Selon un rapport du gouvernement du Bangladesh reçu par le Centre du patrimoine mondial le 3 février 2005, plusieurs mesures ont été prises par l’Etat partie, en étroite coopération avec le Centre du patrimoine mondial, pour traiter les recommandations faites par la mission UNESCO d’octobre 2002. Elles incluent notamment :
a) La mise au point d’un inventaire de toutes les plaques en terre cuite, à terminer avant mars 2005 ;
b) La fabrication de 26 étagères pour restaurer correctement les plaques en terre cuite (la mission UNESCO a demandé des étagères « d’exposition » pour ces plaques ;
c) L’installation de panneaux sur le bien ;
d) La tenue d’un atelier à Dhaka sur l’élaboration d’une stratégie de recherche archéologique pour Paharpur, du 25 au 25 mars 2004 (un rapport sur cette activité a déjà été présenté au Comité à sa 28e session) ;
e) L’organisation d’une activité de formation sur la conservation des plaques en terre cuite, du 22 octobre au 15 novembre 2004, à l’intention du personnel technique du Département d’Archéologie. Cela s’est effectué via une demande d’activités de formation approuvée par le Comité à sa 27e session (UNESCO, 2003), d’un montant de 35.000 dollars EU. Une réunion préparatoire d’organisation de cet atelier s’est tenue à Dhaka et Paharpur du 27 septembre au 3 octobre 2004, dans le cadre de l’accord de convention France-UNESCO, qui engage le Centre du patrimoine mondial, le Bureau de l’UNESCO à Dhaka et du Département d’Archéologie, au Bangladesh ;
f) Concernant le recrutement supplémentaire d’au moins cinq Ansars (gardiens légèrement armés), le Ministère des Affaires culturelles étudie la question, qui reste à finaliser.
g) Quant à la nécessité d’étudier l’efficacité des réseaux actuels de drainage et les moyens de les moderniser, une demande de coopération technique pour une « Etude des problèmes actuels de drainage et suivi des conditions d’humidité interne du monument » pour le site de Paharpur (40.000 dollars EU) a été soumise au Comité à sa 28e session (Suzhou, 2004). Malheureusement, en raison de contraintes budgétaires, le Comité n’a pu l’approuver et a demandé à l’Etat partie de la soumettre de nouveau en 2005. C’est ce qu’ont donc fait les autorités du Bangladesh, après avoir toutefois augmenté le montant de la demande qui passe à 45.000 dollars EU, pour tenir compte des recommandations des Organisations consultatives. Cette demande sera étudiée par le Comité à sa 29e session en 2005.
Enfin, le moratoire concernant d’importants travaux de conservation au monastère de Paharpur est prolongé.
Par ailleurs, le 1er février 2005, le Centre du patrimoine mondial a reçu deux demandes d’organisation d’activités de formation en techniques de moulage pour les plaques en terre cuite et en gestion informatisée des collections. Compte tenu des ressources limitées du Fonds du patrimoine mondial, le Centre du patrimoine mondial a transmis ces demandes au gouvernement français pour financement éventuel dans le cadre de la convention France-UNESCO.
Concernant le rapport susmentionné, l’ICOMOS a constaté les importants efforts de l’Etat partie pour traiter la conservation à long terme des plaques en terre cuite. Il a toutefois observé qu’il reste à régler les questions prioritaires de sécurité du bien et d’amélioration de son drainage. L’ICOMOS est également préoccupé par les deux importantes questions associées suivantes :
Les différents rapports ne font aucune référence au renforcement du régime de gestion du bien ;
La déclaration de valeur proposée par l’Etat partie lors de la préparation du Rapport périodique pour 2003 est loin de décrire les origines de la valeur universelle exceptionnelle de ce site. Etant donné que les efforts de gestion du bien doivent porter sur le renforcement et l’assurance du respect de ces valeurs dans la prise de décisions, cette déclaration de valeur doit avoir plus de poids.
D’autre part, il faut encourager l’Etat partie à préparer et mettre en œuvre un régime de gestion pour le bien selon les valeurs reconnues par le Comité lors du classement.
En mars 2005, le Centre du patrimoine mondial a enfin reçu des informations du Ministère des Affaires culturelles du Bangladesh concernant l’installation d’un relais de téléphonie mobile près du bien du patrimoine mondial de Paharpur. Ce relais, édifié a environ 600 mètres des Ruines du Vihara bouddhique de Paharpur, est situé dans un secteur qui, selon les dispositions de gestion figurant dans le dossier original de la proposition d’inscription, aurait dû être placé sous protection spéciale (l’étendue de la zone tampon de ce bien n’a jamais été clairement définie). Le Centre du patrimoine mondial a demandé aux autorités du Bangladesh de fournir un complément d’informations sur l’impact visuel de ce relais par rapport à la valeur paysagère du bien.