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Île Kunta Kinteh et sites associés

Kunta Kinteh Island and Related Sites

James Island and Related Sites present a testimony to the main periods and facets of the encounter between Africa and Europe along the River Gambia, a continuum stretching from pre-colonial and pre-slavery times to independence. The site is particularly significant for its relation to the beginning of the slave trade and its abolition. It also documents early access to the interior of Africa.

Île Kunta Kinteh et sites associés

L’île James et les sites associés témoignent des principales époques et aspects de la rencontre entre l’Afrique et l’Europe le long du fleuve Gambie, un continuum qui s’étend de la période pré-coloniale et pré-esclavagiste à l’indépendance. Ce site est d’une importance toute particulière pour son association tant avec les débuts du commerce d’esclaves qu’avec son abolition. Il témoigne aussi des premières voies ouvertes vers l’intérieur de l’Afrique.

جزيرة جيمس والمواقع المتّصلة بها

تدلّ جزيرة جيمس والمواقع المتصلة بها على الحقبات الرئيسة وأوجه التقاء إفريقيا وأوروبا على طول نهر غامبيا، ما يشكّل مجموعةً متواصلة تمتدّ من الفترة التي سبقت الاستعمار والرقّ حتى الاستقلال. يرتدي هذا الموقع أهميةً خاصة لصلته ببدايات سوق الرقيق وبإلغائه في آن، وهو يشهد أيضاً على الطرق الأولى المؤدية إلى داخل إفريقيا.

source: UNESCO/ERI

詹姆斯岛及附近区域

詹姆斯岛及附近区域位于冈比亚河(the River Gambia)沿岸,为非洲与欧洲关系发展史提供了证据,其历史从前殖民地时代开始延续到前奴隶贸易时代,一直到冈比亚独立。这里与奴隶贸易的兴起及废除有着密切关系,同时还记录了早期伸向非洲大陆内陆的重要通道。

source: UNESCO/ERI

Остров Джеймс-Айленд и связанные с ним достопримечательности

Остров Джеймс-Айленд и связанные с ним достопримечательности – свидетельства основных периодов и аспектов африкано-европейских взаимоотношений на территориях вдоль реки Гамбия. Этот непрерывный процесс охватывает период от доколониальных и дорабовладельческих времен до обретения независимости. Объект особенно значим своими связями с началом работорговли и ее отменой. Остров и его достопримечательности также являются документальными свидетельствами раннего этапа проникновения европейцев вглубь Африки.

source: UNESCO/ERI

Isla James y sitios anejos

La Isla James y sus sitios conexos constituyen un testimonio de las principales épocas y facetas del encuentro entre África y Europa a lo largo del curso del río Gambia, desde el periodo anterior al esclavismo hasta la independencia del país, pasando por la época precolonial. El sitio posee un especial interés histórico por ser uno de los escenarios del inicio y la posterior abolición del comercio de esclavos, y debido a su papel de primera vía de acceso al interior del continente africano.

source: UNESCO/ERI

ジェームズ島と関連遺跡群 

source: NFUAJ

Kunta Kinteh Eiland en bijbehorende gebieden

Kunta Kinteh is een klein bewoond en versterkt eiland in de monding van de Gambia, die uitkomt in de Atlantische oceaan. Het eiland werd een van de eerste culturele uitwisselingszones tussen Afrika en Europa dankzij ontdekkingsreizigers en handelaren die een zeeroute naar India zochten. De Gambia rivier vormde de eerste handelsroute naar het binnenland van Afrika en was ook een vroege route van de slavenhandel. Het eiland en de bijbehorende gebieden getuigen van de belangrijkste periodes en facetten van de ontmoeting tussen Afrika en Europa langs de Gambia. Daarnaast is het gebied duidelijk verbonden met het begin en de afschaffing van slavenhandel.

Source : unesco.nl

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Île James et sites associés © Niels Elgaard Larsen
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

L’Île James est une petite île située sur le fleuve Gambie qui se jette dans l’Océan Atlantique. Son emplacement, au milieu du fleuve, en a fait un lieu stratégique de contrôle de cette voie fluviale. Fréquentée par les explorateurs et les marchands en quête d’une route maritime vers l’Inde, elle est devenue l’une des premières zones d’échanges culturels entre l’Afrique et l’Europe. En 1456, l’Île a été achetée aux chefs locaux par les Portugais qui ont entrepris d’y construire un fort.

