jump to the content
  •  

Ensembles monumentaux Renaissance de Úbeda et Baeza

Brève description

Les deux petites villes d’Úbeda et Baeza, dans le sud de l’Espagne, ont été dotées de leur forme urbaine à la période mauresque, au IXe siècle, et après la Reconquista au XIIIe siècle. Elles ont connu d’importants changements au XVIe siècle, lorsque les villes ont subi des travaux de rénovation dans l’esprit de la Renaissance. Ces initiatives urbanistiques furent le reflet de l’introduction en Espagne des idées humanistes venues d’Italie. Ces idées ont également exercé une influence importante sur l’architecture d’Amérique latine.

Ensembles monumentaux Renaissance de Úbeda et Baeza © Jose Manuel Plus d'images ...

Justification d'inscription

Critère (ii): Les exemples de conception architecturale et urbaine du XVIe siècle à Úbeda et Baeza ont contribué à l’introduction des idées de la Renaissance en Espagne. Grâce aux publications d’Andréa Vandelvira, architecte principal du projet, ces exemples ont égalementé été diffusés en Amérique latine. Critère (iv): Les villes d’Úbeda et de Baeza constituent les premiers exemples exceptionnels d’architecture et d’urbanisme de la Renaissance en Espagne au début du XVIe siècle.

Description longue

[Uniquement en anglais]

The examples of architectural and urban design in Úbeda and Baeza were instrumental in introducing to Spain of Italian Renaissance design criteria, but had their origins in the Islamic period. The exceptional feature of this cities lies on the fact that they have structured in a dual complementary and inseparable fashion. This duality makes them operate in many aspects as a single city, with their own affinities and features and differential shades of meaning characterizing their morphology and historical development until present times. The central areas of Úbeda and Baeza constitute outstanding early examples of Renaissance civic architecture and urban planning in Spain in the early 16th century, and achieved exceptional development characterized by the influence of humanism. This development of constructive solutions in the field of stereotypy made it possible to adopt complex architectural solutions, which have had an evidenced and relevant impact on the architecture of Spanish America, confirming, in this versatile way of dialogue with the American cultural world, their character of an open and universal project.

The two small towns, Úbeda and Baeza, some 10 km from each other, are located in southern Spain between the regions of Castile and Andalusia, on the northern slopes of the valley of the Guadalquivir River. Being on the frontier of the two regions, the towns have assumed a character of contrasts, which is reflected in the urban fabric that is of Arabic and Andalusian origin and more northern influences. In the 8th century Moorish conquest the towns became fortresses, which quickly attracted fortified urban settlement with a characteristic layout of narrow irregular streets. Úbeda was conquered by he Christian army of Ferdinand III in 1233-34, playing a role as a frontier fortress after the fall of Granada in 1492. Baeza, a minor settlement in the Roman times, was taken over by the Christians in 1226-27. Both towns prospered for a time in the 16th century, and have survived until the present day. They are an exceptional example of the distribution of urban functions, so that the sum of the monumental site of Baeza (public, ecclesiastic and educational) and of Úbeda (aristocratic and palaces) make up a complete Renaissance urban scheme of high architectural quality.

Úbeda is almost square in form, with the site of the Alcázar in the south-east corner, which remained with no specific use. From here the streets spread towards the town gates. The medieval focus of the town was the mosque, transformed into the cathedral church, and the market in the centre of the urban area. There are still several medieval churches and convents, built in Gothic-Mudejar style. The renovation from the 16th to 19th centuries resulted from improved economy. Of this time the most important historic buildings include the Palace of Francisco de los Cobos, designed by Luis de Vega (now in municipal use); funerary chapel of El Salvador del Mundo; Palace of Vázquez de Molina; Hospital Honrados Viejos; Palace of the Déan Ortega (now a tourist hotel); Pósito (now a police station); Palace of the Marqués de Mancera (now a convent); Cárcel del Obispo (Bishop's Prison, late 16th century, now a law court); and Church of Santa María.

