Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan
Brève description
La construction du système d'irrigation de Dujiangyan a commencé au IIIe siècle av. J.-C. Le système continue de réguler les eaux de la rivière Minjiang et de les distribuer sur les terres fertiles des plaines de Chengdu. Le Mont Qingcheng est le berceau du taoïsme qui est célébré par une série de temples anciens.
Justification d'inscription
Critère (ii) : Le système d’irrigation de Dujiangyan, commencé au IIe siècle avant notre ère, marque une date majeure dans le développement de la gestion et de la technologie de l’eau. Critère iv Les immenses progrès scientifiques et technologiques réalisés dans l’ancienne Chine sont concrètement illustrés par le système d’irrigation de Dujiangyan. Critère vi Les temples du Mont Qingcheng sont étroitement associés à la fondation du Taoïsme, une des religions les plus influentes de l’Asie de l’Est sur une longue période de l’histoire.
Description longue
Le système d'irrigation de Dujiangyan, dont l'aménagement a commencé au IIe siècle av. J.-C., est un point de référence majeur dans l'histoire de la gestion et de la technologie de l'eau, et remplit encore parfaitement ses fonctions aujourd'hui. Il témoigne du stade d'avancement considérable de la Chine ancienne dans le domaine de la science et de la technologie. Les temples du mont Qingcheng sont étroitement associés à la fondation du taoïsme, l'une des religions les plus importantes de l'Asie orientale pendant une très longue période de l'histoire.
En 256 av. J.-C. Li Bing, magistrat du royaume de Shu, sous la dynastie des Qin, choisit le cadre montagneux de la rivière Minjiang, abondamment approvisionnée en eau, pour établir un ambitieux système d'irrigation. Il dut à cet effet couper la plate-forme de Lidui, creusa des canaux pour éviter les risques d'inondation, ouvrit une voie de navigation et irrigua du même coup les terres agricoles voisines, créant ainsi une « terre d'abondance ».
Au cours de la dynastie des Tang (618-907), de grands projets de stockage des eaux et d'irrigation virent le jour. Ce système fut rationalisé sous la dynastie des Song (960-1279) en créant trois voies d'eau principales, trois canaux et quatorze branches, et en maîtrisant la maintenance et le contrôle de la distribution. De nouveaux projets furent réalisés plus tard, sous la dynastie des Yuan (1206-1368) et pendant tout le règne des Ming (1368-1644). Les guerres incessantes qui marquèrent la fin de la dynastie des Ming et les premières années de la dynastie des Qing (1644-1913) entraînèrent l'abandon du système, mais celui-ci put être remis en fonction par la suite.
En 142 apr. J.-C., le philosophe Zhang Ling fonda la doctrine du taoïsme sur le mont Qingcheng et fixa l'année suivante sa résidence permanente dans ce qui fut ensuite connu sous le nom de Grotte Céleste du Tianshi (le nom donné au chef spirituel de la religion taoïste). Sous la dynastie des Jin (265-420), un grand nombre de temples taoïstes furent construits sur la montagne qui devint le centre à partir duquel l'enseignement du taoïsme rayonna dans toute la Chine.
Le système d'irrigation consiste en deux éléments principaux, les déversoirs et la zone irriguée. Les déversoirs sont au centre de tout le système. L'eau, venue de la haute vallée de la Minjiang, se divise en trois secteurs principaux. L'endiguement de Yuzui se trouve au point de déversement de la Minjiang. L'eau provenant de la vallée supérieure est détournée dans les canaux externe et interne ; le premier suit le cours de la Minjiang tandis que le second coule dans la plaine de Chengdu en traversant le canal de diversion de Baopingkou. Sa fonction principale est d'évacuer la quantité considérable de vase charriée par la rivière. Il utilise les courbes en dirigeant l'eau de surface, qui contient peu de vase, vers le canal interne, tandis que les eaux profondes, qui en sont saturées, vont dans le canal externe.
L'écluse de Feiyashan se trouve entre l'extrémité inférieure de l'endiguement de Yuzui et la digue en V. Son extrémité supérieure est à 710 m de l'endiguement et à 120 m du canal de diversion de Baopingkou. La fonction principale de l'écluse est de transférer le trop-plein, avec sa vase et ses galets, du canal interne au canal externe. Lorsque le flux d'eau dirigé vers le canal interne est bas, l'écluse cesse de fonctionner comme un drain et dirige l'eau vers les déversoirs pour assurer l'approvisionnement en eau des plaines de Chengdu. Le canal de diversion de Baopingkou se trouve entre la plate-forme de Lidui au sud de la ville de Dujiangyan et la falaise qui lui fait face. Cet énorme projet d'ingénierie, qui remonte à la première phase du système d'irrigation du IIIe siècle av. J.-C., permet de contrôler et de maintenir un flux d'eau susceptible d'irriguer automatiquement les plaines de Chengdu, même au cours des périodes de sécheresse ou d'inondation.
