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Décisions du Comité

35 COM 8B.23

Biens Culturels - Villages antiques du Nord de la Syrie (République Arabe Syrienne)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-11/35.COM/8B et WHC-11/35.COM/INF.8B1,

2. Inscrit les Villages antiques du Nord de la Syrie, République Arabe Syrienne, en tant que paysage culturel sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (iii), (iv) et (v);

3. Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante:

 

Brève synthèse

Situés dans le vaste Massif calcaire, au nord-ouest de la Syrie, une quarantaine de villages antiques offrent un aperçu cohérent et d'une amplitude exceptionnelle sur les modes de vie ruraux et villageois de l'Antiquité tardive et de l'époque byzantine. Abandonnés au cours des VIIIe-Xe siècles, ils possèdent toujours une grande partie de leurs monuments et constructions d'origine, dans un remarquable état de conservation : maisons d'habitation, temples païens, églises et sanctuaires chrétiens, monuments funéraires, thermes, édifices publics, bâtiments aux fonctions économiques et artisanales, etc. C'est également une illustration exceptionnelle du développement du christianisme en Orient, au sein de communautés villageoises. Regroupés au sein de huit parcs archéologiques, l'ensemble forme une série de paysages culturels reliques uniques et exceptionnels.

Critère (iii) : Les villages antiques du Nord de la Syrie et leurs paysages reliques apportent un témoignage exceptionnel sur les modes de vie et sur les traditions culturelles des civilisations rurales qui se sont développées au Moyen-Orient, dans le cadre d'un climat méditerranéen de moyenne montagne calcaire, du Ier au VIIe siècle.

Critère (iv) : Les villages antiques du Nord de la Syrie et leurs paysages reliques apportent un témoignage exceptionnel tant de l'architecture de la maison rurale que des constructions collectives civiles et religieuses à la fin de l'Antiquité et durant l'époque byzantine. Leur association au sein des villages et des lieux de culte forme des paysages reliques caractéristiques de la transition entre le monde antique païen et le christianisme byzantin.

Critère (v) : Les villages antiques du Nord de la Syrie et leurs paysages reliques apportent un exemple éminent d'un établissement rural durable, du Ier au VIIe siècle, basé sur une utilisation rationnelle du sol, de l'eau et de la pierre calcaire et sur la maîtrise de productions agricoles de valeur. La fonctionnalité économique de l'habitat, les techniques hydrauliques, les murets de protection et le parcellaire romain inscrits dans les paysages reliques en témoignent.

Intégrité

L'intégrité architecturale s'exprime de manière satisfaisante. Les biens ont une extension suffisante ; ils comprennent un nombre important de villages, de lieux de culte, de témoignages monumentaux et archéologiques pour exprimer convenablement la valeur universelle exceptionnelle. Le nombre et la qualité des paysages reliques est également satisfaisante et essentielle à l'expression de cette valeur. Toutefois, la tendance récente d'une réoccupation agricole du Massif calcaire pourrait affecter l'intégrité du bâti de certains villages ainsi que les paysages associés.

Authenticité

Grâce à une situation de déprise humaine millénaire, à l'absence de remploi des pierres et à l'absence de campagnes de restaurations - reconstructions au XXe siècle, les biens et leurs paysages ont gardé un haut degré d'authenticité. Toutefois, les réimplantations rurales récentes pourraient les affecter, mais une remise en culture respectueuse de l'ancien parcellaire devrait contribuer à revitaliser les paysages sans en affecter les conditions d'authenticité.

Mesures de protection et de gestion

La dynamique de la protection légale est bien orientée, notamment à la suite des décrets de création des parcs, à des fins de contrôle d'un développement agricole et urbain compatible avec les valeurs archéologiques, monumentales et paysagères des biens. Elle doit être confirmée par la révision de la Loi des antiquités, dans le sens de la protection des paysages culturels reliques.

La gestion du bien est actuellement (2010) assurée par la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM), mais de manière transitoire. La structure finale de la gestion du bien comprendra huit parcs associés à chacun des biens, deux Centre de gestion et la Maison du patrimoine pour le pilotage de l'ensemble et la coordination de la conservation, sous le contrôle de la DGAM, du ministère du Tourisme et des gouverneurs de provinces. Ces entités sont en cours d'instauration et elles sont indispensables. Elles auront pour défi, en concertation avec les municipalités, de réussir un développement économique, social et touristique compatible avec la conservation et l'expression de la valeur universelle exceptionnelle du bien.

 

4. Recommande que l'État partie prenne en considération les points suivants:

a) poursuivre et approfondir la politique de protection et de conservation des paysages culturels, notamment par la révision de la Loi sur les antiquités,

b) renforcer le nombre de gardes pour les parcs les moins bien dotés ou les plus exposés à des actions illégales,

c) confirmer que le parc n°1 (sanctuaire dédié à saint Siméon) n'est pas affecté par un projet de ligne électrique à haute tension,

d) confirmer l'interdiction totale d'un grand projet immobilier au sein du parc n°3 (site de Sinkhar),

e) confirmer que l'intégrité visuelle du parc n°5 (Jebel Zawiyé) n'est pas compromise par des projets de grandes carrières et/ou d'industries,

f) achever dans les meilleurs délais le cadastre de chacun des parcs, sous le contrôle de la DGAM,

g) maintenir, durant la période transitoire de la gestion, les prérogatives de la DGAM dans le contrôle de la préservation et de la conservation des biens,

h) accorder à la Maison du patrimoine et aux centres de gestion des parcs des ressources humaines et des moyens matériels en rapport avec les nouvelles missions de protection, de conservation et de développement économique et touristique des biens prévus par le Plan de gestion,

i) compléter le Plan de gestion et le Plan d'action par une planification des actions jugées conformes à la conservation et à l'expression de la valeur universelle exceptionnelle du bien, ainsi que d'un calendrier de leur mise en œuvre,

j) préciser les indicateurs de suivi de la conservation du bien en fonction des particularités de chaque site et en fonction de données paysagères plus approfondies;

5. Demande à l'État partie de soumettre au 1er février 2012 un rapport sur la mise en place de son nouveau système de protection et de gestion du bien pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.

Thèmes : Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial
Etats Parties : République arabe syrienne
Session : 35COM