In Baeza the former Alcázar, facing south-west, has an oval form. In its general character the town resembles Úbeda, with its spontaneously grown urban layout and the winding narrow streets. The most representative buildings of Baeza are situated in an axis starting from the Plaza de Santa María and running through the steep Cuesta de San Felipe down to the Cañuelo Gate. The dominant reference point is the cathedral; in front of it are the Casas Consistoriales Altas, which is currently not in use. The Fountain of Santa María occupies a prominent position in the small square facing the cathedral, and then comes the former Seminary of St Philip Neri (1598-1660), now used as administrative offices for the Junta de Andalucía. Adjoining it is the Jabalquinto Palace of the late 15th century, currently not in use, and facing it is the Colegio de las Madres Filipenses, with the 13th-century Church of Santa Cruz beyond. The ensemble is completed at its lower end by the University, constructed in the second half of the 16th century.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Les origines d'Ubeda comme celles de Baeza sont anciennes. Avec la conquête maure du VIIIe siècle, elles devinrent des forteresses qui attirèrent rapidement un peuplement urbain fortifié au tracé caractéristique de petites rues étroites et irrégulières. Ubeda s'appelait Bétula à l'époque ibère, Ebdete à l'époque romaine et Obdaz ou Obdazza à l'époque arabe. Elle fut conquise par l'armée chrétienne de Ferdinand III en 1233/1234, jouant le rôle de poste frontière fortifié après la chute de Grenade en 1492. Baeza était pour sa part un peuplement mineur à l'époque romaine (Beatia ou Biatia) mais elle prit de l'importance sous le joug arabe. Elle fut reconquise par les Chrétiens en 1226/1227, et resta un lieu de stationnement des armées conquérantes. Les deux villes connurent une brève période de prospérité au XVIe siècle et furent alors partiellement rénovées.

À l'époque maure, jusqu'au XIIIe siècle, les deux villes avaient leur Alcazar, la citadelle qui servait également de résidence au gouverneur. À l'extérieur de la citadelle s'est développée une zone urbaine, entourée de murailles fortifiées. Le réseau des rues a connu une expansion organique, reliant la citadelle aux portes de la ville. Au centre de la ville se dressait la mosquée et, à côté probablement, le marché, tandis que de petits peuplements s'érigeaient à l'extérieur des murs de la ville. C'est à cette époque que les deux villes ont pris la forme qu'elles ont fondamentalement conservée depuis.

Après la Reconquista au XIIIe siècle, les zones rurales furent initialement abandonnées. Les villes acquirent certains privilèges qui leur permirent de développer une nouvelle oligarchie urbaine. Le tissu urbain demeura fondamentalement islamique, mais il y eut quelques travaux de rénovation dans les maisons et de réparation des remparts. L'Alcazar perdit sa fonction mais demeura une plaza de armas. Un nouveau centre se développa dans la ville elle-même. À Ubeda, l'ancienne mosquée devint une église, flanquée d'un marché. La Place de San Paolo de Baeza connut une évolution similaire. Des couvents et des monastères firent leur apparition, souvent dans le style Mudéjar.

Le développement le plus important a eu lieu entre le milieu du XVe siècle et le XVIe siècle. L'économie connaît alors une amélioration grâce à l'essor des activités agricoles, la culture d'olives et de vignobles. La société reste extrêmement hiérarchisée, et l'économie est aux mains d'une petite minorité de nobles et de l'Église. Le tissu urbain général n'enregistre aucun changement fondamental, plusieurs interventions apportent des traits nouveaux aux deux villes. La muraille qui séparait l'Alcazar de la ville est abattue, tandis que de nouvelles habitations et de nouveaux bâtiments publics sont édifiés sur les terrains encore libres à proximité de l'ancien Alcazar : d'où l'apparition d'un deuxième pôle d'activités. La ville s'étend également un peu plus au-delà des fortifications.

Du XVIIe au XIXe siècle, les villes sont abandonnées et la production agricole enregistre un déclin spectaculaire. Au XIXe siècle, les terres de l'Église sont confisquées et les petites exploitations agricoles se développent. Au XIXe et au XXe siècle, les vieilles villes connaissent une certaine transformation, mais le développement principal se poursuit hors de l'enceinte.

Source : évaluation des Organisations consultatives