L’Île James et les sites associés offrent un témoignage exceptionnel des différentes facettes et époques de la rencontre entre l’Afrique et l’Europe, du XVe au XIXe siècle. Le fleuve Gambie a joué un rôle particulièrement important en ouvrant la première route commerciale vers l’intérieur des terres africaines. Le site était déjà un point de contact avec les Arabes et les Phéniciens avant l’arrivée des Portugais au XVe siècle. La région forme un paysage culturel où les éléments historiques demeurent ancrés dans leur contexte culturel et naturel. Les biens illustrent toutes les grandes périodes et facettes des diverses phases de la rencontre entre l’Afrique et l’Europe, depuis ses débuts au XVe siècle jusqu’à l’indépendance.

L’emplacement particulier de l’Île James et de ses sites associés, à l’embouchure du fleuve Gambie, est un rappel tangible de l’histoire du développement du fleuve, devenu l’une des plus importantes voies fluviales utilisées pour toutes formes de commerce depuis l’intérieur des terres jusqu’à la côte et au-delà. Le rôle particulier et primordial du site dans la traite des esclaves, aussi bien dans sa propagation que dans sa disparition, fait de L’Île James et de ses sites associés un lieu de mémoire exceptionnel de cette période douloureuse, mais essentielle, de l’histoire de l’humanité.

Le bien comprend le fort de l’Île James et un ensemble de sites associés à la première occupation européenne du continent africain. L’ensemble comprend sept sites distincts : la totalité de l’île James, les vestiges d’une chapelle portugaise et d’un entrepôt colonial (bâtiment de la CFAO) dans le village d’Albréda, le bâtiment Maurel Frères dans le village de Juffureh, les vestiges d’un petit peuplement portugais de San Domingo, ainsi que le Fort Bullen et la batterie à six canons. Le Fort Bullen et la batterie à six canons sont situés à l’embouchure du fleuve Gambie, tandis que l’Île James et les autres sites se trouvent à une trentaine de kilomètres en amont.

Le développement de l’Île James a été très différent de celui des autres forts, châteaux et comptoirs marchands qui se trouvaient dans d’autres régions de l’Afrique de l’Ouest. En effet, la vocation première du site de l’Île James était de contrôler l’intérieur des terres et ses richesses, et non la côte et le commerce qui y transitait.

La batterie à six canons (1816) et le Fort Bullen (1826), situés de part et d’autre de l’embouchure du fleuve Gambie, ont été développés beaucoup plus tardivement que l’Île James. Ils ont été spécifiquement construits pour lutter contre la traite des esclaves après l’adoption de la loi d’abolition, en 1807, déclarant illégal ce commerce dans l’empire britannique. Ces sites sont les seuls ouvrages défensifs que l’on connaît dans la région à avoir été spécialement construits pour contrer les intérêts des marchands d’esclaves. Les autres fortifications de la région (dont l’Île James) ont été érigées pour renforcer et contrôler la traite des esclaves (et des marchandises), et non pour y mettre un terme. Ces deux postes militaires ont permis aux Britanniques de prendre le contrôle intégral du fleuve Gambie, préparant ainsi la voie à l’établissement du gouvernement colonial, période qu’illustre bien la présence de nombreux bâtiments coloniaux à Banjul et de la résidence du Gouverneur au Fort Bullen. Enfin, le Fort Bullen montre des preuves de sa remise en usage durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) comme observatoire stratégique et base d’artillerie. Cette dernière période illustre une autre rivalité européenne qui s’est étendue au continent africain.

 

Critère (iii) : L’Île James et ses sites associés situés sur le fleuve Gambie apportent un témoignage exceptionnel sur les différentes facettes de la rencontre entre l’Afrique et l’Europe, du XVe au XXe siècle. Première route commerciale ouverte vers l’intérieur des terres africaines, le fleuve a également joué un rôle dans la traite des esclaves.

 

Critère (vi) : L’Île James et ses sites associés, les villages, les vestiges des peuplements européens, les forts et les batteries, ont été directement et matériellement associés à l’apparition et à la disparition de la traite des esclaves, et conservent des souvenirs liés à la diaspora africaine.

 

Intégrité

Les six éléments de la proposition d’inscription en série témoignent des principales époques et facettes de la rencontre entre l’Afrique et l’Europe le long du fleuve Gambie, un continuum qui s’étend de la période pré-coloniale et pré-esclavagiste jusqu’à l’indépendance et qui couvre, en particulier, les débuts et l’abolition de la traite d’esclaves. Ils sont aussi l’illustration des fonctions de la première voie d’accès aux terres intérieures d’Afrique. Les six sites englobent tous les principaux vestiges.

