifié dès le milieu du IVe siècle av. J.-C. Une cité illyrienne se développa sous sa protection.  

Dans l’Antiquité, Berat est nommée Antipatreia, et c’est un centre fortifié capable de résister un temps aux légions romaines. La cité est mentionnée par Polybe et Tite-Live. Elle est nommée sur la liste des places fortifiées de l’empereur Justinien. Pendant la période byzantine, en 533, Berat prend le nom de Pulcheriopolis, d’après l’impératrice byzantine du Ve siècle, Pulchérie. Elle se développe au sommet de la colline. Le château et les fortifications sont reconstruits.  

Au Moyen Âge, la ville passe sous la domination bulgare (860-1018) et prend de l’importance. Le nom de Berat est mentionné pour la première fois en 1018. À partir de la période des croisades, Berat connaît diverses puissances tutélaires, notamment celles des Angevins, des Serbes et des princes Muzakaj. Le système fortifié est en grande partie reconstruit, au XIIIe siècle, dans sa forme générale actuelle dont de nombreux éléments sont conservés.  

Aux XIIIe et XIVe siècles trois églises importantes sont édifiées : Sainte-Marie Vllaherna, la Sainte-Trinité et Saint-Michel. La ville comporte alors un système de citerne remarquable.  

Berat est occupée par les Ottomans au début du XVe siècle. La ville connaît alors des modifications importantes : ses fortifications sont réparées et de nouvelles tours sont édifiées pour les renforcer. Elle fait durablement partie de l’Empire ottoman et connaît alors une longue période de paix et de prospérité. Placée sur une importante voie de communication, entre la capitale et la mer Adriatique, elle se développe au-delà des fortifications. Ses quartiers se fixent dans leur forme actuelle : Kala (le château), Mangalem et Gorica sur la rive opposée. Les communautés d’habitants construisent de nombreuses mosquées, dont plusieurs sont remarquables par leur architecture (mosquée au dôme de plomb, mosquée Teqeja Helvetive).  

La période est marquée par une tolérance religieuse remarquable et une conservation de l’héritage chrétien orthodoxe au sein d’une importante population musulmane. Les arts chrétiens comme l’enluminure et l’iconographie se développent (école d’Onufri, XVIe siècle), la cathédrale orthodoxe est restaurée (XVIIIe siècle).  

Après le soulèvement contre les Turcs en 1834, le château de Berat fut endommagé et perdit ses fonctions défensives. Néanmoins, il a conservé une part importante de sa structure historique.  

Jusqu’en 1961, Berat resta pratiquement inchangée. La ville historique fut alors reconnue comme un patrimoine important par le gouvernement albanais.  

Le premier arrêté de protection du gouvernement albanais remonte au 16 octobre 1948 (Académie des sciences, décret n° 93), sous forme d’une liste de monuments de valeur nationale. Pour Berat, elle comprenait : le château, le pont sur la rivière Osum, quatre églises et une  mosquée.  

En 1961, le décret du 2 juin (n° 172) a déclaré Berat centre historique national et ville-musée. La liste des monuments de première catégorie de la ville a été augmentée et portée à 50 biens, y compris de nombreuses habitations privées. Des monuments et maisons ont par la suite été ajoutés à cette liste : deux en 1963, un en 1973, en 1977 et en 1983.  

En 1965, la création de l’Institut des monuments culturels d’Albanie a permis la mise en place d’un programme annuel d’entretien et de restauration des monuments de première catégorie. Il est sous la responsabilité d’architectes et il est basé sur le respect des directives de la Charte de Venise. Dans ce cadre, la consolidation et la restauration de nombreux monuments de Berat ont été effectuées, incluant le château, les monuments religieux, la conservation des fresques.  

La préservation et la conservation des monuments de Berat a cependant connu un passage à vide durant les années 1990 de la transition politique. Un véritable projet patrimonial pour la ville n’a vraiment été repris que depuis deux à trois ans. Un plan à cinq ans a été mis en place pour 2007-2011, par l’Institut des monuments culturels.

Source : évaluation des Organisations consultatives