Le mont Qingcheng domine les plaines de Chengdu. Il renferme onze temples particulièrement importants dans le domaine de l'architecture taoïste ; en effet, à la différence des temples du mont Wudang, ceux-ci ne reproduisent pas des constructions de la Cour impériale, mais s'inspirent de l'architecture traditionnelle de l'ouest du Sichuan. Le temple Erwang, à l'ouest de la ville de Dujiangyan, a été considérablement agrandi sous le règne des Song (960-1279) et pratiquement reconstruit au cours du XVIIe siècle. Édifié en bois, il s'élève en un point dominant de la colline, en direction de la rivière. Les reliefs sculptés à l'intérieur du temple racontent l'histoire et les étapes de la réalisation du complexe hydraulique.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
- Le système d'irrigation de Dujiangyan
En 256 avant notre ère, Li Bing, magistrat du royaume de Chu sous la dynastie Qin, choisit l'embouchure montagneuse de la rivière Minjiang, aux flots abondants, comme site d'un système d'irrigation. Il fallut pour cela couper la plate-forme Lidui, creuser des canaux pour éviter les risques d'inondation, et ouvrir une voie de navigation, ce qui permettrait également d'irriguer les terres avoisinantes, créant une « terre d'abondance ». Ces travaux furent agrandis en 141 avant J.-C. par le magistrat Wen Weng.
Sous la dynastie Tang (618-907), des projets de conservation de l'eau et d'irrigation à grande échelle furent réalisés, dont les endiguements de Baizhang, de Mizao et de Tongji, et le bassin de Wansui, qui fournit à la plaine de Chengdu un réseau de déversoirs et de canaux.
Le système fut rationalisé sous la dynastie Song (960-1279) en trois principaux cours d'eau, trois canaux et quatorze branches, avec un programme coordonné de maintenance et de contrôle de l'eau. Le système fut encore étendu et des travaux supplémentaires réalisés (les endiguements de Sili et de Shabo), irriguant douze comtés.
D'importants travaux expérimentaux eurent ensuite lieu sous la dynastie Yuan (1206-1368) : en particulier, des barres de fer vinrent renforcer les endiguements. Des projets de construction supplémentaires furent aussi réalisés et ce processus suivit son cours pendant toute la dynastie Ming (1368-1644), parallèlement à l'introduction d'un nouveau régime de contrôle.
Les guerres incessantes à la fin de la dynastie Ming et dans les premières années de la dynastie Qing (1644-1913) entraînèrent la dégradation du système, mais il fut finalement réparé. En effet, les habitants locaux s'impliquèrent dans de vastes projets de réhabilitation et de réparation, et la zone irriguée fut élargie à quelques 180 000 hectares. Depuis cette époque, le système a été soigneusement entretenu et progressivement agrandi : il couvre aujourd'hui 668 700 hectares, répartis sur 34 comtés. Le système d'origine a été préservé, mais des matériaux et des technologies de construction modernes ont été utilisés pour rendre ce système ancien conforme aux exigences contemporaines.
- Mont Qingcheng
En l'an 142 de notre ère, le philosophe Zhang Ling fonda le taoïsme sur le mont Qingcheng et, l'année suivante, élisait définitivement résidence sur ce qui devait devenir la Grotte Céleste du Tianshi (nom donné au chef spirituel de la religion taoïste). Sous la dynastie Jin (265-420), plusieurs temples taoïstes furent construits sur la montagne, qui devint un centre de diffusion des enseignements taoïstes aux quatre coins de la Chine. Sous la dynastie Tang, les œuvres de Du Guangting, l'une des figures majeures de la pensée et de la science chinoise, y furent rassemblées sous le nom d'Écritures taoïstes.
La période trouble que connurent la fin de la dynastie Ming et l'avènement de la dynastie Qing, au XVIIe siècle, vit les érudits et les disciples du taoïsme venir de toute la Chine pour converger vers Qingcheng. Par la suite, la montagne sacrée reprit son rôle de centre intellectuel et spirituel du taoïsme, qu'elle conserve encore à ce jour.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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