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Les nécropoles de Bourzanga

Date de soumission : 09/04/1996
Critères: (iii)(vi)
Catégorie : Culturel
Coordonnées Bourzanga, Département dudit / province du Bam
Ref.: 56
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Description

L'ensemble que constitue les nécropoles de Bourzanga comprend deux groupes de site appartenant chacun à un groupe de population: les nécropoles à jarre dogon et la nécropole royale à stèles kurumba.

I - Les nécropoles à jarres - cercueils dogon

Les matériels archéologiques sur les sites comprend la céramique et du matériel lithique. La céramique est la plus abondante, la plus visible et la plus présente. On distingue la céramique domestique caractérisée par la présence de fragments de cruches, de bols, de couvercles, etc. La céramique funéraire est composée de jarres funéraires plus ou moins fragmentées. L'érosion et l'action des hommes ont mis à jour deux types de jarres - cercueils à Bourzanga: les jarres-cercueils en position verticale et celles en position horizontale.

I.1) Les types de jarres - cercueils de Bourzanga

Les deux types sont en associations sur les deux nécropoles. 1.1.a) Les jarres - cercueils verticales.Elles se présentent de la façon suivante: une jarre est posée verticalement sur son fond et reçoit le corps replié sur lui-même. Une seconde jarre servant de couvercle est utilisée pour recouvrir l'ensemble. La deuxième jarre est plus grande et ses bords se retrouvent sur la panse de la jarre «réceptrice». Des moellons de latérite sont utilisés pour le blocage de la partie externe du fond de jarre principale.

I.1.b) Les cercueils - jarres horizontales

Les sépultures horizontales sont constituées de deux jarres accolées par les bords dont la principale reçoit le corps. La deuxième jarre servant de couvercle.

I.l.c) Les caractéristiques des jarres funéraires de Bourzanga. On note très souvent la combinaison de jarres ovo~des et de terrines ou de jarres sphéroides et de terrines. Les dimensions des jarres - cerc~ueils horizontales sont sensiblement égales. L’examen des fragments permet de distinguer les décors créant un effet de relief et ceux de couleur réalisés avant, pendant ou après cuisson. Les décors créant un effet de relief sont réalisés par impression ou par modelage. L'engobe et le trempage ont été les modes de production d'effets de couleur sur les poteries. Les différents procédés de décoration ont été très souvent combinés. La céramique de Bourzanga présente un décor très riche qui se traduit par une combinaison de motifs en figures géométriques plus ou moins complexes et distinctes.

I.2) L'environnement des jarres - cercueils

A Bourzanga il existe bien d'autres nécropoles à jarres ffinéraires. Ces nécropoles sont associées à d'autres vestiges archéologiques tels que les buttes anthropiques et les sites métallurgiques. Les buttes anthropiques sont des éminences relativement modestes d'une hauteur n'excédant pas 0,50 m et de forme circulaire ou ovale. Il est pour le moment diff~cile de différencier les buttes d'habitats et les buttes funéraires. Aux nécropoles et aux buttes sont associées des vestiges d'une activité métallurgique importante. On repère les sites de production métallurgique aux scories éparses, aux morceaux de tuyères et aux bases de fourneaux.

1.3) Les jarres funéraires en Afrique sub-saharienne

L'usage de la jarre dans les rites funéraires est très répandu en Afrique au sud du Sahara Le phénomène comporte des variances: - les jarres couvercles qui ont servi simplement à fermer l'ouverture de la tombe (absence à Bourzanga)- les jarres - cercueils verticales ou horizontales - les urnes cinéraires. En Afrique sub-saharienne la zone d'usage de jarres funéraires s'étend dans la bande soudano-sahélienne, du Mali au Tchad et comprend trois grands ensembles:

- le complexe de la plaine péri tchadienne.

- le complexe du delta intérieur

- et le complexe voltaique auquel appartient les nécropoles de Bourzanga. Au Burkina Faso le complexe voltaique couvre les provinces du Yatenga, du Soum, du Sanmatenga et du Bam.

1.4) Contenu des nécropoles dogon de Bourzanga Nécropole I

Elle est située à 200 m au Sud-ouest de la mission catholique et à proximité d'une concesslon. Elle est peu étendue avec environ l80 m2 de superficie, orientee est-ouest suivant sa longueur, et se présente sous la forme de butte arasée reposant sur une cuirasse latéritique. Elle est transformée en carrière de brique par la population. On a noté sur le site: - des tessons de 13 paires de jarres; - une jarre sans couvercle - une jarre à fond détruit - de gros fragments issus de la fracture de différentes jarres. L'orientation des jarres se présente comme suit: - 7 sépultures en position verticale - 8 paires de jarres-cercueils en position horizontale.

