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Zone de monuments historiques de Tlacotalpan

Historic Monuments Zone of Tlacotalpan

Tlacotalpan, a Spanish colonial river port on the Gulf coast of Mexico, was founded in the mid-16th century. It has preserved its original urban fabric to a remarkable degree, with wide streets, colonnaded houses in a profusion of styles and colours, and many mature trees in the public open spaces and private gardens.

Zone de monuments historiques de Tlacotalpan

Tlacotalpan, port fluvial colonial espagnol situé sur la côte du golfe du Mexique, fut fondée au milieu du XVIe siècle et son tissu urbain d'origine est particulièrement bien conservé. Tout son caractère apparaît dans ses rues larges, aux maisons à colonnades bâties dans une exubérante diversité de styles et de couleurs, aux nombreux arbres anciens ornant les espaces publics et les jardins privés.

منطقة النصب التاريخية في تلكُتلبن

يقع مرفأ تلكُتلبن النهري الذي استعمره الأسبان، على ساحل خليج المكسيك. وقد تأسَّس في منتصف القرن السادس عشر وتمّت المحافظة بشكلٍ جيد على نسيجه المدني الأصلي. فمزاياه كلّها تظهر في الشوارع العريضة المليئة بالمنازل المؤلفة من صفّ أعمدة والتي شُيّدت في تنوّعٍ كبيرٍ من الأساليب والألوان، وبالعديد من الأشجار القديمة التي تزيّن الساحات العامة والحدائق الخاصة.

source: UNESCO/ERI

塔拉科塔潘历史遗迹区

塔拉科塔潘城建于公元16世纪中期,位于墨西哥湾沿岸,是西班牙殖民者建立的一个内河港口城市。该城古老的城市建筑得到了很好保护,我们今天仍然可以看到那里有宽阔的街道、风格色彩各异的带柱廓房屋以及公共场地和私人庭院中的参天古树。

source: UNESCO/ERI

Зона исторических памятников в городе Тлакотальпан

Тлакотальпан, испанский колониальный речной порт вблизи побережья Мексиканского залива, был основан в середине XVI в. Он сохранил в значительной степени свой оригинальный городской облик – с широкими улицами, домами, украшенными колоннами и различающимися своими стилями и окраской, и с множеством могучих деревьев, произрастающих на открытых общественных пространствах и в частных садах.

source: UNESCO/ERI

Zona de monumentos históricos de Tlacotalpán

Situada en la costa del golfo de México, la ciudad portuaria fluvial de Tlacotalpán fue fundada por los españoles a mediados del siglo XVI. Ha conservado admirablemente su tejido urbano de la época colonial con calles anchas, casas con columnatas de una gran diversidad de estilos y colores, y numerosos árboles de edad venerable que ornamentan los espacios públicos y los jardines privados.

source: UNESCO/ERI

トラコタルパンの歴史遺跡地帯

source: NFUAJ

Historische monumentenzone van Tlacotalpan

Tlacotalpan is een Spaanse koloniale rivierhaven aan de kust van de Golf van Mexico die halverwege de 16e eeuw werd opgericht. De nederzetting heeft zijn originele stedelijke karakter tot op zekere hoogte behouden, met brede straten, huizen met zuilen in een overvloed aan stijlen en kleuren, en veel volwassen bomen in openbare open ruimtes en privétuinen. Tlacotalpan heeft een dambordpatroon – een stedelijke vorm die zeldzaam is in Latijns-Amerika – en is ongeveer 1.550 meter lang en 520 meter breed. De nederzetting is verdeeld in twee verschillende sectoren: de Spaanse wijk en de inheemse wijk.

Source : unesco.nl

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Zone de monuments historiques de Tlacotalpan © Ko Hon Chiu Vincent
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Tlacotalpan, est un port fluvial colonial espagnol exceptionnellement bien conservé proche de la côte du Golfe du Mexique. Son plan urbain d’origine, en damier ou quadrillé, dessiné par les Espagnols au milieu du XVIe siècle, est préservé à un degré remarquable. Ses rues larges sont bordées de maisons à colonnade qui reflètent une tradition vernaculaire caraïbe avec leur décor exubérant et coloré. De grands arbres anciens ornent les jardins publics et privés et les espaces libres. Initialement installé par les Espagnol vers 1550, l’établissement connut son époque la plus brillante au XIXe siècle.

