Paysage culturel de la vallée de l’Orkhon
Brève description
Le paysage culturel de la vallée de l’Orkhon, d’environ 121 967 ha, couvre une vaste zone de pâturages sur les deux rives de l’Orkhon et comprend de nombreux vestiges archéologiques remontant au VIe siècle. Le site englobe également Karakorum, capitale aux XIIIe et XIVe siècles du vaste empire de Chingis (Gengis) Khan. Les vestiges du site reflètent les liens symbiotiques entre les sociétés pastorales nomades et leurs centres administratifs et religieux, et l’importance de la vallée de l’Orkhon dans l’histoire de l’Asie centrale. Les herbages sont encore utilisés aujourd’hui par les bergers nomades de Mongolie.
Justification d'inscription
Critère (ii) : La vallée de l’Orkhon démontre clairement la manière dont une culture nomade forte et pérenne a conduit au développement de réseaux commerciaux étendus et à la création de grands centres administratifs, marchands, militaires et religieux. Les empires que ces centres urbains ont soutenus ont sans aucun doute influencé des sociétés à travers l’Asie et en Europe et à leur tour ont absorbé des influences à la fois de l’Orient et de l’Occident dans un véritable échange de valeurs humaines.
Critère (iii) : À la base de tout le développement de la vallée de l’Orkhon sur les deux derniers millénaires se trouve une culture solide de pastoralisme nomade. Cette culture est toujours une pièce maîtresse révérée de la société mongole et elle est hautement respectée en tant que mode de vie « noble » en harmonie avec le paysage.
Critère (iv) : La vallée de l’Orkhon est un exemple exceptionnel de vallée illustrant plusieurs étapes significatives de l’histoire humaine. Avant tout, elle était le centre de l’empire mongol. En second lieu, elle reflète une variation du pouvoir turc propre à la Mongolie. En troisième lieu, le monastère de l’ermitage de Tuvkhun fut le berceau du développement d’une forme mongole du bouddhisme. Quatrièmement, Kharabalgas reflète la culture urbaine ouïgoure de la capitale de l’empire ouïgour.
Description longue
[Uniquement en anglais]Orkhon Valley clearly demonstrates how a strong and persistent nomadic culture led to the development of extensive trade networks and the creation of large administrative, commercial, military and religious centres. The empires undoubtedly influenced societies across Asia and into Europe and in turn absorbed influence from both east and west in a true interchange of human values. This culture is still a revered and indeed central part of Mongolian society and is highly respected as a 'noble' way to live in harmony with the landscape. The valley itself is an exceptional illustration of several significant stages in human history, reflecting its role as the centre of the Mongolian Empire, a special Mongolian variation of Turkish power, the Tuvkhun hermitage monastery as the setting for the development of a Mongolian form of Buddhism, and Khar Balgas as the capital of the Uighur Empire.
This cultural landscape is in central Mongolia, some 360 km south-west of Ulan Bator, the capital, along the Orkhon River, which flows north, draining into Lake Baikal across the border in Russia. Over 90% of Mongolia's huge land area is high-level pasture or desert wasteland, at an average altitude of around 1,500 m. Water is at a premium and the river valleys have therefore assumed great importance, becoming the focus for settlements of various kinds. In Mongolia, nomadic pastoralism, the grazing of horses, sheep, goats, cows and camels, is perceived as much more than the objective technical demands of pastoral life: it is revered and glorified as the heart of Mongolian culture. In turn Mongolian nomadic culture is part of a much wider distinctive nomadic pastoral culture, embracing many other people besides the Mongols and extending across central Asia. Over at least the past two millennia these nomadic cultures, through economic, political and cultural links, have made an immense impact on the sedentary cultures with which they interacted across Asia and into Europe. Nomadic pastoralists spent their lives moving their herds from one pasture to another, sometimes covering vast distances each year. They operated and moved across their territory within strictly regulated and controlled ways, linked to the specific designation and use of grazing grounds and to territorial rights and social units. Underpinning this movement were fixed points, which could be cities, providing centres of government, crafts, trade and commerce, or religious sites, such as temples and funerary areas. The density of such fixed points varied enormously across the vast Eurasian steppes.
