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Quartier de Peñarol: la Vieille Ville historique et le paysage industriel ferroviaire

Date de soumission : 07/05/2014
Critères: (ii)(iii)(iv)
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Délégation permanente de l'Uruguay auprès de l'UNESCO
Etat, province ou région :
Montevideo
Coordonnées S34 49 38 W56 12 01
Ref.: 5923
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

Le quartier historique de Peñarol, avec son paysage industriel et ferroviaire, est composé par des ensembles de bâtiments qui datent de la dernière décennie du XIX siècle, quand l’entreprise anglaise Central Uruguay Railway, y avait transféré les ateliers et la station ferroviaire qui avant se trouvaient dans le quartier de Bella Vista.

Dans l’actualité, Peñarol est toujours habité par des employés ferroviaires, entre autres.

Dans un circuit de sept blocs, fortement parsemé de parcs, sont implantés les résidences du personnel de la hiérarchie, les logements des travailleurs, un pont sur le chemin de fer, les ateliers ferroviaires (mécanique, forge, fonderie, scierie, menuiserie, atelier de peinture, l'expédition et l’imprimerie), l'immeuble de bureaux, la station de trains, un centre social (le Centre Artesano, ancienne école de métiers), une salle de théâtre et cinéma, un magasin général ou General Store, la maison du médecin et les installations dans lesquelles les Britanniques jouaient au cricket, au polo et au tennis. Il s’agit d’un total de 33.000m2 construits, dans une zone de 24 hectares.

Cette zone représente le 10 % de tous les patrons affectés comme patrimoine de Montevideo. (Monument national, figure juridique de protection maxime, loi 14.040 de 1971). Peñarol est situé à dix km du centre de Montevideo par chemin de fer, et treize km par le réseau routier, possédant une très bonne connectivité avec tous les secteurs de la ville.

Le quartier historique de Peñarol a été fondé entre 1890 et 1891, se trouvant séparé du tissu urbain de Montevideo jusqu’aux années 30.

Depuis 1891, le tempérament, le paysage, l’architecture, le transport, la vie et les horizons de ses habitants se sont déroulés autour des trains et ses ateliers, jusqu’au grand déclin de l’entreprise d’État vers 1985. 

Justification de la Valeur Universelle Exceptionelle

Le quartier de Peñarol, sa Vieille Ville historique et son paysage industriel ferroviaire, représentent une enclave d’une forme de production capitaliste industrielle inaugurée par la révolution industrielle, politique et économiquement le résultat d’une première globalisation qui a eu lieu pendant le XIX et les deux premières décades du XX siècle. Dans cette époque les capitaux et les personnes circulaient par le monde avec peu de restrictions, et les entreprises plus puissantes, établies dans quelques pays seulement, surtout en Angleterre, transféraient leurs capitaux en installant des entreprises, générant un empire économique et non pas politique, comme l’a été le Britannique.

Actuellement on trouve dans le quartier, en partie habitées et en partie en fonctionnement, les constructions ferroviaires (les ateliers : mécanique, forge, fonderie, scierie, menuiserie, atelier de peinture, l’imprimerie), l'expédition, les bureaux administratifs et techniques, les logements d’ouvriers, les résidences des hiérarchies, The Trading (magasin général), la station ferroviaire, la salle de théâtre et cinéma, le Centre de l’Artisan (école des métiers et lieu de rencontre), le pont piéton sur la voie ferrée, la maison du médecin, et les entrepôts de service des champs où les Anglais jouaient au cricket, tennis et polo. Une partie des ateliers continuent à fonctionner, si bien à l’énergie électrique au lieu de vapeur. Les logements sont habités dans leur majorité par des ouvriers en activité ou retraités, et les trains de fret et de passagers s’arrêtent ou passent par la station Peñarol.

Dans les ateliers, et surtout dans l’atelier mécanique, la machinerie du XIX et de la première moitié du XX siècle est toujours en fonctionnement. On y répare des axes, des roues et des wagons de fret, et dans l’atelier historique inauguré en 1978, des locomotives. Un premier inventaire de machinerie fait en 2005, a découvert la présence de 170 pièces.

Le plus significatif est que les machines continuent à prendre de l’énergie ou du mouvement, à partir de quelques arbres de transmission, adossés à la structure de fer du bâtiment, à quelques cinq mètres de hauteur. Originairement, le mouvement des axes se devait à l’activation du volant à la vapeur, dans l’actualité c’est fait électriquement. La transmission du mouvement des axes aux machines ce fait à travers des poulies.