Le plan en damier qui subsiste est composé de 153 îlots et couvre une superficie de 75 hectares. Il est divisé en deux quartiers distincts, le plus grand à l’ouest, « espagnol », et le plus petit, à l’est, « indigène ». Le premier est dessiné autour de sept rues larges ou calles, orientées est-ouest parallèlement au fleuve Papaloapan et reliées entre elles par d’étroites allées appelées callejones. Le secteur « public », une zone de forme irrégulière située à l’intersection des deux quartiers, possède des bâtiments commerciaux et officiels ainsi que des espaces publics ouverts.

Des portiques à arcades les rues. Ces arcades sont soutenues par des piliers de formes et de styles variés, du simple poteau à la colonne cannelée avec base et chapiteau richement ornés et corniche à moulures. Tlacotalpan a conservé une densité inhabituelle de bâtiments historiques de grande qualité qui offrent une homogénéité et une harmonie architecturale. Si ce type de maison vernaculaire se retrouve sur l’ensemble de la côte du golfe du Mexique, Tlacotalpan se distingue par ses maisons à un étage qui offrent une profusion de couleurs et de détails originaux tels que les toits de tuiles en terre cuites arrondies et les cours intérieures.

Critère (ii) Le plan urbain et l’architecture de Tlacotalpan représentent une fusion des traditions espagnole et caraïbe d’une importance et d’une qualité exceptionnelles.

Critère (iv) Tlacotalpan est un port fluvial colonial espagnol proche de la côte du Golfe du Mexique qui a préservé son tissu urbain d’origine à un degré remarquable. Son caractère exceptionnel réside dans son paysage urbain aux rues larges, aux demeures modestes mais exubérantes par leur diversité de styles et de couleurs, et aux nombreux arbres anciens dans les espaces publics et privés.

Intégrité

L’intégrité de la zone historique de Tlacotalpan est garantie par la conservation du plan d’origine en damier et la relation des bâtiments et des espaces libres ornés d’arbres anciens. Un nombre important de bâtiments subsistants présentent des éléments traditionnels, dont les couleurs exubérantes et les toits de tuiles.

L’intégrité est menacée tout d’abord par des rénovations de bâtiments historiques inappropriées et par l’utilisation incompatible de terrains, en particulier le long du fleuve, qui met en péril l’intégrité de l’environnement naturel et du paysage. Les inondations continuent de poser des problèmes bien que leur fréquence et leur gravité aient été réduites par la construction d’un dispositif de drainage efficace et l’assainissement des marécages voisins. Quoi qu’il en soit, la gestion des inondations doit se poursuivre, y compris le projet Malecon et le contrôle des barrages hydrauliques. 

Authenticité

L’authenticité de Tlacotalpan repose sur la conservation de son tissu urbain qui date du XVIIe siècle, le plan des rues en damier disposées le long du fleuve, les colonnades le long des principales façades des maisons traditionnelles, qui elles aussi ont globalement conservé leur forme, leurs dimensions, leurs décors et leurs couleurs. De plus, les nombreuses maisons conservent la disposition de leur intérieur et même leur mobilier traditionnel.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le centre historique de Tlacotalpan est légalement protégé au niveau national et au niveau de l’État. En 1968, l’État de Veracruz a déclaré le site « Ville typique digne d’être conservée ». En 1986, la ville a été classée « Zone de monuments historiques » par une loi fédérale, sa gestion incombant aux organismes nationaux Institut national d’Anthropologie et d’histoire (INAH) et Institut national des Beaux-arts (INBA). Une « zone de transition » qui s’étend jusqu’à la rive opposée du fleuve Papaloapan a été définie dans le Plan de développement urbain (établi en 1985 et révisé en 1997), constituant ainsi une zone tampon au moment de l’inscription.

