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Le Bassin du fleuve Niger (du seuil de Markala au lac Débo)

Date de soumission : 31/08/2017
Critères: (viii)(x)
Catégorie : Naturel
Soumis par :
Délégation permanente du Mali auprès de l'UNESCO
État, province ou région :
Régions de Ségou, Mopti et Tombouctou
Coordonnées N13 34 - 16 51 O2 28 -5 45
Ref.: 6271
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les États parties les ont soumis.

Description

Le Bassindu du fleuve Niger (du seuil de Markala au lac Débo) couvre une superficie de plus de 4 119 500 hectares. Riche en ressources naturelles et présentant des écosystèmes variés (lacs, plaines, forêts inondables, bourgoutières), il est la plus vaste zone humide continentale d’Afrique de l’Ouest et la seconde pour l’Afrique après le delta de l’Okavango au Botswana.

La zone constitue une importante aire de diversité biologique avec un nombre élevé d’espèces animales et de plantes aquatiques vivant dans des écosystèmes terrestres (plaines inondables) et aquatiques (2 fleuves, le Niger et le Bani ; 19 lacs). La faune est constituée des hippopotames, caïmans, lamantins, de reptiles (pythons, varans, cobras, vipères), d’amphibiens, etc.

Le Bassin du fleuve Niger est par excellence une concentration d’activités humaines : agriculture, élevage extensif, pêche, cueillette, navigation, tourisme. Plus d’un millions de personnes vivent aux dépens des ressources des différents écosystèmes. L’occupation de cette zone par une myriade de groupes (Bozos, Marka ou Nono, Bambara, Peuls) est loin d’être un phénomène fortuit. Elle a été favorisée par les conditions écologiques et les potentialités exceptionnelles : présence permanente de l’eau, riches terres convenables à la fois à la culture du riz et du mil, riches pâturages (présence du bourgou-echinocloa stagnina, favorisant l’embonpoint et la multiplication rapide du bétail) et abondantes ressources halieutiques.

Justification de la Valeur Universelle Exceptionnelle

Critère (viii) : Les conditions écologiques et les potentialités exceptionnelles naturelles du Bassin du fleuve Niger ont joué un rôle très important dans la formation des grands empires (Ghana, Mali et Songhaï), ainsi que des royaumes et états théocratiques (royaumes Bambara de Ségou, empire Peul du Macina, Empire d’El Hadj Omar Tall). En témoignent les vestiges de Sorotomo, les ruines de Do Dougou, les ruines de la Cité historique de Hamdallaye. Le Bassin a accueilli également de nombreux explorateurs avant de connaître l’assaut des conquérants coloniaux. Toutes ces données historiques et socioculturelles font du Bassin du fleuve Niger un bouillon de culture.

Les principales activités de production économique ont été favorisées par la présence de différents écosystèmes riches et abondants avec une forte capacité de production offrant des perspectives d’espoir aux populations qui y vivent.

Les principales fonctions hydrologiques du Bassin du fleuve Niger et ses affluents et défluents comprennent l’écoulement du Niger avec une phase d’épuisement de retard dans le Bassin, la rétention d’eau, la recharge de la nappe souterraine, la maîtrise des crues.

Critère (x) : Les sites écologiques du Bassin du fleuve Niger servent de lieu de concentration des oiseaux d’eau paléarctique et afro tropicaux. C’est un refuge pour de nombreux oiseaux migrateurs. Il abrite plus de 350 espèces d’oiseaux. Parmi ces oiseaux, on peut citer entre autres le canard casqué (sarkidiorimismelanotos), oie de Gambie (plectropterusgambensis), sarcelle d’été (anas guerguedula), grue couronnée (balearicapavonina), cigogne d’abdina (ciconiaabdimii), etc. Il accueille également, chaque année, plus d’un milliard d’oiseaux provenant de plus 80 pays. Il est le lieu de rassemblement pour les espèces éthiopiennes qui s’y reproduisent entre deux migrations. C’est une zone par excellence de reproduction des lamantins (trichechussenegalensus), espèces inscrites sur la Liste Rouge des espèces menacées de l’UICN.

La végétation, allant des fourrées denses à épineux constitués d’acacia seyal et acacia ataxancantha à la galerie forestière, constitue l’habitat naturel des animaux. Le site est une zone de frayère et d’élevage de plusieurs espèces de poissons identifiées dans le bassin du Niger. Les principales espèces et sous espèces de poissons rencontrées appartiennent aux genres alestes, synodontis, hydrocyon, tilapia, labo, bagrus, morymus, cithuriuns. Ces espèces de poissons sont menacées à cause de la surexploitation, la mauvaise organisation de la filière, les fluctuations des régimes hydrauliques du fleuve, etc.

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

Le Bassin du fleuve Niger est relativement bien conservé et doté d’une bonne intégrité physique. La régulation naturelle des modes de vie au sein de la biodiversité joue un grand rôle dans l’équilibre des écosystèmes du Bassin du fleuve Niger. Depuis des siècles, le Bassin du fleuve Niger a su conserver ses espèces vivantes et ses écosystèmes.

Pour renforcer ce système de régulation naturelle, le Bassin du fleuve Niger a été déclarée, en 2004, zone humide d’importance internationale en vertu de la Convention relative aux zones humides d'importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau, Ramsar, Iran, 1971. Il englobe trois (03) sites Ramsar : le lac horo (18900 ha), Séri (40000 ha), le Waladodébo (103100 ha).

Terre propice aux cultures, riche en pâturages et ressources halieutiques, le Bassin du fleuve Niger est aujourd’hui menacé par la surexploitation de ces ressources piscicoles. La mise en œuvre des projets communautaires relatifs à la conservation et la gestion concertée des ressources du Bassin du fleuve Niger est plus que jamais un impératif. 

Comparaison avec d’autres biens similaires

Le Bassin du fleuve Niger est la plus vaste plaine inondable au Mali, la plus vaste zone humide continentale d’Afrique de l’Ouest et la seconde pour l’Afrique après le delta de l’Okavango au  Botswana. Le Bassin, de par sa taille et son contenu comportant une biodiversité riche et variée avec plusieurs espèces vivantes (faune terrestre et aquatique, oiseaux, espèces végétales et microorganismes, etc.), ainsi que différents écosystèmes (terrestres, aquatiques, etc.), est sans doute un site unique au Mali.

Ses conditions écologiques et ses potentialités naturelles ont favorisé l’émergence de plusieurs activités primaires, d’une culture locale impressionnante et d’une attraction touristique tout azimut.