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Parc national du Darien

Darien National Park

Forming a bridge between the two continents of the New World, Darien National Park contains an exceptional variety of habitats – sandy beaches, rocky coasts, mangroves, swamps, and lowland and upland tropical forests containing remarkable wildlife. Two Indian tribes live in the park.

Parc national du Darien

Pont naturel entre l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale, le parc du Darien présente une exceptionnelle variété d'habitats : plages de sable, côtes rocheuses, mangroves, marécages, forêts tropicales de basse et moyenne altitude abritant une faune et une flore remarquables. Deux tribus indiennes vivent dans le parc.

منتزه داريان الوطني

يوفر منتزه داريان الذي يشكل جسرًا طبيعيًا بين اميركا الجنوبية واميركا الوسطى، تنوعًّا استثنائيًّا من المساكن: الشواطئ الرملية والسواحل الصخرية والمنغروف والمستنقعات والغابات الاستوائية المنخفضة والمتوسطة الارتفاع التي تأوي مجموعة فريدة من الحيوانات والنباتات. ولا بد من الاشارة الى ان قبيلتَيْن هنديتَيْن تعيشان في المنتزه.

source: UNESCO/ERI

达连国家公园

达连国家公园成为连接新世界两个大洲间的桥梁,这里拥有非常丰富的地理环境,如沙滩、岩石海岸、红树林、沼泽和洼地以及山地热带丛林,其间生长着奇异的野生动植物。公园里还有两个印第安部落。

source: UNESCO/ERI

Национальный парк Дарьен

Находящийся на границе двух континентов Нового Света, этот парк включает самые разнообразные ландшафты: песчаные пляжи, скалистые берега, мангры, болота, равнинные и горные влажно-тропические леса, – и все это насыщено многообразной дикой жизнью. На территории парка проживают два индейских племени.

source: UNESCO/ERI

Parque Nacional del Darién

Nexo natural entre Sudamérica y Centroamérica, el Parque Nacional del Darién posee una excepcional variedad de hábitats –playas de arena, litorales rocosos, manglares, marismas y bosques tropicales de tierras altas y bajas– que albergan una fauna y flora excepcionales. Dos tribus indias pueblan el territorio del parque.

source: UNESCO/ERI

ダリエン国立公園

source: NFUAJ

Nationaal park Darien

Het nationaal park Darien vormt een brug tussen de twee continenten van de Nieuwe Wereld. Het strekt zich uit langs ongeveer 80% van de grens met Colombia en omvat een deel van de kust van de Stille Oceaan. Dit park bevat een uitzonderlijke verscheidenheid aan leefgebieden: zandstranden, rotsachtige kusten, mangroves, moerassen en laag- en hoogland met tropische wouden. De wouden herbergen veel bijzondere in het wild levende dieren, zoals reuzenmiereneters, luipaarden, tapirs en kaaimankrokodillen. Het gebied is zowel antropologisch als historisch van belang vanwege twee grote inheemse groepen: de Choco en Kuna indianen en een aantal kleinere groepen die nog leven volgens traditionele praktijken.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Parc national du Darien s’étend sur 575 000 hectares de la province de Darien, dans le sud-est du Panama. Le Darien est la plus vaste aire protégée du Panama et l’une des plus vastes et des plus précieuses aires protégées d’Amérique centrale. Le bien comprend une bande sur la côte pacifique et la quasi-totalité de la frontière avec la Colombie voisine, dont une frontière commune avec le Parc national de Los Katios, également classé au patrimoine mondial. Du niveau de la mer au sommet du Cerro Tacarcuna à 1 875 m d’altitude, le bien offre une exceptionnelle variété d’écosystèmes et d’habitats côtiers, de plaine et de montagne. On y trouve des plages de sable, des rivages rocheux et des mangroves le long de la côte, de très nombreuses zones humides, des rivières et des criques, des forêts de palmiers et de nombreux types de forêts pluviales, dont la plus vaste forêt pluviale de plaine de la côte pacifique de l’Amérique centrale. Le bien possède aussi une diversité culturelle et ethnique, comme le montrent d’importantes découvertes archéologiques ; de plus, des descendants d’Africains et des tribus autochtones embera, wounaan, kuna et autres continuent à y vivre. Le Parc national du Darien a été tout à fait pionnier en incluant explicitement une dimension culturelle dans la gestion et la conservation d’une aire protégée.