Un programme en cours de classification urbaine est destiné à accompagner la croissance et les améliorations de l’infrastructure urbaine tout en garantissant des méthodes de conservation appropriées. L’INAH et le Fonds national pour la Culture et les Arts (FONCA) ont contribué à l’élaboration d’un plan de gestion achevé en novembre 2007. Ce document identifie diverses actions de régénération de la ville pour améliorer l’économie par la création d’emploi et le développement du tourisme. D’autres plans concernent l’amélioration du Malecon (2010) et le projet de préparation aux risques liés aux inondations.

La mise en œuvre des programmes identifiés ci-dessus, qui garantissent la conservation, la protection et l’amélioration du site, exige une approche coordonnée impliquant la participation des autorités de la ville, de l’État et de l’INAH. 

Description longue
[Uniquement en anglais]

The urban layout and architecture of Tlacotalpan represent a fusion of Spanish and Caribbean traditions of exceptional importance and quality. It is a Spanish colonial river port on the Gulf Coast of Mexico which has preserved its original urban fabric to an exceptional degree. Its outstanding character lies in its townscape of wide streets, modest houses in an exuberant variety of styles and colours, and many mature trees in public and private open spaces.

As an interior riverine port, Tlacotalpan is a rare form of urban settlement in Latin America. It is laid out on a chequerboard pattern, covering some 1,550 m by 520 m, and is divided into two distinct sectors. The larger of these, to the west, is the 'Spanish' quarter and the smaller, to the east, is the 'native' quarter. At their junction there is an irregularly shaped 'public' sector, where public open spaces and official and commercial buildings are located. The plan of the western part is orientated on seven main streets running east-west parallel to the river, and are intersected by narrow lanes.

The ethnic origins of the pre-Hispanic people inhabiting the region to the north and north-east of Tlacotalpan are not fully understood. However, the names of the river Papaloapan (Butterfly River) and other settlements nearby are Nahuatl, which suggests that it was under Aztec domination. The present name of the town is a Spanish version of Tlaxcotaliapan ('Land between the Waters'), the name of the island where the initial settlement was established; following modification of the north bank of the river, it was joined to the mainland. The mouth of the Papaloapan River was discovered by Juan de Grijalba in 1518. Pedro de Alvarado sailed up it and in 1521 Cortés sent Gonzalo de Sandoval to find gold.

The site of Tlacotalpan formed part of an enormous grant of land made around 1550 by the Spanish King to Gaspar Rivadeneyra, on which he kept livestock. He was unable to prevent the establishment of a village of fishermen on the site of the present-day town, but he obliged them to build a chapel dedicated to La Virgen de la Candelaria.

This was a region that was slow to be colonized by the Spanish. Census returns show that there were only 12 Spaniards there in 1544 and the figure had not risen above 320 by 1777. There is less precise information on the growth of the non-Spanish population, but in 1808 there were 1,156 Indians and 1,616 pardos (mixed-race descendants of Indians and blacks). The town was largely destroyed by fire in 1698, 1788 and 1790. The roofs of the houses had to be tiled and they had to be separated by open spaces planted with trees. For those who did not possess the means for costly reconstruction in conformity with these regulations, plots were made available for purchase 'at reasonable prices' in the eastern part of the village on which they could build cottages. It was around this time, at the turn of the 18th century, that French, German and Italian immigrants settled in the area to plant and weave cotton, which was despised by the Spanish but prized by the English.

It was not until 1821 that Tlacotalpan experienced any economic expansion. It became the port for the products of Oaxaca and Puebla destined for Veracruz and beyond to New Orleans, Havana and Bordeaux. By 1855 its fleet had grown to 18 steamers and one large sailing ship, used to transport timber, tobacco, cotton, grain, sugar, brandy, leather, salt meat, crocodiles, heron feathers, furniture and soap.

