Usine de traitement du bois et de carton de Verla
Brève description
L’usine de bois de Verla et le secteur résidentiel associé sont un exemple exceptionnel et remarquablement bien conservé d’installation industrielle rurale de petite dimension consacrée à la fabrication de pâte à papier, de papier et de carton. Ce type d’installation qui prospéra en Europe du Nord et en Amérique du Nord au XIXe et au début du XXe siècle a presque totalement disparu aujourd’hui.
Justification d'inscription
Le Comité a décidé d'inscrire le bien proposé sur la base du critère culturel(iv), considérant que l'usine de bois de Verla et le secteur résidentiel qui lui est associé sont un exemple exceptionnel et remarquablement bien conservé d'installation industrielle rurale de petite dimension, associée à la fabrication de pâte à papier, de papier et de carton. Ce type d'installation qui prospéra en Europe du Nord et en Amérique du Nord au 19ème et au début du 20ème siècles a presque totalement disparu aujourd'hui.
Description longue
L'usine de traitement du bois et de carton de Verla et l'habitation qui lui est associée sont un exemple remarquable, et particulièrement bien conservé, de petit site industriel rural voué à la production de pâte à papier, de papier et de carton, qui connut un grand succès dans le nord de l'Europe et de l'Amérique au XIXe siècle et au début du XXe siècle, mais dont peu de témoignages ont survécu.
La « révolution industrielle » qui gagna la vallée de la Kymi ente 1870 et 1875 est l'un des phénomènes les plus importants de l'histoire économique de la Finlande. Cette très courte période vit la création de douzaines de scieries à vapeur et d'usines de traitement du bois et de carton, pour la plupart créées par des hommes d'affaires étrangers, venus notamment de Norvège et d'Allemagne. Ce phénomène fut encouragé par la volonté du pouvoir russe de favoriser les activités commerciales du grand-duché créé en 1809. La vallée de la Kymi bénéficia notamment de la construction d'installations permettant le flottage du bois et de la mise en place de coopératives de flottage qui permirent d'acheminer commodément les troncs d'arbres des forêts vierges du centre de la Finlande. Une nouvelle classe sociale ouvrière fit alors son apparition.
La première usine de la rive ouest des rapides de la Verlankoski a été fondée en 1872, mais des problèmes financiers entraînèrent sa fermeture après un incendie, en 1876. Une nouvelle usine de pâte à papier, plus grande, avec une usine à carton adjacente, fut construite en 1882 par deux maîtres papetiers. Homme d'affaires d'ascendance allemande venu de Viipuri, Friedrich Wilhelm Dippell devint le principal actionnaire de la compagnie. La nouvelle usine fut entièrement reconstruite en bois, mais séparément des autres édifices de manière à minimiser les risques d'incendie. La partie principale de la résidence actuelle du propriétaire fut terminée en 1885, et les logements des travailleurs l'année suivante (presque tous les travailleurs vivaient dans des maisonnettes, de part et d'autre des rapides). Lorsque l'unité de séchage du carton fut à son tour détruite par un incendie en 1892, elle fut remplacée par un impressionnant édifice ornemental en briques rouges de quatre étages, dessiné par Carl Eduard Dippell, le frère du propriétaire, qui fut aussi l'architecte de tous les principaux édifices conservés à Verla.
Bien que ces édifices soient de style néogothique, qui était déjà passablement démodé à l'époque de leur construction, ils étaient techniquement avancés pour leur temps. Ainsi, les sols des usines étaient en béton armé, technique mise au point par Hennbeique, qui n'avait déposé son brevet que trois ans plus tôt.
Les installations industrielles, au contraire, étaient traditionnelles, et ne furent que légèrement modifiées et modernisées entre 1882 et 1920. L'obstacle principal résidait dans le transport des produits finis (essentiellement vers la Russie et, plus tard, vers l'Europe occidentale et les États-Unis). Au départ, le bois broyé devait être transporté vers une gare de chemin de fer lointaine, sur une voie fluviale semée de rapides et gelée l'hiver. Lorsque la voie ferrée fut terminée en 1889, cette distance se réduisit à 7 km, mais le transport assuré par des chevaux de trait sur de mauvaises routes demeura un problème majeur. À la mort de Wilhelm Dippell en 1906, Verla devint une société à responsabilité limitée qui fut rachetée par une petite entreprise de traitement du bois située sur le même cours d'eau, qui fut elle-même rachetée, deux ans plus tard, par la société Kymmene qui possède encore le site aujourd'hui. La production diminua peu à peu au cours des décennies suivantes jusqu'à la fermeture complète de l'usine, le 18 juillet 1964, lorsque le dernier ouvrier prit sa retraite. La société Kymmene décida de conserver la totalité du complexe en l'état, comme témoignage du patrimoine industriel de cette région, exactement comme elle était le jour du départ du dernier ouvrier.