Nécropole II

Etle est située entre le lac et le village à 200 m du dispensaire. Le site est marqué par un bosquet de balanites aegyptiaca et d'autres épineux. Son étendu

est d'environ 225 m~ orientée nord-sud dans le sens de la longueur. On y a retrouvé: - 6 sépultures horizontales - 10 sépultures verticales La concentration des jarres verticales est plus lâche côté Est.

II) La Nécropole à stèles kurumba

1) Identification .La nécropole est située en hauteur par rapport au niveau général du village, sur l'une des collines de l'ère birrimienne. Elle est orientée Nord-Est-Sud-Ouest avec des dimensions de 51 m $ 53 m. Le couvert végétal se compose d'arbustes. Les vestiges funéraires rencontrées sont la céramique et le matériel lithique. La cérarnique composée de tessons des objets utilisés pour l'évacuation de la terre des fosses. Le matériel lithique comprend les moellons de latérite ayant servi à délimiter les tombes et à caler les stèles.

II.2) Caractéristiques des stèles

Les stèles sont imposantes en nombre et en taille sur le plus haut niveau de la colline; elles deviennent lâches sur la partie intermédiaire et rares et éparpillées au bas. Les stèles sont au nombre de 109, de taille, de matière et de forme variables. La plus grande a 1,51 m de hauteur. Elles sont en granite porphyroïde à gros grains sauf deux stèles qui sont en cuirasse latéritique. Les stèles de Bourzanga sont sans inscription ni représentation anthropomorphe ou zoomorphe. Elles sont en forme de dalle ou de plaque avec des épaisseurs variables de 5 à 20 cm. Les formes sont très irrégulières et vont du trapezoïdedale au quadrangulaire mais sans précision. Si elles n'ont pas été sculptées, elles ont cependant subi des aménagements pour permettre leur transport. C'est ce qui explique la présence sur certaines stèles, des traces de coups dans le but d'émousser les parties tranchantes ou pointues. Et pour des raisons esthétiques, on a poussé l'amènagement de façon à arrondir les angles et à homogénéiser les formes. Elles sont en majorité blanches mais certains ont jauni; les noires sont au nombre de quatre. Elles ont été toutes initialement dressées sans orientation précise. Elles sont plantées seules, doublées, triplées ou même quadruplées pour répondre à un besoin de résistance aux intempéries.

II.3) Utilisation de l'espace constitué par la nécropole

Dans le village comme sur la nécropole rien n'est laissé au hasard. Sur la nécropole la partie la plus élevée est réservée aux chefs, à tous ceux qui ont régné à Bourzanga. Chaque quartier a un côté de la colline où ses chefs et dignitaires sont enterrés. Il n'y a pas de délimitation visible et précise des aires.

II.4) Environnement de la nécropole

Au pied de la colline, à ses côtés Sud et Nord, sont disposées des tombes dites musulmanes qui s'orientent Nord-Sud.L'usage des stèles à Bourzanga est liée à la pratique des hypogées. Les stèles sont fixées sur des tombes de ceux qui ont droit à la "tombe royale" ou hypogée.

A Bourzanga l'hypogée est de forme quadrangulaire avec trois niveaux. Le premier constitué d'une fosse rectangulaire d'environ deux mètres de profondeur. Deux couloirs circulaires creusés sur l'une des longueurs constituent le deuxième niveau. Ces couloirs débouchent sur le troisième niveau qui est en fait la chambre mortuaire de forme rectangulaire et assez grande. Tous les notables et tous les chefs enterrés sur la colline ont bénéficié de ce type de tombe et une stèle plantée sur chaque tertre de recouvrement.

En Afrique sub-saharienne l'aire des hypogées se localise dans la savane arbustive avec de hautes herbes, des baobabs, des kapokiers, etc. (Mali, Guinée, Burkina Faso). Elle correspond à la zone comprise entre les isohyètes 600 mm et 1350 mm. Au Burkina Faso on rencontre cette pratique depuis le nord du pays jusqu'aux frontières méridionales. Elle est donc très largement répandue.