La vaste superficie et l’éloignement ajoutés à une vaste gamme d’habitats favorisent la poursuite des processus de l’évolution dans une zone importante à la fois sur le plan culturel et par la diversité exceptionnelle de sa flore et de sa faune avec un fort taux d’endémisme dans de nombreux groupes taxonomiques. Les recherches futures permettront sans doute de nouvelles découvertes mais des centaines de vertébrés et des milliers d’invertébrés ont déjà été répertoriés. Parmi la liste impressionnante des 169 espèces de mammifères documentées, on trouve l’atèle à tête brune dangereusement menacé d’extinction, le tapir de Baird menacé, le vulnérable fourmilier géant, ainsi que des espèces quasi menacées comme le jaguar, le chien des buissons et le pécari à lèvres blanches. Plus de 530 espèces d’oiseaux ont été recensées, dont l’ara de Buffon menacé, le vulnérable grand hocco, ainsi qu’une importante population de harpies féroces, espèce quasi menacée.

Critère (vii) : La diversité des caractéristiques naturelles du bien, à l’échelle d’un vaste paysage en majorité non perturbé, est impressionnante. Depuis la côte pacifique jusqu’au plus haut pic de la province de Darien, le Parc national du Darien est l’une des régions les plus diverses de toute l’Amérique centrale, avec une extraordinaire gamme de paysages. Les principaux massifs montagneux, le massif du Darien au nord, de Pirre et de Setetule au milieu du bien, et du Sapo et du Jarado au sud, sont d’origine volcanique comme le montre la présence de tuf et de lave. Le bien comporte de nombreux beaux cours d’eau et criques, notamment le puissant fleuve Tuira et la rivière Balsas qui constituent ses artères. Essentiels pour la faune sauvage, ce sont aussi actuellement les seuls moyens d’accès et de transport pour les habitants, les chercheurs, les visiteurs et le personnel du Parc qui peuvent ainsi se rendre dans la plus grande partie du bien.

Critère (ix) : Sur le plan biogéographique, l’emplacement à l’extrémité la plus méridionale du pont de terre géologiquement « jeune » reliant l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale donne un cadre rare et fascinant pour la science. Le Parc national du Darien se trouve dans la région des premiers contacts et échanges entre deux grandes masses terrestres précédemment isolées, ce qui explique sa biodiversité. Le bien est à la limite méridionale d’éléments de flore et de faune mésoaméricains, tout en subissant aussi l’influence d’éléments des forêts pluviales d’Amérique du Sud ; c’est un lien entre l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud jusqu’à l’Amazone. Le bien comprend les plus vastes forêts tropicales de plaine de la côte pacifique d’Amérique centrale, ce qui permet la conservation et le maintien de processus écologiques et d’évolution à grande échelle. La transition altitudinale ininterrompue de divers types de forêts – depuis les forêts de plaines côtières jusqu’aux forêts de montagne – permet la migration de nombreuses espèces, offre un vaste cadre de plus en plus rare et une interaction entre différents écosystèmes qui contribue à la résilience face au changement climatique prévu.