Les peintures rupestres préhistoriques de la grotte située sur les rapides de la Valkeala représentent huit élans, trois hommes et un motif géométrique. On les date de 6 000 ans environ, c'est-à-dire de la période la plus ancienne de l'art pariétal finnois, qui correspond à la culture de la chasse arctique.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
La "révolution industrielle" qui avait atteint la vallée de la rivière Kymi au début des années 1870 fut un événement décisif de l'histoire économique de la Finlande. En l'espace d'une très courte période, des douzaines de scieries à vapeur, usines de traitement du bois et de carton furent créées souvent par des industriels étrangers en particulier Norvégiens et Allemands. Ce processus fut encouragé par l'attitude favorable des dirigeants russes à l'égard des activités commerciales du grand-duché fondé en 1809. La vallée de la Kymi profita en particulier de la construction d'installations permettant le flottage du bois et de la mise en place de coopératives de flottage grâce auxquelles les arbres des forêts vierges du centre de la Finlande parvenaient aux usines de traitement. Au même moment, comme partout en Finlande, une nouvelle classe sociale ouvrière fit son apparition.
La première usine située sur la rive occidentale des rapides de la Veriankoski fut fondée en 1872 ; elle connut des difficultés financières et ferma en 1876 après un incendie. Une nouvelle usine, plus grande avec des installations pour la production de carton fut construite en 1882 par deux papetiers, un Autrichien et un Allemand. L'un des principaux actionnaires était un homme d'affaires d'origine allemande et venant de Viipuri, Friedrich Wilhelm Dippell, qui peu après devint le principal actionnaire. La nouvelle usine fut de nouveau construite en bois mais elle fut installée un peu à l'écart des plus anciens bâtiments pour minimiser les risques d'incendie. La plus grande partie de la résidence de l'actuel propriétaire fut terminée en 1885. Bien que la majorité des ouvriers vive dans des maisonnettes sur les deux rives des rapides, un foyer de 17 chambres pour les ouvriers fut construit et terminé l'année suivante. Quand l'unité de séchage du carton brûla en 1892, elle fut remplacée par un bâtiment impressionnant de quatre étages en briques rouges dessiné par Carl Eduard Dippell, frère du propriétaire, à qui 1' on doit aussi tous les autres bâtiments qui survivent à Verla.
Bien que les bâtiments de Verla soient de style néo-gothique, style qui déjà à l'époque de leur construction était déjà dépassé. Ils étaient techniquement très en avance grâce, entre autre, à l'utilisation pour les planchers de l'usine de béton armé suivant le brevet Hennebique qui avait été homologué depuis trois ans seulement. Les installations industrielles, en revanche, étaient traditionnelles et n'ont été que très peu modifiées et modernisées entre 1882 et 1920.
Le transport des produits finis (majoritairement à destination de la Russie puis plus tard de l'Europe et des Etats-Unis) a toujours constitué un obstacle au développement de Verla. Au tout début, le bois broyé devait être acheminé jusqu'à la gare par bateaux sur des rivières tumultueuses ou en hiver sur des cours d'eau gelés. Quand la nouvelle voie de chemin de fer fut terminée en 1889, la distance se trouva réduite à 7 km, mais le transport assuré par des chevaux de trait sur de mauvaises routes resta un problème majeur.
A la mort de Wilhelm Dippell en 1906, Veda devint une société à responsabilité limitée qu'acheta Oy Kissakoski Ab, petite société de traitement du bois installée sur la même rivière. Cette société fut elle-même rachetée deux ans plus tard par l'actuel propriétaire, la société Kymmene. La production diminua régulièrement jusqu'à sa fermeture le 18 juillet 1964, date à laquelle le dernier des anciens ouvriers prit sa retraite. La société Kymmene décida de conserver le complexe industriel intact et d'en faire un musée du patrimoine industriel en le laissant dans 1 'état dans lequel il se trouvait au moment où le dernier ouvrier le quittait.
Source : évaluation des Organisations consultatives
Statistiques
Découvrez les photos de OUR PLACE the World Heritage Collection