Cette façon de concevoir et ordonner la production des ateliers ainsi que la machinerie, a été inventée, dessinée et utilisée d’abord en Angleterre, puis transmise partout où s’est installé le capitalisme industriel. C’est la matérialisation de l’application de la vapeur aux usines, initiée dans l’industrie textile, permettant le mouvement des métiers à tisser et d’autres machines. Cette technologie s’est propagée immédiatement aux ateliers industriels, mécaniques, scieries, menuiseries, imprimeries, usines d’aliments, etc.

Le faible intérêt pour le chemin de fer en Uruguay dans les derniers vingt ans, l’oubli et la manque d’intérêt dans ce genre de biens historiques, ont une signification double et ambiguë. D’un côté, Peñarol n’a pas subi le démantèlement et postérieur écroulement propre des espaces industriels qui ont suivi l’évolution technologique, ayant permis la préservation d’un grand nombre de biens originaux. Malheureusement, puisque le regard patrimonial s’est activé seulement il y a six ans, on est arrivé en retard pour la préservation de certains biens comme les chaudières à vapeur de l’atelier principal, qui ont été mises à la casse au kilo, ou bien le grand four de fonderie qui a eu le même destin, ainsi qu’une quantité incalculable d’outils et du matériel rodent ferroviaire.

Critère (ii) : Le quartier historique de Peñarol a été fondé entre 1890 et 1891, se trouvant séparé du tissu urbain de Montevideo jusqu’aux années 30. L'arrivée du chemin de fer, des magasins et de la gare, et d’autres services, a signifié un nouveau début pour un milieu rural comme l´était Peñarol, qui existait sous ce nom déjà depuis la fin du XVIIIe siècle, quand Juan Crossa Baptiste, provenant du Piémont, y avait installé une épicerie.

Depuis 1891, le tempérament, le paysage, l’architecture, le transport, la vie et les horizons de ses habitants se sont déroulés autour des trains et ses ateliers, jusqu’au grand déclin de l’entreprise d’État vers 1985.

Caractéristiques:

Concernant l’architecture

- L'atelier est une œuvre de génie qui domine le paysage central de l'urbanisation de Peñarol, avec des murs en briques et des toits avec des profils en dents de scie. Le total est de 22.500 m2 (plus 6170 m2 construits dans les années 70). Les entrepôts et leurs voies de service occupent une superficie de 14 hectares. Au sein de ses derniers, le bâtiment de bureaux est une construction solide et fonctionnelle, avec une affectation importante d'espace pour les affaires techniques, d'ingénierie et de design.

- La Gare répond à l’esthétique particulière du chemin de fer pittoresque anglais, avec des évocations de construction rurale. Elle est construite dans un tracé de 0,6 hectares et a été l'espace central d’usage public dans le quartier, et continue à l’être. Le bâtiment de la station totalise 242 m2 construits.

Les logements

- Les logements du personnel de la hiérarchie répondent à une typologie propre de l'éclectisme pittoresque victorien modéré, où prédominent l'austérité et la robustesse, et la qualité des matériaux employés. Deux d'entre eux ressemblent à des maisons de vacances “Country”, ou des maisons de quartier jardin. Les maisons, dont on compte huit, sont organisées dans des blocs et peuvent atteindre 2850 m2 construits. Elles occupent une superficie de 1,7 ha, se trouvant sur Avenida Sayago, la troisième avenue en importance du quartier.

- Le logement du personnel ouvrier répond à un genre de construction d’héritage italien, fonctionnel, austère et de haute qualité, ressemblant à des constructions similaires édifiées pour les travailleurs ailleurs en Uruguay. Les maisons incluent une ventilation ouvrant sur toutes les chambres et la cour intérieure à l’arrière-plan. Elles sont situées dans deux blocs parallèles et perpendiculaires à l'atelier. La rue centrale -Rivarola –donne sur l’entrée historique de l'atelier. Les logements adossés, formant ces deux blocs compacts, occupent un total de 5700m2 construits.

