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Nécropole paléochrétienne de Pécs (Sopianae)

Brève description

Au IVe siècle, une série remarquable de tombeaux ornés fut érigée dans le cimetière de la ville romaine provinciale de Sopianae (la Pécs moderne). Ces tombeaux sont importants, tant du point de vue structurel qu'architectural, car ils ont été construits sous terre comme des chambres funéraires surmontées de chapelles commémoratives en surface. Ils sont également importants sur le plan artistique dans la mesure où ils sont richement ornés de peintures murales d'une qualité exceptionnelle représentant des thèmes chrétiens.

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Justification d'inscription

Critère (iii) : Les chambres funéraires et les chapelles commémoratives du cimetière de Sopianae témoignent de façon exceptionnelle de la force et de la foi des communautés chrétiennes de la fin de l’Empire romain en Europe. Critère (iv) : L’art et l’architecture funéraires paléochrétiens des provinces romaines du nord et de l’ouest sont illustrés de façon exceptionnelle et complète par le cimetière de Sopianae à Pécs.

Description longue

Les chambres funéraires et les chapelles commémoratives du cimetière de Sopianae

sont de remarquables témoignages de la puissance et de la foi des communautés chrétiennes de la fin de l'Empire romain, et illustrent bien le caractère unique de l'art funéraire chrétien précoce et de l'architecture des provinces romaines septentrionales et occidentales.

La partie de la Hongrie moderne située à l'ouest du Danube a été intégrée à l'Empire romain au Ier  siècle apr. J.-C., à l'intérieur de la province romaine de Pannonie. La ville de Sopianae a été fondée sur le flanc méridional du massif du Mecsek au II siècle par des colons venus de Pannonie occidentale et d'Italie, qui se croisèrent avec les populations indigènes illyro-celtiques. Sopianae fut particulièrement prospère au IV siècle du fait de sa position à la jonction de différentes voies commerciales et militaires importantes. Saint István (le roi Étienne Ier ), le fondateur de l'État hongrois, y établit l'un de ses dix évêchés.

La ville médiévale s'est développée à l'extérieur des murs du complexe du château épiscopal, et fut à son tour fortifiée au XV siècle pour la protéger de la menace croissante exercée par les Turcs. La partie centrale du pays fut conquise par les Ottomans au milieu du XVI siècle, et le château épiscopal de Pécs devint le centre administratif d'un sandjak . La plupart des habitants hongrois de la ville prirent alors la fuite, remplacés par des musulmans de Turquie ou des Balkans qui démolirent les églises (à l'exception de la cathédrale) et les monastères, et utilisèrent leurs pierres pour la construction de mosquées ou d'autres édifices islamiques. Pécs fut libéré du joug ottoman en 1686, entrant alors dans les possessions des Habsbourg. L'évêché fut réinstallé et la ville repeuplée avec des colons hongrois et allemands. Les mosquées et les autres édifices musulmans furent adaptés à des fonctions chrétiennes, mais les bains (hammams) demeurèrent en activité pendant une très longue période. Les fortifications qui entourent le château furent démolies et la ville prit alors une physionomie baroque.

La nécropole romaine a été mise au jour au cours de fouilles archéologiques qui commencèrent il y a deux siècles dans une zone, aménagée en terrasses dans l'Antiquité, située juste en face de la cathédrale. Le site classé sur la Liste du patrimoine mondial consiste en 16 monuments funéraires, dont les principaux sont les suivants :

Chambre funéraire I (Pierre-Paul)  : découverte en 1782, cette tombe de la fin du IV siècle consiste en une chapelle sous laquelle se trouve la chambre funéraire souterraine proprement dite, avec des peintures murales religieuses et un petit vestibule menant à la chambre funéraire. Elle est taillée dans la pente des collines de Mecsek.

Chambre funéraire II (chambre du pichet à vin)  : structure à deux niveaux, avec des murs de calcaire et une voûte en brique. Sur les murs de la niche qui s'ouvre au-dessus du sarcophage se trouve une peinture représentant un pichet à vin et un verre, qui symbolisent la soif de l'âme en route vers l'Au-delà.

Cella trilobée  : cette chapelle au plan élaboré est formée d'un espace central rectangulaire doté de trois absides et d'un vestibule méridional (narthex) ; l'abside orientale présente un sol surélevé sur lequel se trouvait probablement un autel.

