Ensemble des tombes de Koguryo
Brève description
Ce site comprend de nombreuses tombes, en groupes ou isolées (une trentaine), datant de la dernière période du royaume de Koguryo, l’un des royaumes les plus puissants de la Chine du nord-est et de la moitié de la péninsule coréenne entre le IIIe siècle av. J.-C. et le VIIe siècle apr. J.-C. Ces tombes, dont beaucoup sont ornées de splendides peintures murales, constituent presque les seuls vestiges laissés par cette culture. Sur les quelque 10 000 tombes de Koguryo découvertes jusqu’à présent en Chine et en Corée, 90 seulement comportent des peintures murales. Environ la moitié d’entre elles sont situées sur ce site ; on pense qu’elles étaient destinées aux rois ainsi qu’aux membres de la famille royale et de la noblesse. Ces peintures offrent un témoignage unique de la vie quotidienne de l’époque.
Justification d'inscription
Critère (i) : Les peintures murales des Tombes de Koguryo sont des chefs-d’œuvre de la culture et de la période du royaume de Koguryo ; la construction des tombes témoigne de solutions d’ingénierie novatrices.
Critère (ii) : Les coutumes funéraires particulières de la culture de Koguryo ont eu une importante influence sur d’autres cultures de la région, y compris le Japon.
Critère (iii) : Les Tombes de Koguryo sont un témoignage exceptionnel de la culture de Koguryo, de ses coutumes funéraires, de sa vie quotidienne comme de ses croyances.
Critère (iv) : L’ensemble des Tombes de Koguryo est un exemple important de typologie funéraire.
Description longue
Les tombes de Koguryo sont un témoignage exceptionnel de la culture de Koguryo, de ses coutumes funéraires, de sa vie quotidienne et de ses croyances. Ses rites funéraires spécifiques ont exercé une influence importante sur d'autres cultures de cette région, dont celle du Japon. Les peintures murales des tombes sont des chefs-d'œuvre de la période du royaume de Koguryo, tandis que la construction des tombes témoigne de l'ingéniosité des solutions techniques mises au point par leurs constructeurs.
Le site inscrit au patrimoine de l'humanité comporte différents groupes de tombes ainsi que des tombes individuelles, soit un total de 30 sépultures environ, datables de la dernière période du royaume de Koguryo, l'un des plus puissants du nord-est de la Chine et de la péninsule coréenne entre le IIIe siècle av. J.-C. et le VIIe siècle apr. J.-C. Les tombes, dont la plupart présentent de magnifiques peintures murales, sont presque les seuls vestiges de cette culture. Seules 90 des quelque 10 000 tombes de Koguryo découvertes à ce jour en Chine et en Corée présentent un décor peint, et près de la moitié se trouvent sur ce site. On pense qu'elles ont été aménagées pour les rois, les membres de la famille royale et de l'aristocratie. Ces peintures offrent un témoignage unique sur la vie quotidienne de ce peuple au cours de cette période.
Le site inclut 63 tombes, apparemment construites entre le Ve et le VIe siècle, réparties dans cinq zones de Corée du Nord. Parmi elles, les Trois Tombes de Kangso et la Tombe royale de Tongmyong, ainsi que 16 autres tombes, renferment des peintures murales.
Le royaume de Koguryo s'étant étendu de la province actuelle de Jilin, au nord-est de la Chine, jusqu'à Pyongyang, en Corée du Nord, les sites historiques des deux pays ont longtemps représenté un sujet de conflit et de revendication nationale. Les Coréens soutiennent que la documentation historique prouve que Koguryo est un royaume de l'ancienne Corée, tandis que les historiens chinois le revendiquent comme une partie de leur histoire, puisque des objets de cette culture ont été découverts en Chine, du fait de l'extension géographique de cet ancien royaume de part et d'autre des frontières actuelles. Les deux pays se sont accordés pour inscrire le patrimoine historique du royaume sur la Liste du patrimoine mondial séparément, dans la mesure où celui-ci est considéré comme « non politique ». Ils s'attachent aujourd'hui à préserver les sites concernés en les exploitant à des fins touristiques et comme source de recherches historiques.
Koguryo, qui était l'un des trois anciens royaumes de Corée, a connu 700 ans d'existence et a été dirigé par 26 rois pleins de sagesse. Tous ces souverains se sont efforcés d'améliorer le bien-être de leur peuple et de renforcer leur puissance militaire. Koguryo dut lutter contre des envahisseurs venus du Nord, si bien que son peuple, bien organisé, était entraîné à faire la guerre. Le royaume a développé une culture tout à fait unique et mis en œuvre des solutions particulièrement avancées dans les domaines éducatif, sociopolitique et militaire. Les peintures murales de Koguryo sont riches en couleurs et en nuances : les femmes dansantes, les guerriers à l'entraînement, les oiseaux dans le ciel, les dragons, les poissons des rivières, les bêtes féroces de la forêt, le vent et les nuages sont représentés de manière si naturaliste qu'ils semblent prêts à sortir de leur cadre à tout moment.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
Le royaume de Koguryo dura près de 1000 ans (de 277 av. J.-C. à 668 apr. J.-C.). Il fut fondé à Huanren, dans la province du Liaoning, en Chine, puis déplacé successivement, en l'an 3 apr. J.-C., au château de Kungnae à Ji'an, dans la province de Jilin en Chine, puis en l'an 427 sur le mont Taesong, dans la province de Pyongyang, et enfin au château de Jangan au centre de la ville actuelle de Pyongyang.
Située sur un lieu stratégique, Pyongyang, capitale de l'ancienne Corée (Kojoson), était depuis longtemps le centre culturel, économique et politique du royaume de Koguryo, ce qui motiva l'installation et le développement de la capitale dans ce lieu.
Le royaume de Koguryo étendit son territoire jusqu'à couvrir le nord-est de la Chine et la moitié de la péninsule coréenne, devenant l'un des pouvoirs les plus puissants d'Extrême-Orient. Il s'effondra en l'an 668. Les vestiges les mieux connus de ce patrimoine culturel sont constitués de milliers de tombes construites en pierre et surmontées de tertre en pierre ou en terre. Les tumuli, dont beaucoup comportent des peintures murales, se trouvèrent en plus grand nombre à Pyongyang car le royaume de Koguryo y installa sa capitale, mais ces tombes sont loin d'être absentes d'autres régions du royaume.
La plupart des tombes ont souffert de fouilles clandestines dans les mille dernières années. Très peu d'entre elles ont donc bénéficié de fouilles scientifiques avant les pillages et très peu d'ensembles d'objets complets en ont été extraits. Les tombes ont attiré l'attention internationale en 1905, pendant l'occupation japonaise, période pendant laquelle nombre d'entre elles ont été ouvertes au public. Les premières recherches scientifiques et documentaires ont été entreprises par des spécialistes japonais entre 1911 et les années 1940.
Des études, des fouilles et des travaux de documentation sont entrepris régulièrement depuis 1945.
Des actions de conservation mineures ont été réalisées au début des années 1940, telles que la restriction de l'accès à certaines tombes et la création d'entrée pour d'autres. Des travaux d'entretien, de protection et de conservation sont régulièrement entrepris depuis 1946, dans le cadre d'une législation adaptée et avec la désignation de gestionnaires de sites.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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