- Quant aux autres biens, il s’agit de constructions avec une destination fonctionnelle: le pont - 258 m2 ; The Trading - 320 m2 ; le théâtre-cinéma 580 m2 ; ainsi que le Centre des Artésans (initialement école de métiers et lieu de rencontre sociale, où est né le Club Atlétique Peñarol), 894 m2. Leur mise en œuvre a répondu aux besoins d'un endroit qui n’était qu’un champ lorsque l'entreprise ferroviaire s’y est installée. D’un caractère également très austère, industriel et résistant, ces constructions se trouvent autour de l'atelier, à une distance de 100 m. Au total, elles occupent une zone de 1,8 ha.

Les bâtiments dans le quartier historique Peñarol totalisent 33.800 m2.

Leurs sites occupent une superficie de 24.1 hectares.

Dans l’actualité, il existe un circuit, passable à pied par des sentiers et le pont, qui permet d'itérer et arriver aux portes de chacun des biens mentionnés, dans un périmètre de sept blocs.

L'architecture a les notes dominantes suivantes: d'une part l’industrielle du XIXe siècle conçue par les ingénieurs, et d’autre part le victorien pittoresque, avec des terminaisons en brique et de l'imitation plâtre.

La vie du quartier Peñarol était organisée pendant plus d'un demi-siècle, jusqu'en 1950, autour des ateliers du rail et les trains de fret et de passagers passant par la station. Puisque la compagnie ferroviaire appartenait aux Britanniques jusqu'en 1949, il s’y produit une coexistence entre le personnel de cette origine et la population native.

Connue dans le monde est l’équipe de football Peñarol, fondée par les Anglais et les Uruguayens en 1891. En septembre 2009, le Club a été déclaré comme le meilleur de l'Amérique du Sud du XX siècle par la Fédération Internationale d’Histoire et des Statistiques du Football. Les Anglais résidant dans Peñarol et qui occupaient des postes de hiérarchie, tels que les ingénieurs, les administrateurs et d’autres, se rencontraient avec les employés locaux dans le football, le théâtre et au centre social, ainsi que dans d'autres endroits tels que l’ancien restaurant emblématique « La Primavera » qui existait depuis 1896, situé en face de la gare dans la rue de Shakespeare (c’est dans l’actualité, un bar).

Parallèlement, les Anglais continuaient à pratiquer leurs sports comme le cricket, le polo, le tennis, et ne s’intégraient pas –sauf quelques rares exceptions –à l’intense vie civique et politique qui caractérisait et continue à caractériser l’Uruguay.

Du point de vue technologique, on trouve à Peñarol:

- l’ingénierie des bâtiments industriels de la fin du XIXe siècle

- le fonctionnement à vapeur des ateliers: mécanique, forge, scierie, menuiserie, peinture et imprimerie.

C’est l’entreprise britannique qui a introduit la vie urbaine et industrielle, et c’est à elle surtout qu’on doit l’aménagement de la Vieille Ville historique, qui se maintient intacte et toujours habitée. Un détail très significatif est que toute la zone construite par les Anglais disposait de l’assainissement dès son origine; le reste de Peñarol l’a obtenu seulement en 2003, grâce aux œuvres effectuées par la Municipalité de Montevideo.

Critère (iii) : Si on partage la vision que le monde a souffert, entre les années 70 et 80, une forte crise, en passant d’une société industrielle à une société post industrielle d’information soutenue par les nouvelles technologies, Peñarol constitue un témoin de cette période tellement significative et brève dans l’histoire de l’humanité, qui a été initiée par la révolution industrielle du XVIII siècle. Ceux qui ont habité à Peñarol entre 1891 et 1980, et en partie y habitent encore, ont été conditionnés dans leurs relations, coutumes et habitudes de travail, par la révolution industrielle (voir Eric Hobsbawm, « L’ère des révolutions », et « Lettre de Nihnyh Tagil » pour le patrimoine industriel).

En même temps, l’icône technologique le plus impactant de cette révolution a été le chemin de fer, par sa popularité : le quartier de Peñarol est symbolisé par une locomotive à vapeur.

Nous observons, à Peñarol, deux aspects : le mode de vie appartenant à la révolution industrielle, et le chemin de fer. Dans sa dimension physique nous trouvons des biens immeubles comme ceux déjà décrits, ainsi que des biens meubles comme la machinerie historique de l’atelier. D’autre part, nous gardons la mémoire des personnes qui sont toujours en vie et qui connaissent les histoires qui leur ont été transmises dans la famille et les endroits publics de rencontre. Ces histoires ont été systématisées dans le livre « Barrio Peñarol, Patrimoine Industriel Ferroviaire», et sont souvent citées pendant les festivités nationales, comme par exemple le Jour du Patrimoine (premier fin de semaine d’octobre), quand l’entreprise de l’Etat ouvre les portes de l’atelier et les ouvriers racontent leurs expériences et leur savoir, en offrant une ample information du patrimoine, son contexte et origine historique.