Tous les sites, à l’exception du bâtiment de la CFAO et du bâtiment Maurel Frères, sont en ruines. Le bâtiment de la CFAO a été restauré et doté de structures efficaces de défense contre la mer. Quant au bâtiment Maurel Frères, qui a été restauré en 1996, il est en bon état de conservation. La chapelle portugaise et San Domingo sont en ruines, mais ont été stabilisés, et les parties les plus en danger ont été consolidées au cours de l’année 2000.

La position isolée de l’Île James sur le fleuve a contribué à la conservation du site jusqu’à aujourd’hui. Le Fort Bullen est, lui aussi, bordé d’un côté par le fleuve et de l’autre côté par une vaste bande de terre, formant naturellement une zone tampon et contribuant à la préservation de son cadre. Il est en relativement bon état de conservation, malgré l’érosion des vagues qui attaque la muraille située du côté de la mer. Certaines parties se sont effondrées et, sur vingt mètres, le mur a été reconstruit en 2000. La batterie à six canons est en bon état de conservation. Les sites en ruines nécessitent une maintenance régulière pour éviter leur détérioration progressive.

 

Authenticité

Le Fort de l’île James a été détruit à plusieurs reprises. Depuis sa dernière destruction par les Français en 1779, il demeure en ruines et des tentatives mineures ont été faites pour consolider l’ouvrage et minimiser les effets de l’érosion due aux vagues. L’île constitue une référence historique pour tous ceux qui sont concernés par la traite des esclaves, notamment la communauté locale et les Africains de la diaspora. Hormis une brève période de remise en usage durant la Seconde Guerre mondiale, le Fort Bullen et la batterie à six canons ont également été abandonnés à la fin du XIXe siècle. Il ne subsiste que quelques vestiges visibles de San Domingo, mais cette zone renferme un immense potentiel de recherche archéologique. Les ruines qui confèrent la Valeur universelle exceptionnelle du site sont extrêmement vulnérables à l’érosion. Lors de l’inscription, les sites en ruines étaient considérés comme faisant partie d’un paysage culturel plus étendu nécessitant d’être protégé afin de préserver le cadre des sites et d’en permettre la compréhension. 

 

Eléments requis en matière de protection et de gestion

L’Île James, le Fort Bullen, de même que tous les bâtiments historiques d’importance du complexe Albréda-Juffureh sont sous protection légale en tant que monuments nationaux (1995) conformément aux dispositions du National Council for Arts and Culture Act de 1989 (révisé en 2003). L’édit de classement établit également une zone tampon pour la totalité des sites, tout développement incompatible susceptible d’avoir des effets néfastes sur leur cadre devant y être proscrit. En tant que Monuments nationaux, les structures historiques sont placées sous la responsabilité du Conseil national des arts et de la culture (NCAC) qui veille à leur conservation et à leur entretien. La gestion journalière incombe à la Direction du patrimoine culturel du NCAC, qui emploie des accompagnateurs et des gardiens du site. La batterie à six canons, située sur le territoire du siège du gouvernement, est placée sous la protection du bureau du Président. Les sites possèdent en outre un plan de gestion quinquennal qui définit ce qui est acceptable sur chacun des sites et au niveau national. Ce plan est le fruit des efforts conjoints de dix organisations nationales et locales, appuyées par le programme Africa 2009.

Les ressources financières nécessaires à la maintenance et à la conservation sont relativement rares, et viennent principalement des droits d’entrée. Tous les trois mois, le directeur de la section des Musées et monuments du NCAC procède à une inspection physique des sites. Cette évaluation de l’état des sites est effectuée en présence d’un représentant des parties prenantes locales et, si possible, d’un guide local. Un rapport sommaire est rédigé à l’issue de chaque visite et une synthèse en est insérée dans un rapport annuel.

Depuis 1996, le gouvernement gambien, par l’intermédiaire de son Ministère d’État en charge du Tourisme et de la Culture, a institué un événement annuel, appelé « Festival, International Roots - Retour aux sources ». Comparable à une « semaine du patrimoine », le festival a pour but principal d’attirer des visiteurs de la diaspora africaine. Il prévoit habituellement un pèlerinage spirituel d’une journée sur l’Île James et le site d’Albréda-Juffureh. Le site revêt une signification symbolique et émotionnelle pour les visiteurs qui, en se rendant sur l’Île James, viennent y retrouver leurs racines. Témoin d’un chapitre de l’histoire riche d’enseignements sur l’Île, il figure déjà au programme des cours d’histoire et de sciences humaines dans les écoles de Gambie.

