Monastères de Haghbat et de Sanahin
Brève description
Ces deux monastères byzantins situés dans la région de Tumanian et datant de la période de prospérité de la dynastie de Kiurikian (Xe-XIIIe siècle) furent d’importants centres de diffusion de la culture. Sanahin était célèbre pour son école d’enluminure et de calligraphie. Les deux complexes monastiques représentent la plus remarquable manifestation architecturale de l’art religieux arménien, né de l’alliance d’éléments de l’architecture religieuse byzantine et de l’architecture vernaculaire traditionnelle de cette région du Caucase.
Justification d'inscription
Le Comité a décidé d'inscrire le monastère de Haghbat sur la base des critères culturels (ii) et (iv) , considérant que ce bien est d'une valeur universelle exceptionnelle et constitue un exemple remarquable de l'architecture religieuse qui s'est développée en Arménie entre le 10ème et le 13ème siècle. Cette architecture est unique dans la mesure où elle associe des éléments d'architecture religieuse byzantine et l'architecture vernaculaire typique de cette région.
Description longue
Ces deux monastères byzantins situés dans la région de Tumanian, qui datent de la période de prospérité de la dynastie de Kiurikian (Xe -XIIIe siècle), furent d'importants centres d'enseignement. Sanahin était célèbre, en particulier, pour son école d'enluminure et de calligraphie. Les deux complexes monastiques représentent les plus remarquables exemples d'architecture religieuse à coupole. Cette tradition, typique de l'Arménie au cours de cette période, trouve son origine dans la fusion d'éléments de l'architecture religieuse byzantine et de l'architecture vernaculaire traditionnelle de cette région du Caucase.
La construction de l'église principale et du grand complexe monastique fortifié de Haghpat, consacré à la sainte Croix, commença entre 966 et 967, et s'acheva en 991. La coupole centrale repose sur quatre piliers massifs insérés dans les murs périmétraux. Les murs externes sont presque complètement occupés par des niches triangulaires. L'abside est décorée d'une fresque du Christ Pantocrator. L'édifice est complet, et se présente encore aujourd'hui sous sa forme originelle, à l'exception de quelques restaurations effectuées du XIe au XIIIe siècle, dont le grand gavit par lequel on accède à l'église. Le plan de ce gavit , construit dans le courant de la deuxième décennie du XIIIe siècle, diffère sensiblement de celui de l'église principale. Il s'agit d'une grande salle assimilable à un narthex, utilisée pour les rassemblements, l'enseignement et les rites funéraires ; elle a été construite en fonction des critères de l'architecture vernaculaire en bois, avec un toit reposant sur quatre piliers au centre de la structure. La voûte est subdivisée en neuf compartiments, dont celui du centre (le yerdik ) est le plus élevé et domine l'espace intérieur, qu'il éclaire. On gagne l'église par un passage voûté qui mène à un grand jamatoun (le chapitre), de même style que le gavit , construit au XIIIe siècle. Les annexes de l'église comportent aussi un édifice carré trapu, datant du XIIe siècle, qui était une bibliothèque.
Le monastère de Sanahin, situé sur le plateau qui domine la gorge de Debet, se compose d'un groupe important de constructions et s'intègre harmonieusement à l'impressionnant paysage montagneux qui l'entoure. Les édifices sont implantés selon deux axes, leurs façades tournées vers l'est. L'église principale, construite au Xe siècle, est la cathédrale du Rédempteur. L'architecture de l'intérieur, à plan cruciforme, place l'accent sur le noyau central de la construction et sur le rapport harmonieux entre base carrée et coupole circulaire. La coupole centrale est ici entourée de quatre sacristies ou chapelles à deux étages. Le gavit construit en 1181, qui repose sur quatre colonnes, se trouve à l'ouest ; son plan est celui d'une croix inscrite dans un carré. L'intérieur de l'édifice est éclairé par une ouverture percée au centre de la coupole. C'est l'exemple le plus ancien de ce type d'architecture, qui tire son origine des édifices ruraux d'Arménie formés de salles carrées reposant sur quatre piliers sur lesquels repose le toit, qui est équipé d'une ouverture centrale pour que la fumée puisse s'échapper.
L'église de la Mère de Dieu (Astvatzatzin ), située au nord de la cathédrale, à laquelle la relie un passage voûté ouvert à ses deux extrémités, est le plus ancien édifice du complexe, construit en 934 par des moines qui avaient fui Byzance. La grande bibliothèque (scriptorium ) voûtée, construite en 1063, présente un plan carré, avec dix niches de différentes dimensions dans lesquelles les codex et les livres étaient conservés. La petite église dédiée à saint Grégoire l'Illuminateur se trouve à l'angle sud-est de la bibliothèque, l'académie de Grégoire Magistros, du XIe siècle, entre les deux églises principales. Les profondes niches qui percent ses murs et la profusion de la lumière confèrent à ce dernier édifice une qualité spatiale toute particulière. Au sud-est des bâtiments principaux, le cimetière renferme le mausolée des princes Zakarian, du XIIe siècle.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
La chrétienté a exercé une influence fondamentale dans l’évolution de l’art et de l’architecture arméniens. Le style “classique” s’est développé du 5eme au 7ème siècles, mais son évolution s’est trouvée brutalement interrompue par l’occupation arabe de la fin du 7eme siècle. L’Arménie retrouve son indépendance à la fin du 9eme siècle et, avec la consolidation du royaume et le rétablissement de l’identité nationale, l’art arménien rena î t. Les deux monastères de Haghbat et de Sanahin datent de cette époque, à savoir celle de la prospérité de la dynastie Kiurikian et des princes Zakarian. Ces monastères qui ont hébergé jusqu’à cinq cents moines, ont été importants centres de culture. 11s restent aujourd’hui de très riches témoignages de l’architecture arménienne.
Haghbat édifié dans les années 1970, par la famille royale des Bagratouni dans la région de Lori située dans la partie nord de l’Arménie, fut à l’origine connu sous le nom de Sourb Nshan (la Sainte Croix) de Haghbat. Sa construction, selon les plans de l’architecte Trdat, fut terminée en 991. Des tremblements de terre successifs l’endommagèrent plusieurs reprises jusqu’à ce qu’en 1105, le prince seldjoukide Amir-Ghzil s’en empare et y mette le feu. L’importance spirituelle de ce monastère et de son voisin, Sanahin, était telle qu’il fut decide que leur protection contre les envahisseurs mongols exigeait la construction de fortifications, ce qui fut fait avec la forteresse de Kiau en 1233. Cette forteresse fut cependant vaincue par surprise en 1241. Malgré la chute de la forteresse, la vie monastique s’est poursuivie à Haghbat et, de nouveaux bâtiments vinrent compléter l’ensemble au cours du 13ème siècle. Une période de restauration intensive intervint au 17eme siècle.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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