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Les Tunnels ferroviaires de Njock

Date de soumission : 02/02/2018
Critères: (iv)(vi)
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Ministère des Arts et de la Culture
État, province ou région :
Centre, Département, Nyong et Kéllé
Coordonnées E 010° 54’ 52.1’’ ; N 03° 34’ 24.4’’
Ref.: 6327
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les États parties les ont soumis.

Description

Les Tunnels ferroviaires de NJOCK sont situés dans le village de MINLOH MALOUME (chefferie du village MINLOH) dans la grande forêt du département du Nyong et Kéllé, région du Centre, plus précisément à 15 kilomètres de la ville d’ESEKA sur le tronçon ESEKA-MAKAK. Ce site est un ensemble de trois (03) tunnels réalisés à mains d'hommes dans un massif de rocher (Liaa). Les Allemands avaient construit le chemin de fer du Cameroun jusqu’au village NJOCK jusqu’à la fin de la première guerre mondiale. Après la défaite de l’Allemagne lors de la première guerre mondiale, la France qui hérite du Cameroun va prolonger le chemin de fer jusqu’à la ville de Yaoundé. Il est important de mentionner que la réalisation de ces tunnels a été une tâche herculéenne en ceci qu’elle nécessitait une main d’œuvre abondante. Les populations avaient été mises à contribution, selon les termes officiels, pour payer par des travaux gratuits et forcés un impôt à la valorisation des territoires.  Lors du lancement des travaux, MBILLA, le chef supérieur de la région, était parmi les principaux pourvoyeurs de main d’œuvre : d’où le nom de Mbilla Liaa. (La grotte de Mbilla).

Par la suite, l’administration française avait élargi son espace de recrutement au-delà des limites de la chefferie de ce chef. Le caractère contraignant et pénible de ce travail nécessitait une main d’œuvre abondante constituée des jeunes forts et robustes. Cette œuvre titanesque reste aujourd’hui le témoignage éloquent des travaux forcés au Cameroun. Depuis les évènements tragiques de cette sombre époque, la mémoire collective conserve le souvenir de cette période tragique et dramatique au-delà de NJOCK. De nombreuses langues camerounaises ont intégré ce terme pour signifier tâches et travaux difficiles: le bilan était lourd. Les morts se sont parfois comptés par centaines et milliers.

Justification de la Valeur Universelle Exceptionnelle

Les Tunnels de NJOCK ont été construits pendant la période des travaux forcés au Cameroun, ils ont été creusés et aménagés dans la roche de sorte à permettre le passage des rails pour les trains. Ces édifices sont un témoignage éloquent de ces travaux forcés : un système esclavagiste organisé sur le territoire. Ces constructions ont fait partie des grands travaux entrepris pour l’exploitation économique du Cameroun. Ils offrent donc un exemple d’ensemble architectural qui illustre cette période des travaux forcés.

Critère (iv) : Les Tunnels de NJOCK ont été construits pendant la période des travaux forcés au Cameroun, ils ont été creusés et aménagés dans la roche de sorte à permettre le passage des rails pour les trains. Ces édifices sont un témoignage éloquent des heures sombres de l’histoire du Cameroun : un système esclavagiste organisé sur le territoire. Ces constructions ont fait partie des grands travaux entrepris pour l’exploitation économique du Cameroun. Ils offrent donc un exemple d’ensemble architectural qui illustre les travaux forçat.

 Critère (vi) : Les travaux forcés ont été organisés et effectués au Cameroun. Le site de NJOCK reste l’un des plus importants qui en témoigne. Sa construction dans la pierre a été obtenue par le travail harassant, pénible et manuel des hommes. Ces tunnels sont ainsi matériellement liés à ces évènements de travaux forcés.

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

Les tunnels de NJOCK sont restés échangés depuis la période coloniale. La mémoire collective a gardé des souvenirs atroces de cette période. Celle-ci s’est transmise de générations en générations. Le terme « Njock » est intégré dans la plupart des langues nationales.

Comparaison avec d’autres biens similaires

Les Tunnels ferroviaires de NJOCK symbolisent le triomphe de l’esprit humain, de la liberté et de la démocratie sur l’oppression. Ils sont comparables à Robben Island (la prison de Mandela). La valeur symbolique de Robben Island réside dans sa sombre histoire de pénitencier et d’hôpital pour les malheureux privés de liberté parce que socialement indésirables. Cela a pris fin dans les années 1990, au moment où le régime inhumain de l’Apartheid a été rejeté par le peuple sud-africain. Les prisonniers politiques qui avaient été incarcérés sur l’île ont été libérés après de nombreuses années d’emprisonnement.