Le bien contient des ruines extrêmement fragiles qui nécessitent d’être protégées et conservées en tant qu’éléments tangibles lui conférant sa Valeur universelle exceptionnelle. Des mesures régulières de maintenance, de suivi et de conservation sont nécessaires pour que ces ruines aient des chances de survivre et de résister aux assauts de la nature.

Description longue

L'île James et les sites associés situés sur le fleuve Gambie constituent un témoignage exceptionnel des différentes facettes de la relation entre l'Europe et le continent africain entre le XVe et le XXe  siècle. Le fleuve, qui fut la première route commerciale vers l'intérieur de l'Afrique, devint ainsi l'un des premiers couloirs du trafic des esclaves. Ces sites, directement et concrètement associés au commencement et à la fin de la traite, ont conservé la mémoire de la diaspora africaine.

Le bien est formé de sept sites séparés : la totalité de l'île James , les restes d'une chapelle portugaise et un entrepôt colonial dans le village d'Albreda, le bâtiment Maurel Frères dans le village de Juffureh, les vestiges du petit établissement portugais de San Domingo , ainsi que le fort Bullen et la Batterie à six canons , qui se trouvent dans trois districts différents de Gambie. Fort Bullen et la Batterie sont à l'embouchure du fleuve Gambie, l'île James et les autres sites à quelque 30 km en amont. Albreda, Juffureh et San Domingo se trouvent dans une vaste zone tampon qui s'étend sur 12 km le long des rives du fleuve, et qui est large de 500 m, vers l'intérieur des terres, à partir du niveau des hautes eaux. La petite île James (0,3 ha) se trouve au centre du fleuve, dans une position stratégique permettant d'assurer le contrôle de celui-ci.

Les structures d'origine sont le fort lui-même, la maison des esclaves, la cuisine du gouverneur, la forge et une boutique, tous en ruine aujourd'hui. Situé au milieu de cette île basse, le fort est exposé aux inondations lors des marées hautes. Le village mandingue d'Albreda,sur la rive nord du fleuve, se trouve au milieu de terres agricoles et forme une partie de la zone tampon, mais il renferme deux édifices qui ont été inscrits sur la Liste du patrimoine. La chapelle, construite par les Portugais à la fin du XVe  siècle, est aujourd'hui en ruine ; 30 m à l'ouest de celle-ci se dresse encore un mur qui lui est contemporain. Le bâtiment de la Compagnie française d'Afrique occidentale situé au bord de l'eau, près de l'appontement, a été construit sur deux niveaux à côté d'un entrepôt. Le rez-de-chaussée servait de boutique et de lieu de stockage des denrées, l'étage, d'habitation.

Le village mandingue typique de Juffureh est formé de maisons traditionnelles, de complexes familiaux entourés de barricades en bois et de petits espaces publics ouverts. Le bâtiment Maurel Frères , construit vers 1840 par les Anglais, fut par la suite utilisé comme entrepôt par un marchand libanais nommé Maurel. C'est aujourd'hui un petit musée du commerce d'esclaves atlantique en Sénégambie.

San Domingo, un kilomètre à l'est d'Albreda, est un établissement colonial fondé par les Portugais à la fin du XVe  siècle. Il renfermait des jardins, une église, un cimetière et un puits dont il ne reste plus aujourd'hui que les ruines d'une petite maison construite en pierre latéritique et en mortier de chaux. Non loin de là se trouvent les vestiges de l'ancien établissement anglais de Jillifree.

La Batterie à six canons a été terminée en 1821 sur le site de Bathurst, fondé en 1816, qui est aujourd'hui Banjul, sur l'île Sainte-Marie. La batterie se compose de 6 pièces de 24 livres installées sur des rails et protégées par un large parapet fait de pierre et de mortier de chaux. Le fort Bullense trouve à l'extrémité de la pointe de Barra, face à la ville de Banjul, sur la rive nord du fleuve, là où il se jette dans l'océan. Le fort est protégé de la mer par un mur fait de pierres et de gros blocs. Le site se trouve près de la station de ferry Banjul-Barra. Les constructions du fort comportent notamment un vieil édifice construiten terre qui était la résidence du commissaire commercial de l'administration coloniale au début du siècle.

