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Les quatre ascenseurs du canal du Centre et leur site, La Louvière et Le Roeulx (Hainaut)

The Four Lifts on the Canal du Centre and their Environs, La Louvière and Le Roeulx (Hainaut)

The four hydraulic boat-lifts on this short stretch of the historic Canal du Centre are industrial monuments of the highest quality. Together with the canal itself and its associated structures, they constitute a remarkably well-preserved and complete example of a late-19th-century industrial landscape. Of the eight hydraulic boat-lifts built at the end of the 19th and beginning of the 20th century, the only ones in the world which still exist in their original working condition are these four lifts on the Canal du Centre.

Les quatre ascenseurs du canal du Centre et leur site, La Louvière et Le Roeulx (Hainaut)

Les quatre ascenseurs hydrauliques pour bateaux, regroupés sur un court segment de l’historique canal du Centre, constituent des monuments industriels de la plus haute qualité. Avec le canal lui-même et ses structures associées, ils offrent un exemple remarquablement bien préservé et complet d’un paysage industriel de la fin du XIXe siècle. Des huit ascenseurs hydrauliques à bateaux édifiés à cette époque et au début du XXe siècle, les quatre ascenseurs du canal du Centre sont les seuls au monde subsistant dans leur état originel de fonctionnement.

المصاعد الأربعة لقناة الوسط ومحيطها، اللا لوفيير واللورو (هينولت)

تشكّل المصاعد المائية الأربعة المخصصة للسفن والمجمّعة في مساحة ضيقة من قناة الوسط التاريخية نصباً صناعية رفيعة المستوى. وهي تعطي، إلى جانب القناة والبنى المرتبطة بها، مثلاً مكتملاً ومصوناً على نحو رائع عن المنظر الصناعي الذي كان سائداً في أواخر القرن التاسع عشر. فمن أصل المصاعد المائية الثمانية المخصصة للسفن والمشيّدة بين تلك الحقبة ومطلع القرن العشرين، تُعتبر المصاعد الأربعة لقناة الوسط المصاعد الوحيدة في العالم التي لا تزال تعمل في حالتها الأصلية.

source: UNESCO/ERI

拉卢维耶尔和勒罗尔克斯中央运河上的四座船舶吊车(艾诺)

在古老的中央运河这一小段上,有四座液压船舶吊车,是终极水平的工业杰作,加上运河本身及其附属设施,构成了一幅19世纪末的工业全景图,保存十分完好。19世纪末20世纪初共有八座液压船舶吊车,但是只有在中央运河上的这四座仍然保持着原始工作形态。

source: UNESCO/ERI

Четыре судоподъемника на канале Дю-Сантр и их окружение, Ля-Лувьер и Ле-Рейкс, провинция Эно

Четыре гидравлических подъемника для судов на этом коротком участке исторического канала Дю-Сантр являются выдающимися памятниками инженерного искусства. Вместе с самим каналом и связанными с ним сооружениями они представляют cобой очень хорошо сохранившийся, уникальный пример промышленного ландшафта конца XIX в. Эти четыре подъемника, оставшиеся из восьми, построенных в конце XIX - начале XX вв. – единственные в мире, которые все еще существуют в оригинальном виде и поддерживаются в рабочем состоянии.

source: UNESCO/ERI

Los cuatro elevadores del Canal del Centro y sus alrededores, La Louvií¨re y Le Roeulx (Hainault)

Construidos en un corto tramo del histórico Canal del Centro, estos cuatro elevadores hidrí¡ulicos para embarcaciones son monumentos industriales de una calidad excepcional. Junto con el propio canal y las estructuras conexas, ofrecen un ejemplo muy completo de paisaje industrial de fines del siglo XIX en excelente estado de conservación. De los ocho elevadores de este tipo construidos en esa época y a comienzos del siglo XX, los del Canal del Centro son los únicos del mundo que se conservan en su estado de funcionamiento primigenio.

source: UNESCO/ERI

中央運河にかかる4機の水力式リフトとその周辺のラ・ルヴィエール及びル・ルー(エノー)

source: NFUAJ

Vier liften op het Canal du Centre en hun omgeving, La Louvière en Le Roeulx (Henegouwen)

De vier hydraulische scheepsliften op dit korte gedeelte van het historische Canal du Centre zijn industriële monumenten van de hoogste kwaliteit. Samen met het kanaal en de bijbehorende structuren vormen ze een opmerkelijk goed bewaard gebleven en compleet voorbeeld van een laat-19e-eeuws industrieel landschap. De liften getuigen van de opmerkelijke waterbouwontwikkelingen in die tijd en gelden als hoogtepunt van de kanalenbouwtechnologie. Van de acht hydraulische scheepsliften gebouwd aan het einde van de 19e en het begin van de 20e eeuw, zijn de vier liften op het Canal du Centre de enige ter wereld die nog bestaan in hun originele werkende staat.