Orkhon Valley Cultural Landscape is one of the key areas in Mongolia where the links between nomadic pastoralism and the associated settlements can be see most clearly, where there is a high density of remains, and where above all these remains are of national and international importance. Orkhon Valley was at the centre of traffic across the Asian steppes and became the capital of first the Uighur Empire and then the Mongol Empire, which described itself as 'the greatest empire the world has ever known'.
The broad, shallow river valley provides water and shelter, key requisites for its role as a staging post on the ancient trade routes across the steppes, such as those now known as the Silk Road, and for its development as the centre of two of the vast Central Asian empires.
The main monuments are open to the public. They include the Turkish Memorials of Khosho Tsaidam; the ruins of Khar Balgas City and Kharkhorum City; Erdene Zuu Monastery; Tuvkhun Hermitage Monastery; Shankh Western Monastery; the Palace at Doit Hill; the ancient towns of Talyn Dorvoljin, Har Bondgor and Bayangol Am; many deer stones and ancient graves; the sacred mountains of Hangai Ovoo and Undor Sant; and the long tradition of nomadic pastoralism.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
La Mongolie contemporaine ne comprend qu'une moitié environ de la vaste région d'Asie intérieure connue tout au long de l'histoire comme la Mongolie. Ce n'est aussi qu'une fraction du grand empire mongol de Gengis Khan, qui s'étendait aux XIIIe et XIVe siècles de la Corée à la Hongrie, couvrant la quasi totalité de l'Asie, à l'exception des sous-continents indiens et de parties de l'Asie du Sud- Est. C'était le plus grand empire de terres contiguës que le monde ait jamais connu. Nombre d'auteurs issus des sociétés conquises par les Mongols ont écrit à leur sujet, souvent en leur défaveur. Par ailleurs, les sources mongoles soulignent le génie militaire quasi divin de Gengis Khan, dont le succès reposait non seulement sur son talent militaire, mais aussi sur des systèmes administratifs de plus en plus sophistiqués. Le succès de l'empire - sur presque deux siècles - se devait aussi à l'intégration et à l'emploi de Chinois, d'Iraniens, de Russes et autres. La Mongolie et son peuple ont ainsi eu un impact notable et durable sur le développement historique de grandes nations comme la Chine et la Russie, et ont régulièrement influencé tout le continent eurasien.
Jusqu'au milieu du XXe siècle, la plupart des habitants de la Mongolie étaient des nomades. Les Mongols n'étaient que l'un des peuples nomades vivant en Mongolie. Sur les deux derniers millénaires, ils se sont engagés dans des alliances changeant sans cesse, avec des états centralisés comme les Huns, les Syanbi, les Jujuan, les empires turc et ouïgour émergeant entre le IIIe siècle avant J.-C. et le IXe siècle après J.-C. Au fil des siècles, certains peuples nomades se sont déplacés vers l'est pour fonder l'empire des Huns en Europe, tandis que d'autres partaient en Iran, en Inde et en Chine.
Pendant deux siècles, la création de l'empire de Gengis Khan, avec son contrôle centralisé, a interrompu ce schéma et mis en place des systèmes militaires et politiques complexes, qui surpassaient en compétences et en efficacité la majorité des autres systèmes de l'époque. Sous l'égide de Gengis et de ses successeurs, les Mongols conquirent la plus grande partie de l'Eurasie.
Au début du XVIe siècle avec le déclin de l'empire, la Mongolie redevint une terre où s'affrontaient des factions adverses. De la fin du XVIIe au début du XXe siècle, la Mongolie était un important axe de rivalité entre la Russie et les Mandchous de Chine : cette rivalité finit par déboucher sur la fragmentation de la Mongolie, la Mongolie intérieure (au sud) étant absorbée par la Chine et la Russie possédant de plus en plus d'intérêts dans la Mongolie extérieure. La prédominance de la Russie en Mongolie extérieure demeura incontestée jusqu'en 1921 ; en 1924, la République populaire de Mongolie fut fondée, sous le contrôle de Moscou. La Mongolie devint un État indépendant en 1946.
Aujourd'hui, on trouve plus de Mongols - aux alentours de 3,5 millions - en Mongolie intérieure, chinoise, qu'en République populaire de Mongolie, dont la population s'élève à 2,7 millions d'habitants.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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