Critère (iv) : Il s'agit d’un complexe urbain qui représente une étape majeure dans l'histoire de l'humanité et se manifeste en Uruguay. C’est la mise en œuvre d'un empire industriel dans un endroit qui jusque-là avait été une zone rurale. Un espace où coexistaient l'industrie, les maisons des gestionnaires, les maisons ouvrières, des espaces de loisirs et d’autres services nécessaires à la vie quotidienne. Il s'agit d'un exemple remarquable de « ville-usine », qui correspond à une période de l'histoire économique et sociale de l'Uruguay. Particulièrement intéressant est le dialogue entre le site industriel, les espaces urbains, les points de vue uniques qui sont générés par la présence de la voie ferrée, la gare et la place; les rues et les différents domaines du quartier qui, aménagés harmoniquement, produisent un paysage urbain caractéristique et d’une valeur exceptionnelle. Le " magasin général ", le lieu de formation professionnelle, la salle de théâtre originale, la passerelle originale avec sa structure en fer, sont tous préservés. Tous ces éléments dans leur ensemble sont témoins d’une ère industrielle qui a eu des effets de grande portée pour la vie de l’Uruguay.

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

L'authenticité architecturale de l'ensemble de l'enclave historique (ateliers, logements et d'autres) reste pratiquement intacte et se trouve dans un état structurel correct. Nous avons effectué une évaluation et les interventions ultérieures qui ont modifiés la version originale, ne sont pas significatives. Le plus important, c’est qu’elles sont dans la plupart réversibles. La raison de l'oubli, l'absence de progrès ou stagnation de l'entreprise de chemin de fer ont permis que quasi tout soit en pied, bien que comme fossilisé dans le temps. C’est cette sensation que l’on aperçoit lorsqu’on entre dans les ateliers historiques de Peñarol.

L’authenticité technologique ou de fabrication est fortement et irréversiblement dégradée en ce que concerne la vapeur: les chaudières à vapeur ont disparu ainsi que le mécanisme qui générait le mouvement original, le piston, la tige et le volant.

Dans nos plans pour l'avenir nous envisageons de fabriquer des chaudières de maçonnerie, parce que les lieux òu elles étaient implantées sont libres (et dont restent les traces). Il est possible de recréer le reste du mécanisme qui produisait le mouvement initial avec du matériel provenant des locomotives et avec quelque roue ou similaire qui se pourrait trouver ailleurs dans le monde (ou alors, le reproduire selon les dessins). Nous pensons que ne pas avoir des originaux et intervenir avec des répliques en expliquant ce qu’ils sont, présenteraient une richesse éducative qui – de ne pas exister – rendrait peu compréhensible aux visiteurs comment se passaient les choses.

L’atelier mécanique garde les axes ou barres de transmission qui fournissaient (et le font toujours) de l'électricité aux tours de mouvement et à d'autres machines, de sorte que l’ont peut voir comment fonctionnait un atelier de la révolution industrielle dans sa pleine maturité. Actuellement dans le studio de Peñarol, 42 machines bougent sous ce système, dont les axes de transmission sont activés par de grands moteurs électriques placés dans les années 50.

Heureusement, presque subrepticement, à Peñarol on trouve deux chaudières inutilisées qu’alimentaient la scierie et la menuiserie. Une bonne part du carburant provenait des déchets de bois et de copeaux. En plus, la chaudière transmettait de la chaleur au système de chauffage de l’immeuble. L’installation est presque complète, manquant le volant et aussi le reste du mécanisme qui donnait le mouvement initial aux machines de la menuiserie et de la scierie.

La scierie, la menuiserie et l'imprimerie sont en ruine, abandonnées et fortement mutilées, dont la recréation ne serait pas facile.

La scierie maintient quelques forges et des et impactant marteaux historiques qui dans l’actualité sont bougés avec de l’air comprimé (une sorte de vapeur contemporaine).

