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Décisions du Comité

36 COM 8B.10

Biens Naturels - Ghâts occidentaux (Inde)

Le Comité du patrimoine mondial,

1.    Ayant examiné les documents WHC-12/36.COM/8B et WHC-12/36.COM/INF.8B2,

2.    Inscrit les Ghâts occidentaux, Inde, sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (ix) et (x) ;

3.    Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle provisoire suivante :

Brève synthèse

Les Ghâts occidentaux sont reconnus au plan international comme une région d’une immense importance globale pour la conservation de la diversité biologique, mais ils contiennent aussi des zones de hautes valeurs géologiques, culturelles et esthétiques. Cette chaîne montagneuse s’élève parallèlement au littoral occidental de l’Inde, à 30-50 km à l’intérieur des terres, à travers les États du Kerala, du Tamil Nadu, du Karnataka, de Goa, du Maharashtra et du Gujarat. Elle couvre une superficie de 140 000 km² sur une longueur de 1 600 km qui n’est interrompue que par les 30 kilomètres du Palghat Gap à environ 11°N.

Plus anciens que la grande chaîne himalayenne, les Ghâts occidentaux de l’Inde présentent des caractéristiques géomorphiques d’une immense importance globale. Les valeurs universelles exceptionnelles des Ghâts occidentaux se manifestent à travers l’influence unique et fascinante de la région sur les processus biophysique et écologique à grande échelle dans l’ensemble de la péninsule indienne. Les hautes montagnes des Ghâts occidentaux et leurs écosystèmes forestiers caractéristiques influencent les conditions météorologiques de la mousson indienne qui expliquent le climat tropical chaud de la région, en offrant l’un des meilleurs exemples du système de mousson tropical de la planète. Les Ghâts constituent une barrière formidable en interceptant les vents de mousson chargés de pluie qui balayent le sud-ouest à la fin de l’été. Les Ghâts occidentaux se distinguent notamment par leur taux exceptionnellement élevé de diversité biologique et d’endémisme. Cette chaîne de montagnes est reconnue comme l’un des huit points chauds ‘les plus chauds’ de la diversité biologique avec Sri Lanka.

Les forêts des Ghâts occidentaux comptent quelques-unes des forêts tropicales sempervirentes non équatoriales les plus représentatives au monde. Au moins 325 espèces globalement menacées (Liste rouge de l’UICN) se trouvent dans les Ghâts occidentaux. La flore et la faune globalement menacées des Ghâts occidentaux sont représentées par 229 espèces de plantes, 31 espèces de mammifères, 15 espèces d’oiseaux, 43 espèces d’amphibiens, 5 espèces de reptiles et 1 espèce de poisson. Au total, sur les 325 espèces globalement menacées des Ghâts occidentaux, 129 sont classées dans la catégorie Vulnérable, 145 En danger et 51 En danger critique d’extinction.

Critère (ix) : La région des Ghâts occidentaux démontre une spéciation liée premièrement à la rupture de l’ancienne masse continentale du Gondwana au début de la période du Jurassique ; deuxièmement à la formation de l’Inde en tant que masse continentale isolée et troisièmement à la poussée de la masse continentale de l’Inde contre l’Eurasie. Avec des conditions météorologiques favorables et le gradient présent élevé dans les Ghâts, la spéciation a été marquée. Les Ghâts occidentaux est un “écotone évolutionnaire” illustrant les hypothèses de vicariance et de dispersion des espèces “hors d’Afrique” et “hors d’Asie”.

Critère (x) : Les Ghâts occidentaux abritent des niveaux exceptionnels de diversité et d’endémisme des plantes et des animaux pour une zone continentale. En particulier, le taux d’endémisme pour certaines des 4 000 à 5 000 espèces de plantes recensées dans les Ghâts est extrêmement élevé : sur près de 650 espèces d’arbres des Ghâts occidentaux, 352 (54 %) sont endémiques. La diversité animale est également exceptionnelle, avec des amphibiens (jusqu’à 179 espèces, 65 % endémiques), des reptiles (157 espèces, 62 % endémiques) et des poissons (219 espèces, 53 % endémiques). La biodiversité des invertébrés, autrefois mieux connue, est probablement également très élevée (avec environ 80 % des cicindèles endémiques). Plusieurs mammifères emblématiques se trouvent dans le bien, y compris une partie de la plus grande population d’espèces emblématiques menacées au plan mondial comme l’éléphant d’Asie, le gaur et le tigre. Certaines espèces en danger telles que le macaque à queue de lion, le tahr du Nilgiri et le semnopithèque du Nilgiri sont uniques dans la région. Le bien est également vital pour la conservation de plusieurs habitats menacés tels que les prairies de fleurs sauvages uniques qui fleurissent massivement en saison, les forêts Shola et les marécages Myristica.

Intégrité

Les 39 composantes de ce bien en série bénéficient d’un certain nombre de régimes de protection sous forme de réserves de tigres, parcs nationaux, sanctuaires de faune sauvage et réserves forestières. Tous les éléments appartiennent à l’État et sont soumis à une protection stricte relevant de lois telles que la loi (protection) de 1972  sur les espèces sauvages, la loi indienne de 1927 sur les forêts et la loi de conservation des forêts (1980). Au titre de ces lois les éléments sont placés sous le contrôle du Département des forêts et du gardien-chef de la faune sauvage, de sorte que le statut juridique est adéquat. 40% du bien se trouvent en dehors du réseau officiel d’aires protégées, essentiellement dans des réserves forestières, qui sont légalement protégées et efficacement gérées. La loi de conservation des forêts (1980) offre un cadre règlementaire adéquat pour les protéger face au développement des infrastructures.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Gérer de manière intégrée 39 composantes réparties entre quatre États est un défi pour lequel une structure de gestion à trois niveaux sera mis en place, qui fonctionnerait aux niveaux national, de l’État et du site afin d’assurer une coordination et une supervision effectives des 39 composantes. Un comité de gestion du patrimoine naturel des Ghâts occidentaux (WGNHMC) constitué sous les auspices du Ministère de l’Environnement des Forêts (MoEF) du Gouvernement de l’Inde, pour traiter des questions de coordination et d’intégration, est déjà opérationnel. Les 39 composantes, dans les 7 sous-groupes, sont gérées dans le cadre de plans de gestion/travail spécifiques dûment approuvés par le gouvernement national/de l’État.

4.    Félicite l’État partie pour ses efforts continus et sa réactivité pour améliorer la protection et la gestion du bien et garantir une coordination plus intense et plus efficace et les mécanismes de supervision ;

5.    Demande à l’État partie de :

a)   tenir compte des résultats d’études scientifiques de l’ensemble des instituts spécialisés sur le terrain dans ce domaine, et de leurs recommandations,

b)   garantir la gestion proactive du tourisme pour anticiper l’augmentation future du nombre de visiteurs et veiller à ce que celui-ci ne dépasse pas la capacité du bien,

c)   garantir que tout projet de développement d’infrastructure fasse l’objet d’études d’impact préalables rigoureuses pour déterminer s’il est adapté, y compris par le biais d’un rapport au Comité du patrimoine mondial conformément au paragraphe 172 des Orientations de la Convention du patrimoine mondial,

d)   améliorer la coordination et l’intégration entre les composantes du bien, en particulier par la préparation et la mise en œuvre d’un plan de gestion ou d’un cadre global pour le bien en série dans son ensemble.

Thèmes : Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial, Valeur universelle exceptionnelle
Etats Parties : Inde
Session : 36COM