Critère (x) : Des centaines de vertébrés et des milliers d’invertébrés ont été répertoriés dans le Parc national du Darien. La recherche détaillée étant encore rare, il est quasiment certain qu’il existe un potentiel de futures découvertes, spécialement dans le domaine des forêts de brouillard d’altitude, mal connues et isolées. Parmi la liste impressionnante des 169 espèces de mammifères documentées, on trouve l’atèle à tête brune dangereusement menacé d’extinction, le tapir de Baird menacé, le vulnérable fourmilier géant, ainsi que des espèces quasi menacées comme le jaguar, le chien des buissons et le pécari à lèvres blanches. Les nombreuses autres espèces charismatiques incluent le puma, l’ocelot, le margay et le jaguarondi. L’avifaune est très riche, avec 533 espèces décrites, comme par exemple l’ara de Buffon menacé, le vulnérable grand hocco, ainsi qu’une importante population de harpies féroces, espèce quasi menacée. Il existe aussi une remarquable diversité de reptiles et d’amphibiens, avec 99 et 78 espèces respectivement confirmées. L’inventaire sans doute incomplet des poissons d’eau douce compte 50 espèces. L’endémisme est considérable dans de nombreux groupes taxonomiques de flore et de faune. On compte même plusieurs essences d’arbres endémiques parmi les plus de 40 plantes endémiques enregistrées. Un certain nombre de mammifères endémiques ne se trouvent plus qu’à l’intérieur du bien, par exemple l’orthogeomys du Darien et l’opossum-souris noir.

Intégrité

Avec ses quelque 575 000 ha, le Parc national du Darien est de loin la plus vaste aire protégée du Panama conservant un paysage diversifié et en grande partie inchangé. La taille et l’inaccessibilité du bien, ainsi que toute la gamme de variations d’altitudes – de la côte du Pacifique au plus haut sommet de la province – s’ajoutent aux perspectives prometteuses de conservation. Il convient aussi d’ajouter qu’il existe plusieurs autres aires protégées dans la région proche, dont, évidemment, le Parc national de Los Katios, bien du patrimoine mondial de 72 000 ha en Colombie toute proche. Contrairement à ce qui se passe dans les petites aires protégées qui deviennent de plus en plus isolées, cette situation permet le maintien de populations viables de flore et de faune, y compris de grands prédateurs, à condition de pouvoir assurer une gestion efficace. Du point de vue de l’intégrité, il convient de noter que le bien donne sur une partie du Pacifique connue pour ses très hautes valeurs de conservation, comptant de nombreuses espèces de cétacés, des prédateurs marins occupant le sommet de la chaîne alimentaire et plusieurs espèces de tortues marines. Compte tenu de l’interaction entre les écosystèmes marins et terrestres, comme on le voit de manière saisissante dans les vastes mangroves, une prise en compte intégrée des valeurs marines dans les stratégies de conservation pourrait encore ajouter à l’intégrité du Parc national du Darien. L’intégrité du Parc pourrait cependant être menacée à l’avenir par différents facteurs : modifications possibles des modèles d’utilisation des ressources, intensité des pressions des habitants du bien, impacts de l’avancée de la frontière agricole dans les régions voisines, et achèvement possible de la route panaméricaine ainsi que d’autres infrastructures.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Une partie de ce qui constitue aujourd’hui le bien est sous protection officielle depuis 1972, date de création de la Forêt de protection du haut Darien. Cette dernière a été reclassée en Parc national par Décret présidentiel en 1980. Le statut de patrimoine mondial depuis 1981 et le classement international en Réserve de biosphère par l’UNESCO, ainsi que le classement de certaines parties du site par la Convention de Ramsar augmentent encore le degré de reconnaissance et la protection. Le Parc national du Darien appartient à l’État mais les systèmes fonciers coutumiers des habitants autochtones sont acceptés dans une partie du bien. Initialement géré par l’Institut national pour les ressources naturelles renouvelables (INRENAREA), le Parc national du Darien est aujourd’hui placé sous l’autorité du Bureau national de l’Environnement (ANAM). L’ANCON, organisation privée à but non lucratif, a été un très important soutien à long terme, auquel se sont ajoutées des contributions techniques et financières de divers organismes internationaux et non gouvernementaux. Une particularité de cet emplacement proche de la frontière est l’importance stratégique des forêts de montagne très denses du Bouchon de Darien, véritable barrière naturelle contre les maladies du bétail, avec des contraintes juridiques correspondantes applicables à certaines parties du Parc.

