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Les Sassi et le parc des églises rupestres de Matera

Brève description

Situé dans la région du Basilicate, c'est l'exemple le plus remarquable et le plus complet d'un ensemble d'habitations troglodytiques de la région méditerranéenne, parfaitement adapté à son terrain et à son écosystème. La première zone habitée remonte au paléolithique et les habitations postérieures illustrent un certain nombre d'étapes importantes de l'histoire humaine.

Les Sassi et le parc des églises rupestres de Matera © UNESCO Plus d'images ...

Description longue

Les Sassi de Matera et leur parc sont un remarquable exemple d'habitat rupestre parfaitement adapté à sa situation géomorphologique et à son écosystème, et présentent une continuité de plus de deux millénaires. Ils sont un important témoignage d'habitat traditionnel et d'exploitation du territoire, qui illustre l'évolution d'une culture qui a su maintenir, au fil du temps, une relation harmonieuse avec son environnement naturel.

La région de Matera a été habitée par l'homme dès le paléolithique. C'est après le premier âge glaciaire que s'y développèrent les premiers villages, dont l'économie se fondait sur l'agriculture. La déforestation de la zone entraîna une importante érosion et créa un problème de gestion des eaux. L'invasion graduelle des champs par la garrigue et le maquis entraîna un passage de l'agriculture à la transhumance pastorale. Le développement de Matera s'explique par sa position géologique : une ceinture de tuf tendre située entre 350 et 400 m au-dessus du lit de la vallée renferme deux dépressions naturelles (grabialioni)  ; c'est là que se développa l'habitat. Le plateau argileux situé au-dessus était réservé à l'agriculture et à l'économie pastorale.

Avec les âges des métaux, la création de meilleurs outils permit de creuser plus facilement les tendres bancs de tuf et de calcaire affleurant dans les gravine (gorges ou canyons). Dès l'âge du bronze, on a témoignage du creusement de citernes et de tombes souterraines, et surtout de maisons rupestres qui ouvraient sur un espace central (jazzi). Les blocs de tuf extraits furent utilisés pour la construction de murs et de tours. Ces aménagements étaient plus facilement réalisables sur les côtés du ravin, où affleurait une couche de tuf plus tendre. La colonisation grecque favorisa l'introduction de technologies et de structures politiques plus développées, influencées par l'école pythagoricienne. Les habitats dispersés plus anciens se regroupèrent alors en centres de gouvernement urbains, ayant leurs propres rois (les Re Pastori ), qui formèrent dans certains cas de véritables villes. L'âpreté du paysage favorisa le développement d'un esprit de farouche indépendance, qui résista aux vagues successives d'envahisseurs postérieures à la période byzantine. La région exerça également une forte attraction sur les communautés monastiques et utopiques.

Cette organisation ne connut pas de changement notable jusqu'au XVIIIe  siècle. L'expansion et les interventions des XIXe et XXe  siècles conduisirent à l'abandon de l'ancien principe de gestion de la terre fondé sur l'alimentation en eau et le drainage jusqu'au plateau argileux situé au-dessus.

La plus ancienne forme de maison consiste en une simple grotte creusée dans le tuf, fermée par un mur construit avec les blocs ainsi extraits. Ce type d'habitat très simple fut ensuite agrandi par une salle voûtée (lamione) construite dans l'espace ouvert, et subit plus tard différentes adaptations et extensions importantes. Les maisons groupées autour d'une cour commune donnèrent naissance à la structure sociale du vicinato , dont les habitants partageaient un certain nombre d'installations, notamment une citerne. Le centre fortifié de la ville (cività), qui renferme la cathédrale, a été installé entre les deux sassi . Ateliers et greniers se trouvaient en dehors de la cività , qui était reliée aux sassi par des sentiers étroits et des escaliers. L'alimentation en eau était remarquablement organisée : recueillie sur le plateau situé au-dessus, elle descendait au niveau des maisons par la seule force de gravité. Avec la croissance de la ville, les maisons rupestres se multiplièrent, escaladant la colline ; dans nombre de cas, leurs toits servent de rues à celles qui se trouvent au-dessus. Les maisons devinrent progressivement plus imposantes, et l'on y construisit des jardins en terrasses à la Renaissance.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

La région de Matera est habitée depuis 1' époque paléolithique. Dès la fin de l'ère glaciaire, des villages protégés, permanents et agricoles sont apparus. La déforestation de la région a conduit à une érosion sévère avec pour conséquence des difficultés de gestion des ressources en eau. L'invasion progressive des champs par la garrigue et le maquis a eu pour résultat le passage de l'agriculture à l'élevage transhumant. L'introduction d'outils plus performants à l'âge des métaux a facilité le travail de la couche calcaire à la surface des ravines (gorges et canyons). On a découvert des citernes, des tombes ainsi que des habitations souterraines ouvertes sur un espace central (jazzi) datant de l'âge du bronze. Les blocs de calcaire mis à jour étaient utilisés pour la construction des murs et des tours. Ce procédé était plus facile sur les versants des ravines où la couche superficielle et tendre de tufa est accessible.

La colonisation grecque, sous l'influence de l'école pythagorienne, a introduit une technologie et une structure politique plus affinée. Les premiers campements dispersés se sont alors regroupés en centres urbains dirigés par leur propre roi ( i Re Pastori) qui sont ensuite devenus de vraies villes. L'aridité du paysage s'est traduite par un renforcement de l'esprit de forte indépendance qui a résisté aux vagues successives d'envahisseurs qui ont succédé à la période byzantine. Cette région a également attiré un bon nombre de communautés monastiques et utopistes.

Le développement de Matera résulte de sa situation géologique à savoir, une ceinture de calcaire tendre sur une épaisseur de 350 à 400 mètres au-dessus du lit de la vallée et deux dépressions naturelles (grabiglioni), ce qui a favorisé 1 'occupation humaine. Le plateau argileux qui dominait était réservé aux cultures et aux pâturages.

Cette organisation resta inchangée jusqu'au 18ème siècle. Les modifications et la croissance des 19ème et 20ème siècles vinrent modifier cet ancien principe de gestion territoriale basée sur l'alimentation et la distribution de l'eau jusque sur le plateau argileux. Le tissu originel urbain décrit par le géographe du 12ème siècle El Iarisi comme "magnifique et splendide" est vu par Carlo Levi dans "Le Christ s'est arrêté à Eboli" publié en 1945, comme le symbole de la misère de la vie paysanne dans l'Italie du sud. L'intérêt du gouvernement italien pour ce problème a abouti au cours des années 1950, à l'adoption d'une législation favorisant le relogement des habitants des vieux quartiers dans de nouveaux immeubles et à la désertification du centre ville.

Source : évaluation des Organisations consultatives