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Décisions du Comité

CONF 204 IV.A.3

Parc national de la Garamba; Parc national de Kahuzi-Biega; Réserve de faune à okapis; Parc national des Virunga (République démocratique du Congo (RDC))

Le Comité et le Bureau se sont déclarés sérieusement préoccupés de l’état de conservation de ces quatre sites lors de leurs sessions annuelles car l’Est du pays est de plus en plus déchiré par la guerre depuis 1994. Les espoirs de paix au second semestre 1998 ont été de courte durée et de nouveaux combats ont éclaté dans tout l’est de la RDC.

Le Bureau a rappelé que le Comité, à sa dernière session (Kyoto, 1998) avait demandé au Centre et à l’UICN de consulter l'ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature) et des ONG internationales de conservation afin d'évaluer le coût du paiement d'indemnités au personnel du Parc des Virunga en tant que mesure transitoire et de présenter une proposition de demande d'assistance d'urgence pour examen par la vingt-troisième session du Bureau. L’UICN avait informé le Comité que l’Est de la RDC était en majorité contrôlé par les forces rebelles. Le Comité avait suggéré que le Centre et l'UICN informent les ONG nationales et internationales de ses préoccupations concernant l'état de conservation de ces quatre sites et les incite à informer le grand public, ainsi que des groupes choisis tels que les militaires, des sujets de préoccupation du Comité.

Le Bureau a été informé qu’un représentant de la Fédération internationale pour la préservation des rhinocéros (IRF) avait visité la Garamba du 27 février au 5 mars 1999 et avait appris que les gardes résidents semblaient entretenir des relations de travail avec les forces rebelles qui contrôlent la région. D’importantes menaces de braconnage se généralisent dans la région. Malgré le manque de carburant, de véhicules, d’équipement de communication et de munitions et en dépit de la situation à haut risque, les gardes résidents surveillent la zone dans la mesure du possible.

Le Bureau a été informé des résultats d’un séminaire, tenu à Naivasha, Kenya, du 12 au 16 avril 1999 et auquel ont participé l’ICCN, des ONG concernées (par exemple l’IRF, la Willdlife Conservation Society (WCS), le Programme international de conservation des gorilles (IGCP), Le Diane Fossey Gorilla Fund for Europe, Gilman International Conservation et le WWF), la GTZ (Coopération technique allemande), l’UNESCO et des représentants du personnel de chaque site pour discuter des futures mesures qui pourraient être prises pour la conservation des quatre sites. Le séminaire est parvenu aux principales conclusions suivantes :

(i)         les populations de toutes les espèces les plus spectaculaires, dont le gorille, l’éléphant, le rhinocéros blanc du Nord et l’okapi sont menacées ;

(ii)       le Kahuzi Biega et les Virunga ont subi une importante déforestation ;

(iii)      l’équipement de terrain a été pillé et l’équipement disponible est soit inadapté soit en mauvais état ;

(iv)      la Réserve de faune à okapis et le Kahuzi-Biega sont confrontés à des menaces d'exploitation minière illégale ;

(v)       l'absence de respect de la législation en matière de conservation est généralisée et menace l'intégrité des quatre sites ainsi que la vie des membres du personnel qui ont choisi de continuer à effectuer leurs tâches ; et

(vi)      il est très important d'utiliser une double approche centrée sur les mesures diplomatiques et politiques d’une part et, d’autre part, sur un appui direct pour favoriser la réalisation de mesures de conservation par le personnel résidant sur les sites, si l'on veut assurer la survie des sites jusqu'à une normalisation des conditions de paix et de sécurité dans les régions de l'Est de la RDC. Le rapport du séminaire de Naivasha comprend des évaluations de l'appui financier nécessaire pour assurer les salaires, les allocations et l'équipement du personnel qui réside dans les quatre sites.