Source : unesco.nl

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Les quatre ascenseurs du canal du Centre et leur site, La Louvière et Le Roeulx (Hainaut) © M & G Therin-Weise
Valeur exceptionnelle

Le Comité a décidé d'inscrire ce site sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (iii) et (iv) :

Critère (iii) : Les ascenseurs pour bateaux du Canal du Centre sont un témoignage exceptionnel des remarquables développements de l'ingénierie hydraulique du XIXe siècle en Europe.

Critère (iv) : Ces ascenseurs pour bateaux représentent l'apogée de l'application de l'ingénierie à la construction de canaux.

Description longue

Les quatre ascenseurs hydrauliques pour bateaux, regroupés sur un court segment du canal du Centre, constituent des monuments industriels du plus grand intérêt. Avec le canal lui-même et les structures qui lui sont associées, ils offrent un exemple remarquablement bien préservé et complet d'un paysage industriel lié à l'eau, de l'Europe de la fin du XIXe  siècle. Des huit ascenseurs hydrauliques à bateaux édifiés à cette époque et au début du XXe  siècle, les quatre du canal du Centre sont les seuls au monde à subsister dans leur état de fonctionnement originel.

Le Hainaut ne possède pas une large voie navigable naturelle, ce qui compliqua le transport du charbon découvert dans la région du Borinage et autour de Charleroi à la fin du XIIe  siècle, qui devait être acheminé sur de mauvaises routes. On le transportait à dos d'homme jusqu'à la sinueuse rivière de la Haine, où il était chargé sur de petits bateaux. Des travaux considérables (notamment la construction de portes d'écluse et de retenues) furent entrepris pour améliorer la navigation sur la Haine au cours des siècles qui suivirent, afin que de plus grands bateaux puissent transporter le charbon de Jemmapes à la basse Schelde OK?ou Escaut inférieur?. Avec le transfert de la région de Condé à la France, en 1655, on commença à discuter du projet de liaison de Mons à la Schelde par un canal, mais aucun progrès ne fut fait en ce sens jusqu'au début du XIXe  siècle.

Le canal Charleroi-Bruxelles fut terminé en 1832, et les segments de Houdeng et de Mariemont, qui devaient jouer un rôle important dans le développement du canal du Centre, en 1839. Un décret impérial de Napoléon Ier ordonna, en 1807, la construction d'un canal entre Mons et Condé, qui fut complété en 1818. Avec le canal de Saint-Quentin, terminé au cours de la même année, les charbonnages du Borinage étaient désormais directement reliés à Paris. Un seul élément manquait encore à ce réseau de canaux reliant la Schelde à la Meuse, le canal entre Mons et Charleroi, connu sous le nom de canal du Centre ; cette proposition avait été approuvée, en 1810, par Napoléon Ier .

Des études avaient été menées par le gouvernement belge pour surmonter deux problèmes techniques majeurs, la faible quantité d'eau disponible et l'importante dénivelée du terrain (89,46 m). Le principal problème résidait dans la partie supérieure du canal, creusé dans la vallée de la Thiriau. La dénivelée était telle dans ce secteur qu'on jugea préférable de la compenser par des ascenseurs hydrauliques plutôt que par des écluses : quatre ascenseurs du type mis au point par l'ingénieur britannique Edwin Clark devaient être suffisants, avec une différence de niveau de 15,40 m pour l'un d'entre eux, et de 16,93 m pour les trois autres. L'appel d'offre fut lancé, et la construction de l'ascenseur n° 1, situé à Houdeng-Gœgnies, fut achevé en avril 1888 ; il fut inauguré le 4 juin de cette même année par le roi des Belges, Léopold II.

L'ascenseur n° 1 (Houdeng-Gœgnies) consiste essentiellement en deux compartiments mobiles, chacun actionné par sa propre presse hydraulique ; les presses sont reliées entre elles par des tuyaux en sorte que, lorsqu'un compartiment est au niveau de l'ouverture supérieure, l'autre se trouve au niveau de l'ouverture inférieure : quand le premier descend à la suite de l'introduction d'eau depuis l'ouverture supérieure, le second s'élève ; un dispositif placé entre les deux presses commande le mouvement des compartiments.

Les ascenseurs n° 2 (Houdeng-Aimeries), n° 3 (Bracquegnies) et n° 4 (Thieu) ont été construits trente ans après l'entrée en fonction du numéro 1. Ils présentent un certain nombre de modifications apportées au dessin initial, dictées par des considérations d'ordre pratique. Toutefois, le principe opératoire demeurait le même ; les modifications ont été apportées essentiellement aux guides, aux presses hydrauliques et à leurs pistons, ainsi qu'aux écluses.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Le Hainaut ne possède pas de grande voie navigable naturelle, ce qui a rendu difficile le transport du charbon de terre découvert dans la région, dans le Borinage et aux alentours de Charleroi, à la fin du XIIe siècle, sur les routes en mauvais état de l'époque. Il était alors porté à dos d'homme jusqu'aux berges tortueuses de la Haine, avant d'être chargé dans de petites barques. Des travaux considérables furent entrepris pour améliorer la navigation sur la Haine dans les siècles qui suivirent, afin que des bateaux de plus fort tonnage puissent transporter du charbon de Jemappes à l'Escaut inférieur, notamment avec la construction d'écluses à pertuis et à vannes.

