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Châteaux d'Augustusburg et de Falkenlust à Brühl

Brève description

Dans le cadre idéal d'un paysage de jardins, le château d'Augustusburg, somptueuse résidence des princes-archevêques de Cologne, et le pavillon de Falkenlust, petite « folie » champêtre, sont parmi les premières manifestations du style rococo dans l'Allemagne du XVIIIe siècle.

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Description longue

Augustusburg et Falkenlust sont les premières réalisations importantes du style rococo en Allemagne. Pendant plus d'un siècle, ces deux châteaux ont servi de modèles pour la plupart des cours princières. Comme la résidence de Wurtzbourg, ils sont, avec leurs jardins, des exemples remarquables de grandes résidences princières du XVIIIe siècle.

Placé au cœur d'un jardin idyllique, le château d'Augustusburg, la somptueuse résidence du prince-archevêque de Cologne, et le pavillon de chasse de Falkenlust, une petite folie champêtre, sont parmi les plus anciens exemples d'architecture rococo du XVIIIe siècle en Allemagne.

Chef-d'œuvre du rococo, le château d'Augustusburg se rattache directement à la grande architecture européenne de la première moitié du XVIIIe siècle. En 1715, Josef-Clemens de Bavière, prince électeur de Cologne, projeta la construction d'une grande résidence à Brühl, sur les fondations d'un château médiéval. Il consulta un architecte français, Robert de Cotte, qui envoya des plans. Toutefois, ce projet ne fut pas immédiatement retenu, et le prince électeur Clemens-August, qui était moins francophile que son père, rejeta les propositions de De Cotte et fit appel, en 1725, à un architecte westphalien, Johann Conrad Schlaun, pour construire le château qui devait porter son nom.

Schlaun travailla trois ans au château. Avant son départ, en 1728, il construisit, avec moins de génie créatif que de sens de l'économie, un édifice formé de trois corps de bâtiment qui incorpore les ruines médiévales et la tour nord du château antérieur. Sous l'influence de son successeur, le style français connut un regain de faveur ; cependant, François de Cuvillies, qui avait été prêté à son parent par l'électeur de Bavière, représentait un courant du classicisme distinct de celui de De Cotte. Architecte à la cour de Munich depuis 1724, il prisait avant tout un type d'ornement fondé sur un système d'asymétrie et sur l'invention, inspiré de Meissonnier.

La tendance baroque engendrée par le style rococo des années de la Régence trouva un terrain fertile dans l'Empire allemand, où le rococo s'imposa à Vienne comme à Munich, en faisant se côtoyer dans les mêmes travaux artistes autrichiens, bavarois, italiens et français. Le château d'Augustusburg, audacieuse réussite architecturale qui remplaça le terne édifice construit par Schlaun, et le pavillon de chasse de Falkenlust, éblouissante création réalisée ex nihilo, sont parmi les meilleurs exemples de cet art international d'un faste sans précédent.

À Augustusburg, dans le corps de bâtiment central, l'escalier de Balthasar Neumann unit en une extraordinaire structure, par la magie d'un mouvement animé, marbre et stucs, colonnes de jaspe et caryatides, qui culminent dans l'étonnant plafond à fresque peint par Carlo Carlone. Ce chef-d'œuvre de génie créatif dessert les ailes de la galerie et les appartements privés, qui sont organisés selon une hiérarchie d'effets remarquablement agencée. Le décor bon enfant du nouveau grand appartement d'été, avec ses revêtements de faïence des Pays-Bas, est en opposition manifeste avec le programme « officiel » du château.

Falkenlust est une maison de campagne précédée par des avant-corps symétriques. Au rez-de-chaussée, un salon ovale est conçu selon la même inspiration architecturale, pleine d'improvisation, de charme et de liberté. Dans la chapelle, le Bordelais Laporterie a créé une étonnante grotte marine en tapissant les murs de coquillages et de concrétions. Les vastes jardins, dessinés en une seule campagne, s'opposent et se complètent à la fois. À Augustusburg, Dominique Girard, élève de Le Nôtre, s'est montré très sensible au décorum, en multipliant les rampes monumentales et les parterres de fleurs symétriques, comme ceux des jardins de Nymphenburg, de Schleissheim et du Belvédère à Vienne, dont il fut aussi l'architecte. À Falkenlust le paysage, bien que soigneusement planifié, réussit cependant à donner l'illusion d'un site naturel.

Source : UNESCO/CLT/WHC