Le séminaire a abouti à la création d'une équipe spéciale comprenant le consortium des ONG, l'ICCN et la GTZ. Les membres de cette équipe spéciale prennent actuellement contact avec différents bailleurs de fonds afin de réunir les sommes nécessaires pour payer les salaires et les allocations du personnel et fournir l'équipement de base pour permettre au personnel d'exercer son travail quotidien. L’équipe met actuellement au point un concept de projet.

Le directeur général de l'ICCN s'est adressé au Bureau au nom du groupe de travail et il a demandé l'assistance du Bureau et du Comité pour la conservation des quatre sites. L’observateur de la RDC a fait remarquer que son gouvernement maintient son engagement en faveur de la protection de tous les sites du patrimoine mondial de la RDC. Il a informé le Bureau qu'en confirmation de son engagement envers la Convention, son gouvernement avait décidé de payer ses cotisations au Fonds du patrimoine mondial pour les années 1996, 1997 et 1998 malgré les conditions économiques et politiques difficiles qui prévalent dans son pays.

Le Bureau a demandé au Centre et à l'UICN de :

  • fournir leur appui au processus instauré par l’équipe spéciale pour épauler la conservation des sites du patrimoine mondial de la RDC ;
  • coopérer avec des organisations internationales compétentes, par exemple le Réseau de coordonnateurs résidents des Nations Unies, des pays donateurs importants, etc., et de faire appel à des personnalités marquantes, dont le Président du Comité et le Directeur général de l’UNESCO, pour leur demander d'intervenir sur la scène diplomatique et politique aux niveaux international, régional, national et local, afin d'attirer l'attention sur la nécessité de respecter le statut de patrimoine mondial des quatre sites et créer un environnement permettant à l'ICCN ainsi qu'à son personnel résident de prendre les mesures de conservation nécessaires ;
  • coopérer avec l’équipe spéciale afin de prendre contact avec des fondations privées, des organisations et des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux afin de mettre au point un forfait d'assistance internationale directement ciblé sur la subsistance, l'équipement et autres besoins essentiels du personnel résident, permettant à ce personnel d'exercer efficacement ses tâches et ses responsabilités ; et
  • travailler en concertation avec les membres de l’équipe spéciale qui ont assisté à la session du Bureau pour préparer un forfait d'assistance d'urgence et technique afin de fournir un appui du Fonds du patrimoine mondial au personnel des quatre sites, appui que le Bureau pourrait étudier au titre du point de l'ordre du jour sur l'assistance internationale (point 7 de l'ordre du jour provisoire de la vingt-troisième session du Bureau).

Le Bureau a convenu avec l'UICN qu'il fallait faire des efforts particuliers pour assurer la conservation des quatre sites situés dans une zone de conflit armé intense. De plus, le Bureau s'est rallié à la position de l'UICN suivant laquelle des interventions couronnées de succès pour protéger ces quatre sites pourraient constituer d'importantes leçons qui pourraient être applicables ailleurs dans le monde pour la protection de sites du patrimoine mondial en cas de conflit armé. Le Bureau a recommandé que le Comité maintienne l'ensemble des quatre sites sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Le Bureau a également rappelé que les deux véhicules 4x4 achetés en 1998 pour le Kahuzi-Biega et la Garamba sont toujours stockés au Kenya car ils n'ont pu être livrés aux sites en raison de la guerre permanente dans les régions de l'Est de la RDC. Le Bureau a été informé qu'un Etat partie voisin (la République Unie de Tanzanie) a demandé une assistance financière pour l'achat de deux véhicules afin de renforcer la protection de deux de ses sites du patrimoine mondial. Le Bureau a recommandé que le Centre et l'UICN discutent de cette question avec les représentants de l'ICCN et de l’équipe spéciale afin de transférer sur les sites de Tanzanie les deux véhicules actuellement stockés au Kenya et soumettre une proposition pour effectuer ce transfert pour étude par le Bureau au point de l'ordre du jour traitant de l'assistance internationale.