Le Centre du patrimoine mondial a reçu, à la fin de l’année 2004, des informations de la part de l’Institut d’archéologie de l’University College London qui, en vertu d’une convention de coopération signée avec le Ministère de la culture marocain, collabore avec les autorités responsables du bien, dans les domaines de la recherche, de la conservation, de la présentation et de la gestion. Ces informations concernaient la mise en œuvre de vastes projets d’aménagement en bordure du bien, confirmées par le Bureau de l’UNESCO à Rabat, et suivies d’une demande des autorités marocaines pour qu’une mission soit envoyée sur le site. La mission s’est déroulée du 2 au 7 avril 2005.
Au terme de cette mission, il apparaît que le bien ne pose pas de problème de conservation sérieux, mais qu’en revanche, « plus d’entretien serait nécessaire sur l’ensemble des murs (traitement des sommets) et des pavements (désherbage) […] ainsi qu’un travail de conservation plus régulier sur les mosaïques (consolidation ponctuelle, désherbage et traitement des algues, des champignons et des lichens) ».
L’actuel projet d’aménagement, portant sur l’accueil des visiteurs et l’infrastructure administrative et scientifique du bien, initié par le Ministère de la Culture en raison de l’état de délabrement des bâtiments existants, peut se résumer comme suit :
· Démolition de tous les bâtiments existants ;
· Construction, à l’intérieur de l’enceinte, de nouvelles structures qui ne fassent pas obstacle à la vue du site depuis l’extérieur ;
· Affectation de ces structures : maison du conservateur, locaux de l’administration, logement pour les archéologues en mission, réserves et laboratoire de restauration; et zone d’accueil (billetterie, boutique souvenirs, sanitaires, et cafétéria) ;
· Création d’un musée de site ;
· Création d’un théâtre pour le festival de Volubilis.
Tout en appréciant la qualité du langage architectural adopté par l’équipe chargée du projet, ainsi que les efforts d’intégration maximale dans le paysage, la mission a néanmoins souligné certains problèmes, nécessitant une révision du projet :
« La construction d’un théâtre ou d’une scène fixe à l’intérieur de l’enceinte doit être absolument évitée, d’autant plus qu’une telle structure ne serait employée que lors du festival, une semaine par an. Dans l’hypothèse d’un simple traitement du terrain en forme de gradins aptes à recevoir des sièges temporaires, il faut prendre soin à ne pas choisir une forme semi-circulaire qui évoquerait un théâtre ancien dans un endroit où il n’existait pas et dans un site où aucune structure de ce genre n’a été identifiée. […]
La construction de l’aile droite du bâtiment proposé pose des problèmes importants du point de vue de l’impact physique et visuel sur le bien. L’espace prévu pour la salle d’exposition paraît à la fois trop réduit pour un vrai musée de site et trop important pour une simple salle d’introduction aux vestiges archéologiques dont la réalisation ne semble pas justifier un bâtiment d’une telle envergure. L’idée même d’un musée de site devrait être reconsidérée à la lumière d’une analyse détaillée des objets dont on prévoit l’exposition. […]
La construction de l’aile gauche du bâtiment proposé semble répondre à des besoins incontournables de gestion du site et peut être envisagée. On suggère néanmoins de modifier le projet de manière à diminuer la profondeur du terrassement nécessaire, même si cela comporte une légère saillie de la structure par rapport au niveau du terrain. […]
La construction des locaux d’accueil (billetterie, toilettes, bar, restaurant) n’est pas une exigence immédiate car ces locaux existent déjà ; si l’on préfère quand même s’orienter vers le remplacement de la structure existante – jugée instable ou esthétiquement insatisfaisante – il serait désirable de garder l’emplacement actuel et, en tous cas, il faudrait éviter d’affecter la pente naturelle vers le wadi que l’on traverse pour se rendre dans la zone des vestiges. […]
Si la création d’une salle d’introduction est jugée indispensable, on recommande qu’elle soit conçue de manière à ne pas représenter une entrée obligatoire du site, mais plutôt un point d’information dans lequel, avant ou après la visite, on puisse mieux comprendre le site archéologique; et sans que cela constitue une interruption dans le parcours d’approche au bien et une fracture dans son intégrité ».
Par ailleurs, la mission de 2003 avait souligné l’importance du paysage environnant le site archéologique, reconnu depuis longtemps comme étroitement associé à l'histoire et à la vie de la cité antique. Pour garantir la sauvegarde de ce lieu exceptionnel face aux pressions liées au développement, tout en reconnaissant l'indissociabilité culturelle du paysage agricole et du site archéologique, la mission avait recommandé d'envisager l'élargissement du périmètre de classement du site pour y inclure son paysage. Cette démarche pourrait s’inscrire utilement dans le processus de préparation d'un plan de gestion, qui devrait alors comprendre une étude détaillée des abords paysagers du site et des provisions pour sa gestion et sa préservation.