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Châteaux et parcs de Potsdam et Berlin

Brève description

Avec ses 500 ha de parcs, ses 150 constructions édifiées entre 1730 et 1916, l'ensemble des châteaux et parcs de Potsdam constitue une entité artistique exceptionnelle dont le caractère éclectique renforce l'unicité. Cet ensemble est prolongé, dans le district de Berlin-Zehlendorf, par les châteaux et les parcs qui s'étendent sur les rives de la Havel et du lac de Glienicke. Voltaire séjourna dans le palais de Sans-Souci, construit sous Frédéric II entre 1745 et 1757.

Belvedere © UNESCO Plus d'images ...

Description longue

L'ensemble de châteaux et de parcs de Potsdam constitue une entité artistique exceptionnelle, dont le caractère éclectique renforce l'unicité. De Knobelsdorff à Schinkel et de Eyserbeck à Lenné, toute une série de chefs-d'œuvre d'architecture du bâti et du paysage y sont nés dans un même espace, illustrant des styles opposés et généralement considérés comme inconciliables, sans porter pourtant nul préjudice à l'harmonie de la composition générale, qui s'est constituée progressivement, au fil du temps.

Potsdam, mentionné pour la première fois au Xe  siècle, prit de l'importance lorsque le grand électeur de Brandebourg, Frédéric-Guillaume (1620-1688), y établit sa résidence. La ville reçut une petite garnison à partir de 1640, et sa fonction militaire fut renforcée par la jeune monarchie prussienne.

Sous Frédéric II le Grand (1712-1786), Potsdam connut un changement radical. Le nouveau roi décida d'édifier près de la ville de garnison et de la colonie du « roi-sergent » un « Versailles prussien », pour en faire sa résidence principale. En 1744, Frédéric II fit planter un vignoble sur six terrasses occupant les pentes méridionales d'une colline, la Montagne chauve. Sans-Souci, nom qui reflète son aspiration à l'intimité et à la simplicité, transforme le modèle d'une villa rustique en un palais tout en marbres, en miroirs et en ors, de style rococo.

Le palais de Sans-Souci offre une synthèse de courants stylistiques venus d'Italie, d'Angleterre, des Flandres, de Paris et de Dresde. Au confluent des différentes influences artistiques des villes et des cours européennes du XVIIIe  siècle, le château et le parc constituent de nouveaux modèles qui influencèrent profondément le développement des arts monumentaux et l'organisation de l'espace à l'est de l'Oder. Le palais à un seul étage comportait une rotonde prolongée vers l'avant par un corps de bâtiment comportant, de part et d'autre, une suite de cinq salles. La suite orientale était l'appartement royal, tandis que la suite occidentale était occupée par les chambres des hôtes. L'architecte Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff, dont le roi était à la fois l'ami et le patron, devait à Frédéric II ses années de formation à Rome, Venise, Florence, Dresde et Paris. Le programme iconographique évoque la maison d'un vigneron ; la façade sud est rythmée par 36 bacchantes du sculpteur Christian Glume, placées comme des caryatides, pour soutenir la corniche qui court sous les toits des ailes du bâtiment, et sous la coupole de la rotonde axiale.

Le parc de 290 ha a été dessiné autour de plusieurs édifices. Placées de manière symétrique à l'est et à l'ouest, on trouvait d'abord la galerie de peinture et l'ancienne orangerie, qui fut redessinée pour servir de pavillon aux hôtes du roi en 1771-1774. Parmi les nombreuses réalisations de cette première période, les plus remarquables sont la grotte de Neptune, la dernière œuvre de Knobelsdorff, commencée de son vivant, mais achevée après sa mort, et le salon de thé chinois, construit sous la direction de l'architecte Bering.

Après la guerre de Sept Ans (1756-1763), Frédéric le Grand ordonna la construction du nouveau palais, une énorme construction rococo comportant plus de 200 salles, y compris le célèbre salon à décor de coquillages. On construisit alors dans le parc d'autres édifices, dont le temple antique, le temple de l'Amitié, le Belvédère et le pavillon du Dragon. Frédéric-Guillaume IV (1795-1861) se consacra à l'agrandissement du parc de Sans-Souci et fit l'acquisition, en tant que prince de la Couronne, d'un domaine situé plus au sud. Il chargea Karl-Friedrich Schinkel de construire le petit château néoclassique de Charlottenhof, et Peter Josef Lenné de dessiner un parc romantique ; ce dernier est également le créateur du jardin sicilien et du jardin nordique, au nord de l'allée principale. De nouvelles constructions vinrent enrichir le parc jusqu'en 1860. L'orangerie est une transposition de la villa Médicis à Rome, et la Friedenskirche s'inspire de la basilique San Clemente.

Le site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial englobe deux autres ensembles qui comportent des parcs, des châteaux et différents édifices, au centre desquels s'élève le palais de marbre, la résidence d'été du roi construite par C. von Gontard et aménagée par K. G. Langhaus. À l'extrémité nord du parc, le château de Cecilienhof, pastiche d'un cottage anglais, a été le théâtre, en août 1945, de la signature des accords de Potsdam.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Le domaine de Sacrow comprend une résidences seigneuriale du 18ème siècle (château du 14ème siècle converti), l'église Saint-Sauveur construite par l'architecte Ludwig Persius entre 1841 et 1844 et le parc, crée pour Frederic Guillaume IV de Prusse par Persius et le jardinier Pierre-Joseph Lenne. Cela fut intégré à l'ensemble de châteaux et jardins de Potsdam et Babelsberg, dont le majeure partie est restée relativement intacte.

Jusqu'à une époque récente, le domaine se trouvait sur la limite entre la feu République Démocratique Allemande et le territoire de Berlin-Ouest et était donc très négligé. L'accès à l'église était interdit et le bâtiment laissé à l'abandon. Ce n'était qu'à la suite d'une intervention de la part des responsables de Berlin- Ouest qui, fortement appuyés par la presse, demandèrent la restauration et fournirent l'argent nécessaire, que l'on se mit à remettre en bon état au moins les toits de l'église, dans les années 198 l-82. Ces travaux sont maintenant en tours sur le château et dans les jardins, sous la direction de l'administration des châteaux et parts de Berlin-Potsdam.

Source : évaluation des Organisations consultatives