Les rives du fleuve ont été habitées de longue date. Ce territoire était sous la férule du royaume de Kaabu, une émanation de l'Empire du Mali (vers 1200-1867), et du royaume de Jollof (vers 1300-1500). Kaabu joua un rôle important dans le commerce atlantique bien avant l'arrivée des Européens : ce royaume noua en effet des liens avec les Phéniciens, les Carthaginois, et, à partir de l'an mille, avec les Arabes. Les Portugais, à la recherche de la route maritime pour l'Inde, arrivèrent en Sénégambie entre 1446 et 1456. Au cours du XVIe  siècle, des navires anglais s'aventurèrent en Gambie, et les Hollandais y parvinrent à leur tour vers la fin de ce même siècle. L'esclave devint alors une nouvelle denrée commerciale, notamment au XVIIIe  siècle, jusqu'à l'abolition de la traite.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La région du fleuve Gambie est depuis longtemps habitée, comme en attestent par exemple les anciens cercles de pierre et monticules funéraires (mbanar) connus dans les empires du Ghana, du Mali et de Songhai. Le territoire était sous la férule du royaume de Kaabu, une émanation de l'empire du Mali (vers 1200-1867), et de l'empire Jollof (vers 1300-1500). Kaabu jouait un rôle important dans le commerce vers l'Atlantique avant l'arrivée des Européens, car il était en contact avec les Phéniciens et les Carthaginois, ainsi que les Arabes (à partir de 1000 apr. J.- C.). Les Portugais atteignirent la Sénégambie entre 1446 et 1456, alors qu'ils cherchaient la route maritime vers l'Inde. En 1482, ils construisirent le fort São Jorge da Mina (Elmina) sur la Côte d'Or (aujourd'hui le Ghana). Au XVIe siècle, des navires britanniques s'aventurèrent dans la région de la Gambie, suivis à la fin du siècle par les Hollandais. Les esclaves devinrent un autre objet de négoce, le commerce du « bois d'ébène » battant son plein au XVIIIe siècle, jusqu'à l'abolition de l'esclavage en Grande-Bretagne et aux États-Unis en 1807, puis dans les colonies françaises en 1848.

Avec le fleuve Gambie permettant d'accéder à l'intérieur des terres, les zones côtières devinrent la principale frontière d'acculturation. Kaabu conserva sa religion traditionnelle, barrant la route à l'Islam jusqu'au XIXe siècle. Les Portugais établirent le contact avec la population indigène, les Niuminkas, initiant une période de commerce et de relations interculturelles qui, au fil des cinq siècles suivants, modifièrent considérablement le visage de la Gambie. Le fleuve Gambie étant l'un des fleuves les plus aisément navigables d'Afrique, il présentait aussi l'avantage particulier de permettre d'accéder au vaste arrière-pays. L'île James et les peuplements associés abritent les témoignages physiques des principaux peuplements marchands européens du XVe au XIXe siècle et de la rencontre entre l'Europe et l'Afrique.

L'île James servait de lieu de repos aux pêcheurs longtemps avant l'arrivée des Européens. Ses souverains héréditaires étaient et sont toujours des Niuminkas, auxquels elle fut rachetée par une compagnie du duché de Courlande (aujourd'hui Lettonie), qui commença la construction du premier fort en 1651. Elle fut reprise par les Britanniques, qui la baptisèrent île James, du nom du duc d'York. Le fort fut détruit et reconstruit à plusieurs reprises, passant de mains en mains entre les Britanniques, les Français, les Hollandais, mais aussi des pirates et des mutins. En 1815, l'île James fut abandonnée et est depuis demeurée en ruines.

San Domingo, à l'est du village de Juffureh, est le premier peuplement portugais de la région. Il fournissait l'île James en eau potable ; c'est aussi là que les marchands européens rencontraient leurs homologues africains. Albréda, probablement un autre peuplement portugais, fut loué aux marchands français en 1681. Il devint l'emplacement du comptoir français en Gambie. Albréda et San Domingo étaient les principaux comptoirs marchands du royaume de Niumi et le « destination finale », vers l'ouest, des longues routes marchandes venues de l'intérieur des terres. À la demande des Anglais, les Français abandonnèrent le site en 1857 mais revinrent, comme le montrent les vestiges des bâtiments de deux compagnies marchandes françaises, Maurel Frères et CFAO. Juffureh est le village des marchands mandingues, le lieu où les Britanniques faisaient leurs affaires et depuis lequel ils gouvernaient la région.

La batterie à six canons (1816) et le Fort Bullen (1826), situés des deux côtés de l'embouchure de la Gambie, furent construits dans l'intention d'éliminer le commerce des esclaves une fois celui-ci déclaré illégal dans l'empire britannique, après l'adoption de la loi d'abolition en 1807. Les sites furent abandonnés en 1870. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée britannique réutilisa le fort Bullen comme observatoire et base d'artillerie pour se protéger contre une éventuelle attaque des Français, qui contrôlaient le Sénégal. Après la Seconde Guerre mondiale, le fort fut à nouveau abandonné.

Source : évaluation des Organisations consultatives