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Sites d’art rupestre de Kondoa

Brève description

Dans cette zone de 2 336 km2 située sur les versants orientaux de l’escarpement masaï bordant la grande vallée du rift, on trouve des abris sous roche naturels, surplombant des dalles de roches sédimentaires fragmentées par les failles du rift, dont les plans verticaux ont servi de support à des peintures rupestres pendant au moins deux millénaires. La collection spectaculaire d’images - souvent d’une grande valeur artistique - réparties dans plus de 150 abris présente des séquences qui constituent un témoignage unique de l’évolution socio-économique de la région, des chasseurs-cueilleurs aux sociétés agro-pastorales, et des croyances et idées qui leur sont associées. Les gens habitant aux environs des abris continuent de les associer à des pratiques rituelles.

Région de Dodoma © UNESCO Plus d'images ...

Valeur exceptionnelle

Critère (iii) : Les sites d'art rupestre de Kondoa sont un témoignage exceptionnel sur  la vie des chasseurs-cueilleurs et des paysans qui ont vécu dans la région pendant plusieurs millénaires ; ils constituent une variante unique de l'art des chasseurs cueilleurs d'Afrique australe et d'Afrique centrale, et une forme unique de peintures agro-pastorales.

Critère (vi) : Certains des sites d'art rupestre demeurent activement utilisés par les communautés locales pour diverses activités rituelles : invocation de la pluie, divination, guérison. Ces liens immatériels forts entre les peintures et les pratiques vivantes renforcent les liens avec les sociétés qui ont créé ces peintures, et prouvent une continuité culturelle cruciale.

Description historique

L'existence de peintures rupestres dans la région fut signalée pour la première fois en 1908 par des missionnaires travaillant à proximité de Bukoba. Le premier compte rendu publié parut en 1929, dans le cadre d'un article de TAM Nash publié dans le Royal Anthropological Institute Journal. Louis Leakey explora le site dans les années 1930 et, en 1936, présenta une tentative de classification stylistique dans son ouvrage Stone Age in Africa. H. Fosbrooke entreprit la première étude et le premier programme d'inventaire à la fin des années 1940, qui aboutit à la publication des Tanganyika Notes and Records Special Publication Series. Louis Leakey, toujours intéressé par le site, élabora une étude théorique des styles suggérant un art très ancien. Peu d'érudits acceptèrent ces dates, d'autres jugeant les peintures d'un intérêt plus ethnographique qu'archéologique.

West entreprit des fouilles en 1964, suivi par Masao à la fin des années 1970. Plus récemment, Mapunda et Kessy ont effectué des fouilles sur plusieurs sites de Pahi et de Baura, y trouvant des vestiges de fours de fusion, de tuyères, de mâchefer et de poteries de l'âge du fer.

Le public découvrit le site grâce à la publication de l'ouvrage de Mary Leakey Africa's Vanishing Art: The Rock Paintings of Tanzania, en 1983. Celui-ci se fondait sur le calquage de certaines des images.

Les travaux les plus récents ont été menés par Fidelis Masao en 1979 et en 1980, et par Emmanuel Anati en 1980 et 1981.

Malheureusement, les dossiers de toutes ces interventions sont éparpillés et les informations qui en ont été tirées ne sont pas facilement accessibles. Le dossier de proposition d'inscription reconnaît « la nécessité pour le département des Antiquités de créer une base de données pour toute la documentation réalisée à ce jour ». Tant que cela n'est pas fait, aucune évaluation globale de l'étendue et du contenu du site n'est possible. Le dossier de proposition d'inscription ne peut même pas dire combien il existe de sites ou d'images sur le site, ni en quoi les images de la zone proposée pour inscription sont apparentées à l'art rupestre de la région voisine de Singida, d'Iramba et du lac Eyasi, à l'ouest. Une étude et une analyse statistique s'imposent pour estimer l'étendue du site et ses liens, par exemple, avec la région de Singida à l'ouest.

Source : évaluation des Organisations consultatives