Avec la cession de Condé à la France en 1655, on commença à envisager une liaison par canal entre la région de Mons et l'Escaut, mais la situation ne connut aucun progrès avant le début du XIXe siècle. Le canal Charleroi-Bruxelles fut achevé en 1832, et les embranchements de Houdeng et de Mariemont, appelés à jouer un rôle important dans le développement du Canal du Centre, en 1839.

En 1807, un décret impérial de Napoléon Ier ordonna la construction d'un canal entre Mons et Condé, achevé en 1818. Avec le canal de Saint-Quentin, terminé la même année, les bassins houillers du Borinage étaient désormais directement reliés à Paris. Un seul élément manquait encore à l'appel dans le réseau de canaux reliant l'Escaut et la Meuse : un canal entre Mons et Charleroi.

A l'origine, Napoléon Ier avait approuvé en 1810 la proposition de construction d'un canal nommé Canal du Centre. S'ensuivit une longue série de projets, réalisés par des ingénieurs français, hollandais et belges, selon des tracés variés et des techniques différentes afin de surmonter les obstacles techniques rencontrés entre les deux extrémités. Dans tous les cas, il s'agissait surtout de projets commerciaux, financés par les entreprises qui utiliseraient cette nouvelle liaison. La concurrence accrue entre les bassins houillers de Grande-Bretagne, d'Allemagne et du Nord de la France amena le gouvernement belge à intervenir en 1871, et à s'engager à financer le canal. Les autorités des Ponts et Chaussées effectuèrent des études en vue de surmonter les deux difficultés techniques majeures - la petite quantité d'eau disponible et l'importante dénivellation (89,46 m) entre les canaux Charleroi-Bruxelles et Mons-Condé.

Le principal problème repose dans la partie supérieure du canal, dans la vallée du Thirieau. Il fut décidé que, sur ce tronçon, la déclivité était telle qu'il serait plus approprié de construire des ascenseurs que des écluses : quatre ascenseurs du type mis au point par l'ingénieur anglais Edwin Clark suffiraient, l'un devant racheter une chute de 15,40 m et les trois autres une chute de 16,93 m. Cette solution permettrait de résoudre tant le problème de la déclivité sur cette section que le bas volume d'eau, les ascenseurs de Clark s'étant avérés de ce point de vue très économiques. Des ingénieurs belges furent donc envoyés en Angleterre pour étudier le seul exemple existant de ce type d'ascenseur, construit par Clark à Anderton, sur le canal Trent-Mersey, en 1872-1875.

Malgré certains contretemps, tel l'accident de l'ascenseur d'Anderton en 1881, qui eut cependant pour avantage d'entraîner une amélioration du coefficient de sécurité à adopter, le feu vert fut finalement donné à la fin de l'année 1884. Clark lui-même devait participer à la conception et à la construction des ascenseurs belges. Après un appel d'offres, les travaux de construction de l'ascenseur n° 1 à Houdeng-Goegnies furent achevés en avril 1888 ; Léopold II, roi des Belges, l'inaugura le 4 juin de cette même année.

Cependant, les travaux d'achèvement du canal lui-même et des trois autres ascenseurs ne devaient pas être achevés aussi rapidement, pour diverses raisons. Le segment de 14 km entre Mons et Thieu fut ouvert en 1892, mais les autres travaux furent retardés : en effet, on découvrit que d'autres tronçons du canal traversaient une zone sillonnée de galeries de mines de charbon désaffectées. Ce n'est qu'en 1909 que le travail commença sur les trois ascenseurs restants, construits, comme le n° 1, par la société Cockerill de Seraing. L'occupation allemande pendant la Première Guerre mondiale n'entraîna pas la suspension du travail ; de fait, les forces de l'occupant comprirent la valeur stratégique de cette importante liaison, et le Canal du Centre fut donc enfin ouvert au trafic sur toute sa longueur en août 1917.

En 1957, il fut décidé d'améliorer l'ensemble du Canal du Centre pour permettre la navigation des navires d'un tonnage supérieur à 1.350 tonnes, et une nouvelle section fut creusée entre Mons et Havré. Ainsi, le segment du canal à 300 tonnes qui fait l'objet de la présente proposition d'inscription devint superflu. On envisagea d'abord diverses solutions pour le segment tombé en désuétude, lesquelles allaient de la destruction pure et simple, en passant par la démolition et le remplissage, à diverses formes partielles de conservation. Du fait de contraintes financières, on préféra le conserver dans son intégralité, et une campagne majeure de relations publiques mena au maintien en opération, à des fins de loisirs, du segment de canal aujourd'hui proposé pour inclusion sur la Liste du Patrimoine mondial. Le projet reçut nombre de récompenses et de prix dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix.

Source : évaluation des Organisations consultatives