Cella à sept lobes  : cet édifice funéraire, qui présente un plan unique comportant sept absides, n'était pas utilisé comme tombe. Il remonte à la période romaine, autour de 430.

Mausolée paléochrétien  : chambre funéraire souterraine accessible par un vestibule ou narthex, surmontée par une église à nef unique dotée d'une abside à son extrémité orientale. Les murs nord, est et sud sont tous décorés de peintures murales figurant des sujets bibliques.

Chapelle funéraire paléochrétienne  : utilisée exclusivement comme chapelle, elle est au centre d'un regroupement de plus de cent tombes datables entre la fin du IVe et le début du V siècle.

Tombes jumelles peintes  : double tombeau à fronton renfermant des peintures murales figurant des symboles chrétiens en rouge, carmin et jaune sur fond blanc.

Tombeau commun  : il contient 14 tombes, séparées les unes des autres par des blocs de pierres et des briques. Certains fragments de pierre ou de brique portent des noms dont on pense qu'ils sont ceux des membres d'une même famille.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

La partie moderne de la Hongrie à l'ouest du Danube fut intégrée à l'Empire romain pendant le Ier siècle apr. J.-C. La ville de Sopianae fut fondée au IIe siècle sur les pentes sud du massif de Mecsek par des colons venus d'Italie et de la partie ouest de la Pannonie, qui s'intégrèrent aux peuples indigènes celto-illyriens. Sopianae fut particulièrement prospère au IVe siècle grâce à sa situation géographique à la croisée de plusieurs grandes routes militaires et commerciales. Ce fut à cette époque, avec la réorganisation des provinces romaines, qu'elle devint la capitale de Valeria. Des fouilles archéologiques ont mis au jour plusieurs édifices publics datant de cette époque dans le voisinage du forum.

Il y avait un cimetière au nord de la ville, avec de nombreuses tombes chrétiennes datant du IVe siècle. Pendant la période post-romaine et jusqu'au VIIIe siècle, les grandes tombes servirent d'abris à différents groupes de peuplements (Huns, Germains et Avars). Ce n'est qu'au IXe siècle que la chrétienté fut rétablie dans la ville.

En 1009, saint Étienne (Étienne Ier), fondateur de l'État hongrois, y établit l'un de ses dix évêchés. Le complexe épiscopal fortifié fut agrandi et reconstruit aux siècles suivants, et ce fut à l'intérieur de cette enceinte que le roi angevin Laszlo Ier le Grand fonda la première université de Hongrie (1367). La ville médiévale s'agrandit hors des murs du Palais épiscopal et fut à son tour fortifiée au XVe siècle contre la menace turque. Malgré la résistance héroïque des monarques hongrois pendant plus d'un siècle, le pays fut conquis par les Ottomans au milieu du XVIe siècle. Le Palais épiscopal de Pécs devint le centre administratif d'un sandjak. La plupart des habitants hongrois de la ville s'enfuirent et furent remplacés par des musulmans de Turquie et des Balkans, qui détruisirent les églises et les monastères (à l'exception de la cathédrale) et utilisèrent les pierres pour la construction de mosquées et autres édifices islamiques. Les murs de la ville furent renforcés par des bastions.

Pécs fut libérée de la domination turque en 1686 et intégrée aux terres des Habsbourg. L'évêché fut rétabli et la ville fut repeuplée de colons hongrois et allemands. Les mosquées et autres édifices musulmans furent convertis en lieux chrétiens, les bains turcs (hammams) continuèrent de fonctionner pendant une longue période. Les fortifications entourant le palais furent démolies et la ville commença à prendre une apparence baroque. Elle devint le centre administratif d'un comté et se dota de beaux édifices publics.

Pécs se libéra de la tutelle épiscopale en 1780. Au cours du XIXe siècle, elle connut un développement commercial et industriel spectaculaire et fut dotée de nombreux édifices dans les styles d'architecture en vogue à l'époque - classique, romantique, historiciste et Art Nouveau. Heureusement, aucune constructions inappropriées ne furent érigées pendant la deuxième moitié du XXe siècle.

Source : évaluation des Organisations consultatives