The year 1849 saw the building of the Nezahuacoyotl Theatre and the Municipal Palace, the latter one of only 10 two-storeyed buildings at that time. By the opening years of the 20th century it was a thriving town with eight schools, three hotels, nine factories and 100 houses with a single storey. However, economic activities declined during the first half of the century. Its population was only a little larger from 1950 to 1980.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Les origines ethniques des peuples préhispaniques habitant la région située au nord et au nord-est de Tlacotalpan ne sont pas entièrement éclaircies. Toutefois, les noms du fleuve, Papaloapan (Fleuve des Papillons), et d'autres établissements environnants sont d'origine Nahuatl, ce qui laisse supposer qu'ils se trouvaient sous domination aztèque. Le nom actuel de la ville est une version espagnole de Tlaxcotaliapan (« Terre entre les Eaux »), du nom de l'île où s'établit le premier village avant le réaménagement de la rive nord du fleuve, époque où il est rattaché au continent.

En 1518, Juan de Grijalba découvre l'embouchure du Papaloapan, puis Pedro de Alvarado le remonte et en 1521, Cortés envoie Gonzalo de Sandoval chercher de l'or.

Vers 1550, le roi d'Espagne accorde à Gaspar Rivadeneyra un vaste territoire comprenant le site de Tlacotalpan, que ce dernier consacrera à l'élevage de bétail. S'il ne peut empêcher l'installation d'un village de pêcheurs sur le site de la ville actuelle, il oblige néanmoins les habitants à bâtir une chapelle dédiée à la Vierge de la Candelaria.

Dans la région, la colonisation espagnole progresse lentement. Les recensements comptent seulement douze colons en 1544, chiffre qui ne dépassait pas 320 en 1777. Les informations concernant la population non espagnole sont moins précises, mais en 1808, on dénombre 1156 Indiens et 1616 pardos (descendants métisses d'Indiens et de Noirs).

La ville sera largement détruite par trois incendies en 1698, 1788 et 1790, ce dernier amenant le gouvernement local à imposer des mesures qui modifieront radicalement le caractère du lieu : les maisons, qui devaient être séparées par des espaces libres plantés d'arbres, devaient recevoir des toitures de tuiles. Ceux qui n'avaient pas les moyens d'effectuer cette reconstruction coûteuse pour se conformer à la législation pouvaient acquérir des lots de terrain « à des prix raisonnables » dans l'est du village afin d'y construire de petites maisons.

C'est vers cette époque, à la fin du XVIIIe siècle, que des immigrants français, allemands et italiens s'établissent dans la région pour planter et tisser du coton, activité dédaignée par les Espagnols mais très prisée des Anglais.

Tlacotalpan ne connaît aucune expansion économique avant 1821, époque où la ville devient le port d'embarquement des marchandises provenant d'Oaxaca et de Puebla, destinées à Veracruz et, audelà, à la Nouvelle-Orléans, la Havane et Bordeaux. En 1855, sa flotte s'était étendue à dix-huit bateaux à vapeur et un grand bateau à voiles servant à transporter bois, tabac, coton, céréales, sucre, eau-devie, cuir, viande salée, crocodiles, plumes de héron, meubles et savon.

L'année 1849 voit la construction du théâtre Nezahuacoyotl et du Palais municipal, ce dernier constituant l'un des rares édifices à deux étages dans un lieu qui n'en comptait que dix à l'époque. En 1865, Tlacotalpan se voit accorder le statut de ville par le gouvernement central et d'autres édifices publics, comme l'hôpital et le nouveau marché, seront terminés au cours du siècle. Dans les premières années du XXe siècle, c'est une ville florissante comptant huit écoles, trois hôtels, neuf usines, 100 maisons à un étage, 25 à deux étages et une à trois étages, ainsi que 54 demeures plus modestes. Toutefois, pendant la première moitié du siècle, l'activité économique décline et demeure relativement stagnante jusqu'à nos jours. La population, dénombrée à 5613 personnes en 1859, n'a guère augmenté en 1950. Elle se monte aujourd'hui à 8850 personnes, niveau qu'elle occupe depuis 1980.

Malgré le déclin affiché sur le plan économique, Tlacotalpan demeure un centre culturel important. La ville se distingue notamment par les festivités dont elle honore sa sainte patronne, la Vierge de la Candelaria : si la fête officielle est fixée au 2 février, les cérémonies commencent dès la fin janvier et se poursuivent une semaine entière sous forme de danses et de spectacles divers sur les places et dans les rues.

Source : évaluation des Organisations consultatives