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Missions jésuites des Guaranis : San Ignacio Mini, Santa Ana, Nuestra Señora de Loreto et Santa Maria Mayor (Argentine), ruines de Sao Miguel das Missoes (Brésil)

Brève description

Au cœur de la forêt tropicale, les ruines de São Miguel das Missoes, au Brésil, et celles de San Ignacio Mini, de Santa Ana, de Nuestra Señora de Loreto et de Santa Maria la Mayor, en Argentine, sont les remarquables vestiges de cinq missions jésuites édifiées aux XVIIe et XVIIIe siècles sur le territoire des Guaranis, chacune d’entre elles se caractérisant par ses dispositions particulières et un état de conservation inégal.

Missions jésuites des Guaranis : San Ignacio Mini, Santa Ana, Nuestra Señora de Loreto et Santa Maria Mayor (Argentine), ruines de Sao Miguel das Missoes (Brésil) © M & G Therin-Weise

Description longue

Les vestiges de ces missions jésuites sont des exemples remarquables d'un type d'édifice et d'un complexe architectural qui illustrent une période importante de l'histoire de l'Argentine et du Brésil. Les ruines de Saõ Miguel das Missões au Brésil et celles de San Ignacio Miní, Santa Ana, Nuestra Señora de Loreto et Santa María la Mayor en Argentine se trouvent au cœur d'une forêt tropicale. Ce sont les restes de cinq missions jésuites construites sur les terres des Guaranis au cours des XVIIe et XVIIIe siècles.

Toutes ces reducciones (établissements) guaranis sont conçues selon le même modèle : l'église, la résidence des Pères et les maisons régulièrement espacées des Indiens sont disposées autour d'une vaste place centrale. Toutefois, chacune d'entre elles présente un aspect spécifique, et un état de conservation différent.

            San Ignacio Miní, fondée en 1611, a été déplacée à deux reprises, pour ne s'établir sur le site actuel qu'en 1696. Le site comporte différents vestiges monumentaux importants : églises, résidence des Pères et écoles. Les ruines sont accessibles et relativement bien préservées. C'est le principal exemple de reducción conservé sur le territoire argentin.

            Santa Ana, fondée en 1633 dans la sierra del Tape, a été déplacée en 1638 sur la rive du Paraná, puis à nouveau sur son site actuel, à 45 km de Posadas. Les ruines de l'église, accessibles par un escalier monumental, émergent au cœur d'un site boisé. Il échappa au pillage au lendemain de l'expulsion des Jésuites, en 1767.

            Nuestra Señora de Loreto, fondée en 1610, a été déplacée en 1631 sur son site actuel, à 53 km de Posadas ; la mission comportait une presse typographique. L'église et la résidence des Pères ont été construites par le frère Bressanelli, comme à San Ignacio Miní. Les ruines du village indien ont été partiellement libérées de la végétation.

            Santa María la Mayor, fondée en 1626, a été déplacée en 1633 sur son site actuel. Non loin des ruines de l'église, d'importants vestiges de la résidence des Pères sont encore conservés en élévation.

            Saõ Miguel, fondée sur le site de l'Itaiaceco en 1632, a été déplacée d'abord à Concepción, puis sur le site actuel, situé sur les rives du Piratini, en 1687. Aucun des édifices du village n'est intact : ne subsistent que les fondations de la résidence des Pères, l'école et les murs du cimetière, ainsi que quelques vestiges d'habitations indiennes. Un site périodiquement envahi par la végétation conserve les ruines de l'église attribuée au père Gian Battista Primoli, architecte jésuite d'origine milanaise, bien connu pour ses travaux à Buenos Aires, Córdoba et Concepción. Cette église baroque, terminée en 1750, a été détruite dix ans plus tard par un incendie. Elle fut restaurée de manière assez sommaire au cours des années qui ont précédé l'expulsion définitive des Jésuites, en 1768.

Source : UNESCO/CLT/WHC