L'immeuble de bureaux est intact et conserve la plupart de l'équipement d'origine, donnant l’impression d’être congelé dans le temps.

L "expédition" a les mêmes caractéristiques et les mêmes performances qu’á la fin du XIXe siècle, avec ses boxes et le plateau central rotatif pour les locomotives qui se déplace à force humaine. Ensemble avec l’atelier mécanique, c’est le plus frappant qui existe aux yeux du visiteur contemporain.

En termes de sensibilité, des idées, de la mémoire, on peut dire que le quartier Peñarol est identifié avec une locomotive, c’est l'image et le symbole du quartier et de la révolution industrielle universelle. Le chemin de fer est l'identité du quartier du chemin de fer, même si c’est avec une vision traumatique, provoquée par la fermeture brutale et sans retour, et sans entretien officiel du rituel, la mémoire, la propriété, l'héritage des ancêtres. Tout cela à cause de la considérable diminution du système ferroviaire uruguayen dans la seconde moitié des années 80.

Peñarol possède un ensemble d’immeubles très important sur 33.000 mètres carrés construits. Tant l’extension de la zone occupée, comme les mètres carrés construits, ont en sont la preuve. Dans ce territoire sont présentes les relations sociales de production correspondantes au mode de production capitaliste de la révolution industrielle à maturité. Comme on a déjà dit, il s’agit d’une “factory town” hygiéniste come New Lanmark ou Cadbury, puisqu’il y a les ateliers, la gare, les logements, le magasin général, le lieu de la formation professionnelle, la salle de théâtre à l'origine et aprês aussi de cinéma, et un pont piétonnier avec sa structure d’acier, avec des marches et une surface de passage en bois.

Comme indiqué, beaucoup de ces actifs sont en cours d'utilisation : toutes les maisons, l'atelier historique d'environ 50%, les bureaux aussi, ainsi que la station de trains, qui dispose d'un nouveau musée et d’un projet en cours pour réhabiliter la salle de théâtre et de cinéma, et le Centre Artisan comme Centre Civique (les deux initiatives ont été transférés à la propriété municipale).

Une autre valeur essentielle à l'intégrité de Peñarol c’est qu’une partie de la population est toujours liée au rail, soit activement ou passivement. On compte six générations d’habitants à Peñarol. «Il a travaillé ou travaillait au chemin de fer » c’est une expression courante à Peñarol, constitutive de l'identité.

Comparaison avec d’autres biens similaires

Nous ne nous trouvons pas en condition de présenter une comparaison internationale très informée. Au niveau national, il n’existe aucun enclave ferroviaire aussi important dans ses dimensions matérielles (architecture, machinerie d’usines et matériel rodent, outils, documents), ainsi que en ce qui concerne les éléments appartenant à la mémoire. En plus, l’aménagement du territoire ne possède pas des problèmes relevant et les installations n’offrent pas une détérioration significative.

L’enclave du frigorifique de Fray Bentos est celle qui offre le plus de caractéristiques similaires avec Peñarol. Comme valeur différentielle, le premier compte avec les chaudières à vapeur, des machines et dynamos qui transformaient l’énergie à vapeur en électricité, toutes se trouvant dans un excellent état de conservation. Ce «bijou» du point de vue technologique impressionne par ses dimensions et sa qualité. Le paysage fluvial et le vieux quai, avec ses constructions et grues, conforme en même temps l’expérience historique et la poétique propre de n’importe quelle marine de premier ordre.

En contrepartie, nous apercevons à Peñarol une urbanisation nette, bien ordonnée et mieux conservée; avec une richesse dans la diversité de ses implantations (44 logements pour le personnel ouvrier, 8 pour le personnel de hiérarchie, le magasin, la maison du médecin, les installations de cricket, polo et tennis, le Centre Artisan (école de métiers), la salle de théâtre – cinéma, la station ferroviaire) qui lui accordent un différentiel à sa faveur, en détriment de Fray Bentos.

En Argentine on connaît des installations similaires mais plus étendues que celles de Peñarol, adaptées à la taille du Pays. Cependant, selon l’information dont nous disposons provenant de spécialistes en patrimoine, de la presse et le cinéma argentin, aucune n'est comparable à Peñarol. Leurs ateliers historiques ont été démantelés et vendus au kilo, les machines sacrifiées à des fonderies. Cependant, on peut trouver encore des quartiers ouvriers ferroviaires avec leurs services sociaux.