Malgré sa taille, son emplacement isolé et sa proximité d’aires de conservation adjacentes au Panama et en Colombie voisine, le bien n’a pas échappé aux pressions humaines. Il convient donc de s’engager davantage dans une gestion participative des ressources naturelles avec les communautés qui résident à l’intérieur du bien, dans le respect des droits locaux mais en empêchant la réalisation d’aménagements incompatibles avec les objectifs de la conservation. Le zonage sert d’outil de gestion efficace à cet égard. L’avancée de la frontière agricole et la colonisation associée aux abords du bien ont entraîné une déforestation massive et l’extraction de bois d’œuvre et ces activités se poursuivent dans les zones mal contrôlées. Il est nécessaire de réagir pour empêcher la réalisation d’aménagements indésirables dans le périmètre du bien. Cet emplacement frontalier pose certains problèmes, y compris des problèmes de sécurité, mais ouvre aussi des perspectives, comme par exemple la coopération et la coordination avec le Parc national de Los Katios en Colombie voisine, bien du patrimoine mondial possédant un même écosystème et une histoire culturelle et ethnique commune. La question d’un plus important développement de la région transfrontalière est débattue de façon controversée depuis des décennies. L'éventuel achèvement de la route panaméricaine suscite des craintes particulières car cela risque d’entraîner des changements fondamentaux dans une région qui reste difficile d’accès. D’autres projets potentiels d’infrastructures exigent également des évaluations approfondies des avantages et des impacts négatifs sur le plan social et environnemental.

Description longue
[Uniquement en anglais]

Darien National Park is located in the Province of Darien to the east of Santa Fe and the Gulf of San Miguel. It extends along about 80% of the Colombian border and includes part of the Pacific coast. The Darién, Sapo, Jungurudo and Pirre mountain ranges are found within the site as well as the Jurado mountain chain and basins of the Tuira, Balsas, Sambu, Jaqué rivers and part of the Chucunaque River. Access is by river and heavy truck.

The area has been under protection since 1972, with the establishment of Alto Darién Protection Forest and was declared a national park on 1980. This park is in a unique geographical position, as it forms a land-bridge between the Central and South American continents. It has emerged from below sea level on several occasions, the most recent being in the early Pleistocene. The Pacific tides influence the Chucunaque and Tuira rivers for many kilometres inland. Natural erosion has resulted in numerous landslides with deep cuts and gorges.

Darién contains a wide range of habitats: sandy beaches, rocky coasts, mangroves, freshwater marshes, palm forest swamps and lowland and upland moist tropical forest. The eroded landslides and associated gorges have given rise to successional plant communities, with major tracts of primary and secondary forests covering most of the terrain. The average height of the monsoon forest is approximately 40 m with occasional dominant trees reaching 50 m. The most abundant species in the area is cuipo. Premontane and montane forests occur above 200 m, with several types of botanically interesting ecosystem including cloud forest and the elfin forest of Cerro Pirre. Wetland forest along the Chucunaque and Tuira rivers is often covered by pure stands of cativo, this species being the most utilized timber tree in the region, and mangroves along the Pacific coast.

There have been few studies of the fauna. Mammals include bush dog, giant anteater, jaguar, ocelot, capybara, douroucoulis, howler monkey, brown-headed spider monkey, Baird's tapir, agoutis and white-lipped peccary. Harpy eagle also occurs in the park, as do Cayman crocodile and American crocodile.

The area is both anthropologically and historically rich, with two major indigenous groups: Chocó and Kuna Indians and a number of smaller groups still living by traditional practices. The area was visited by Spanish conquistadors and the coast was explored by Christopher Columbus in 1502. In 1510, the town of Santa Maria la Antigua del Darién was established probably somewhere within the park boundaries. As a result of the Spanish presence and mistreatment, many of the Indians moved away. Today, conservation of the Indian's culture is included as a management objective. There are a number of archaeological sites.

Two Indian tribes live in the park along the edges of the rivers: approximately 1,000 Chocó and 200 Kuna Indians. These groups have maintained their subsistence agricultural systems through centuries of European contact. On the western boundary of the park are a number of small farming plots whose owners have no title deeds.

Source : UNESCO/CLT/WHC